Ma déclaration d’amour à Six Feet Under

Cher lecteur, chère lectrice, aujourd’hui j’ai décidé de te parler d’une série qui a marqué ma vie de series addict. Cette série pas comme les autres, c’est Six Feet Under.

Et pourtant, je suis longtemps passée à côté de cette série dont j’avais entendu le plus grand bien. Faute d’abonnement, je ne l’ai vue ni sur Jimmy, ni sur Canal + et je l’ai également manquée lors de sa diffusion sur France 2 (à une heure très tardive et seules les 3 premières saisons ont été diffusées). Entretemps, j’ai plongé avec délice dans les abîmes de Dexter et j’ai littéralement craqué pour le talent de Michael C Hall, qui, comme par hasard, jouait dans Six Feet Under. Lorsque j’ai appris que France 4 rediffusait la série, je n’ai pas manqué le coche cette fois-ci et ce fut une révélation (non, je n’ai pas peur de m’enflammer le pistil !).

Six Feet Under, de quoi ça parle ?
Commençons donc par le commencement. Six Feet Under raconte la vie des Fisher père et fils qui dirigent une entreprise indépendante de pompes funèbres à Los Angeles. Alors qu’ils s’apprêtent à fêter Noël en famille, le père se prend un bus au volant de son corbillard, sur le chemin de l’aéroport où l’attend son fils aîné (vous suivez ?). Il meurt sur le coup.
La famille doit donc continuer à faire tourner l’affaire et à gérer le deuil et l’absence (ce qui n’est pas vraiment plus facile pour des croque-morts, contrairement aux apparences).

Des personnages totalement névrosés et émouvants
Amateurs de rythme haletant, de scènes d’action époustouflantes, d’effets spéciaux à vous couper le souffle, de ton léger, passez votre chemin. Ce qui fait la force de cette série, ce sont les personnages et les relations hautement complexes qu’ils entretiennent.

Ruth (Frances Conroy) est la mère de famille dévouée à son mari, à ses enfants, et apparemment parfaite. Mais on découvre bien vite que sa vie ressemble bien plus à une prison qu’à un conte de fées. Elle est incapable d’exprimer ses sentiments et vit en totale incompréhension avec ses chers enfants, qui la voient plus comme un élément du décor que comme un personne dotée de rêves et de désirs.
Nate (Peter Krause) est le fils aîné qui a choisi de fuir le destin qui lui était tracé et a quitté la maison pour s’installer à Seattle. Voilà bien ce qui définit Nate : la fuite et son incapacité à se prendre en main. Avec le décès de son père, il n’a d’autre choix que d’aider son frère à faire tourner la boutique. Le voici coincé là où il ne voulait absolument pas être, à devoir gérer ce qui est ingérable : la mort et des cadavres. Ajoutez à cela une relation chaotique et quelque peu destructrice avec Brenda (Rachel Griffiths), jeune femme totalement névrosée et au passé torturé, dotée d’une famille qui l’est tout autant.
David (Michael C Hall) semble être le fils prodigue : il assume ses responsabilités, fait ce que l’on attend de lui, reprend la charge de diacre anciennement tenue par son père. Mais les apparences sont une nouvelle fois bien trompeuses. David cache un secret qui le dévore chaque jour un peu plus : son homosexualité qu’il vit comme une honte et un châtiment. Sa relation avec Keith (Mathew St Patrick), un policier totalement à l’aise avec sa sexualité, mais non exempt de névroses, est tout aussi compliquée que touchante.
Claire (Lauren Ambrose) est la petite dernière. Cette lycéenne n’arrive pas à se faire sa place dans cette famille, elle a le sentiment de ne pas compter, de ne pas exister. Artiste dans l’âme, elle souffre de ne pouvoir exprimer ses sentiments et du manque total de communication qui règne dans cette maison. À fleur de peau, elle craque tout logiquement pour les garçons névrosés, bad boy, destructeurs.
Federico (Freddy Rodriguez) doit tout au père Fisher. Embauché et formé par ce dernier, il est devenu un thanatopracteur talentueux, capable de faire des miracles avec les cadavres les plus abîmés. Mais, aux yeux des fils Ficher, il reste un simple employé et ce manque de reconnaissance lui pèse.
Enfin, il y a Nathanel (Richard Jenkins) le père défunt. Et oui, malgré son décès dès le pilote, son personnage est présent tout au long de la série. Chaque personnage se l’imagine, telle une conscience, mais pas toujours bienveillante, vous vous en doutez.

Au fil des cinq saisons, on suit donc les tourments (mais aussi les joies, si, si, il y en a quelques-unes…) de ces personnages totalement perdus. On les voit prendre les mauvaises décisions, foncer irrémédiablement dans le mur, tomber, tenter de se relever et tomber encore. Voilà ce qui m’a profondément touchée et émue : suivant les situations, j’ai pu m’identifier à l’un ou à l’autre et je vivais toutes leurs épreuves avec eux. Les Fisher (and co) ont fait partie de ma vie et m’ont procuré beaucoup d’émotions. Tellement d’émotions que je n’ai pu m’empêcher de pleurer durant les trois derniers épisodes.

Une cohérence du premier au dernier épisode
Six Feet Under est une série à part. À part, car voir la mort du point de vue des pompes funèbres reste un sujet tabou. À part, car son écriture et sa narration sont uniques et lui appartiennent. Le parti-pris est clair : la mort est un personnage incontournable. Ainsi, chaque épisode débute par le décès (toujours teinté d’humour noir) du futur “cas” traité par les Fisher.
La série comporte cinq saisons et ne peut en comporter que cinq. Alors que Six Feet Under était un succès et récoltait moult récompenses, ses créateurs ont décidé d’une véritable fin, l’une des meilleures fins de série de l’histoire des séries (et je ne suis vraiment pas la seule à le penser). Alors qu’il arrive trop souvent que des séries soient usées jusqu’à la corde et perdent de leur intensité, ici ce n’est clairement pas le cas. Lors de ce dernier épisode, les personnages sont là où ils doivent être et les dernières minutes sont tout simplement magnifiques.

Une identité visuelle
Tous les éléments narratifs sont soignés et l’aspect visuel n’est pas oublié.

Le générique, si particulier, est un modèle du genre :

Mais Six Feet Under ne rime pas seulement avec tragédies, larmes et chaos, cela rime aussi instants de folie ! (attention, risque de spoiler. Les fausses pubs n’ont été utilisées que dans le pilote)


Six feet under Compilation
envoyé par mado88. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

Et que dire des trailers d’avant saison ? Ce sont de véritables bijoux ! (attention, risque de spoiler, again) :


Six Feet Under Promo saison 2
envoyé par Ofca. – Regardez les dernières vidéos d’actu.


Six Feet Under Promo saison 3
envoyé par Ofca. – L’info internationale vidéo.

 


Six Feet Under Season 5 Promo
envoyé par max1407. – Clip, interview et concert.

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7 réponses sur “Ma déclaration d’amour à Six Feet Under”

  1. Six Feet Under… Zzzzzzzz

    Pardon, rien que de lire le titre et je m'endors. Je n'ai jamais compris l'emballement autour de cette série. Et pourtant je suis allé jusqu'au bout, histoire de vérifier si c'était moi qui était con ou pas. Toujours est-il que je n'aime pas cette série. J'ai seulement retenu deux épisodes : le pilote, génial. Ils auraient vraiment dû garder les fausses pubs, ça apporte quelque chose de décalé à la série et de totalement inattendu. L'autre épisode s'intitule, je crois "Une nuit de chien" ou "Un chien dans la nuit", je sais plus trop, un épisode où David part seul et se fait attaquer, un épisode angoissant au possible.

    Mais alors le reste, qu'est-ce que j'ai trouvé ça chiant. A part le début des épisodes qui met en scène la mort des gens et qui est réussie presque à chaque fois, le reste m'a profondément ennuyé. J'avais envie de foutre une tarte à quasiment tous les personnages qui sont agaçants au possible (Ruth, Claire, Brenda, je pourrais continuer longtemps). Le seul personnage qui aurait pu m'intéresser meurt dans le pilote, c'est quand même dommage.

    Appréciant l'humour noir et ayant lu plusieurs fois que la série en comportait beaucoup, j'ai été surpris de ne jamais rire. Soit il n'y a pas d'humour, soit il est raté.

    Alors évidemment, le final est incroyablement réussi, c'est difficile de faire mieux. Mais si on résume les 5 saisons, il s'est quand même pas passé grand chose au bout du compte. OK c'est pas 24 mais quand même.

    Voilà pourquoi je me méfie d'HBO maintenant. Je n'attends pas les séries de la chaîne comme le messie comme beaucoup le font. J'ai été déçu par Six Feet Under, j'ai été happé par The Pacific, j'ai beaucoup aimé Rome (malgré des défauts).

    Voilà, j'ai fait trop long mais j'ai dit tout ce que je pensais de cette série, en bon comme en moins bon car évidemment, cette série a des qualités. Mais Brenda, c'est juste pas possible quoi.

  2. Après lecture de ton billet passionné, je ne vois qu'une chose à faire !
    Appeler mon cousin suedois pour qu'il m'envoie les casettes.
    Tout comme toi jusqu'à maintenant, je suis complètement passé à côté de cette serie.
    Malgré tout le bien qu'on m'avait dit… mais connaissant tes gouts pour les (bonnes) series… je vais m'y lancer de ce pas !

  3. Je les avais vus au temps de Jimmy, ça date! du coup je me souviens plus du tout de la fin! J'avais bien aimé, même si j'étais pas accro comme toi. Oui, je ne suis pas une névrosée! LOL
    Mp

  4. Je n'ai jamais sauté le pas pour cette série, les avis que j'entendais à droite et à gauche me laissaient frileux mais là, ton billet m'a donné l'envie de tenter le coup.
    J'appelle de ce pas le cousin de Farquaal pour avoir des copies de cassettes.

  5. @Boucot : tu as de la chance d'être un Astier addict ! 😉

    Plus sérieusement, je te félicite d'avoir regardé jusqu'au bout, c'est une belle preuve d'ouverture d'esprit.

    Je comprends tout à fait que cette série ne t'aies pas plus. Effectivement, il ne se passe pas grand-chose, la série ne tient que par les relations entre personnages. Tu regrettes le manque d'humour noir, mais tel n'était pas l'objectif.

    Mais bon, présente-moi une série remplie de personnages plus névrosés les uns que les autres et je ne réponds plus de rien ! (je te rassure tout de suite, mon psy va très bien lol)

  6. Six Feet Under… malgré ma virilité et un début de moustache à la Magnum (c'est pas vrai mais c'est pour l'image), c'est la première série qui m'a fait pleurer… Pas une larme sur le coin de l'oeil, un vrai pleure… comme si j'avais perdu des proches, ils me manquaient à l'époque.

  7. J’avoue que moi aussi je suis longtemps passée à côté mais le jour où je me suis enfin posée devant j’ai capoté!!!
    J’aime le ton, le fait que chaque épisode commence par la mort, que justement celle ci soit un personnage à part entier… J’aime bien ces personnages un peu/beaucoup barrés…
    Je pense que je vais retomber dedans sous peu… Trop de séries à voir et les journées qui refusent de faire plus de 24h 😛

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