Est-ce donc si mal d’aimer se perdre dans les fictions ?

Et non, cher lecteur, chère lectrice, aujourd’hui, tu n’auras pas droit à l’une de mes analyses sériephiliques dont j’ai le secret. Non, aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire ce petit billet, sorte de réflexion à moi-même qu’en bonne égocentrique de base, je me dois de partager avec l’Internet tout entier.

Durant ce week-end pascal, entre amis et famille, il y a eu ce doux dimanche passé sur mon canapé à enchaîner mes séries préférées. Cette phrase suscitera l’envie chez le sériephile accompli ou la consternation chez d’autres. Car enfin, passer tout un dimanche enfermée à regarder un écran d’ordinateur, n’est-ce pas triste et affligeant ? Ma vie est-elle donc si peu remplie et palpitante ?

Je te rassure tout de suite cher lecteur, chère lectrice, ma vie n’a absolument rien de pitoyable. Bien au contraire.

Une passion pour l’imaginaire depuis l’enfance

Gamine, je suis tombée en amour avec les histoires. Celles que mon père me racontait avant de m’endormir et que je connaissais par cœur, celles que j’ai découvertes par moi-même plus tard. J’adorais rester des heures tranquillement installée dans ma chambre, un livre entre les mains. Les bibliothèques rose et verte étaient de merveilleuses compagnes de jeu. Je dévorais Fantômette et Les Six Compagnons. Si vous vouliez me faire plaisir, rien de plus simple, il suffisait de m’acheter une des histoires d’Alice (je les ai presque toutes lues) ou un Agatha Christie. Étais-je donc une enfant renfermée et triste ? Point du tout ! Ces histoires m’enthousiasmaient et ne faisaient que grandir mon imaginaire. Je pouvais me raconter des histoires encore et encore, je ne connaissais que très peu l’ennui. Avec ma meilleure amie, nous passions notre temps à nous inventer de folles aventures, remplies de mystères, que nous prenions un plaisir fou à rendre réelles dans nos jeux.

Mon goût de l’écriture est né de cette passion dévorante pour la lecture. Ce blog n’aurait jamais vu le jour sans cela (et reconnaissez que cela eût été fort dommage, en toute modestie bien sûr).

Qu’il est merveilleux de se laisser porter par un récit

Je ne saurais vous décrire le bonheur que j’éprouve à me laisser entraîner dans l’univers d’un auteur ou d’un créateur. Il n’y a rien de plus beau que de s’abandonner à lui, d’accepter de suivre son chemin, d’être à sa merci. Les émotions que je ressens n’ont rien de factice, elles sont tout ce qu’il y a de plus réel.

L’être humain a toujours eu besoin de fiction, que ce soit par le théâtre, les livres ou les feuilletons dans les journaux. Il n’y a rien de malsain à cela. Bien sûr, parfois, lorsque le quotidien est pénible, cela peut être un moyen de s’évader, de fuir la réalité. Mais est-ce donc si grave ?

Une dimension encore plus grande avec les séries

Les séries ont ce petit quelque chose en plus qui les rend irrésistibles : elles sont un rendez-vous. Un rendez-vous avec des personnages auxquels on s’attache, on s’identifie.

Ce rendez-vous, j’aime le savourer. Je ne suis pas adepte des marathons, durant lesquels on enchaîne les saisons jusqu’à plus soif. J’aime prendre le temps de découvrir l’univers, les intrigues, les évolutions. Et j’aime aussi attendre entre chaque épisode, imaginer quelle sera la suite, faire du visionnage des épisodes un moment particulier. Ces phrases peuvent faire sourire, mais si regarder des séries se limite à du “sitôt vu, sitôt oublié”, quel en est l’intérêt ? J’ai été dans cette démarche, avalant un nombre impressionnant de productions, mais je m’en suis assez vite lassée. J’ai préféré réduire le nombre de séries (même si ma récente plongée dans la fiction anglaise me fait mentir) pour ne garder que celles qui me parlent vraiment, qui m’emportent. Car oui, en regardant une série que j’aime, je redeviens cette petite fille dévoreuse d’histoires. Vous devriez essayer, c’est magique.

 

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9 réponses sur “Est-ce donc si mal d’aimer se perdre dans les fictions ?”

  1. Salut Astiera,
    Je suis complètement d’accord avec toi, et je n’aurais pas pu mieux l’écrire. Alors je partage, nous ne sommes certainement pas seuls…

  2. Aimer les histoires…
    Peut être viens-tu de trouver la véritable définition d’un(e) geek?
    Quelqu’un(e) qui aime qu’on lui raconte une histoire.

    Je remarque tout de même que tu ne te perds plus dans les fictions, tu choisis, tu sélectionne, un peu comme un amateur de littérature va chercher la perle rare.
    Tu as fini par prendre en mains les univers que tu veux découvrir.
    Fini la passivité lassive quasi orgiesque devant un flot ininterrompu d’images, place à la dégustation.
    L’important n’est plus de voir, l’important est de retenir le meilleur d’une histoire, des sentiments qu’elle procure, des personnages qu’elle nous fait rencontrer, aimer, détester. L’univers d’une fiction aussi réaliste ou fantastique soit-il fini par devenir une partie de soi, au même titre qu’une morale d’une œuvre littéraire peut nous ouvrir les yeux.

    Une passion dévorante reste dangereuse, une passion maitrisée reste la plus belle des ouvertures sur le monde.

  3. Très bel article.

    Mais je me demande si, au lieu d’un oubli, on ne finit pas par se retrouver dans la fiction et si le plaisir qu’on prends à s’y plonger n’est pas justement le résultat d’une sorte d’investissement affectif, d’une projection hors de soi pour mieux y revenir.

  4. Ta passion et ton témoignage montre ton amour des histoires et c’est beau.
    Simplement beau et comme c’est maîtrisé (comme le dit l’ami barberouss), on comprend mieux tes écrits, on te comprend un peu mieux et on profite encore plus de tes articles.

    Et puis ce que tu raconte sur ton père, j’espère arriver à transmettre la même chose à ma fille.

    Merci de partager tout cela avec nous.

  5. Elle écrit de manière parfaite cette Astiera ! Je partage complètement son avis. Et FG soulève un point intéressant. J’aime autant la série qui m’emmène loin de moi que celle qui me posent des questions sur moi même.
    Bref, un excellent article, bien qu’un peu court.

  6. Merci à tous pour vos commentaires aussi touchants qu’intéressants ! Je suis ravie que cet article, en gestation depuis un moment et écrit en moins d’une heure, parle tant à celles et ceux qui le lisent. Commet quoi, mettre un peu de soi dans son écriture, cela peut avoir du bon.

    Laurent : je vois que je t’ai mal habitué avec mes billets fleuve, tu ne veux plus que ça 🙂

  7. Superbe article. Tu exprimes exactement la façon dont je considère mon raport aux fictions quel qu’en soit le support. J’aime profondément me perdre dans ces univers imaginaire; j’en ai presque besoin. Mon imagination débordante ne peut se contenter de la réalité du quotidien.
    Et comme toi, tout à commencé avec la Bibliothèque Rose et Fantômette! Que d’aventures j’ai vécu en compagnie de ces premiers livres, et cela n’a jamais cessé depuis.
    Les gens me regardent osuvent bizarrement quand j’avoue cela. Mais je trouve personnellement que ‘est une chance que nous avons de pouvoir nous perdre un temps dans cet imaginaire; on fait la connaissance de merveilleux personnages et expérience des émotions si fortes !
    Bref, je suis une incorigible bavarde, alors je vais m’arrêter là.

    Merci pour ton commentaire laissé chez moi 🙂

    1. Merci à toi pour ce très gentil commentaire et rassure-toi, il n’y a aucun mal à être bavarde.

      De rien pour mon commentaire, un très bel article sur Third Star vaut toujours le coup d’être lu !

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