Si toi aussi tu es un(e) non cinéphile, sache que tu n’es plus seul(e) !

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, encore un article qui peut te sembler hérétique. Car enfin, parler de cinéphilie sur un blog de sériephile, est-ce bien sérieux ? Rassure-toi, le monde ne va pas encore disparaître (aurais-tu donc oublié que nous avons jusqu’au 22 décembre pour mettre à mal l’équilibre cosmique sans aucune conséquence ?) : je parle de non cinéphilie.

Car oui, cher lecteur, chère lectrice, je me dois de crier la vérité au monde : je ne suis pas cinéphile. Et si toi aussi, cher lecteur, chère lectrice, tu es non cinéphile et que tu le vivais mal, n’aies plus peur, je suis avec toi ! En fait, cela ne fait pas très longtemps que je me pose la question de ma non cinéphilie et jusque il y a encore peu de temps, je ne me l’étais d’ailleurs jamais vraiment posée. Mais voilà, les hasards de ma vie connectée m’ont amenée à rencontrer une communauté de cinéphiles passionnés. Et là, il faut bien reconnaître que je passe un peu (ok, beaucoup) pour une extraterrestre. Dès qu’il est question de films, je n’en ai pas vu la quasi-totalité et lorsqu’ils découvrent que je vais très très peu au cinéma, leurs réactions sont tout aussi horrifiées que perplexes. Comment est-il donc possible de s’intéresser si peu au cinéma, surtout en étant sériephile ?

Avec ce billet, je vais donc tenter d’expliquer aux cinéphiles comment on peut arriver à ne pas l’être. Et pour ce faire, je vais donc me baser sur ma petite personne car 1) c’est mon blog 2) je ne saurai faire de ma petite personne une généralité et 3) j’aime surtout parler de ma petite personne.

Le cinéma, plus que discret durant mon enfance et mon adolescence

Enfant, le cinéma ne faisait pas partie des sorties familiales. Je ne me souviens d’ailleurs d’être allée au cinéma en famille qu’une seule fois pour L’Ours. Les moments de partage, nous ne les trouvions pas dans les salles obscures, mais dans des balades en forêt où ma sœur et moi escaladions des rochers jusqu’à plus soif. Nous les trouvions également au coin de la platine vinyle familiale, que mes parents possèdent toujours d’ailleurs, pour écouter du Carmen (la sublime version avec Placido Domingo et Julia Migènes-Johnson), du Balavoine, du Jean Ferrat, du Mouloudji ou du Claude François. Car si le cinéma était absent du foyer, la musique a pris une place essentielle, vitale, ce dont je ne peux que me féliciter aujourd’hui.

Je te vois, cher lecteur, chère lectrice, prêt(e) me rétorquer qu’à moins d’habiter au fin fond de la plus perdue des campagnes perdues, nous pouvions nous rattraper avec la location de cassettes vidéo. Et là cher lecteur, chère lectrice, je me dois d’apporter une précision cruciale : mes parents étant à la pointe de la technologie avec un TGV de retard, ils ont acheté un combi TV-magnétoscope au moment où le DVD apparaissait.

Je te vois, cher lecteur, chère lectrice, prêt à me rétorquer qu’une fois devenue ado, je devais courir les séances de ciné avec tous mes potes. Et bien, désolée de te décevoir, mais ce ne fut pas le cas. Non pas que je n’avais aucun pote avec qui aller au cinéma (je ne suis pas qu’une psychopathe asociale, non mais !). Le gros problème, c’est qu’en bonne ado adorant être pleinement occupée avec tout un tas d’activités extra-scolaires, mon temps libre était fort réduit et surtout employé à lire ou à regarder la télé.

Pour moi, séries et cinéma n’ont pas grand-chose à voir

Il est une autre interrogation de mes compagnons cinéphiles : comment puis-être aussi peu intéressée par cet art alors que les créateurs de séries que j’aime tant y puisent leur inspiration ? La réponse est toute simple : le cinéma et les séries télé ne procurent pas la même chose. Et en ce qui me concerne, le cinéma me procure moins de choses que les séries.

Une série, ses personnages que je retrouve semaine après semaine, que je prends le temps de connaître et auxquels je m’attache peu à peu, son ambiance, son propos, m’embarquent aisément et me fait ressentir de belles émotions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. J’ai plus de mal à être autant embarquée par un film. Car un film, c’est tout de même frustrant : on a à peine le temps de faire connaissance avec des personnages qu’il faut déjà les quitter. Pour moi, la grande différence entre une série et un film, c’est qu’une série raconte une histoire alors qu’un film la montre. Je sais bien que les cinéphiles qui viennent de lire cette phrase doivent penser que cela ne tourne pas bien rond dans ma petite tête. Je persiste et signe : la série est le domaine du scénariste et le cinéma, celui du réalisateur. D’ailleurs, les séries estampillées “cinéma”, comme Boardwalk Empire par exemple, m’ennuient au plus haut point. Je me fiche que la mise en scène soit léchée, que les plans soient sublimes, que les mouvements de caméra soient étourdissants. Si je n’éprouve rien pour les personnages, cela ne représente que très peu d’intérêt. Et là, cher lecteur, chère lectrice, tu vas me parler de Sherlock (si, si, ne sois pas timide, je sais bien que tu allais le mettre sur le tapis). Car après tout Sherlock, ce sont trois épisodes d’une heure et demie par saison, épisodes définis par son cocréateur Steven Moffat comme des films, et la mise en scène est particulièrement soignée. Certes. Mais le cœur de Sherlock, ce sont les personnages : l’écriture, le jeu, la réalisation, tout est fait pour les sublimer.

Alors bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, la fatalité n’existe pas, je ne vis pas dans une tragédie grecque, il ne tient qu’à moi de repousser mes limites et d’ouvrir mon esprit au monde merveilleux du cinéma. Mais sache que je fais des efforts et que même si cela reste encore très anecdotique, je m’en vais tout de même de temps en temps m’enfermer dans des salles obscures ou lancer un fim plutôt qu’une série sur mon ordinateur. Je peux même te dire que j’ai été retournée par Black Swan, touchée et mise mal à l’aise par Shame et irrémédiablement emportée par Third Star, évidemment.

Ne te réjouis pourtant pas si vite. La sériephile que je suis n’est pas encore prête à changer de camp.

 

 

 

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22 réflexions au sujet de « Si toi aussi tu es un(e) non cinéphile, sache que tu n’es plus seul(e) ! »

  1. Non seulement tu n’es pas cinéphile, mais en plus tes parents t’ont fait écouter du Claude François. Autant dire qu’il n’y a plus grand-chose à sauver.

  2. D’accord pour une partie de tes propos: je suis depuis quelque temps plus attiré par les séries que par les films.
    D’abord car le cinéma préfère la réalisation au scenario. LA série n’a pas trop le choix: il faut un bon scenario pour tenir sur des heures et des heures de diffusion. le cinéma est souvent prêt à sacrifier l’histoire pour le paraitre.
    Ou alors quand le scenario est bon, la réalisation ne suit pas, et c’est moins pardonnable qu’une série, vu le prix des places.
    Alors je modèrerais ton propos en disant qu’il y a quand même quelques films , rarement les plus ambitieux ou les plus reconnus, qui laissent une trace, une image ou idée qui restera dans un coin de la tête à vie. Le phénomène peut arriver avec une série, mais c’est plus rare.
    Et oui c’est vrai, difficile de s’attacher à des personnages qu’on ne verra que 2 heures.
    Mais je ne boude pas mon plaisir devant un bon « popcorn movie »!

  3. @Randallflagg Quel dommage de couper ainsi les ailes du cinéma ! J’ai rêvé, pleuré et ri aux cinéma. Certains films m’ont fait réfléchir, grandir et donner envie d’apprendre, de parcourir le monde ou simplement l’occasion de faire de l’introspection. Réduire les films à de belles images, c’est vraiment passer à côté de la magie du 7ème art!

    Et vive Claude François!

  4. Ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dit, mais avoue que le cinéma – et je parle surtout des films récent, qui passent donc au cinéma – sont moins souvent basés sur le scénario et plus sur l’image.
    Mais oui je reconnais que de grandes émotions passent souvent par le grand écran, j’ai juste du mal à te citer un film récent :)

  5. Pauvre de toi, contrainte de justifier ta non-cinéphilie avec des prétextes fallacieux.
    Tu vas même jusqu’à te servir de ta famille pour faire amende honorable ! Que c’est laid.
    Les séries, ces 10 dernières années, ont fait des progrès considérables…en copiant le cinéma. Budget pharaonique, distribution, VFX, réalisation, tout rappelle le cinéma.
    Certes les films ont parfois des scénar tenant sur un timbre poste ou/et des réal. vraiment mauvais mais c’est aussi le cas de pléthores de séries. Combien de séries fantasy à vomir (par exemple)pour un Game of Thrones !?
    Alors vous allez me faire le plaisir de regarder un peu plus de films, mademoiselle…moi, j’ai pas le temps de me gaver de séries, trop de films à voir :-P

  6. Que voilà un point de vue intéressant !
    Résumer le cinéma à de belles images est quand même un peu réducteur, non ?
    Parce que les série c’est quand même un peu toujours le même truc, que l’on repasse sur 36 épisodes. Juste on change le meurtrier. ;)

    Je pense que ton propos est d’autant plus pertinent que les séries récentes (à partir des 90′) offrent vraiment des intrigues secondaires pertinentes et attachantes et cela même lorsque ce n’est pas des Soaps pourris type Santa Barbara. Parce que honnêtement, avant, entre starsky et Hutch, L’amour du risque, Chapeau Melon et bottes de cuir, Les drôle de Dames, Manimal ou Sheriff Fais moi peur, les séries télés c’étaient pas tout à fait ça.

    Je ne crois pas que tu sois si hermétique aux histoires «courtes» du cinéma, comme tu l’évoque de façon très personnel, je crois que c’est d’abord une question d‘éducation, de ressenti personnel et de regard. Il faudrait peut-être regarder un peu plus de film pour simplement développer un regard encore plus riche sur les intrigues et sur les mises en images des séries que tu aime tant. Dans ton approche le cinéma peut surement t’offrir une manière de percevoir et de comprendre les personnages (par exemple) qui soit encore plus intéressante.

    Ces deux derniers billets un peu plus personnel, sont vraiment passionnants. ;)

  7. Je me risquerai à faire un parallèle avec la lecture : parfois on a envie d’un « oneshot » car on a envie d’une histoire bien ficelée et finalisée rapidement =plaisir concis et immédiat( cas du cinéma) et parfois on a envie d’une série d’épisodes/tomes qui entretiennent notre excitation dans l’attente du prochain volet à coup de teasings parfois bien sadiques (séries)…
    Pour ma part c’est surtout pour cela que je suis accro à certaines séries : la délicieuse et maso attente entre 2 semaines après un teasing de la mort avec un super scénario! comme une camée qui attend sa prochaine dose et qu’on maintient dans un état de manque…

    Mais à coté de cela, je reste cinéphile car je n’ai pas toujours envie de m’investir sur des semaines pour obtenir un dénouement qui me satisfera ou pas ( combien de fois j’ai laché des series qui tournaient mal au bout de x saisons ou encore pire n’étaient pas renouvelées :( ).
    Avec un film , la reponse est quasi immediate après 1h ou 2…et point de frustration de non fin…
    Avec une série la prise de risque d’être décue ou pas est plus grande et proportionnelle à notre investissement de temps libre…

    Et sinon, quel est ton rapport face aux films qui sont adaptés en série et inversement?

  8. Perso, je pense que cinéma & série TV, c’est kif-kif bourricot. Honnêtement, les deux médias ne diffèrent qu’au niveau des budgets alloués (qui permettent techniquement plus ou moins de choses…) et des modes de narration. Sinon, dans les deux cas, il s’agit d’images qui bougent avec des gens dedans qui parlent et de la musique (oui, je suis très terre-à-terre). Mais revenons sur cette histoire de mode de na

  9. Perso, je pense que cinéma & série TV, c’est kif-kif bourricot. Honnêtement, les deux médias ne diffèrent qu’au niveau des budgets alloués (qui permettent techniquement plus ou moins de choses…) et des modes de narration. Sinon, dans les deux cas, il s’agit d’images qui bougent avec des gens dedans qui parlent et de la musique (oui, je suis très terre-à-terre). Mais revenons sur cette histoire de mode de narration pour faire avancer le smilibilick: 1- Les films font aussi du serial (Ex: Rocky 1, 2, 3, etc.) donc l’argument différentiatoire basé sur ces RDV successifs avec les mêmes personnages ne tient pas 2- Les césures narratives (avec cliffhanger de mi voire quart d’épisode) qu’on trouve si géniales dans la série TV sont imposées par l’insertion de la pub (pas de pub dans les films ou alors bien cachées ;D). De même, les durées d’épisodes sont hyper-strictes. Donc l’histoire dans sa structure est très corsétée et pas si originale… 3- La série TV est hyper-référentielle au ciné. Entre allusions à tels ou tels scènes, personnages, genres, plans, c’est le pillage généralisé !!! C’est du cinéma que découle la série TV et non l’inverse. Conclusion à mon humble avis : pour saisir toute la richesse d’une série TV, il faut être un brin cinéphile sinon on rate plein de trucs (de même, certaines adapatations, genre Sherlock, impose un connaissance particulière du matériau littéraire d’origine sinon, on passe également à côté de certaines choses. (Un exemple ? Comment saisir toute l’ironie de Sherlock en manque de cigarette si on ne sait pas que l’original de Conan Doyle est accro à la cocaïne ?)

  10. Tu fais l’opposition scénario (qui serait le domaine de la série) / mise en scène (qui serait le domaine du cinéma). Pour appuyer ton propos, tu parles du développement des personnages dans les séries, et du fait que tu aimes le découvrir semaine après semaine.

    Je vais essayer de te faire voir en quoi cet argument ne tient pas la route.

    D’abord, concernant le développement des personnages, on peut se poser la question de savoir si, dans l’univers de la série, le fait d’obéir à une exigence purement commerciale, je veux dire faire de l’audience, ne condamne pas les scénaristes à se pervertir dans des procédés critiquables. Le personnages évoluent mais pas toujours dans le bon sens.
    Il en va forcément de même pour le scénario dans son entier. Et même les meilleures séries ont de grosses failles. L’exemple qui me vient à l’esprit est celui de The shield. Mc Kay y est présenté comme le ripou au bon coeur, qui utilise des méthodes douteuses pour arriver à se protéger et à protéger sa team. On oublie juste qu’il bute froidement un flic lors du premier épisode.

    Mais là où vraiment j’ai envie de dire que tu te trompes, c’est dans ton opposition raconter une histoire / montrer une histoire. Comme si la mise en scène n’était q’un simple jouet, un bonus, un faire-valoir.
    Mais non, la mise en scène c’est l’histoire ! Un plan n’est pas balancé comme ça, par hasard. Un bon réalisateur ne choisit pas de faire un plan en contre-plongée pour faire beau. Non, la mise en scène raconte l’histoire. Le fformidable plan de Paris Texas dans lequel le visage de Stanton vient se superposer à celui de Kinski raconte comment le lien entre ces deux êtres est présent à jamais. De la même façon, le montage de Taxi driver montre littéralement le déraillement de Travis. Et que penser du la dernière demi heure des Affranchis avec sa mise en scène survoltée ? Comme si Scorcese foutait, avec sa caméra, un peu de coke dans les narines du spectateur.
    Bref, j’aurais mille exemples pour te montrer qu’il est totalement impossible de séparer mise en scène et narration.
    Et puis un film peu en dire 10 fois plus en 10 lignes de dialogue que 10 saisons d’une série.

  11. Je suis assez en accord (et assez désolée) avec @Randall Flagg et @Astiera, le cinéma mise plus sur l’image que sur le scénario et je trouve ça vraiment dommage. Personnellement, je préfère quelque chose avec une bonne histoire et moins bien visuellement qu’un truc super esthétique mais avec une histoire bancale.

    Et puis, c’est vrai que les séries, c’est ce qui se rapproche le plus des livres (sans compter les sagas au cinéma genre Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux…). Un livre, on le lit rarement en une fois donc on retrouve les personnages à chaque fois qu’on l’ouvre. On finit par s’attacher à eux. Et il y a une certaine liberté dans les séries contrairement aux films: on a plusieurs épisodes généralement de – d’une heure, on peut donc s’arrêter et « s’approprier » le ou les épisodes alors que pour un film, on doit rester au moins 1H30 et tout ingurgiter en 1 fois. Et si on veut de nouveau ces sensations, on doit revoir le film et revoir la même histoire (j’ai jamais aimé sauf exception relire les livres ou des chose du genre).

    Quand on regarde une série, on est chez soi, confortablement installé devant sa TV ou son ordinateur alors que pour un film, on va au cinéma avec du monde (heureusement quand j’y vais, il y a rarement du monde), un son très fort et devoir se lever vers la lumière et sortir (l’après-ciné est quelque chose de difficile pour moi visuellement et émotionnellement). Oui, on a maintenant les DVD et les films à la TV mais ça ne fait pas le même effet que de voir une série: le film c’est pour l’instant, la série pour plusieurs semaines.

    Pour conclure ce pavé, même si je m’intéresse un peu plus au cinéma qu’avant, je pense que je deviendrais plus une sériephile car j’aime les bonnes histoires que je regarde chez moi au chaud et que j’assimile les émotions qu’elles me procurent à mon rythme.

  12. Tout d’abord, merci à toutes et à tous pour vos commentaires aussi nombreux, qu’argumentés et intéressants (même si comme d’hab, ce cher Intheblix n’a pu s’empêcher de faire son malin :) ).

    J’avoue que j’ai peut-être un peu forcé le trait en voulant absolument opposer séries et cinéma, mais avouez qu’un peu de mauvaise foi n’a jamais fait de mal à personne !

    Je suis d’accord avec toi @Dwarfy, les séries des networks américains ont une forme ultraformatée et sont donc souvent moins intéressantes. Mais je peux te citer deux exemples : Friday Night Ligths (du moins ce que j’en ai vu pour le moment) qui propose une plongée dans l’Amérique profonde sans artifice ou effet de manche et Fringe, qui utilise ces contraintes pour se réinventer, même si c’est parfois tâtonnant. Mais les séries ne se limitent heureusement pas aux seuls networks américains. Il y a bien sûr les chaînes du câble, HBO en tête, mais aussi les productions venues d’ailleurs, Angleterre et pays nordiques notamment, qui proposent des séries de grande qualité, avec une écriture soignée et des personnages souvent irrésistibles.

    @Stif, je suis d’accord avec toi, la mise en scène est un élément de narration. Mais reconnais que c’est l’intérêt premier d’un film. Car un cinéphile est avant tout passionné par des réalisateurs, leurs visions, leurs façons de raconter les histoires. De leur côté, les sériephiles sont avant tout passionnés par les scénaristes, les showrunners et lorsque nous assistons à des materclasses, ce dont ils parlent et ce que nous venus y chercher, c’est la vision qu’ils ont de leurs personnages, les trajectoires qu’ils leurs dessinent, ce qu’ils ont voulu dire à travers eux.

    Certes, comme le dit @Arno, je devrais voir plus de films pour avoir une vision plus globale et plus juste de cet art. Et je vous promets que j’essaye d’éveiller ma curiosité. Certaines découvertes et expériences récentes m’y invitent. Reste un seul problème : j’ai bien trop de séries à voir (et non, je ne vais pas en sacrifier !).

    Et sinon, désolée, mais j’assume totalement Claude François !

  13. Je suis tellement pas d’accord avec toi sur ce coup là que je ne voulais même pas faire de commentaire, histoire d’éviter les contre-arguments qui risqueraient de ressembler à de la mauvaise foi… mais p***naise! Comment peux-tu nier le fait que beaucoup de série étiolent tellement leur personnages pour durer 5 ou 6 saisons qu’au final, si on fait le point sur leur personnalité il ne sont pas plus épais qu’un cheveu, voire carrément schizo (+1 stif). J’ai bien dit « certaines » séries, trop longues juste pour faire de l’audience car c’est le but premier d’une série aujourd’hui, et ça le devient hélas au cinéma avec les suites, reboots et préquels-nanardeux. Une des seule qui tient la comparaison avec un film de cinéma est Twin Peaks biensûr, ça doit être pour ça que tu ne sais pas l’apprécier. Lynch y détourne le principe du soap opera en polar noir, agrémenté de fantastique ; il aurait pu la faire durer 10 saisons tant il en maîtrisait l’écriture.

    Moi aussi j’ai vu l’Ours au ciné avec mes parents, quel souvenir vivace j’ai de la sortie de projo encore aujourd’hui! Merci à eux de m’avoir aussi emmené voir Jurassik Park, The Piano, Alien3 … Cela n’était pas incompatible avec la (bonne) musique à la maison, la lecture et le solfège.

    Je pense qu’à ton stade il te manque juste une personne proche, sur ton dos H24, accro au cinéma pour te faire partager sa passion et t’inoculer le virus.

    Be seeing you,
    Mentine

  14. J’y vais aussi de mon blabla. Oui je suis d’accord avec @astiera car la série permet de faire vivre des personnages longtemps et leur donner une complexité qu’au cinéma il est difficile du fait du temps.
    Mais le cinéma fera alors porter son sujet sur une émotion, un moment donné, et de manière souvent plus forte qu’en série, du fait, et là je rejoins Stif42, de sa forme plus travaillée et réfléchie sur chaque plan. Chose impossible à la télévision du fait des contraintes de créations.
    La folie du Colonel Kurtz dans Apocalypse Now prend le spectateur de plein fouet. Peu importe la profondeur de sa personnalité.
    Finalement, la série est plus proche d’un roman ou l’on peut creuser et qui va marquer longtemps du fait de la persistance, là où le cinéma va marquer longtemps du fait de la force du ressenti.

    Et puis j’adore en prendre plein la vue par un beau plan. C’est très hors du récit mais les travelings de Kubrick dans Shinning, les plans séquences de Fincher me donnent des frissons !

  15. @Mentine : je suis totalement d’accord avec toi, il n’y a rien de pire que les séries qui s’étirent à l’infini, simplement pour des questions de business. Dexter en est le parfait exemple, elle aurait dû s’arrêter depuis un moment déjà. Mais bon, je suis faible, je vais regarder jusqu’à la fin car c’est Dexter, c’est Michael C Hall et je veux savoir s’ils vont finir par le tuer ou pas.

    À l’opposé, tu as Six Feet Under, 5 saisons de 13 épisodes, pas un de trop, une narration pensée, des personnages qui évoluent comme ils doivent évoluer (donc de façon totalement névrosée ok) et une fin d’une parfaite cohérence.

    @Laurent : tu as raison, une série, cela se rapproche plus du roman et c’est bien ce qui me plaît. Encore une fois, je ne nie pas la force de certains plans, mais je ne dois pas avoir l’âme assez aventureuse pour supporter de tels chocs (il n’y a qu’a voir l’état dans lequel m’a mise Third Star, c’est pas humain ça).

  16. @Asteria Il me semble, en te lisant, que la mise en scène est un élément qui t’est presque totalement étranger, mais je ne suis pas certain que ce soit le cas pour les fans de séries, enfin je ne l’espère pas.

    Le problème est que le metteur en scène de génie va naturellement se diriger vers le cinéma, parce que le cinéma a encore une aura que la série n’a pas, mais surtout parce qu’un Scorcese ne pourrait pas s’infliger le rythme que demande la réalisation de série. Ces gens préfèrent par ailleurs enchaîner différents projets que de s’enfermer pendant des années dans une série, aussi bonne soit-elle. Du coup, on retrouve souvent des grands noms pour tourner les pilotes mais ça s’arrête là et on confie la suite à un tâcheron pas trop handicapé si possible.

    Tu as par ailleurs de gros préjugés sur les cinéphiles. Comme si le but premier de l’amateur de cinéma était de décortiquer chaque plan, de passer le film au microscope sans possibilité d’en jouir normalement. C’est faux. Je suis autant peiné de voir une bonne histoire gâchée par une mauvaise mise en scène que l’inverse. La seule différence avec la façon dont tu vois les choses, c’est au sujet de ce que peut te procurer un film. Si, de ton côté, il est primordial de pouvoir t’attacher à des personnages, et c’est ce qui, au final, fait que la série est moins riche que le cinéma (oui j’ôse le dire), il est de mon côté indispensable que le metteur en scène puisse exprimer un point de vue.
    Au cinéma tu pourras avoir un film quasiment muet, ou un film totalement contemplatif, l’auteur aura au final donné sa vision du monde. Libre à toi d’y adhérer ou pas.
    Dans l’univers de la série, l’auteur pourra lui aussi donner sa vision du monde, mais il sera tenu, par la simple nécessité d’accrocher une audience, de le faire en priorité par des éléments scénaristiques. Je vois mal une série avec dix lignes de dialogue par épisode.

    • Ce n’est pas tant que la mise en scène me soit totalement étrangère, même s’il est vrai que je ne maîtrise pas tous les codes pour l’apprécier à sa juste valeur. Je n’ai rien contre la mise en scène et il n’y a rien de pire qu’une mise en scène, plate, linéaire qui ne veut rien dire. À l’opposé, je n’aime pas quand le propos se limite à la seule mise en scène et délaisse le reste, comme en littérature où seul le style est mis en avant à défaut de l’histoire.

      Rassure-toi, je n’ai pas une vision aussi stéréotypé des cinéphiles et je ne doute pas un seul instant que vous puissiez vivre pleinement un film.

      Après, je peux comprendre que tu trouves le cinéma plus riche car plus libre dans sa forme (même si beaucoup de films sont très formatés pour plaire au plus grand nombre). Les séries me procurent beaucoup d’émotions, je ne demande qu’à être autant comblée au cinéma (ok, ok, faudrait déjà que je commence par voir plus de films…)

  17. Je te rassure, ce n’est pas une tare de ne pas être cinéphile. J’avoue par ailleurs que le cinéma semble manquer d’audace par rapport au monde des séries et c’est un peu normal dans la mesure où les enjeux ne sont pas les mêmes.

    Pour conclure, je dirais que la série peut prendre le temps de raconter et c’est bien cet aspect qui te plait, mais en étant moins libre formellement que le cinéma dans sa façon de raconter.

  18. C’est un excellent mie en forme de mon sentiment. Je n’ose jamais dire que le cinéma, voilà, bof quoi. Parce qu’on me regarde toujours avec des yeux bizarres. j’aime le format des séries, prendre le temps de voir les personnages évoluer, avoir rendez-vous avec eux d’un épisode à l’autre…

    Alors, bien sûr, il y a quelques films que j’ai adoré et dont je ne pourrais pas me passer, mais ils sont assez peu nombreux. C’est vraiment très rare qu’un film me plaise et je dois aller au cinéma maximum deux fois par an. Et mes goûts sont totalement irrationnels en la matière. J’aime ou je déteste et rarement dans le sens des critiques officiels/avis généraux du public.

    Bref, sériephile pur jus, pas cinéphile pour deux sous et pas forcément envie de me soigner, parce que cela ne m’empêche quand même pas de faire de très belles découvertes. Découvertes que j’apprécie d’autant plus quand elles sont bonnes, puisqu’elles sont peu nombreuses.

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