Mes moments de télé Épisode 2/6 : les cœurs se livrent

Il est de ces billets, cher lecteur, chère lectrice, que tu découvres sur l’un de tes blogs préférés et qui te font tout de suite regretter de ne pas y avoir pensé. C’est ce qui m’est arrivé en découvrant et en savourant, semaine après semaine, les 100 moments de télé concoctés par la brillante équipe du Daily Mars.

Les passionnés ne manquent pas de qualités et les passionnés du Daily Mars ne dérogent pas à la règle : dans leur grande générosité, ils ont invité les sériephiles à partager à leur tour leurs moments de télé. La miss @amdsrs a proposé les siens sur son blog Un (é)cran de plus et j’ai décidé de faire de même ici.

Alors bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, je ne te cache pas que ma première inquiétude a été de ne pas réussir à sortir de mes séries fétiches et donc de proposer des moments peu éclectiques. Mais au final, cette inquiétude n’avait pas vraiment lieu d’être, car ces billets n’ont pas pour but d’être objectifs, je ne me dois pas de balayer le spectre le plus large possible de séries. Ces billets doivent me ressembler. Il y a beaucoup de séries que je n’ai pas vues et que je ne verrai pas. Mes séries fétiches le sont parce qu’elles me transportent, alors il est normal qu’elles comportent la quasi-totalité de mes moments de télé. Toutefois, tu pourras trouver ici ou là quelques exceptions. Tu peux penser, cher lecteur, chère lectrice, qu’il est un peu facile (et réducteur) de ne retenir que les séries que j’ai vues le plus récemment. C’est vrai, mais si des moments mémorables ne me viennent pas spontanément de séries plus anciennes, c’est qu’à mes yeux, ils ne le sont pas tant que ça.

Afin d’organiser un minimum tout ceci, j’ai classé Mes moments de télé par thème.

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas vu les séries ou les épisodes que j’évoque, que vous avez l’intention de les voir un jour et que le moindre spoiler vous est insupportable, la lecture de ces billets risque fort d’être périlleuse.

Épisode 2 : les cœurs se livrent

Les histoires d’amour toutes mignonnettes avec des personnages tout mignonnets n’ont vraiment pas ma préférence. Voilà pourquoi je ne goûte guère les comédies romantiques (sauf celles qui ont l’un de mes chouchous au générique, évidemment). Voilà pourquoi la relation entre le Doctor et Rose ne m’a pas émue. Mais rassure-toi, cher lecteur, chère lectrice, je ne suis pas hermétique à toute histoire d’amour, il suffit simplement qu’elle soit dépourvue de tout sentimentalisme exacerbé. Et fort heureusement, cela arrive aussi.

Stargate SG-1, Unending (10×20) : LA scène tant attendue entre Daniel et Vala

Il peut sembler étrange de citer Stargate-SG1 dans un billet sur de beaux moments romantiques. Car après tout, Stargate SG-1, c’est avant tout une porte des étoiles, des décors et costumes un peu kitsh, des méchants qui le sont parfois tout autant, bref, une série de science-fiction sans prétention qui ne se prend surtout pas au sérieux. Mais Stargate-SG1 est avant tout une série qui aime ses personnages. Et dans les deux dernières saisons, s’il y a bien deux héros qui ont été gâtés, ce sont Daniel et Vala. Durant deux saisons, on les a observés se tourner autour, se chercher, se taper sur le système, se rapprocher. Et on ne voulait qu’une seule chose : qu’enfin, ils s’avouent leurs sentiments. Les scénaristes décident de nous faire ce cadeau lors du dernier épisode de la série. L’équipe et son général sont bloqués dans un vaisseau piégés indéfiniment dans une bulle temporelle. Un huis-clos propice aux rapprochements. Cette scène était attendue et elle n’a pas été gâchée loin de là. Les scénaristes ont proposé l’une des plus fortes de la série. Son déroulé, totalement à contre-courant de la scène d’amour classique m’a totalement emballée. Michael Shanks et Claudia Black sont parfaitement justes et ont fait fondre mon petit cœur.

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Stargate Atlantis, The Shrine (5×08) : lorsque McKay avoue ses sentiments à Jennifer

Et oui, deuxième moment tiré de la franchise Stargate, mais que veux-tu, cher lecteur, chère lectrice, je l’aime cette franchise Stargate ! Là encore, une scène à contremploi, surtout de la part d’un personnage comme Rodney McKay, un génie égocentré, totalement démuni dès qu’il s’agit d’émotions. Dans cet épisode, il perd peu à peu la mémoire et s’enregistre tout au long du processus pour étudier le développement de cette dégénérescence. Enregistrements filmés par Jennifer Keller, médecin d’Atlantis. Et là, sans qu’on s’y attende, arrive cette déclaration, belle et touchante. Que demander de plus ?

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Doctor Who, Forest of the Dead (4×09) : le sacrifice de River Song

J’avoue cher lecteur, chère lectrice, on peut penser que j’ai piqué ce moment de télé à Sullivan Le Postec, l’un des talentueux membres de l’équipe du Daily Mars. Mais comment évoquer mes scènes romantiques préférées sans parler de cette scène et de l’un de mes personnages préférés ? On reproche souvent à Steven Moffat son écriture compliquée, sa soif de fanfaronnade et de ne pas laisser assez de place aux sentiments. Mais le fieffé Écossais est un grand romantique qui s’ignore et offre avec ce magnifique personnage de River Song, une mythique histoire d’amour tout en panache et tragédie. Dans ce double épisode de la saison 4, le Doctor rencontre pour la première fois la mystérieuse River Song qui semble le connaître si bien. Et lorsqu’il s’agit de se sortir d’une situation inextricable, c’est cette mystérieuse femme qui donne sa vie pour sauver cet homme qui semble occuper une si grande place dans sa vie, pour sauver leur histoire qui vient seulement de débuter. On découvre alors une scène intense où le talent de David Tennant et Alex Kingston peut pleinement s’exprimer. Ayant découvert Doctor Who de manière hérétique en commençant par la saison 5, j’en savais bien plus sur River Song et sur sa relation avec le Doctor. Le tragique de cette scène n’en a été que plus grand. Vive l’hérésie !

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Doctor Who, The Girl who waited (6×10) : Amy exprime tout l’amour qu’elle porte à Rory

Ce pauvre Rory peut sembler être la cinquième roue du carrosse dans Doctor Who et on peut penser que dans le cœur d’Amy, il passera toujours après le Doctor, cet être magique qui fut si longtemps son ami imaginaire. C’est d’ailleurs ce dont est persuadé Rory, persuadé de l’aimer plus qu’elle ne l’aime. Après tout, il a attendu 2 000 ans qu’elle sorte du Pandorica. Et alors que l’on découvre le titre de cet épisode, qui fait référence à la façon dont le Doctor appelle Amy depuis qu’elle est une petite fille, on se dit que cette histoire va surtout concerner ce duo. Terrible erreur. Bien sûr que le Doctor n’est jamais loin dans l’esprit d’Amy, mais celui qui occupe son cœur est Rory. Cela a toujours été Rory. Et alors qu’elle est piégée durant des décennies, Amy ne pense qu’à Rory, Amy n’attend qu’une chose, que Rory vienne à son secours. Lorsque l’Amy du présent retrouve l’Amy du futur, on assiste à cette scène où, enfin, elles expriment tous les sentiments qu’elles éprouvent pour cet homme qui semble si ordinaire, mais qui est avant tout exceptionnel. Une déclaration atypique et marquante.

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Kaamelott, Le renoncement II (4×94) : Arthur se sépare de Dame Mevanwi

Kaamelott, au départ, c’est une shortcom conçue pour faire rigoler dans les chaumières chaque jour un peu avant 20 h. Et Alexandre Astier est très doué pour faire rigoler dans les chaumières chaque jour un peu avant 20 h. Comble du bonheur, Alexandre Astier est tout aussi doué pour émouvoir. Dans le Livre III, Arthur montre des premiers signes de fatigue. Fatigué de diriger ce royaume entouré de bras cassés, fatigué de sa querelle avec Lancelot qui s’envenime chaque jour un peu plus, fatigué de ce mariage arrangé qui lui pèse toujours plus. Il y a toutefois une éclaircie dans ce tableau bien sombre : Dame Mevanwi, femme du Seigneur Karadoc dont Arthur tombe amoureux et est aimé en retour. Le roi fatigué décide donc de penser à lui pour changer et trouve le moyen de vivre pleinement cet amour dans le Livre IV. Mais rien ne peut être aussi simple pour un roi comme Arthur. Un roi choisi par les dieux. Un roi qui a une destinée. Une destinée qui ne comporte en aucune façon le chapitre d’un amour avec la femme d’un chevalier et d’un échange d’épouse. Arthur n’a pas d’autre choix que de se plier à cette volonté divine et renonce à son amour pour Mevanwi. La scène écrite par Alexandre Astier est tout en simplicité : un monologue d’Arthur devant une Mevanwi médusée et impuissante. Une scène de rupture et une déclaration d’amour à la fois. Quoi de plus romantique ?

L’épisode est à voir ici.

 

Kaamelott, Le sauvetage (4×98) : Arthur délivre Guenièvre

De prime abord, le couple Arthur-Guenièvre n’a rien pour susciter l’émotion. Il a un mal fou à la supporter, il est colérique, il ne la touche jamais, il tombe amoureux de la femme d’un chevalier. Elle ne comprend rien à rien, elle fait bourde sur bourde, elle se casse avec celui qui a trahi son roi de mari pour vivre dans une cahute au fond des bois. Mais depuis le début de Kaamelott, Alexandre Astier a montré par petites touches que la relation entre Arthur et Guenièvre est loin d’être aussi caricaturale. Il y a de la tendresse entre ces deux-là. À la fin du Livre IV, Arthur éloigne Lancelot de son campement et vient délivrer Guenièvre pour en faire de nouveau sa reine et calmer les dieux. Cette scène aurait pu être comique, elle est incroyablement touchante : le texte, les regards, les gestes, tout est subtil. Alors bien sûr, Alexandre Astier a le romantisme pudique et il faut bien une pointe de comique pour équilibrer tout ça. Mais la force de cet échange reste intacte.

L’épisode est à voir ici.

 

Kaamelott, Dux Bellorum (6×05) : Arthur avoue à Aconia qu’il ne la mérite pas

Cet Alexandre Astier est décidément un grand romantique et la vie sentimentale d’Arthur en est la preuve. Voilà un roi qui a renoncé à l’amour pour plaire aux dieux et qui doit se contenter d’un mariage arrangé, certes non dénué de tendresse (parfois). Mais la douleur d’Arthur est bien plus ancienne. Alors qu’il n’est encore qu’Arturus, simple membre de la milice urbaine, il est utilisé par les sénateurs romains pour de sombres manœuvres politiques. Il est donc envoyé chez Aconia, femme très cultivée qui est chargée de transformer ce simple jeune homme en chef de guerre présentable. Aconia est le premier amour d’Arthur, peut-être même son seul amour véritable. Alexandre Astier a écrit et réalisé une très belle scène qui exprime parfaitement le lien qui unit ces deux êtres. Arturus a été incapable d’éprouver physiquement son désir (notez la subtilité de cette formule) et Aconia est persuadée que cela est seulement dû à leur différence d’âge. La mise en scène est simple, pudique et sensuelle à la fois. Un petit bijou.

Le dialogue de cette scène :

ACONIA : Pourquoi tu n’y arrives pas ?

ARTURUS : Je sais pas.

ACONIA : Ça t’est déjà arrivé ?

ARTURUS : Je sais plus.

ACONIA : Si, tu sais.

ARTURUS : Non, ça ne m’est jamais arrivé avant.

ACONIA : Je sais pourquoi.

ARTURUS : Ah oui ? Pourquoi ?

ACONIA : C’est la différence d’âge.

ARTURUS : Ah, voilà. J’en étais sûr.

ACONIA : C’est pas vrai peut-être ?

ARTURUS : Non, c’est pas vrai.

ACONIA : Si, c’est vrai. Avec tes copines, tu y arrives très bien.

ARTURUS : Oui, mais vous êtes pas ma copine. Quand je suis ici avec vous, dans cette grande maison, chez les riches, j’ai l’impression d’avoir trop de chance. Je mérite pas de coucher avec vous.

ACONIA : Tu mérites pas ?

ARTURUS : Non, je ne mérite pas, je vous mérite pas vous.

ACONIA : Qu’est-ce que le mérite vient faire là-dedans ?

ARTURUS : Écoutez, vous me posez une question, j’essaye de répondre. En tout cas, c’est pas la différence d’âge.

 

Misfits : première scène d’amour entre Simon et Alisha

À première vue, Misfits ne rime pas vraiment avec romantisme. Les héros sont plutôt des petits cons et des petites connes, l’amour est surtout montré côté sexe, montré de manière crue et antiromantique au possible. Et pourtant, pourtant, c’est bien cette série qui propose une scène romantique particulièrement touchante. Et cela ne peut que concerner Simon, ce pauvre Simon, rejeté toute sa vie par les autres, le souffre-douleur, celui qui obtient le pouvoir d’être invisible, puisqu’il l’a toujours été. Mais c’est ce même Simon qui va devenir un jeune homme sûr de lui, une sorte de ninja des temps modernes. C’est ce Simon qui va faire succomber la belle et inaccessible Alisha. Alisha rencontre ce Simon du passé, en tombe amoureuse et de fait, tombe amoureuse du Simon du présent. Mais ce Simon vit dans l’ombre de celui qu’il deviendra sans croire une seconde que cela puisse être son destin. Et alors que ces deux êtres font l’amour pour la première fois, ce sont surtout les doutes d’un jeune homme mal dans sa peau qui transparaissent. Misfits n’a pas souvent montré une telle sensibilité, ce qui rend ce moment d’autant plus marquant.

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Luther, 1×04 : Luther annonce à Alice qu’ils ne doivent plus avoir aucun contact

Comment voulez-vous que ce couple me laisse de marbre ? D’un côté, un homme charismatique et névrosé. De l’autre, une femme charismatique et psychopathe. Ce couple Luther/Alice n’est pas un couple comme les autres. Il n’est d’ailleurs pas vraiment un couple. Mais l’attirance entre eux est magnétique. Elle, incapable d’éprouver la moindre émotion, reconnaît en cet homme un alter ego et va construire un lien irrationnel et dangereux. Lui, ne se remettant pas vraiment d’une dépression, cherchant désespérément à reconquérir sa femme, voit dans cette psychopathe absolument fascinante un miroir tout aussi fascinant de lui-même. Luther sait que cette relation hautement dangereuse, mais tellement séduisante, va le mener à sa perte. Et alors qu’il est mis sous les feux des projecteurs, il annonce à Alice qu’il est préférable qu’ils n’aient plus aucun contact, une situation qu’elle ne peut accepter. Une scène qui semble presque banale, mais qui est tout l’inverse.

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The Hour, 2×06 : Bel et Freddy

Il est de ces épisodes qui font date dans une vie de sériephile. Et le dernier épisode de la saison 2 de The Hour en fait partie. Une parfaite maîtrise dont j’ai déjà fait l’éloge ici. Un épisode qui permet enfin à Bel et Freddy d’assumer pleinement leurs sentiments et de se les déclarer. Durant deux saisons, ils ont nié leur attirance, l’ont cachée sous de bonnes excuses, tenté de la faire disparaître. Bien sûr, c’est impossible. Bien sûr, parce qu’il s’agit de Bel et Freddy, cela ne peut se faire que dans l’urgence et devenir tragique. Les éléments rêvés d’un romantisme réussi.

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