oct 24 2011

Lisbeth Salander, personnage obsédant

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je te propose un nouveau billet hérétique. Je ne te parlerai donc point de série, mais n’arrête surtout pas ta lecture ici, car d’une part, tu es tellement fan de mon écriture que tu en est tout simplement incapable et d’autre part, Lisbeth Salander vaut le coup que l’on passe du temps en sa compagnie.

Pour celles et ceux qui ne savent absolument pas qui est cette fille au nom bizarre, pas d’inquiétude, je vais tout vous expliquer. Lisbeth Salander est l’héroïne de la trilogie Millenium écrite par le Suédois Stieg Larsson. Pour vous donner une petite idée de l’ambiance des livres, voici les titres français de chaque tome : Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette, La reine dans le palais des courants d’air.
Cette trilogie a été un énorme succès mondial (50 millions d’exemplaires à fin janvier 2011 selon Wikipedia) et ce succès aurait pu continuer longtemps si l’auteur n’était pas malheureusement décédé en 2004.

UNE DÉCOUVERTE TARDIVE MAIS CRUCIALE

J’entends parler de cette trilogie depuis bien longtemps et toutes les personnes de mon entourage qui l’ont lue m’en ont toujours dit le plus grand bien. Et pourtant, j’ai beaucoup tardé à la découvrir. Lorsqu’une adaptation cinématographique suédoise est sortie sur les écrans, je ne suis pas allée la voir, voulant d’abord lire l’œuvre originale.
Les années ont passé et sans trop savoir pourquoi, j’ai commencé cette célèbre trilogie au printemps dernier pour la terminer cet été. Coup de foudre immédiat.

Violente, forte et fragile

Ces trois adjectifs vont à merveille avec Lisbeth Salander, mais sont également réducteurs. Cher lecteur, chère lectrice, tu le sais déjà, j’aime les personnages féminins forts. Autant dire qu’avec Lisbeth je suis servie.
J’ai tout de suite eu énormément d’empathie pour cette hackeuse surdouée, à la limite de l’autiste et de la psychopathe, qui s’est enfermée dans sa bulle et laisse tout le monde à des kilomètres de sa carapace.
Et puis Lisbeth a une grande qualité : elle exècre les hommes qui sont violents avec les femmes et gare à ceux qui croisent son chemin. D’ailleurs, il faut reconnaître que pour la féministe patentée que je suis, la trilogie de Stieg Larsson est un vrai régal. J’ai particulièrement aimé l’ouverture des différentes parties du premier tome avec des statistiques (particulièrement terrifiantes) des violences faites aux femmes en Suède.
Mais Lisbeth Salander, c’est au final un être humain comme les autres, une jeune femme qui dit se foutre de ce que les autres pensent d’elle, mais qui est complexée par son physique ou qui tombe amoureuse et souffre lorsqu’elle se sent rejetée, même si elle trouve cela débile.
Alors voilà, cher lecteur, chère lectrice, ce qui devait arriver arriva : je me suis identifiée à cette si attachante Lisbeth Salander (je vous rassure tout de suite, pas en ce qui concerne les tortures, meurtres et autres joyeusetés du genre dont elle est coutumière).

UNE PREMIÈRE ADAPTATION CINÉMATOGRAPHIQUE DÉCEVANTE

Un tel succès planétaire ne pouvait pas échapper à une adaptation ciné et ce fut le cas en Suède en 2009. Comme je n’ai jamais assez de Lisbeth Salander, j’ai bien sûr regardé le premier volet. Et là, grosse déception.
Bien sûr, il est impossible de retranscrire tous les détails d’un livre dans un film, mais là, les racourcis sont tels qu’on ne perçoit pas la profondeur des personnages.
Lisbeth Salander est interprétée par Noomi Rapace qui est physiquement crédible. Mais, malheureusement, j’ai une nouvelle fois été déçue. Je sais que mes attentes sont très certainement trop grandes et que j’en demande sûremenr trop, mais la partition donnée à Noomi Rapace m’a semblé trop légère. La Lisbeth filmée m’est apparu bien sage, pas assez animale, je n’ai pas retrouvé “l’âme” du personnage. Durant une scène en particulier, sa violence a été trop contenue, trop lisse.
J’ai tout de même voulu persévérer et j’ai regardé le deuxième volet, qui est encore pire : rythme lent à mourir, mise en scène plate à mourir, raccourcis réducteurs à mourir. Bref, je ne regarderai pas le troisième.
Le seul intérêt de ces films est d’entendre ces personnages parler suédois, d’entendre leurs noms prononcés comme ils doivent l’être.

UNE NOUVELLE ADAPTATION QUI ME DONNE BIEN PLUS ENVIE

Un tel succès planétaire ne pouvait pas échapper aux Américains. Ce sera chose faite en janvier 2012 sur les écrans français avec l’adaptation signée David Fincher. Ce remake fait quelque peu polémique  : il arrive trop tôt après la version suédoise, Daniel Craig (le dernier James Bond en date) dans le rôle titre masculin, ce n’est franchement pas crédible, Noomi Rapace n’a pas été choisie pour reprendre le rôle de Lisbeth Salander.
Je me fiche de ces polémiques. Cela ne me dérange pas qu’un remake soit fait. Cela ne me dérange pas que Daniel Craig ait eu le rôle. Cela ne me dérange pas que l’actrice change, surtout que d’après les premières images et vidéos, Rooney Mara est physiquement tout aussi crédible que Noomi Rapace.
Mais surtout, les premiers trailers ont fait vibrer la lectrice que je suis. J’y ai retrouvé l’ambiance des livres et cette Lisbeth Salander m’a l’air mieux cernée.
Oui, je peux me tromper. Oui, je risque fort d’être déçue. Mais j’ai d’ores et déjà rendez-vous avec Lisbeth Salander le 18 janvier 2012.

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oct 7 2011

Plongez avec délice dans l’Angleterre de Downton Abbey

Cher lecteur, chère lectrice, aujourd’hui, je brise la malédiction de la series addict en détresse qui n’a plus le temps d’écire un billet. Et pas n’importe lequel : un billet sur la série anglaise Donwton Abbey, dont la saison 2 vient de débuter.
Mes fidèles lecteurs et lectrices, savent déjà que les séries anglaises n’ont pas, a priori, ma préférence et que je les découvre depuis peu. Downton Abbey m’a été vantée encore et encore par une grande amatrice de séries d’outre-Manche (celle-là même qui m’avait chaudement recommandé Lost Girl, autant dire qu’il s’agit d’une personne de goût).

UN PITCH PAS FORCÉMENT FACILE

Nuit du 14 au 15 avril 1912 : le Titanic sombre tragiquement emportant avec lui le fiancé de Mary Crawley, l’héritier du domaine de Downton dans la campagne londonienne. À Downton, c’est la consternation : l’héritier disparu, l’ordre établi est bouleversé. Aucune des trois filles Crawley ne peut prétendre au titre, mais surtout la fortune ainsi que le domaine risquent d’être perdus au profit d’un lointain cousin, Matthew Crawley, “simple avocat”.

J’en vois déjà parmi vous froncer les sourcils et craindre une série poussiéreuse et ennuyeuse.

Détrompez-vous, c’est tout le contraire !

La production bénéficie d’un budget plus que conséquent offrant une reconstitution historique particulièrement bluffante. Mais surtout, ces débauches de moyens n’oublient pas l’essentiel : les personnages.

DEUX POINT DE VUE PASSIONNANTS

La grande force de Downton Abbey est de nous proposer deux regards : celui des Crawley et celui de leurs domestiques. Deux mondes que tout oppose mais qui n’existent pas l’un sans l’autre.
L’ouverture du pilot est diablement efficace : elle montre le travail matinal des domestiques, s’affairant de tout côté telle une ruche, en total décalage avec l’apparente nonchalance de la famille. Downton Abbey est donc une série au casting particulièrement fourni et réussit le tour de force de ne pas perdre le téléspectateur et de rendre chaque personnage aussi intéressant qu’attachant. L’écriture est particulièrement soignée ainsi que la mise en scène qui semble parfois nous montrer un ballet incessant.
Les scénaristes auraient pu jouer la facilité et nous peindre un tableau très caricatural : de méchants  aristocrates qui traitent avec mépris ces pauvres domestiques, corvéables à merci. Ne croyez pas que Downton Abbey dégouline de bons sentiments, la médiocrité humaine y est bien présente, également répartie à chaque niveau de l’échelle sociale. Bien sûr, certains domestiques nourrissent de la rancœur et j’ai quelquefois pensé à la chanson Maudite clochette de Juliette.

http://www.dailymotion.com/video/xsq3u

DEUX CASTES CODIFIÉES

Chez les Crawley, chacun a son rôle à jouer

Mary  (Laura Carmichael) est l’aînée des trois filles. Belle, impétueuse, l’avenir de la famille repose sur ses épaules et plus particulièrement sur celles de l’homme qu’elle va épouser. Et c’est bien là que le bât blesse. Mary ne supporte pas de n’être réduite qu’à une future épouse. Pour se sortir de cette frustration, elle manie l’ironie acerbe, se croit supérieure et joue de ses prétendants sans se soucier guère de leurs sentiments.

Il y a également Edith (Laura Carmichael), la cadette, qui n’est ni aussi jolie, ni aussi pétillante que son aînée. Elle vit dans l’ombre de Mary et ses parents se sont fait une raison : elle s’occupera d’eux durant leurs vieux jours. Mésestimée, constamment rabaissée par sa grande sœur qui se rassure en l’humiliant, Edith n’arrive pas à exister et ne nourrit que frustration et jalousie.

De son côté, Sybil (Jessica Brown Findlay), la benjamine, vit dans sa bulle enthousiaste détachée de toute pression. Jeune et libre, elle semble être la sœur la plus épanouie.

Matthew Crawley (Dan Stevens) devrait être le plus heureux des hommes : il hérite d’un domaine et d’un titre et pourrait bien épouser l’impétueuse Mary. Mais voilà, sa vie tranquille d’avocat lui convenait parfaitement et il a beaucoup de mal à s’adapter au train de vie aristocratique. Surtout que l’accueil qui lui est réservé n’est pas des plus chaleureux.

Chez les domestiques, la hiérarchie domine

S’il y a bien un univers totalement régenté, c’est celui des domestiques. Rien n’est laissé au hasard, chacun doit tenir son rang à la fois devant les patrons, mais aussi devant les “collègues”.

En haut de l’échelle, on retrouve Mrs Hugues (Phyllis Logan) chargée du personnel féminin et Mr Carson (Jim Carter) chapeautant le personnel masculin. Ils veillent tout deux à la bonne marche de la ruche avec dévotion, vivant leur mission comme un sacerdoce. Très attachés à la famille Crawley, ils ont à cœur de la défendre et de la représenter avec perfection.

Viennent ensuite le majordome du comte, le mystérieux et boiteux Mr Bates (Brendan Coyle), les serveurs, les femmes de chambre.

Puis, il y a la cuisinière Mrs Pattmore (Lesley Nicol) qui règne comme un tyran sur ses fourneaux et sur sa pauvre aide-cuisinière Daisy (Sophie McShera).

UN MONDE QUI CHANGE

Comme Mad Men qui nous plonge au cœur de l’Amérique des années 60, Downton Abbey est ancrée dans une époque. Et pourtant, son propos reste toujours actuel car comme pour les publicitaires de la Madison Avenue qui chutent irrémédiablement, le monde connu par les Crowley va s’écrouler peu à peu.

On peut même dire que le monde connu par les Crawley s’écroule dès les première minutes avec la disparition de l’héritier. Mais au-delà du destin de cette famille, la donne a changé. Les progrès techniques, tout d’abord, comme l’électricité ou le téléphone qui vont tout bouleverser. La montée d’une nouvelle génération, incarnée par Matthew, élevé loin de toutes les convenances aristocratiques et qui est bien embêté lorsqu’on lui met un majordome dans les pattes ou qu’on s’offusque de le voir occuper un emploi. On note également la naissance d’un féminisme, incarné à la fois par Mary qui refuse d’épouser un homme qu’on lui imposerait et surtout par Sybil, emportée par sa fougue et qui assiste à des meetings en faveur du vote des femmes ou commande une nouvelle tenue qui sera un pantalon, comble de l’audace.

Du côté des domestiques, le changement est lui aussi palpable. Fini les Mrs Hugues et Mr. Carson qui ont voué leur vie à cette famille en mettant de côté la leur, presque comme des religieux. La nouvelle génération ne vit plus sa situation de domestique comme une chance ou un honneur mais rêve d’une autre vie. Ainsi, la femme de chambre de Sybil qui suit une formation de dactylo en cachette et qui se voit secrétaire, bien aidée dans cette aventure par la benjamine Crawley.

Mais bien évidemment, la série débutant en 1912, le grand bouleversement qui s’annonce est la Première Guerre mondiale. Le dernier épisode de la première saison se situe justement au moment de l’entrée en guerre de l’Angleterre et cette guerre sera le nouveau personnage de la saison 2.

Downton Abbey, diffusée sur la chaîne anglaise ITV1. Première saison de 7 épisodes diffusée à l’automne sur TMC. Deuxième saison de 8 épisodes en cours de diffusion en Angleterre.

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