Mes moments de télé Épisode 1/6 : les masques tombent

Il est de ces billets, cher lecteur, chère lectrice, que tu découvres sur l’un de tes blogs préférés et qui te font tout de suite regretter de ne pas y avoir pensé. C’est ce qui m’est arrivé en découvrant et en savourant, semaine après semaine, les 100 moments de télé concoctés par la brillante équipe du Daily Mars.

Les passionnés ne manquent pas de qualités et les passionnés du Daily Mars ne dérogent pas à la règle : dans leur grande générosité, ils ont invité les sériephiles à partager à leur tour leurs moments de télé. La miss @amdsrs a proposé les siens sur son blog Un (é)cran de plus et j’ai décidé de faire de même ici.

Alors bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, je ne te cache pas que ma première inquiétude a été de ne pas réussir à sortir de mes séries fétiches et donc de proposer des moments peu éclectiques. Mais au final, cette inquiétude n’avait pas vraiment lieu d’être, car ces billets n’ont pas pour but d’être objectifs, je ne me dois pas de balayer le spectre le plus large possible de séries. Ces billets doivent me ressembler. Il y a beaucoup de séries que je n’ai pas vues et que je ne verrai pas. Mes séries fétiches le sont parce qu’elles me transportent, il est donc normal qu’elles comportent la quasi-totalité de mes moments de télé. Toutefois, tu pourras trouver ici ou là quelques exceptions. Tu peux penser, cher lecteur, chère lectrice, qu’il est un peu facile (et réducteur) de ne retenir que les séries que j’ai vues le plus récemment. C’est vrai, mais si des moments mémorables ne me viennent pas spontanément de séries plus anciennes, c’est qu’à mes yeux, ils ne le sont pas tant que ça.

Afin d’organiser un minimum tout ceci, j’ai classé Mes moments de télé par thème.

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas vu les séries ou les épisodes que j’évoque, que vous avez l’intention de les voir un jour et que le moindre spoiler vous est insupportable, la lecture de ces billets risque fort d’être périlleuse.

Épisode 1 : les masques tombent

Qu’il est agréable de découvrir un personnage que l’on aime regarder en face qui il/elle est, tomber le masque et nous proposer des scènes forcément marquantes.

Dawson, Separation Anxiety (4×21) : Pacey explique à Joey que l’amour qu’elle lui porte le fait se sentir minable

Oui, je commence cette série de Mes moments de télé par le teen show Dawson et je n’en ressens aucune honte. J’ai aimé cette série et j’ai tout de suite aimé Pacey : ses imperfections, son mal-être, son romantisme (et ok, ok, le sourire déjà fort charmant de Joshua Jackson). Durant cet épisode, la petite bande se prépare pour le bal de promo qui a lieu sur un bateau. Mais on ne peut pas dire que le glamour inhérent à ce rite de passage soit pleinement au rendez-vous pour chacun des personnages. Et alors que tout ce petit monde est coincé à bord, Pacey, ruminant ses angoisses, offre l’une des plus terrifiantes et humiliantes scènes de rupture. Après avoir violemment rejeté Joey, il la retrouve sur le pont afin de lui expliquer que cet amour ne peut que les mener à leur perte. On reproche souvent à Dawson des dialogues peu crédibles et bien trop psychanalytiques. C’est vrai. Mais cela n’enlève rien à leur force.

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Doctor Who, Gridlock (3×04) : Ten parle de Gallifrey à Martha

Le Doctor que l’on (re)découvre en 2005 porte un lourd fardeau : celui d’avoir décimé deux peuples, dont le sien, pour mettre un terme à une terrible guerre. Durant les deux premières saisons, il ne fait presque jamais mention à Gallifrey, cette planète à jamais détruite, ces lieux, ces visages qu’il ne reverra jamais. Alors que sa route croise Martha, qui ne sait rien de ce douloureux passé, le Doctor y voit une chance. Une chance de faire comme si cela n’était jamais arrivé, de garder un souvenir heureux de ce monde. Mais une révélation le forcera à dire la vérité à Martha. C’est la première fois, depuis la nouvelle ère, que le Doctor se livre ainsi, sans esquive, en toute humilité. Et David Tennant propose une interprétation à la hauteur de cet enjeu.

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Doctor Who, The Waters of Mars (Specials 2009) : The Time Lord Victorious

Comment ne pas évoquer dans Mes moments de télé cet épisode qui est à mes yeux l’un des plus réussis de la nouvelle ère ? Le Doctor voyage seul et se retrouve au cœur d’un événement tragique qu’il ne peut empêcher sans risquer de compromettre l’univers. Mais le Doctor est fatigué de suivre les règles, d’assister impuissant au destin tragique de ceux qu’il croise. Et un Doctor fatigué, désespéré est un Doctor dangereux. Le dernier des Time Lords. Un dieu en somme. Le final de cet épisode, mené de bout en bout de main de maître (oui, je m’enflamme, as usual) est d’une gravité, d’une intensité poignante. Le Doctor se révèle sous son plus mauvais jour et précipite sa chute. Une nouvelle fois, le jeu de David Tennant est parfait. Pour la peine, vous avez droit à une très belle fanvideo.

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Dexter, See-Through (2×04) : Dexter parle pour la première fois en toute sincérité de son Dark Passenger

Cette 2e saison de Dexter est sans nul doute la mieux réussie et la plus intéressante. La série est avant tout palpitante lorsque son héros se cherche, peine à trouver qui il est. Si ces interrogations reviennent un peu de façon artificielle dans les saisons suivantes, elles font absolument sens dans celle-ci. Rita sent que quelque chose ne va pas chez Dexter et ce dernier lui fait croire qu’il est un addict (ce qu’il est réellement, mais pas aux drogues habituelles) et doit donc, pour maintenir l’illusion, assister à des réunions des drogués anonymes. Il y va tout d’abord en traînant des pieds, en portant encore et toujours le masque de “mec normal” qu’il s’est créé depuis son enfance. Mais alors qu’il se présente une nouvelle fois devant l’assistance, il ressent le besoin d’être honnête avec lui-même, de poser des mots sur ce mal qui le ronge et sur ses angoisses. On assiste à l’une des plus belles scènes de la série, portée par un magnifique Michael C Hall.

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Dexter, Argentina (7×08) : Deb avoue malgré elle ses sentiments à Dexter

Cette 7e saison m’a réconciliée avec Dexter, car après la 6e fort décevante, je me croyais, à regret, arrivée au bout de cette belle histoire. Mais voilà que cette saison met en avant Deb, mon personnage préféré (avec Dexter of course). Mise en avant de la relation si particulière et si intense que les héros partagent et qui prend une tout autre tournure alors que Deb découvre le véritable visage de son frère. Mais Dexter n’est pas seulement son frère, il est aussi l’homme qu’elle aime, l’homme qu’elle a toujours aimé, ce qui rend cette trahison encore plus insupportable. Trahison renforcée par les sentiments que Dexter porte à Hannah McKay, une meurtrière de sang-froid. Dans cette scène, alors que Dexter lui demande d’accepter Hannah, d’accepter les sentiments qu’il éprouve pour cette femme si elle a tant soit peu de sentiments pour lui, Deb, lâche, malgré elle, sa déclaration d’amour. Une déclaration à l’image de ce personnage : borderline et sans aucune maîtrise émotionnelle. Du pur bonheur.

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Mad Men, The Wheel (1×13) : Don Draper présente la campagne The Carousel

J’ai mis du temps avant de découvrir Mad Men. J’avais peur de la série intello, estampillée “doit être vue si tu ne veux pas passer pour un(e) imbécile dans les dîners mondains”. Je craignais une série stylisée à l’extrême et froide. Que je peux avoir des préjugés parfois. Oui, cette série est stylisée, mais elle est tout sauf froide. Dès le pilot, j’ai été happée dans cette ambiance, ce rythme si particulier, ces personnages si captivants. Comment ne pas être subjuguée par le charme dévastateur de Don Draper ? Comment ne pas succomber à la relation compliquée qu’il entretient avec Betty ? À la fin de cette première saison, les tensions se font de plus en plus nombreuses au sein de ce couple apparemment si parfait. Don refuse de passer Thanksgiving dans la famille de sa femme, nouvel élément de dispute. C’est à ce moment-là qu’il doit inventer une campagne pour le projecteur de diapositives créée par Kodak. Et alors qu’il la présente devant l’équipe et les clients, Don Draper ne fait pas seulement du magnifique travail de publicitaire, il fait bien plus. Il exprime son besoin d’avoir un foyer, d’aimer sa famille et d’être aimé en retour. Une scène dénuée de tout cynisme, de toute hypocrisie. Une scène tout simplement sincère.

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Mad Men, The Gipsy and the Hobo (3×11) : Don, dos au mur, avoue toute la vérité sur son passé à Betty

Comme je l’ai écrit plus haut, j’ai adoré la relation compliquée entre Don et Betty. Et j’aime Don plus que tout lorsqu’il est torturé. The Gipsy and the Hobo, le meilleur épisode à mes yeux de la série jusqu’ici avec The Suitcase en saison 4, réunit avec brio ces deux éléments. Alors que rien ne va vraiment plus dans ce couple qui a tout pour être parfait, Don repasse chez lui pensant n’y trouver personne afin de récupérer quelques affaires et de filer pour une escapade amoureuse avec l’institutrice de sa fille, sa maîtresse du moment. Mais Betty et les enfants sont à la maison. Betty a découvert le secret de Don et le confronte. Le monde de Don s’effondre. Betty a découvert que son couple, sa famille est née d’un mensonge. Qui est l’homme qu’elle a épousé ? Qui est l’homme pour qui elle a abandoné sa carrière de mannequin ? Elle pourrait être hystérique, mais c’est tout le contraire. Betty est parfaitement calme, glaciale. Don tente de garder la face, de renverser la situation, mais il perd vite pied. Ce passé qu’il a toujours tenté de fuir le rattrape sans prévenir. Son angoisse de perdre sa famille devient réalité. Le magnifique Don, séducteur et sûr de lui, n’est plus que l’ombre de lui-même. Il n’est plus qu’un homme perdu, recherchant désespérément le pardon. Sublime.

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Fringe, Marionette (3×09) : Olivia exprime enfin sa détresse

Durant les deux premières saisons de Fringe, j’ai toujours eu un peu de mal avec Olivia. Pourtant, a priori, en tant que personnage névrosé, elle aurait dû me plaire immédiatement. Le principal souci, c’est que les scénaristes l’ont trop souvent cantonnée à être totalement coupée de ses émotions, à agir comme un bon petit soldat. Mais tout change en saison 3. Enfin, Olivia est autorisée à faire face à ses émotions et à les montrer. À la fin de la 2e saison, elle avoue ses sentiments à Peter alors qu’elle vient le sauver de l’univers parallèle. Malheureusement, elle est fait prisonnière et son double est envoyé à sa place en tant qu’espionne. Personne ne se rend compte de la supercherie. Et surtout pas Peter. Olivia finit par retrouver son monde et Peter lui avoue qu’il a entamé une relation amoureuse avec son double, pensant que c’était elle. La trahison est double : non seulement l’homme qu’elle aime n’a pas su voir que cette femme n’était pas elle, mais pire encore, l’homme qu’elle aime a aimé cette femme qui n’était pas elle. Cette femme qui, n’ayant pas connu ses traumatismes, était plus en phase avec ses émotions, plus ouverte, mieux dans sa peau. Une femme meilleure qu’elle. Alors qu’Olivia est seule chez elle, dans cet appartement où a vécu cette femme qui lui a volé ces premiers moments avec l’homme qu’elle aime, elle laisse s’exprimer sa douleur. La plus belle scène de ce personnage.

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Misfits, 2×02 : Nathan a une conversation à cœur ouvert avec son père grâce à son demi-frère

Lorsqu’on pense à Misfits, on pense tout de suite à Nathan, le personnage le plus charismatique des trois deux premières saisons. Un sale petit con, incapable de faire une phrase sans aucune insulte et comme tout ado qui se respecte, totalement obsédé par le sexe. Pas vraiment un personnage attachant. Et pourtant, on s’y attache à ce sale petit con, car il est bien plus que ça. Il est avant tout un gamin qui cache ses fêlures derrière une attitude agressive et qui ne rêve que d’une chose : être considéré par son père, ce père qui n’ jamais vraiment été là pour lui. Au début de cette 2e saison, Nathan croise le chemin de son demi-frère Jamie qui croise lui-même le chemin d’une jeune fille au super-pouvoir pour le moins dangereux. À la fin de ce 2e épisode, les deux frères se parlent sans détour, Nathan ne fanfaronne pas une seule seule seconde. Jamie convainc son demi-frère de l’accompagner voir leur père. Nathan est persuadé que son frère a survécu à l’accident dont il a été victime. Mais en tant qu’immortel, il parle au fantôme de son frère. Ce frère qui n’a qu’un seul but : que Nathan fasse la paix avec leur père pour eux deux. J’aime quand Nathan fanfaronne. Je l’aime encore plus lorsqu’il dépose les armes.

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Parade’s End, épisode 4 : Sylvia tombe le masque devant Christopher

La minisérie anglaise Parade’s End a tout de la série intello, estampillée “doit être vue si tu ne veux pas passer pour un(e) imbécile dans les dîners mondains”. Une série stylisée à l’extrême et froide. Mais Parade’s End a deux atouts : Benedict Cumberbatch dans le rôle principal (petite info en passant : durant la promo de la série, il a expliqué que, jusqu’ici, ce Christopher Tietjens est le plus beau personnage qu’il ait joué) et le personnage de Sylvia, magnifiquement porté par Rebecca Hall. Rien n’est simple entre Christopher et Sylvia Tietjens. Suite à leur rencontre dans un compartiment de train, la belle Sylvia se retrouve enceinte. Mais rien ne garantit que Christopher soit bien le père. Peu importe, Christopher est un homme de principe, attaché à son honneur et il assume ses responsabilités en épousant Sylvia, en aimant ce fils comme s’il était le sien. Mais la belle Sylvia ne s’en tire pas à si bon compte : il ne la touchera plus, elle ne représentera plus rien pour lui et il tombe amoureux d’une autre femme. Il ne lui fera jamais aucun reproche, lui pardonnera tous ses nombreux écarts de conduite. Cette cruelle bienveillance est insoutenable pour Sylvia, qui d’abord tentée par l’adultère chronique, choisit elle aussi la chasteté et doit se rendre à l’évidence : elle éprouve des sentiments pour cet homme qui la rejette. Alors que Christopher dirige un bataillon en France en pleine Première Guerre mondiale, Sylvia parvient à le rejoindre. Alors qu’ils sont dans la chambre d’hôtel de Sylvia et et qu’une nouvelle fois Christopher l’ignore, Sylvia se livre à lui, tombe le masque, décide de ne plus jouer à la mascarade que représente leur mariage depuis trop longtemps. Une scène intense où cette femme et cet homme mettent à jour tous leurs non-dits. Rien que pour cette scène, cela valait le coup de s’accrocher à la stylisée mais froide Parade’s End.

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