jan 30 2012

Third Star, le film qui m’a mise KO pour la première fois

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, c’est encore un billet hérétique que je te propose aujourd’hui. Comment pourrait-il en être étonnant après l’expérience émotionnelle que je viens de vivre ? Ces mots sont forts, mais en aucun cas exagérés car Third Star est un film rare. Le pitch ? James (Benedict Cumberbatch) est atteint d’un cancer en phase terminale. À sa demande, ses trois meilleurs amis, Davy (Tom Burke), Bill (Adam Robertson) et Miles (JJ Feild) l’emmènent camper sur son lieu préféré sur Terre, Barafundle Bay.

Je me dois d’être honnête : si Benedict Cumberbatch (le Sherlock de la BBC si cher à mon cœur) n’avait pas été au casting, je n’aurais jamais regardé ce film. Je n’en aurais même jamais entendu parler. Tout petite production indépendante, il a certes été présenté dans plusieurs festivals en Europe et dans le monde, mais n’a été distribué que dans peu de salles au Royaume-Uni et dans très très peu de salles aux États-Unis.

Que les choses soient claires : ce n’est pas, mais alors pas du tout mon genre de pleurer devant un film. Et encore moins lorsque le sujet (genre un héros cancéreux) est labellisé “larmes garanties”. Et lorsque cela m’arrive (la scène du pick-up dans Sur la route de Madison est imparable), l’émotion s’en va comme elle est venue.

Donc, lorsque je me suis tranquillement installée sur mon canapé pour regarder Third Star, je pensais admirer le talent de mon acteur préféré du moment et découvrir une histoire touchante. Terrible erreur. Lentement, mais inexorablement, la force de ce récit m’a totalement happée. Toutes les barrières sont tombées : c’est mon meilleur ami qui est mourant, c’est moi qui suis pétrifiée à l’idée de le perdre. Le générique terminé, je suis en état de choc, incapable de retenir mes larmes durant de nombreuses minutes. Retournée comme jamais auparavant, je ressens une terrible tristesse, presque douloureuse. Le lendemain, je suis encore hantée par ces personnages, ces images, ces émotions. Une semaine après, je garde encore des traces.

UNE ÉCRITURE ET UN JEU TOUT EN JUSTESSE ET FINESSE

Un sujet tel que celui évoqué par Third Star est à double tranchant : soit il est émouvant, soit c’est le pathos dégoulinant qui débarque en fanfare avec mièvrerie et violons sonnants et trébuchants. Il n’en est rien ici.

Le scénario signé Vaughan Sivell (également coproducteur) est d’une incroyable simplicité et profondeur. Il n’est jamais question d’apitoiement et les dialogues sont parfois durs. Tout commence avec James. Oui, James est malade, oui, James est mourant. Mais James n’a ni le visage d’un malade, ni celui d’un mourant. Ne cherchez pas le crâne rasé, les cernes, la maigreur extrême. James pourrait être un jeune homme comme un autre, s’il n’avait cette jambe droite qui le fait terriblement souffrir et l’empêche de marcher sans une canne, s’il ne pouvait se passer de son flacon de morphine. Sa maladie n’est presque jamais évoquée, on ne sait ni comment elle est arrivée, ni son évolution. Cela importe peu. Ce road trip et les relations entre ces quatre personnages nous sont montrés de la manière la plus naturelle qui soit. Et donc la plus belle. Je vous conseille de faire un petit tour sur le blog que Vaughan Sivell a tenu lors de la production et du tournage. Vous y découvrirez des billets très bien écrits, drôles et sincères. Mention spéciale pour ceux qu’il a consacrés à chacun des acteurs principaux.

Benedict Cumberbatch est tout simplement bluffant. Je sais, cher lecteur, chère lectrice, tu vas me rétorquer que je manque cruellement d’objectivité. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas reconnaître son talent. Il nous propose une interprétation à la fois forte et subtile, déployant une palette désarmante. Fort heureusement, Third Star ne se limite pas à cette seule interprétation. Tom Burke, Adam Robertson et JJ Feild sont tout aussi magnifiques. Chaque personnage est important. Chaque personnage est soigné. Chaque personnage est porté avec brio. J’ai une tendresse particulière pour Davy qui n’arrive pas à prendre de la distance avec ses émotions et qui est le plus protecteur envers James.

UNE ODYSSÉE, UNE AMITIÉ

Qui dit road trip, dit épopée. Qui dit épopée, dit odyssée. Third Star n’est bien sûr pas le premier film à s’inspirer du célèbre récit d’Homère (j’avais d’ailleurs beaucoup aimé la version délirante des frères Cohen dans O’Brother). Là encore, les références ne sont pas trop appuyées, le parallèle est subtil. Il y a tout d’abord ce kart construit par Bill pour permettre à James de se déplacer et de transporter tout le matériel nécessaire à leur périple. Kart qui pourrait être la métaphore du bateau d’Ulysse. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans l’atmosphère presque irréelle, coupée du temps, très bien créée par les images de la réalisatrice Hattie Dalton. Impression renforcée par ces plans qui jouent sur la frontière entre le rêve et la réalité. Comment ne pas être emporté par la nature sauvage de cette île galloise ? James, Davy, Bill et Miles traversent ces très beaux paysages inhabités en toute humilité. Les rencontres sont rares, mais font toujours sens. Surréalistes, absurdes, elles marquent les étapes de leur voyage et les préparent à ce qu’ils vivront à l’arrivée. On pourrait penser que ce parcours initiatique concerne surtout James, mais chacun des personnages ne sera plus le même une fois le périple terminé. Plus le voyage avance, plus il se fait difficile, plus il se recentre sur eux. Lors du dénouement, ces hommes seront mis face à eux-mêmes et se tiendront à l’exacte place où ils devaient être.

La plus grande force de Third Star est de ne parler ni de la maladie, ni de la mort. Third Star est une déclaration d’amour à l’amitié, l’un des plus beaux sentiments qui existent, voire le plus beau. James, Davy, Bill et Miles sont des amis d’enfance et ils s’aiment. On le sait dès les premières secondes. Une fois encore, point de mélodrame, de dialogues mielleux, de surenchère. Tout est dit dans leurs regards, dans leurs gestes, dans leurs rires, dans leurs engueulades. L’alchimie entre les quatre acteurs opère tout de suite. La caméra d’Hattie Dalton montre parfaitement la beauté des liens qui les unissent.

Si ce modeste billet vous a donné l’envie de vous abandonner à ce récit, foncez ! Mais sachez que vous n’en sortirez pas indemnes.

Third Star, écrit par Vaughan Sivell et réalisé par Hattie Dalton. Avec Benedict Cumberbatch, Tom Burke, Adam Robertson et JJ Feild (2010)

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jan 22 2012

La Lisbeth de Fincher est-elle convaincante ?

Cher lecteur, chère lectrice, dans un précédent billet, je te parlais de mon amour pour le personnage de Lisbeth Salander, héroïne de la trilogie Millenium, née de l’imagination de l’écrivain suédois Stieg Larsson.

J’avais été très déçue par les films originaux (je n’ai pas vu la version série et donc plus détaillée) : de terribles omissions qui réduisent les personnages, une réalisation guère chatoyante, un Mikael Blomqvist limite inexistant.

J’attendais donc beaucoup de la vision de Fincher.

UN REMAKE FIDÈLE À L’ESPRIT DU LIVRE

Je ne suis pas une cinéphile avertie, mais il n’est point besoin de l’être pour apprécier le travail de David Fincher. Une réalisation très prenante, des images fortes, une tension en crescendo, une superbe musique. Bien sûr, comme pour les films originaux, il y a eu des coupes (mais beaucoup moins gênantes), des éléments du second tome sont également intégrés à l’histoire (mais je manière plus subtile à mon goût). Le parti-pris le plus osé du scénario a été de modifier de manière significative le dénouement de la mystérieuse disparition d’Harriet. Un crime de lèse-majesté qui aurait pu être totalement impardonnable, mais qui, bien intégré au récit, ne choque pas.

Autre point fort : Mikael Blomqvist, porté par un très bon Daniel Craig. Le gros danger avec Millenium et la force de Lisbeth. Comment faire exister un autre personnage face à elle ? La version américaine a réussi à lui donner toute sa place et de rendre leur duo équilibré.

Et Lisbeth alors ? Le choix de Rooney Mara pour porter ce magnifique (et casse-gueule) rôle a été judicieux, elle ressemble physiquement à l’image que je m’en étais faite à la lecture. Le rôle a été écrit sobrement, mais sonne juste. Sa relation avec Mikael et la “fragilité” qu’elle fait naître en elle sont touchantes. Les scènes “critiques” sont plus sobres que dans le livre, et comme pour la version originale, même si elles restent fortes, elles n’ont pas toute la sauvagerie des romans. J’ai été particulièrement déçue par la même scène que dans la version originale, scène qui a une très grande force sous la plume de Stieg Larsson et qui va sceller le destin de Lisbeth et Mikael ; là encore, je la trouve en dessous.

AUCUNE ADAPTATION NE POURRA REMPLACER LA LISBETH DE STIEG LARSSON

Mais voilà, un scénariste, un réalisateur, des acteurs, aussi talentueux soient-ils, ne peuvent pas retranscrire totalement l’âme d’un livre. Et lorsque l’écriture est aussi fournie et donne vie à des personnages aussi complexes que dans Millenium, c’est mission impossible.

Alors oui, même si j’ai beaucoup aimé la vision de Fincher, je n’ai pas ressenti les même émotions qu’au fil des trois tomes, ce qui était couru d’avance, je vous l’accorde. Cela reste tout de même un très bon film.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire les critiques signées Nicolas Gilli sur Filmospère (enthousiaste et emporté) et John Plissken (plus mesuré et plus proche de mon ressenti).

 

 

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jan 17 2012

Vous aussi, succombez sans attendre à la Sherlockmania

Cher lecteur, chère lectrice, je ne m’explique toujours pas pourquoi je n’ai pas consacré un billet à la série Sherlock avant aujourd’hui. Je l’ai pourtant découverte à l’été 2010, lors de sa diffusion sur la BBC et le coup de coeur fut immédiat. Mais sans que j’en comprenne vraiment la cause, je ne t’ai parlé de ce cette série que dans ce billet relatif aux séries anglaises. Il est parfois des mystères qui ne seront jamais résolus et malheureusement, je n’ai pas ce cher Sherlock Holmes sous la main pour me délivrer de cette interrogation qui me ronge.

Aujourd’hui, je répare cette terrible erreur. Je la répare d’autant plus promptement que la deuxième saison, diffusée ces dernières semaines en Angleterre, m’a totalement envoûtée. Envoûtement maintenant teinté d’un manque dévastateur alors que cette saison s’est achevée et que la prochaine, finalement confirmée par les créateurs après nous avoir laissé dans le doute avec la complicité des acteurs,  ne verra pas le jour avant un certain temps. Voilà ce qui arrive lorsque les deux acteurs principaux et talentueux sont fort demandés au cinéma : Benedict Cumberbatch (Sherlock) enchaîne les tournages et Martin Freeman (Watson) est quelque peu occupé par son rôle de Bilbo Baggins dans les deux Bilbo signés Peter Jackson (et oui, rien que ça !).

Me voilà donc désemparée, habitée d’une Sherlockmania que rien ne semble pouvoir arrêter (enfin jusqu’à ma prochaine obsession) : je traque les vidéos d’interview, les montages réalisés pas des fans avertis et je visionne encore et encore mes scènes préférées.

Cher lecteur, chère lectrice, tu es peut-être effrayé par cet état, que je reconnais entièrement irrationnel. La force d’un récit, de personnages se mesure à la façon dont ils résonnent en nous. Et lorsque c’est le cas, la distance du spectateur est balayée sans résistance aucune, nous laissant à la merci des scénaristes, qui dans le cas de Steven Moffat et Mark Gatiss prennent un malin plaisir à manier l’ascenseur émotionnel. J’espère qu’après avoir lu ces quelques lignes, tu voudras toi aussi en faire l’expérience.

STEVEN MOFFAT ET MARK GATISS : DEUX SCÉNARISTES FOUS DE L’ŒUVRE DE SIR ARTHUR CONAN DOYLE

Comme son nom l’indique si bien, Sherlock est une adaptation du Sherlock Holmes imaginé par Sir Arthur Conan Doyle. Mais ne cherchez point d’Angleterre victorienne, le parti pris de la série est tout autre : adapter ces magnifiques histoires au XXIe siècle. Parti pris ambitieux, mais aussi très casse-gueule. Le personnage de Sherlock Holmes est devenu un icône partout dans le monde et relève du trésor national en Angleterre. S’attaquer à lui peut s’avérer suicidaire si c’est fait n’importe comment.

Heureusement, à la tête de ce projet se trouvent Steven Moffat (showrunner de renom et de talent outre-Atlantique, enfin plutôt outre-Atlantique vous m’aurez comprise, qui fait depuis quelques années le plus grand bonheur des fans de Doctor Who) et Mark Gatiss (qui joue également le rôle de Mycroft Holmes, frère du célèbre détective). Ces deux hommes sont des inconditionnels de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle et avaient à cœur d’en faire une adaptation fidèle et de qualité. Je vous invite d’ailleurs à lire cet article très intéressant et complet du site Internet Le Village.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pari est réussi. L’écriture (intrigues et dialogues) est toujours réjouissante, drôle, intelligente et très fournie (plusieurs visionnages sont parfois utiles pour tout percevoir). Sherlock maîtrise toutes les nouvelles technologies, mais rassurez-vous, il n’a point besoin de gadgets pour résoudre les mystères qui se présentent à lui. Bien sûr, tout n’est pas toujours parfait et le deuxième épisode de la première saison est assez bancal. Mais même avec ces quelques petits défauts, cela reste des épisodes d’un très bon niveau.

Finalement, Stevent Moffat et Mark Gatiss n’ont qu’un seul défaut : ils sont tellement occupés et l’écriture de la série demande tellement de temps qu’ils ne nous pondent que trois épisodes (d’une heure et demie) par saison. Comme c’est cruel !

UNE IDENTITÉ VISUELLE FORTE

L’une des grandes forces de Sherlock est sa réalisation. Elle est redoutablement efficace dès qu’il s’agit de placer le spectateur dans la tête du détective lorsqu’il explique ses déductions. Il est également très intéressant de voir comment les moyens de communication modernes (textos, mails) sont mis en scène et utilisés comme de réels éléments narratifs.

Je n’aurais qu’un seul regret : le générique, dont la musique et la réalisation me semblent plutôt folichonnes.

UN SHERLOCK CHARISMATIQUE ET À TENDANCE SOCIOPATHE

Comme toute série qui repose sur un personnage central, celui-ci doit être incarné à la perfection. Et interpréter un Sherlock Holmes du XXIe siècle n’est pas chose si aisée. Les deux créateurs ont su trouver l’acteur parfait pour endosser l’habit : Benedict Cumberbatch. Il m’était jusqu’alors inconnu, et ce fut une révélation : une présence physique incroyable, un jeu sans aucune fausse note et surtout une habileté stupéfiante pour retranscrire les déductions si bien écrites, sans perdre le public, un vrai tour de force.

Sherlock Holmes est un homme à part : doté d’une intelligence supérieure, le maître dans l’art de la déduction, un seul regard lui suffit pour décrypter dans les moindres détails, et en particulier intimes, la vie de ses pauvres interlocuteurs. Une telle intelligence ne va pas sans vanité et le détective prend un malin plaisir à prouver sa supériorité et à désarçonner. Sa seule obsession est la recherche de la vérité, tout mystère est un jeu, l’empathie lui est totalement étrangère.

Sa personnalité suscite tout autant la le dégoût que la fascination. Car oui, Sherlock est un charmeur, il aime être le centre de l’attention. Et ce Sherlock l’est tout particulièrement.

UN DUO SHERLOCK/WATSON IRRÉSISTIBLE

Tout bon Sherlock qui se respecte doit avoir pour compagnon le docteur Watson. Cette adaptation fidèle ne pouvait donc l’oublier et a fait le choix de lui donner une place centrale. Il est intéressant de voir que le premier épisode s’ouvre avec Watson, Sherlock n’apparaît à l’écran que de nombreuses minutes plus tard.

Watson est médecin, et un soldat, engagé avec les troupes britanniques dans le conflit afghan. Blessé, il est rapatrié à Londres et va croiser le chemin de ce bien étrange Sherlock.

L’intelligence de l’écriture est de ne pas réduire Watson au simple rôle de faire-valoir, souffre-douleur et de faire de la relation Sherlock/Watson un point essentiel du récit, allant jusqu’à faire de très amusantes allusions sur leur hypothétique relation amoureuse supposée par certains.

Watson est tout de suite fasciné par Sherlock, même si certaines de ses réactions l’effraient ou le révoltent. Watson est un homme d’action, revenir à Londres pour travailler derrière un bureau, très peu pour lui. Il se prend très vite au jeu des enquêtes et du danger. C’est tout naturellement qu’il ouvre un blog pour relater les folles aventures qu’il vit aux côtés du détective de renom. Watson est intelligent, attentionné envers son colocataire et autrui. Mais heureusement, il n’est pas qu’un “bon gars”, il est aussi un homme à femmes, qui ne se conduit pas toujours en parfait gentleman.

De son côté, Sherlock va vite apprécier cet homme, qui bien qu’il l’admire, n’hésite pas à le mettre face à ses contradictions et à pointer ses défauts. Mais contrairement aux autres, il ne le fait ni par jalousie, ni par rancoeur et c’est bien ce qui lui plait.

Au fil des épisodes, on voit donc naître cette amitié entre ces deux hommes que tout semble opposer.

SAISON 2 : LA MAGNIFIQUE HUMANISATION DE SHERLOCK EN TROIS ACTES

ALERTE SPOILERS

La première saison était déjà une très belle réussite, mais cette saison monte encore d’un cran. On retrouve le même Sherlock, enfin, plus tout à fait le même puisque cela fait quelques mois qu’il a Watson auprès de lui. Et c’est bien ce qui va changer la donne. Ces trois épisodes nous montrent le cheminement de cet homme qui s’est construit et se vit comme un être unique qui n’a besoin de personne. Qui n’avait besoin de personne.

A Scandal in Belgravia : Sherlock peut-il tomber amoureux ?

Cet premier opus m’a fait l’effet d’un choc : l’un des meilleurs épisodes de série qu’il m’ait été donné de voir. Un ravissement de la première à la dernière seconde. Voilà donc notre héros confronté à un sentiment et pas n’importe lequel : le sentiment amoureux. Et pas pour n’importe quelle femme. Non, pour Irene Adler, dotée d’une intelligence tout aussi piquante usant de sa beauté et de ses capacités pour tout maîtriser et avoir la main. Comme Sherlock, son armure est bien rodée. Comme Sherlock, elle est en permanence sur le fil du rasoir.

Bien sûr, ne cherchez pas une histoire romantique comme on en voit tant. Point de rapprochement trop rapproché. Tout est dans les regards, des effleurements, deux esprits brillants qui se trouvent. Une romance diablement intéressante et magnifiquement portée à l’écran.

Lisez les critiques signées Delphine Rivet sur Reviewer et Sullivan Le Postec sur Le Village.

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The Hounds of Baskerville : Sherlock peut-il douter ?

Ambiance totalement différente : ce deuxième épisode est clairement un épisode de genre, bien plus fun que totalement maîtrisé dans sa structure. Mais même si on ne retrouve pas totalement le brio du premier, il reste tout aussi bon. L’humour est particulièrement présent (même s’il l’est à chaque fois) et la première scène Sherlock/Watson me fait exploser de rire à chaque visionnage.

Adaptation du roman le plus connu de Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock se trouve face à un défi flirtant avec les limites de l’imaginable. Peut-il alors faire confiance à ses sens ? Mais s’il ne le peut pas, cela remet-il donc en doute ce qu’il est ? Sherlock peut-il être perdu ?

Ce deuxième épisode permet de creuser un peu plus l’amitié qui lit Sherlock et Watson. Tout en délicatesse et sans en rajouter, Sherlock oblige.

Lisez les critiques signées Delphine Rivet sur Reviewer et Sullivan Le Postec sur Le Village.

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The Reichenbach Fall : Sherlock peut-il se mettre à nu ?

Qui dit dernier acte, dit apothéose. Et quoi de mieux comme apothéose que l’affrontement entre Sherlock et Moriarty, son alter ego maléfique ?

Là encore, si on s’en tient à la stricte structure de l’épisode, on peut penser qu’il y a des ratés : on connaît la fin dès le début, on devine l’ultime dénouement avant qu’il ne se produise. Mais la force émotionnelle de cet épisode n’est pas à chercher dans sa structure.

Moriarty a juré la perte de Sherlock Holmes. Et pour cela, il le pousse dans ses derniers retranchements, en étant presque une caricature de lui-même. Sherlock court-il à sa perte en étalant son intelligence supérieure plus que de raison, en méprisant tous ceux qui ne méritent pas d’être considérés ? On pourrait le penser. Mais finalement, la seule façon de faire tomber Sherlock est de le forcer à se mettre à nu, à faire face à ses émotions et de reconnaître que oui, Sherlock Holmes, se soucie de ceux qu’il aime.

Voilà pourquoi cet épisode m’a émue comme je le suis rarement devant une série (hormis les trois derniers épisodes de Six Feet Under, mais ils sont hors concours). C’est merveilleux.

Lisez la critique signée Delphine Rivet sur Reviewer.

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Sherlock, 2 saisons, 6 épisodes, BBC1 (saison 1 diffusée sur France 4 puis sur France 2. Diffusion de la saison 2 sur France 4 prévue prochainement)

 

 

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jan 9 2012

Que Dieu bénisse les séries américaines

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, j’ai décidé de me pencher sur un sujet sérieux : la place de la religion dans les séries made in USA. Mais quelle mouche m’a donc piquée ?

Non, je ne suis pas victime d’un soudain besoin de spiritualité en cette année de fin du monde. Je suis une simple Française athée, limite anticléricale, et j’ai toujours eu du mal avec cette présence omniprésente du religieux. Cela a été particulièrement le cas dernièrement, alors que je découvre à peine Friday Night Lights (honte sur moi, je sais). Le pilot, en particulier, compte de nombreuses scènes de prières collectives et j’ai ressenti une certaine gêne en les découvrant. J’ai donc décidé de l’expier en me penchant de plus près sur cet aspect, pour le moins fondateur, de la nation américaine et donc de la façon dont il est transcrit sur le petit écran.

Ce petit tour d’horizon est loin d’être exhaustif, totalement subjectif et sûrement de mauvaise foi.

LES FONDEMENTS

Les Américains sont nés de ces migrants anglo-saxons et protestants venus tenter leur chance sur ce continent plein de promesses, les WASP. Après avoir débarqué sur la côte Est, ils ont peu à peu investi tout le pays et notamment l’Ouest sauvage. Ces hommes et ces femmes ont dû faire face à plusieurs problèmes : tout était à construire, une nature parfois hostile, l’isolement, les maladies et des Indiens remontés (d’un autre côté, qui ne le serait pas en voyant des étrangers sûrs de leur fait clamer que votre terre leur appartient, mais c’est un autre débat…). Leur seul salut : faire face ensemble, faire partie d’une communauté qui se sert les coudes. Et quel meilleur endroit pour souder une communauté que de se retrouver tous les dimanches à l’église pour l’office ?

Trois figures sont donc essentielles : le médecin, qui peut vous sauver la vie, l’instituteur (enfin, surtout l’institutrice…) qui détient le savoir et le pasteur (ils sont protestants ne l’oublions pas) qui vous guide vers Dieu. On retrouve parfaitement ces trois figures dans les séries qui ont pour décor l’Amérique du XIXe comme La petite maison dans la prairie (30 mars 1974-21 mars 1983, NBC) et DR Quinn, femme médecin (1er janvier 1993-16 mai 1998, CBS.)

Rien de plus normal donc, que de nos jours, la société américaine soit en grande majorité croyante (quelle que soit la foi en question) et que la religion ait une place aussi importante à tous les niveaux. Dans un procès, on jure de dire la vérité sur la Bible. Le président des États-Unis prête serment sur la Bible. D’ailleurs, il me semble que Barack Obama est le premier président à avoir évoqué les athées dans son discours d’investiture (mais je peux me tromper). Et surtout, la devise suprême de la nation est God save the United States of America, qui n’est pas sans rappeler bien sûr le titre de l’hymne national anglais God save the Queen.

La grande force des séries américaines est de nous peindre avec exactitude sa société. Elles donnent donc toute sa place à la religion.

LES ANGES ET LA SECONDE CHANCE

Qui dit religion, dit valeurs : amour du prochain, compassion, pardon, seconde chance.

Les routes du paradis (19 septembre 1984-4 août 1989, NBC) : après avoir incarné à jamais pour toutes les filles de la planète Charles Ingalls, alias l’homme qui coupe du bois comme personne, Michael Landon revient sous les traits de Jonathan Smith, un ange envoyé sur Terre par Dieu pour amener amour et compassion à ces pauvres humains désœuvrés. Il est aidé de Mark Gordon (Victor French, lui aussi un ancien de La petite maison dans la prairie), ex-policier.

Comme le pitch l’indique, c’est tout plein de bons sentiments. Mais j’étais gamine à l’époque alors je me laissais doucement porter par tout cet amuuuuur.

Les anges du bonheur (21 septembre 1994-27 avril 2003, CBS) : Monica et Tess sont deux anges qui, je vous le donne en mille, ont été envoyées par Dieu sur Terre pour rappeler à des humains… désœuvrés qu’Il ne les as pas oubliés.

Comme son pitch l’indique, c’est vraiment dégoulinant de bons sentiments. À l’époque j’étais ado, donc beaucoup moins sensible à toute cette mièvrerie. Mais en bonne ado qui se respecte, je passais pas mal de temps devant ma télé et devant M6.

Destins croisés (1999-2001, Canada) : Jones est un ange à part, il est l’avocat qui plaide la cause des morts auprès du tribunal. Il permet à ces pauvres humains qui ne se sont pas toujours très bien comportés de repartir dans le passé afin de corriger certaines de leurs erreurs.

Là encore, c’est tout plein de bons sentiments et j’avais passé l’âge de passer pas mal de temps devant ma télé.

LA SACRO-SAINTE FAMILLE

Tout le monde vous le dira : si l’être humain a bien une mission sur terre, c’est de fonder une famille (et tant pis pour ceux qui ont décidé de faire les rebelles) ! Mission ô combien vantée dans toute religion qui se respecte. Rien de plus normal qu’on retrouve cette thématique à toutes les sauces dans les séries.

Alors oui, je suis un petit peu de mauvaise foi, car toutes les séries mettant en scène une vie de famille ne font pas la pub de la dernière église évangéliste qui vient de sortir et la famille est un terreau inépuisable pour des scénarios.

Mais tout de même, il est très courant de trouver dans les séries des scènes où règne la mièvrerie et qui ne sont pas toujours des plus crédibles.

7 à la maison (26 août 1996-13 mai 2007, WB et CW) : LA série qui illustre la belle vie de famille et la place de la religion.

Nous avons donc les Camden : le papa est pasteur, la maman est mère au foyer et fait de bons gâteaux, leurs 5 enfants sont plus ou moins gentils (mais rassurez-vous, il ne se passe rien de bien grave, faut pas déconner non plus). Alors, oui, j’avoue, il m’est arrivée de regarder 7 à la maison, tout en me disant que cette famille n’était franchement pas crédible. Toutes des longues discussions, ces interrogations, ces sentiments exprimés, on ne voit ça dans aucune famille normalement constituée, non ? Bon ok, ma famille préférée, ce sont les Fisher de Six Feet Under, plus névrosés les uns que les autres, incapables de communiquer ou d’exprimer leurs sentiments, bref que des qualités.

LE CAS STARGATE SG-1

Alors là, cher lecteur, chère lectrice, tu dois te dire que ma santé mentale a définitivement foutu le camp. Que vient faire Stargate SG-1 dans ce billet ? Je vais tout t’expliquer.

Stargate-SG1 a beaucoup de qualités (si, si) dont celle d’avoir un regard plutôt distancié sur la foi à outrance et le pouvoir qu’elle procure à ceux qui en abusent.

Il y a tout d’abord les Goau’lds, ces faux dieux, qui font régner la terreur sur des peuples asservis. Toute la bataille de Teal’c, puis des autres jaffas (soldats des Goa’ulds eux aussi asservis de la pire des façons) est de démontrer la supercherie de ces parasites et de permettre aux peuples de gagner leur liberté.

Il y a surtout les Oris, des êtres supérieurs devenus pure énergie qui tirent leur force de la dévotion de leurs fidèles et qui n’ont qu’un objectif : conquérir toutes les galaxies possible et exterminer quiconque se mettrait en travers de leur funeste projet.

Il y a également plusieurs épisodes isolés qui ont pour cadre des planètes où les sociétés, moyenâgeuses, sont régies par une religion et un clergé absolus, digne de notre plus florissante inquisition.

Bien sûr, on ne peut pas voir dans Stargate-SG1 un rejet de la religion à proprement parlé et tout ceci peut sembler bien éloigné de nos considérations actuelles. Pourtant, à travers ses thématiques, les scénaristes montrent que la religion n’est pas que bons sentiments et entraide, mais qu’elle est surtout l’exercice d’un pouvoir.

LES HÉROS FRANCHEMENT ATHÉS EXISTENT MAIS ILS SONT SOCIALEMENT INADAPTÉS

Tout de même, les séries américaines ne sont pas que guimauve et bondieuseries. On peut même trouver des héros qui ne croient en rien et qui rejettent la religion. Mais bizarrement, ils ne sont pas comme tout le monde.

Bones : Temperance Brennan est une anthropologiste criminelle de grand talent : soumettez-lui le squelette de n’importe quelle personne assassinée, elle trouvera toujours la cause de la mort et accessoirement celui ou celle qui l’a donnée. En scientifique totalement dévouée à la science, elle ne voit dans la religion qu’une chimère dans laquelle se réfugient de pauvres humains en quête de réconfort, réconfort qu’il est inutile de chercher. Et elle ne comprend absolument pas la foi catholique de Booth, son partenaire et agent du FBI. Mais voilà, il manque à Bones une chose essentielle : savoir vivre parmi les humains bien vivants. Elle n’a aucune empathie, aucun sens de l’humour, elle décortique chaque émotion de façon cérébrale et pragmatique, bref, elle est complètement à côté de la plaque une fois sortie de son labo.

House : ah, ce cher Dr House, version médicale de Sherlock Holmes, est un sacré jojo. Bien sûr, il ne croit pas en Dieu et il prend un malin plaisir à ridiculiser ceux qui ont la faiblesse d’avoir une foi. Il va même jusqu’à se mettre en situation d’expérience de mort imminente pour prouver qu’il n’y a ni lumière blanche, ni tunnel. Son obsession de la vérité le pousse à rejeter toute forme de croyance qu’il voit comme un mensonge. En est-il plus heureux pour autant ? Seul, drogué, incapable de se connecter à quiconque de façon sincère (en dehors de son souffre-douleur mais néanmoins meilleur ami Wilson), on ne peut pas dire que sa vie sans religion soit une totale réussite.

Patty Hewes (Damages) : si vous êtes riches et puissants et que vous avez affaire à la justice, priez de toutes vos forces pour que Patty Hewes ne représente pas la partie civile. Ce à quoi cette chère Patty vous répondra qu’il ne sert à rien de prier. Élevée dans une famille croyante comme toute famille américaine se doit d’être, elle s’est détournée de la religion, la perçoit comme une faiblesse (et autant vous dire que Patty Hewes met un point d’honneur à ne jamais être faible). Bien sûr, dans la dernière saison, alors que pour une fois elle est vulnérable et impuissante, elle accepte de déroger à la règle, mais cela reste une exception tout ce qu’il y a d’exceptionnelle. Enfin, comme ses précédents comparses, Patty n’est pas la plus équilibrée des femmes et on peut même dire qu’elle a un bon potentiel de sociopathe : la manipulation, l’humiliation n’ont plus aucun secret pour elle et tout moyen est bon pour arriver à ses fins, quelles qu’en soient les conséquences. Bien sûr, elle est terriblement seule et haïe par son fils unique.

Dexter : s’il y a bien une chose dont Dexter est certain, c’est qu’il ne croit en rien. Dexter, est un brillant analyste en tâches de sang pour la criminelle de Miami, il est un petit copain charmant et adore les enfants de la petite copine en question. Dexter est aussi un tueur en série qui ne peut lutter contre ses pulsions meurtrières. Pas vraiment le profil du type pleinement épanoui. Heureusement, son gentil papa adoptif lui a appris à ne tuer que les criminels qui s’en sortent et à ne jamais se faire prendre. Ouf. Le rejet de la religion est l’une des premières choses mises en avant chez ce personnage dans le pilot. Dans la scène d’ouverture, il traque et capture un gentil chef de chorale de jeunes garçons qui a le tordu penchant d’aimer ces jeunes garçons plus que de raison et de les assassiner. Alors que ce citoyen sans histoire entame une prière face Dexter, celui-ci le gifle et lui dit « Stop ! Cela n’a jamais aidé personne. » La dernière saison en date, est allée encore plus loin puisque tout tournait autour de la religion : les méchants que Dexter doit attraper, l’éducation religieuse qu’il doit donner ou pas à son fils et surtout la question de sa rédemption. Dexter peut-il sauver son âme ? Et c’est bien ce qui m’a déçue dans cette saison, la vision encore manichéenne entre le bien/le mal, la lumière/les ténèbres. Rien de bien subversif, que du consensuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

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jan 6 2012

Que l’aventure Season One commence !

L’année 2012 commence de la plus belle des manières : me voici, une fois par mois, au générique du podcast audio Season One. Alexandre et Sophie ont souhaité remanier l’émission en invitant de nouvelles voix et ils ont eu la gentillesse (ou inconscience) de penser à moi. Merci à eux deux pour leur confiance, je vais tâcher de dire le moins de bêtises possible (mais il en restera toujours une ou deux au passage je le crains).

Pour la première de l’année, nous parlons d’une série chère à mon coeur  : Downton Abbey.

Trêve de bavardage, ça se passe ici : Season One Le Podcast Episode 119 : Le jour du naufrage

P.S. : c’est quand même la super classe de faire partie de la joyeuse bande de podcasteurs made in Nowatch. Oui, je me la pète, so what ?

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