Rendez-moi un Don Draper malheureux, névrosé et Jaime Lannister !

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, point de billet enflammé à la gloire d’une série qui a fait battre mon cœur récemment. Car aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, mon cœur est à la déception et non à l’allégresse. Je suis fan de Mad Men, j’ai adoré la première saison de Game of Thrones. Et pourtant, alors que la saison 5 des publicitaires de Madison Avenue et la saison 2 des comploteurs de Westeros se sont achevées il y a peu, me voilà bien embêtée de reconnaître cette terrible vérité : ces saisons m’ont moins plu.

Je ne peux guère blâmer leur qualité, ni leur reprocher de ne pas être dans l’esprit des précédentes. L’écriture, l’atmosphère, la douce désespérance de Mad Men sont toujours présentes en cette saison 5. Les complots, dialogues, personnages à profusion font toujours le plein dans la saison 2 de Game of  Thrones. Tous les éléments que j’ai aimés sont réunis et pourtant, pourtant, la magie n’a pas opéré comme je l’aurais souhaité. Je dirai que la déception est encore plus grande pour Game of Thrones, mais le constat est le même : mon petit cœur de sériephile n’a pas vibré durant ces quelques semaines de visionnage. Et pour une sériephile à tendance monomaniaque obsessionnelle, on n’est pas loin du drame !

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas vu la saison 5 de Mad Men et la saison 2 de Game of Thrones, ce qui suit est périlleux.

Mais alors, que s’est-il donc passé ? En ce qui concerne Mad Men, je dois avouer que le mal est un peu plus profond, car je ressens un frein à mon emballement depuis la saison 4. Depuis que Don n’est plus avec Betty. Oui, oui, je sais, certains me rétorqueront que cela fait du bien de moins voir Betty, qui je le reconnais, peut être la plus pénible des gamines pourries gâtées. J’aimais leur relation amour/haine, j’aimais voir ce Don rentrer dans cette maison où il voulait plus que tout y trouver l’amour, y construire une famille. J’aimais ce Don hanté par son passé, mettant toute son énergie à masquer son imposture. J’aimais ce Don malheureux, névrosé, mais qui avait le feu sacré et était conquérant dès qu’il s’agissait de vendre du rêve et du mensonge à ses clients. Ce Don était encore présent dans la saison 4, mais on sentait bien qu’il prenait le chemin de l’apaisement. Et voilà que dans la saison 5, une nouvelle vie s’offre à lui, arrivé dans la plénitude de sa quarantaine : une femme aimante, jeune et passionnée, un magnifique appartement à Manhattan, une Betty reléguée dans sa lointaine banlieue (et malheureusement réduite à n’être qu’une ex rongée par la jalousie et la frustration). Mais que ce Don s’encroûte : il regarde son passé en face, redécouvre l’amour, s’occupe à peine de ses enfants quelques week-ends par mois, ne trouve presque plus d’idées fulgurantes pour les campagnes qu’il chapeaute. Un Don qui ne me plaît pas du tout. Un Don qui m’ennuie. Un Don qui m’agace. Alors bien sûr, les névroses et le malheur ne sont pas absents de cette saison 5 et c’est principalement Peter qui en fait les frais, offrant de très belles scènes. Mais cela ne suffit pas à mon bonheur. Heureusement, les démons rattraperont Don en fin de saison et lui promettent une saison 6 bien plus inconfortable.

Du côté de Game of Thrones, cette saison 2 est une plus grande déception, car à mon grand regret, je me suis ennuyée durant 8 épisodes sur… 10. Et pourtant, les images sont toujours aussi belles. Et pourtant, Tyrion Lannister, l’un de mes personnages préférés et admirablement porté par Peter Dinklage, prend plus d’ampleur et a de merveilleux dialogues. Et pourtant, Cersei Lannister a elle aussi des répliques mémorables. Mais voilà, cette fois-ci, je suis restée en retrait. Et surtout, surtout, les situations ont avancé à la vitesse de la lumière piégée dans un trou noir (je vous laisse imaginer le gros problème de distorsion temporelle. Non, non, je ne dis pas de bêtises, vous n’avez donc jamais regardé Stargate ?). Et surtout, surtout, les situations concernant Daenerys et John Snow n’ont eu quasiment aucun intérêt de toute la saison. Et surtout, surtout, surtout, Jaime Lannister a été absent la quasi-totalité de la saison. Alors, je te vois venir cher lecteur, chère lectrice. Tu te dis sûrement que c’est mon coeur de midinette qui parle et que je regrette de ne pas voir plus à l’écran le physique plus qu’agréable de Nikolaj Coster-Waldau. Je ne nie pas que ceci pèse dans la balance. Mais non, je ne suis pas qu’une midinette, je suis une midinette éclairée ! Car au-delà des traits de l’acteur qui l’interprète, j’aime beaucoup le personnage de Jaime Lannister, ses contradictions, son ambiguïté, son ironie familiale si irrésistible, la profondeur qui se cache sous sa carapace da fanfaron sans peur et sans honneur. Vous ne serez donc pas étonnés d’apprendre que les deux épisodes que j’ai aimés durant cette saison 2 sont ceux où il apparaît. Mais je ne perds pas espoir : la fin de cette saison d’exposition promet de beaux enjeux dans la suivante.

Je serai donc devant mon écran pour la saison 6 de Mad Men et la saison 3 de Game of Thrones. Je ne peux me résoudre à être déçue à nouveau. Scénaristes, vous voilà prévenus !

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3 réflexions au sujet de « Rendez-moi un Don Draper malheureux, névrosé et Jaime Lannister ! »

  1. Petite coquille tout au long de l’article qui a fait hurler mon pauvre petit coeur de fan des livres. Il s’agit de Jaime Lannister et non Jamie.

    Après c’est vrai que la deuxième saison de GoT n’a pas été ultra passionnante pour mes amis qui n’ont pas lu les livres, dans mon cas cette saison 2 a introduit une bonne dose de personnages forts intéressant par la suite, et a mis de coté/a supprimé pas mal de personnages inutiles dans le deuxième tome.

  2. Autant sur Game of Thrones, j’ai l’impression que c’est à peu près unanime, la saison n’était pas désagréable à regarder mais laissait en fin de saison un grand vide. Pas par son absence de nos écrans mais par celle de nos esprits… Si on fait le bilan, ben il s’est rien passé ! Seules les aventures de Tyrion ont su retenir mon intérêt.

    Par contre pour Mad Men, je ne l’ai pas du tout ressenti comme toi. J’ai adoré l’évolution du personnage de Don. J’avais l’impression de le voir se laisser engluer bêtement sans lutter. Dans la saison 5, il a enfin décidé de se laisser la chance d’être heureux ! Il a décidé de se battre et cette bataille contre ses propres démons ne sera clairement pas facile. Et même si j’ai envie qu’il la perde, j’apprécie qu’il y mette enfin un peu de résistance.

    Parcours inversé dans le boulot où il se laisse aller et se retrouve face au jeune loup qu’il était lui même il y a peu. Face à l’émancipation de Peggy et l’arrivée de Michael, il sent bien que pour revenir dans la course à la gloire, il va falloir abandonner son nouveau confort.

    Le parallèle avec Roger Sterling, qui se retrouve confronté aux mêmes interrogations dans une crise de la quarantaine qui les forcent à faire un bilan et à savoir ce qu’ils veulent vraiment, est juste génial. Roger nous permet de voir une version de Don exempte de son passé trouble. Là où Roger ne se concentre que sur son plaisir, on sait que le besoin de rédemption de Don va le faire chuter dans des abysses bien différents.

    Grâce à cette saison 5, j’ai envie que Don trébuche et chute… Avant j’avais un peu envie qu’il s’y jette tout seul pour régler le problème.

    Bilan : Ca va vraiment être trop long d’attendre la suite !

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