Me and Mrs Jones m’a-t-elle fait glisser du côté obscur de la comédie ?

Cher lecteur, chère lectrice, tu ne le sais peut-être pas si tu me lis pour la première fois, mais je suis une sériephile monomaniaque obsessionnelle du genre bornée. Bornée de chez bornée. Voilà pourquoi je boude les séries cataloguées comédie si elles ne sont pas écrites par l’un des frères Astier ou ne comporte ni Visiteur du Futur, ni l’un de mes chouchous. Autant vous dire que j’en regarde donc très peu. Que voulez-vous, de manière générale, ces séries 1) ne me font pas spécialement rire 2) ne m’emportent pas suffisamment pour me donner envie de retrouver ces personnages semaine après semaine. Et en prime, je l’ai déjà expliqué ici.

Mais alors pourquoi ce billet ? Une amie sériephile en pleine crise de monomanie obsessionnelle pour la comédie anglaise Me and Mrs Jones a attiré mon attention. D’une part parce que toute monomanie obsessionnelle mérite un minimum d’attention et surtout parce que l’objet de son affection a un atout de choix : Robert Sheehan dans l’un des rôles titres (le Me en l’occurrence, car vous l’aurez compris, Robert est un homme, il ne peut donc décemment pas être Mrs Jones. Enfin, si, il pourrait, mais le sujet serie alors tout fait différent et puis il y a Hit & Miss pour ça. Ok, ok, je m’égare).

Dans Me and Mrs Jones, on suit le quotidien de Gemma (Sarah Alexander, que j’avais déjà vue dans la sitcom Coupling signée Moffat, mais qui n’avais alors pas fait battre mon cœur outre mesure)), quadra séparée qui a un peu de mal à rentrer dans le moule de la femme/mère/amante parfaite. Elle doit jongler entre ses jumelles Charlotte et Jess âgées d’une dizaine d’années , Jason (Neil Morrissey), son ex, Inca (Vera Filatova) la nouvelle compagne de son ex, suédoise de son état et bien plus jeune of course, Tom (Nathaniel Parker, déjà vu en oncle d’Arthur dans la britannique Merlin) un papa séparé qui trouve Gemma fort à son goût et sa meilleure amie Fran (Kelle Bryan), mère célibataire à tendance nymphomane qui élève un garçon pour le moins marginal. La vie de Gemma, déjà bien remplie, se complique quelque peu lorsque Alfie (Jonathan Bailey), son fils d’une vingtaine d’années né d’une précédente union, revient d’un tour du monde accompagné de Billy (the Robert Sheehan si cher à mon cœur), jeune homme à la fois séduisant et à la tête bien sur ses épaules. Ce qui devait arriver arriva : l’alchimie entre Gemma et Billy opère tout de suite. Mais ces sentiments ont-ils le droit d’exister ?

Donc, au départ Me and Mrs Jones a deux handicaps : c’est une comédie et pire, c’est une comédie romantique (car bien sûr, je suis aussi du genre bornée de chez bornée avec les comédies romantiques, sauf si David Tennant est au générique). Mais si vous avez bien tout suivi à ma loi des chouchous, vous aurez compris que je ne pouvais pas résister bien longtemps au charme de Robert Sheehan que j’avais tant adoré dans Misfits sous les traits de l’insupportable, mais tellement attachant, Nathan.

Je le reconnais, j’ai aimé Me and Mrs Jones. Je le reconnais, Gemma et Billy sont tout choupis (et surtout Billy). La preuve en vidéo.

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Soyons clairs, cher lecteur, chère lectrice, je n’ai pas ri aux éclats devant Me and Mrs Jones, toutes les situations ne m’ont pas emballée et j’ai toujours un peu de mal lorsque les personnages s’enferrent inéluctablement sans voie de salut sur le chemin du ridicule. Soyons clairs, cher lecteur, chère lectrice, j’ai très souvent souri devant Me and Mrs Jones et surtout, surtout, j’ai aimé ces personnages, j’ai voulu voir ce qui allait leur arriver, ce qui est loin d’être le cas lorsque je découvre (rarement, certes, mais cela arrive) des comédies. Pas de cliché au trait ultraforcé, pas de caricature insupportable réduisant les personnages à leur plus simple expression, pas de situation artificielle ajoutée à une autre situation artificielle ajoutée à une autre situation artificielle pour en faire des épisodes (The New Normal, tout ceci est pour toi. J’en arrête là cette parenthèse à forte tendance trollesque). Dans Me and Mrs Jones, les personnages n’ont pas qu’une seule facette et il suffit de six épisodes pour le montrer en toute simplicité. Les scénarios ne sont certes pas révolutionnaires, mais les situations sonnent juste, portées par de très bons dialogues et des acteurs très convaincants (même si j’avoue, j’ai eu un peu de mal avec Inca, le personnage qui met le plus de temps à sortir de son stéréotype de départ). On sent une tendresse dans l’écriture. Nul n’est le personnage “stupide qui doit être stupide en toute circonstance”, nul n’est le personnage “insupportable de base qui ne fait que dire méchancetés, injures et insultes” (The New Normal, c’est encore pour toi. Mince, voilà que je recommence avec les parenthèses à forte tendance trollesque. Promis, j’arrête).

Me and Mrs Jones n’a qu’un seul défaut : ne pas avoir connu un succès suffisant pour obtenir une deuxième saison (et The New Normal a obtenu une saison entière. Flûte, j’avais pas écrit que j’arrêtais définitivement les parenthèses à forte tendance trollesque ?).

Mais alors, si j’ai réussi à accrocher à une comédie (et qui plus est une comédie romantique), mon ouverture d’esprit naissante ne connaîtra plus aucune limite et tu m’imagines déjà, cher lecteur, chère lectrice, rattrapant fébrilement mon retard abyssal en la matière. Alors, je te rappellerai, cher lecteur, chère lectrice que Rome ne s’est pas construite en un jour. Je ne serai donc pas incollable sur toutes les comédies et sitcoms de l’histoire des comédies et des sitcoms d’ici demain. Mais, en preuve de bonne volonté, j’ai regardé le pilot de Parks and Recreation. Ce ne fut certes pas une totale réussite, mais, cher lecteur, chère lectrice, je te remercie de noter l’effort. J’ai également regardé le pilot de  Dead Like Me qui, malgré quelques longueurs et le parti pris de la voif off omniprésente qui a tendance à me fatiguer, m’a plu. Tout n’est donc pas perdu !

Me and Mrs Jones, BBC One. 1 saison de 6 x 30 min

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