Mes moments de télé Épisode 4/6 : le malaise, la peur

Il est de ces billets, cher lecteur, chère lectrice, que tu découvres sur l’un de tes blogs préférés et qui te font tout de suite regretter de ne pas y avoir pensé. C’est ce qui m’est arrivé en découvrant et en savourant, semaine après semaine, les 100 moments de télé concoctés par la brillante équipe du Daily Mars.

Les passionnés ne manquent pas de qualités et les passionnés du Daily Mars ne dérogent pas à la règle : dans leur grande générosité, ils ont invité les sériephiles à partager à leur tour leurs moments de télé. La miss @amdsrs a proposé les siens sur son blog Un (é)cran de plus et j’ai décidé de faire de même ici.

Alors bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, je ne te cache pas que ma première inquiétude a été de ne pas réussir à sortir de mes séries fétiches et donc de proposer des moments peu éclectiques. Mais au final, cette inquiétude n’avait pas vraiment lieu d’être, car ces billets n’ont pas pour but d’être objectifs, je ne me dois pas de balayer le spectre le plus large possible de séries. Ces billets doivent me ressembler. Il y a beaucoup de séries que je n’ai pas vues et que je ne verrai pas. Mes séries fétiches le sont parce qu’elles me transportent, alors il est normal qu’elles comportent la quasi-totalité de mes moments de télé. Toutefois, tu pourras trouver ici ou là quelques exceptions. Tu peux penser, cher lecteur, chère lectrice, qu’il est un peu facile (et réducteur) de ne retenir que les séries que j’ai vues le plus récemment. C’est vrai, mais si des moments mémorables ne me viennent pas spontanément de séries plus anciennes, c’est qu’à mes yeux, ils ne le sont pas tant que ça.

Afin d’organiser un minimum tout ceci, j’ai classé Mes moments de télé par thème.

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas vu les séries ou les épisodes que j’évoque, que vous avez l’intention de les voir un jour et que le moindre spoiler vous est insupportable, la lecture de ces billets risque fort d’être périlleuse.

Épisode 4 : le malaise, la peur

Nous autres êtres humains amoureux des récits fictionnels, nous sommes parfois (ok, tout le temps, mais pour ce billet, on va dire parfois) des êtres bien étranges. Quoi de plus délicieux que de trembler de peur, de retenir son souffle, de résister à l’envie de se masquer les yeux ? Quoi de plus réjouissant que d’être chamboulé, d’être interrogé par ce que vivent nos personnages préférés ?

X-Files, Squeeze (1×03) et Tooms (1×21) : Tooms

Impossible de ne pas évoquer X-Files dans mes moments de télé, tant cette série est fondatrice dans ma sériephilie. Je l’ai découverte jeune adolescente et je suis tout de suite devenue accro. Pour la première fois, j’attendais avec impatiente les épisodes suivants, pour la première fois, j’étais totalement plongée dans un univers. Et bien sûr, je suis tombée amoureuse de David Duchovny. Bien sûr, X-Files, c’est un monde de conspiration, sombre et compliquée à souhait, mais ce n’est pas ce qui me plaisait le plus. J’adorais plus que tout les monstres de la semaine, j’adorais avoir peur devant la télé familiale. Et s’il y a bien un monstre qui a glacé mon sang, c’est Tooms. Cet être étrange et malsain qui nous a bien fait flipper ma mère et moi. Rien qu’en écrivant ces lignes, les sensations de l’époque me reviennent en mémoire.

 

Six Feet Under, That’s my dog (4×05) : le calvaire de David

L’atmosphère de Six Feet Under est souvent lourde, les personnages traversent des situations et des états émotionnels qui le sont tout autant. Cet épisode de la 4e saison sort du lot et a profondément marqué tous ceux qui l’on vu. Cet épisode est d’autant plus troublant qu’il rompt avec la narration traditionnelle de la série. That’s my dog nous montre la descente aux enfers de David qui a eu la malheureuse idée de prendre en stop l’homme qu’il ne fallait absolument pas prendre en stop. La violence du calvaire enduré par David ne sera jamais physique, elle est bien pire. Petit à petit, insidieusement, l’étau psychologique se resserre, la torture mentale se fait de plus en plus oppressante et ce raod trop infernal se termine par une scène d’une perversité à peine supportable. Cet épisode a choqué de nombreux téléspectateurs qui ont été pris de court. Je ne sais pas si j’aurai un jour le courage de le voir à nouveau.

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Nip Tuck, Joan Rivers (2×16) : Christian se fait agresser par le Découpeur

Je l’écris sans honte : j’ai aimé les premières saisons de Nip Tuck, avant que cela ne devienne le royaume de la surenchère du sexe, de la violence et du malsain. Ces trois éléments sulfureux ne sont bien sûr pas absents des premières saisons et les scénaristes donnent vie au Découpeur, un tueur en série qui viole et défigure des hommes au physique avantageux pour prouver que la beauté physique n’est qu’un leurre. Sean et Christian décident de réparer le visage des victimes du Découpeur, ce qui a le don de l’agacer. Dans ce dernier épisode, Sean, déjà menacé par le teur en série, veut l’attirer dans un piège et l’attend fermement. Mais le Découpeur en a décidé autrement et s’en prend à Christian. Avec une série comme Nip Tuck, on pourrait s’attendre à un final particulièrement violent, sans aucune retenue et c’est tout le contraire. Ce qui le rend d’autant plus terrifiant.

 

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Doctor Who, Midnight (4×10) : la créature prend le dessus sur le Doctor

A priori, Doctor Who ne fait pas peur si on a plus de dix ans. Et jusqu’à Midnight, je n’avais jamais eu peur devant Doctor Who, je n’avais jamais été mal à l’aise. Avec Midnight, les scénaristes nous offrent un huis-clos oppressant, un thriller psychologique particulièrement réussi. Le Doctor monte à bord d’un vaisseau pensant participer à une croisière tout ce qu’il y a de plus anodine en compagnie d’humains tout ce qu’il y a de plus anodins. Mais la réalité est toute autre : le vaisseau croise sur sa route une étrange créature qui sème le doute dans l’esprit des passagers. Et elle le fait de la plus terrifiante manière qui soit : en copiant l’être qu’elle contrôle, en s’appropriant ses mots. Lorsque j’étais enfant, je détestais ce jeu durant lequel quelqu’un répète tout ce que vous dites, cela m’était absolument insupportable. En regardant Midnight, je suis retombée en enfance.

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Mad Men, The Mountain King (2×12) :  Joan violée par son fiancé

Les personnages de Mad Men vivent de terribles situations dans une ambiance feutrée. Cette série montre avec force des hommes et des femmes prisonniers de leur rôle, de leur passé, de leur condition, sans jamais se défaire d’un environnement cotonneux. Joan est une femme intelligente qui sait quelle est la place des femmes dans cette société misogyne, elle sait comment avoir du pouvoir sur les hommes, sans pour autant avoir la moindre illusion sur la véritable portée de ce pouvoir. Lorsque Joan se fiance à Greg, un beau médecin, elle est fière de le présenter à ses collègues. Et alors qu’il s’apprêtent à quitter les bureaux pour aller au restaurant, Greg insiste pour voir un verre dans le bureau de Don Draper, alors absent. Et sous nos yeux médusés, nous assistons à un viol conjugal. Sans en rajouter, sans violence artificielle. La violence est tout simplement évidente dans les gestes de Greg, sa volonté de faire Joan sienne, de faire passer son désir avant tout, d’estimer que Joan est à sa disposition. La violence est tout simplement évidente dans les vaines tentatives de Joan de repousser les ardeurs de l’homme qu’elle aimait, dans sa résignation, dans son regard. Une scène intense.

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Luther , 2×03 : des clients d’une station-service terrorisés par un sociopathe

Cette fois, je pique un moment de télé à Dominique Montay, rédacteur talentueux du Daily Mars. L’ambiance de Luther est pesante : un personnage principal hautement borderline, des criminels psychotiques, un univers gris et froid. Et pourtant, dans Luther, tout semble normal, les meurtriers peuvent être n’importe qui, ils évoluent dans un environnement on ne peut plus ordinaire, ce qui ne fait que révéler leur horreur. Le troisième épisode de la deuxième saison s’ouvre sur une scène qui illustre à elle seule l’atmosphère de la série. Il fait nuit, quelques clients sont à l’intérieur d’une station-service. Un homme fait son apparition et commence par déteriorer les voitures garées dehors avant de menacer les clients barricadés à l’intérieur. Cet homme ne dit pas un seul mot, aucune musique ne vient souligner l’action, le téléspectateur est littéralement mis à la place des clients. La tension va crescendo, la peur va crescendo. L’angoisse est implacable.

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Good Cop, épisode 2 : John Paul Rocksavage surprend Callum Rose chez lui

De même que chez Luther, l’ambiance de Good Cop est lourde et montre la perdition du flic Rocksavage après avoir assisté impuissant au passage à tabac de son coéquipier et meilleur ami, qui succombera à ses blessures. Là encore, l’univers est gris et froid, les personnages ordinaires, les humains sordides. Après avoir exécuté le chef de la bande qui s’en est pris à son ami, Rocksavage est victime du chantage de Callum Rose, un des malfrats. Le jeune flic a déjà franchi la ligne jaune et sa déchéance est tout aussi insidieuse qu’inéluctable. Ce criminel le fait chanter, ce criminel doit disparaître. Qui s’en souciera ? Rocksavage attend bien sagement que Rose rentre chez lui et l’attaque. On assiste alors à une scène de torture suivie d’une exécution. Si on pouvait “excuser” le premier meurtre, ce deuxième passage à l’acte est dérangeant. La victime est bel est bien Callum Rose, le tortionnaire est bel est bien Rocksavage et rien ne peut justifier ses actes. On voit ce jeune homme auquel on s’est attaché sombrer. On veut lui crier d’arrêter.

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Une réponse sur “Mes moments de télé Épisode 4/6 : le malaise, la peur”

  1. Très bon billet, le choix pour Dr Who étant judicieux, même si j’aurais plutôt mis Blink, de la S3, mais ça se discute largement, Midgnight ayant pour lui d’être finalement assez léger côté FX, mais Blink brillant par la quasi-absence du Docteur.

    Sinon, dans les autres trucs bien éprouvants, j’aurais mis cité l’épisode « The Body » dans Buffy (http://en.wikipedia.org/wiki/The_Body_(Buffy_the_Vampire_Slayer)). Cette façon de raconter la disparition d’un proche, brut de décoffrage, sans musique, avec juste une terreur sourde, était juste phénoménale.

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