mai 29 2011

Smallville, my guilty pleasure

Et oui, il est temps pour moi de confesser ce terrible aveu : j’ai regardé les 10 saisons de Smallville, série qui s’est terminée il y a peu. Je sais, je sais, cela peut sembler étrange, car je dois bien l’avouer, on ne peut pas parler de chef-d’œuvre.

Pas mal de défauts

Alors oui, les premières saisons s’adressaient surtout à des ados en pleine révolution hormonale. Tom Welling (Clark Kent) n’est pas l’acteur le plus charismatique et a un jeu très stéréotypé. Les premiers scénarios étaient simplistes voire simplets. Lana Lang était insupportablement parfaite.

Et pourtant

Et pourtant, malgré tout ceci, j’ai regardé l’intégralité de cette série. Je ne pourrais pas vraiment vous donner d’arguments rationnels ou irréfutables. Je ne suis pas spécialement une grande fan de Superman, mais ado, je ne manquais aucun épisode des Aventures de Lois et Clark et je dois avoir gardé une certaine nostalgie. Et puis, j’adore Lex, Lionel, Chloé et Lois. Bon d’accord, je dois reconnaître que les cute guys qui finissent régulièrement torse nu ne sont pas étrangers à mon intérêt ;) Et que dire de ce cher Michael Shanks en guest dans les deux dernières saisons ? Alors non, le final (smallvillien à souhait) ne m’a pas rendu triste, mais cela fait quand même un petit quelque chose de ne pas avoir de Smallville l’année prochaine.

Allez, pour le plaisir, le générique de la saison 6.

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mai 25 2011

Dexter, Toman, qui êtes-vous ?

Tout d’abord, fidèle lecteur, fidèle lectrice, tu ne reconnais sans doute pas cette nouvelle adresse. Et oui, j’ai sauté le pas du blog Word Press. Je ne te cache pas que ce fut assez laborieux, mais j’espère que tu te sentiras vite chez toi dans mon nouveau chez moi !

Bon, j’ai assez parlé boutique, passons au sujet de ce billet.

Dexter, je pense que tout le monde voit de qui je parle. Mais si, un homme tout gentil et qui aime le travail bien fait. Ok, ok, il a un hobby quelque peu étrange : il tue les criminels qui passent entre les mailles du filet. Pour ceux qui auraient besoin d’un cours de rattrapage, allez ici.

 

 

 

 

Toman est le héros de la série française Signature. Il s’agit également d’un homme tout gentil qui aime le travail bien fait. Bon d’accord, il a une très légère tendance à commettre des meurtres dès qu’il tombe sur des hommes qui font du mal aux enfants.

 

 

 

 

 

Lors du lancement de Signature, l’auteur et réalisateur Hervé Hadmar a répété que Toman n’était pas un Dexter à la française. Bien sûr, Signature a son identité visuelle et un propos bien à elle. Mais, tant sur le fond que sur certains aspects de la forme, elle se rapproche de Dexter. Bien sûr, vous allez me dire : “heu, Astiera, c’est normal, ce sont deux tueurs en série.” Au-delà de cette évidence, Dexter et Signature nous présentent des personnages en quête d’identité.

ATTENTION SPOILERS

Deux enfants traumatisés

On dit souvent que tout se joue dans l’enfance. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dexter et Toman n’ont pas été gâtés. Assister au meurtre de ses parents, resté enfermé plusieurs jours avec le cadavre démembré de sa mère pour l’un et errer seul dans la nature terrifiante de l’île de la Réunion pour l’autre, forcément ça marque. Dexter et Toman n’ont pas eu d’enfance. Ils se sentent donc très proches des enfants qui leur rappellent leur innocence perdue.

Deux tueurs façonnés par leur père

Autre point commun entre les deux bougres : leur figure paternelle. Le père adoptif de Dexter a vite compris que le petit ne tournait pas bien rond. En bon flic qui se respecte, il ne peut se résoudre à laisser son fils aller au bout de ses pulsions, mais sait aussi que rien ne l’arrêtera. Alors que faire ? Et bien, en faire une arme de justice ! Le père de Dexter lui inculque donc des “valeurs” et un code à suivre : ne tuer que les criminels et ne tuer que lorsque la culpabilité ne fait aucun doute. Du côté de Toman, la figure paternelle est bien plus floue puisque son père a été assassiné. Disons qu’il est “recueilli” par un homme aussi ivrogne que brutal, qui n’aura de cesse de le brimer encore et encore.

Mais dans les deux cas, ces pères leur ont dicté leur conduite de tueur. En répétant à Dexter qu’il devait canaliser ses pulsions au lieu de trouver un moyen de les stopper, son père lui a donné la certitude qu’il était un monstre qui devait se fondre dans la masse. Les premiers meurtres de Dexter sont liés à son père. C’est lui qui dira à Dexter de mettre un terme aux agissements d’une infirmière trop portée sur l’euthanasie. C’est pour faire plaisir à son père que Dexter tue le criminel qui a tué le partenaire de son paternel. Il en sera même tellement fier qu’il invitera son père à assister à la mise à mort, situation que ce dernier aura beaucoup de mal à digérer. Pour Toman, son destin de tueur est lui aussi lié à la figure paternelle. Son premier meurtre est celui de l’homme qui l’a maltraité durant toutes ces années. Ce sont ces mauvais traitements et ce meurtre originel qui le poussent à pourchasser et tuer ceux qui font du mal aux enfants. Mais dans le cas de Toman, cela va même plus loin car il s’avère que celui qui a assassiné sa mère sous ses yeux n’est autre que son père biologique, ivre de jalousie (comment ça, c’est un peu tordu ?).

Deux hommes avançant masqués

Bien sûr, lorsqu’on est un tueur en série, on évite de le crier sur les toits. Mais pour Dexter et Toman, cela va bien au-delà. Ne sachant pas qui ils sont, ils ne savent pas comment agir face aux autres. Alors, ils portent le masque du spécialiste ou du pêcheur sans histoires, ils sont aimés de tous, ils portent à merveille le masque du mec gentil toujours là pour les autres. Mais cette situation leur pèse : comment continuer à mentir à ceux qu’ils aiment ? Quelle sera la réaction de ces êtres chers lorsqu’ils découvriront la vérité ? Au fil des saisons, Dexter cherche à savoir qui il est réellement et tente de se convaincre qu’il n’est pas que ce dark passenger, qu’il peut être bien plus, qu’il peut se connecter aux autres, qu’il peut construire quelque chose. Toman est moins optimiste : dès le premier épisode, il nous raconte la manière dont tout ceci finira. Et cela ne finira pas bien. Toman ne se demande pas vraiment qui il est, il sait qu’il est perdu. Mais contrairement à Dexter, il en vient à se demander s’il a le droit de tuer ces hommes. Cette prise de conscience n’arrangera rien à son affaire.

Deux personnages intéressants et attachants

Au final, Dexter et Toman posent question et suscitent l’empathie. En tout cas, ils m’émeuvent. Malgré de gros problèmes de rythme, j’ai plongé au cœur de la Réunion en compagnie de Toman avec plaisir et je découvre chaque saison de Dexter avec joie et délectation.

 

 



 

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mai 15 2011

Stargate, c’est fini

Je vous l’annonçais déjà ici, Stargate Universe s’est arrêtée cette semaine. Cet arrêt signifie le tomber de rideau sur la porte des étoiles, porte des étoiles qui a rythmé ma vie de series addict depuis 14 ans. En cette semaine funeste, j’ai donc décidé de rendre hommage à cette franchise si chère à mon coeur en vous livrant mes épisodes préférés (autant vous dire que j’ai dû faire une réelle sélection, sinon, ce billet aurait vraiment été trop long et il l’est pas mal ;) ).

Stargate SG-1


WINDOW OF OPPORTUNITY (S04E06) : O’Neill et Teal’c sont accidentellement coincés dans une boucle temporelle et revivent constamment les mêmes 10 heures encore et encore.
Pourquoi j’aime cet épisode : tout simplement parce que Richard Dean Anderson y est irrésistiblement drôle.
Ma scène préférée : la séquence où O’Neill et Teal’c décident de profiter de cette boucle temporelle pour faire tout ce qui leur passe par la tête.

MERIDIAN (S05E21) : Daniel est exposé à une forte dose de radiation lorsqu’il tente de venir en aide à des scientifiques développant une arme de destruction massive pour annihiler leurs ennemis.
Pourquoi j’aime cet épisode : la disparition d’un des personnages principaux d’une série est toujours un moment important. Daniel meurt régulièrement tout au long de la série (c’est presque devenu un running gag), mais cette fois-ci, sa disparition durera une saison. Heureusement, se transformer en pure énergie n’empêche nullement de redevenir humain ;)
Ma scène préférée : l’ascension de Daniel en toute fin d’épisode bien sûr.

ABYSS (S06E06) : O’Neill, sous le contrôle d’un symbiote Tok’ra, est capturé et torturé par Ba’al. Pendant son incarcération, il est visité par un vieil ami qui lui demande de faire un choix difficile.
Pourquoi j’aime cet épisode : un épisode assez sombre et psychologique. J’ai aimé voir un O’Neill vulnérable et à la limite de la rupture.
Ma scène préférée : celle où Jack supplie Daniel de mettre un terme à ses souffrances, soit en détruisant Ba’al, soit en le tuant.

CITIZEN JOE (S08E15) : Un barbier de l’Indiana contacte Jack O’Neill, affirmant avoir eu des visions des missions de SG-1 depuis plus de 7 ans.
Pourquoi j’aime cet épisode : pour un épisode qui sert à faire le bilan des saisons précédentes et qui est donc rempli de flashbacks, l’idée est originale. Ce barbier était très attachant et sa passion pour SG-1 qui le coupe peu à peu de ses proches l’est tout autant.
Ma scène préférée : Celle où O’Neill explique qu’il adorait avoir des visions de la vie de cet homme sans histoire car cela le détendait.

PROMETHEUS UNBOUND (S08E12) : Après que le Promethée a répondu à un signal de détresse de la part d’un vaisseau Goa’uld, Daniel est fait prisonnier lorsque le vaisseau se fait voler.
Pourquoi j’aime cet épisode : l’arrivée du personnage de Vala dans Stargate. Cette voleuse à grande gueule (et au grand coeur) m’a tout de suite plu.
Ma scène préférée : la bagarre Vala/Daniel, un moment d’anthologie !

AVALON 1 ET 2 (S09E01 ET S09E02) : Un militaire tente de reformer SG-1 après que l’équipe a été séparée. Vala demande l’aide de Daniel pour découvrir un trésor des Anciens qui serait caché sur Terre.
Un appareil de communication des Anciens permet à Daniel et Vala de posséder le corps de deux individus dans une galaxie lointaine contrôlée par des êtres surpuissants.
Pourquoi j’ai aimé ces épisodes : le retour de Vala, le nouveau départ de SG-1 avec l’arrivée de Mitchell, la légende arthurienne qui fait son entrée, la découverte des Oris, les nouveaux méchants de l’histoire, tout était réuni pour me plaire ! Beaucoup d’humour et le duo Vala/Daniel toujours aussi réjouissant.
Mes scènes préférées : l’arrivée fracassante de Vala, la série d’épreuves pour trouver le trésor d’Avalon, la « mort » de Vala dans la galaxie des Oris.

PROTOTYPE (S09E09) : SG-1 ramène au SGC un hybride humain/Goa’uld créé par Anubis découvert dans une chambre cryogénique dans un laboratoire construit par les Anciens
Pourquoi j’aime cet épisode : on voit l’évolution de Daniel qui a perdu beaucoup de ses illusions  par rapport au début de la série. On l’a rencontré naïf et idéaliste, il devient peu à peu beaucoup plus méfiant et moins enclin à faire confiance.
Ma scène préférée : celle où Daniel préconise de tuer l’hybride sans autre forme de procès et sans chercher à savoir ce qu’il en est exactement.

200 (S10E06) : Martin Lloyd demande l’aide du SGC lorsque sa série télévisée basée sur le programme de la porte des étoiles est adaptée au cinéma.
Pourquoi j’aime cet épisode : comme son nom l’indique, il s’agit du 200e épisode de la série. Il est donc particulier et tout le monde s’est prêté au jeu de l’autodérision.
Mes scènes préférées : la parodie de Star Trek, la séquence façon Les sentinelles de l’air, les fausses interviews des acteurs de la fausse série Wormhole X-Treme! qui permettent de se moquer gentiment des acteurs de SG-1.

UNENDING (S10E20) : Les membres de SG-1 doivent vivre le reste de leur vie dans l’Odyssey lorsque le vaisseau est prisonnier d’un champ de dilatation temporel.
Pourquoi j’aime cet épisode : ce n’est pas le plus réussi, mais il s’agit du dernier de la série, il a donc une place toute particulière.
Ma scène préférée : celle où Daniel et Vala s’avouent leurs sentiments. Je sais, cela peut sembler très fleur bleue et bon, je suis pas vraiment du genre fleur bleue. L’intérêt de cette scène ? Elle débute de manière très étrange, puisque Daniel parle de manière très cruelle à Vala et semble totalement la rejeter. J’ai bien aimé ce contrepied de la scène romantique traditionnelle.

Stargate Atlantis


TRIO (S04E16) : McKay, Carter et le Dr Keller se retrouvent coincés dans une pièce sur le point de s’effondrer à tout instant au fond d’un abysse.
Pourquoi j’aime cet épisode : huis-clos fort sympathique entre les trois personnages.
Ma scène préférée : celle où ils jouent à « qui préférez-vous entre untel et untel ».

MIDWAY (S04E17) : Teal’c vient sur Atlantis pour préparer Ronon aux questions de l’I.O.A, mais ces derniers devront travailler ensemble quand des Wraiths réussissent à prendre la station Midway avec l’ordre de se rendre sur Terre.
Pourquoi j’aime cet épisode : là encore, un épisode à contrepied. On pourrait croire que les deux personnages, qui ont un parcours assez similaire, vont s’entendre et c’est tout le contraire.
Mes scènes préférées : la bagarre et celle où Ronon demande à Teal’c pourquoi il dit tout le temps « en effet » (gimmick du personnage).

THE SHRINE (S05E06) : Rodney McKay souffre d’une version pégasienne du virus Alzheimer et perd très rapidement la mémoire et retourne à un état enfantin. Son état a été diagnostiqué trop tard pour le soigner mais Ronon pourrait bien avoir la réponse qui le sauvera.
Pourquoi j’aime cet épisode : une vision plus humaine de McKay et un épisode assez émouvant.
Ma scène préférée : la séquence durant laquelle McKay fait ses adieux à l’équipe (à sa manière bien sûr).

VEGAS (S05E19) : Dans une réalité alternative, le lieutenant Colonel John Sheppard traque un Wraith, déguisé en humain et joueur de poker redoutable, à Las Vegas.
Pourquoi j’aime cet épisode : pour l’atmosphère particulière qui s’en dégage. Un épisode fun, tout simplement.
Ma scène préférée : pas de scène en particulier (non, non, je ne triche pas !)

Stargate Universe


DIVIDED (S01E12) : Pendant que Scott et Young recherche un dispositif de tracking alien sur la coque du vaisseau, Rush, Wray et quelques civils tentent un coup d’état pour reprendre le contrôle du vaisseau aux militaires.
Pourquoi j’aime cet épisode : confrontation intéressante entre civils perdus et militaires qui le sont tout autant. Tout l’intérêt de cette série réside dans les rapports entre personnages et leur psychologie.
Ma scène préférée : là encore, pas de scène en particulier (et je ne triche toujours pas !).

JUSTICE (S01E10) : Le colonel Young cède les commandes du vaisseau après avoir été impliqué dans le meurtre d’un des membres de l’équipage.
Pourquoi j’aime cet épisode : pour la confrontation entre Young et Rush dont la relation houleuse n’ fait que s’empirer d’épisode en épisode.
Ma scène préférée : la fin de l’épisode lorsque Young abandonne Rush sur une planète le condamnant à une mort certaine.

MALICE (S02E08) : Pour venger un être cher, le docteur Rush va mener une vendetta.
Pourquoi j’aime cet épisode : parce que, de manière générale, j’aime les épisodes centrés sur Rush, qui bien qu’étant le personnage le plus antipathique, il est aussi le plus charismatique (bon ok, j’ai toujours tendance à aimer les psychopathes).
Ma scène préférée : Rush tend un piège à celui qui a tué la femme qu’il aimait (personnage joué par Robert Kneeper, l’inoubliable T-bag de Prison Break). Alors que ce dernier est blessé et à terre, Rush n’hésite pas une seconde à lui tirer une balle dans la tête (psychopathe, vous êtes sûrs ?).

SEIZURE (S02E15) : Le Homeworld Command tente de convaincre l’un de leur allié de les laisser utiliser leur planète pour composer l’adresse du Destiny. Pendant ce temps, le docteur Rush se retrouve coincé dans une simulation créée par Amanda Perry.
Pourquoi j’aime cet épisode : pour la seule présence de McKay.
Ma scène préférée : celle où Mc Kay veut absolument monter à Eli (le génie de l’expédition qui ‘avère être un vrai génie) qu’il est plus intelligent que lui. So McKay !

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mai 6 2011

L’art de gouverner au pays de Kaamelott

Non, cher lecteur, chère lectrice, je ne suis pas en train de faire une crise d’Astierite aigüe (je crois d’ailleurs qu’il serait plus juste de parler d’Astierite chronique dans mon cas). Et puis, j’écris bien ce dont j’ai envie sur mon blog, sacrebleu !

Plus sérieusement, en ces temps où des peuples crient leur soif de liberté et en meurent, où des symboles du terrorisme tombent, où nos femmes et nos hommes politiques ont leurs yeux et leurs sondages rivés sur 2012, il me semblait intéressant d’explorer l’exercice du pouvoir grâce au prisme kaamelottien.

Kaamelott, pour beaucoup, ce sont de sympathiques pastilles de 3 minutes présentant des personnages aussi attachants qu’irrésistiblement drôles. Certes, on peut s’arrêter à cette simple lecture. Mais Kaamelott, c’est bien plus que ça. Alexandre Astier a reconnu à de nombreuses reprises que cette série, parce qu’elle s’inscrit dans un passé imaginaire, permet de poser des questions sur le monde d’aujourd’hui. Et parce qu’il est question de royaume, c’est tout naturellement la question de l’exercice du pouvoir qui est particulièrement mis en lumière.


Les différents visages du pouvoir

Arthur, le juste (Alexandre Astier) Le fils Pendragon, contrairement à son père, gouverne avec le sens de la justesse et de la justice. Progressiste, en avance sur son temps, il est aimé de son peuple. Alors bien sûr, il manque de patience et est souvent de mauvaise foi, mais à sa décharge, reconnaissons que ceux qui l’entourent ne l’aident guère.
Léodagan, le tyran (Lionnel Astier) Roi de Carmélide, il a toutes les qualités du souverain autoritaire : réactionnaire, obsession de la guerre et des système de défense, amour de la torture, et pour lui un bon sujet est un sujet emprisonné ou exécuté. D’humeur constamment bougonne, il ne voit pas l’intérêt d’un merci et porte le doux nom de Léodagan le Sanguinaire. Il faut bien reconnaître qu’avec un père surnommé Goustan le Cruel, sa destinée était toute tracée. La violence est la seule manière de résoudre les problèmes et ne supporte pas son Arthur de gendre, qui gouverne vraiment « comme une gonzesse ».
En tant que chef de clan en quête de pouvoir, il accepte sans sourciller de marier sa fille Guenièvre à cet Arthur qui débarque sur l’île et qui s’avère être l’élu des dieux. Et vaut mieux être beau-père qu’ennemi ou simple chef de clan fédéré.
Lancelot, le fasciste (Thomas Cousseau) Au premier abord, Lancelot a tout du chevalier sans peur et sans reproche qui voue sa vie à servir le roi Arthur et à la quête du Graal. Mais petit à petit, on comprend que derrière ce joli masque, il se cache tout autre chose. Lancelot est orgueilleux, Lancelot est amoureux de Guenièvre, Lancelot est jaloux d’Arthur. Sa soif d’absolu et son intransigeance lui enlèvent toute empathie et toute demi-mesure.
Lancelot aurait pu être Arthur : les dieux l’avaient d’abord choisi pour être l’élu, celui qui guiderait le royaume de Logres. Mais ils ont vite senti que son âme était teintée de noirceur.
Au fil des saisons, ce personnage embrasse chaque fois un peu plus son côté obscur : il quitte Kaamelott et forme un camp financé par le roi Loth, pourriture notoire, il se laisse guider par un homme sombre et énigmatique utilisant sa haine pour Arthur en arme. Et alors que ce dernier lui donne le pouvoir, il décide de raser tout ce qui rappelle le règne de son ancien roi et traque tous les chevaliers restés fidèles au fils Pendragon.
Loth, le traître (François Rollin) Roi d’Orcanie, il s’avère être le beau-frère d’Arthur puisqu’il a la grande chance d’être marié à Anna de Tintagel, demi-soeur de ce cher Arthur. Mais ce lien de parenté ne l’empêche pas de fomenter les pires complots, bien au contraire. Il semblerait d’ailleurs que ce cher Loth n’ait jamais connu autre chose de sa vie. Et dans un épisode du Livre IV, il ne dit pas autre chose au seigneur Dagonet « Pour faire court, vous êtes ici chez les salopards, c’est admis. On n’a pas des idées bien jojos et on n’a pas peur de le dire. On fomente, on renégate, on laisse libre cours à notre fantaisie. »
Les sénateurs romains, magouilles and co Au pays des empereurs et des arènes, qui ne magouille pas ne peut pas réussir en politique. Les décisions majeures se prennent au sauna et chacun joue pour perso. L’empereur n’est plus qu’une image fantoche, seulement bonne pour les pièces de monnaie et pour faire illusion.
César, la légende déchue (Pierre Mondy) À l’époque du Livre VI, César n’est plus que l’ombre de lui-même. Reclus dans son palais, les fesses posées sur son impérial lit qu’il ne quitte jamais, l’ennui est son pire ennemi. Il ne gouverne plus rien et ne peut que repenser à sa gloire passée. Il se prend d’affection pour ce jeune Arthur et est le premier à voir la destinée qui l’attend.

Arthur, quand pouvoir rime avec désespoir
Comment gouverner lorsqu’on est persuadé de ne pas le mériter ? Telle est la question centrale posée par Kaamelott.
Arthur est le fils illégitime de Pendragon, le roi de Bretagne le plus connu et le plus craint. Choisi par les dieux, il retire l’épée de son rocher alors qu’il est tout jeune. Caché auprès d’un fermier puis envoyé à Rome pour sa sécurité, il se retrouve à 20 ans membre de la milice urbaine de la capitale de l’empire (en clair, il fait partie de la police municipale ;) ). Mais voilà, les sénateurs ont besoin de vite régler le problème Brittania qui commence sérieusement à leur empoisonner la vie et ce jeune Breton élu des dieux est la solution à tous leurs problèmes. À la suite de combines, voilà donc Arthur propulsé à la tête du royaume de Logres.
Et voilà bien le cœur de l’affaire : Arthur est persuadé au fond de lui d’usurper ce titre. Peu importe que les dieux l’aient élu, peu importe que César reconnaisse en lui un chef de guerre d’exception. Il ne dit pas autre chose à Aconia dans le Livre VI : « Quand je suis avec vous, dans cette grande maison, chez les riches, j’ai l’impression d’avoir trop de chance. Je mérite pas de coucher avec vous. Je vous mérite pas. »
Il est obligé de guider ceux qui attendent tout de lui. Alors, il fait de son mieux et tente d’être le souverain que tout le monde veut qu’il soit. Ces phrases énoncées dans le Livre V sont éloquentes : « Moi, j’ai bâti une forteresse quand même. Pour le Graal, j’ai bâti une forteresse moi. Kaamelott, ça s’appelle. J’ai été chercher des chevaliers dans tout le royaume. J’ai fait construire une grande table pour que les chevaliers s’assoient ensemble. Je l’ai voulue ronde pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve assis dans un angle, en bout de table. C’était compliqué, alors, j’ai essayé d’expliquer ce qu’était le Graal pour que tout le monde comprenne. C’était difficile, alors j’ai essayé de rigoler pour que personne ne s’ennuie. J’ai raté, mais je veux pas qu’on dise que j’ai rien foutu, parce que c’est pas vrai. »
Pouvoir rime souvent avec sacrifices et Arthur apprend vite la leçon. Pour lui, être roi signifie ne pas être heureux. Arthur avait un rêve : gouverner le royaume de Logres aux côtés d’Aconia, son premier grand amour et accessoirement sa première femme. Mais voilà, la vie ce n’est pas un conte de fées. En acceptant son destin, il signe la fin de cet amour. En acceptant son destin, le voilà marié à Guenièvre qu’il a promis de ne pas toucher (enfin, rassurez-vous, il se console tout de même avec des maîtresses). Lorsqu’il tombe amoureux de Dame Mevanwi, il décide cette fois de vivre cette histoire. Mais là encore, son destin se rappelle à lui et il doit une nouvelle fois y renoncer.
Alors oui, au fil du temps Arthur se désespère et glisse lentement mais sûrement sur le terrain très glissant de la dépression. Dans le Livre V, il baisse les bras : puisque les dieux ne lui font plus confiance, puisque tout le monde est persuadé de mieux gouverner que lui, et bien qu’ils se débrouillent sans lui. Oubliant le trône et la quête du Graal, Arthur ose l’impensable : être égoïste et se lancer dans la quête d’éventuels héritiers, dont le manque le ronge chaque jour un peu plus. Cette quête sera malheureusement un échec et guidé par un personnage obscur, son désespoir n’en sera que plus grand, le poussant à l’acte ultime, la tentative de suicide. Enfin, Arthur est un héros et comme tout héros qui se respecte, il se relève pour affronter le nouveau défi qui l’attend.


La place des femmes

Et oui, en féministe patentée, je ne pouvais décemment pas ne pas parler de la place des femmes dans Kaamelott et leur relation au pouvoir.

Guenièvre, la reine traditionnelle
(Anne Girouard) Guenièvre n’a pas vraiment de chance : fille de Léodagan et mariée à un homme qui ne lui prête guère d’attention, sa vie est quelque peu monotone. Elle qui n’a jamais eu l’occasion de s’affirmer, elle essaye tant bien que mal de remplir son rôle de reine et se tient bien à l’écart du pouvoir. N’allez pas croire qu’elle soit insipide pour autant et elle s’affirme de saison en saison, allant jusqu’à vouloir reprendre sa liberté en suivant Lancelot dans son camp dissident.
Dame Séli et dame Ygerne, des femmes à poigne (Joëlle Sévilla et Josée Drevon) Le moins que l’on puisse dire, c’est que côtoyer ces deux personnages n’est pas de tout repos. Deux fortes têtes, qui savent très bien que les hommes gouvernent, mais qui savent tout aussi bien obtenir d’eux ce qu’elles souhaitent. Léodagan ne s’en sortirait pas aussi bien sans sa Picte de femme. Et dame Ygerne mène seule les affaires de Tintagel depuis la mort de Pendragon. Elle ne se gêne d’ailleurs pas pour signaler à son fils que sa manière de gouverner manque de fermeté.
Anna de Tintagel, reine de la vendetta (Anouk Grinberg) Demi-sœur d’Arthur, on pourrait penser que le retour de celui-ci la réjouisse. Loin de là, elle nourrit à son encontre une haine aussi intense qu’irrationnelle. Le crime d’Arthur ? Être le fils de Pendragon, l’assassin du père d’Anna. Mariée au roi Loth, elle lui voue la même haine teintée de mépris et fait passer ce traître pour le plus couard de tous. Dévorée par sa soif de vengeance, elle ne rêve que de la mort d’Arthur et s’emploie à la causer.
Dame Mevanwi, l’ambitieuse (Caroline Ferrus) Apparemment bien insignifiante en femme de Karadoc, elle prend toute sa dimension en tombant amoureuse d’Arthur et en devenant temporairement son épouse. À l’opposée de Guenièvre, elle souhaite s’imposer politiquement comme reine : assister aux séances de doléances, s’intéresser aux affaires du royaume. Elle ne veut pas se contenter d’être l’épouse de, mais veut tenir sa place. Elle y prend d’ailleurs tellement goût, qu’une fois revenue à son ancienne condition, elle utilisera un subterfuge pour approcher une nouvelle fois le trône. Mevanwi peut passer pour une opportuniste, arriviste, prête à tout. Pour moi, elle est simplement une femme moderne (et blessée) qui ne veut pas se contenter de tirer les ficelles dans l’ombre.
Aconia, l’indépendante (Valeria Cavalli) Aconia appartient à l’intellegentia romaine. Très cultivée, on fait appel à elle pour essayer de transformer le simple Arthur en chef de guerre présentable. Elle vit seule dans sa magnifique avec pour seule compagnie sa servante. Indépendante, voire recluse, elle fascine le jeune Arthur. Elle accepte cette mission par sens du devoir, mais garde sa liberté de pensée. Ce personnage m’a beaucoup touchée, car malgré sa soif de liberté, elle ne l’est pas.

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