Mes moments de télé Épisode 5/6 : l’émotion, le frisson

Il est de ces billets, cher lecteur, chère lectrice, que tu découvres sur l’un de tes blogs préférés et qui te font tout de suite regretter de ne pas y avoir pensé. C’est ce qui m’est arrivé en découvrant et en savourant, semaine après semaine, les 100 moments de télé concoctés par la brillante équipe du Daily Mars.

Les passionnés ne manquent pas de qualités et les passionnés du Daily Mars ne dérogent pas à la règle : dans leur grande générosité, ils ont invité les sériephiles à partager à leur tour leurs moments de télé. La miss @amdsrs a proposé les siens sur son blog Un (é)cran de plus et j’ai décidé de faire de même ici.

Alors bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, je ne te cache pas que ma première inquiétude a été de ne pas réussir à sortir de mes séries fétiches et donc de proposer des moments peu éclectiques. Mais au final, cette inquiétude n’avait pas vraiment lieu d’être, car ces billets n’ont pas pour but d’être objectifs, je ne me dois pas de balayer le spectre le plus large possible de séries. Ces billets doivent me ressembler. Il y a beaucoup de séries que je n’ai pas vues et que je ne verrai pas. Mes séries fétiches le sont parce qu’elles me transportent, alors il est normal qu’elles comportent la quasi-totalité de mes moments de télé. Toutefois, tu pourras trouver ici ou là quelques exceptions. Tu peux penser, cher lecteur, chère lectrice, qu’il est un peu facile (et réducteur) de ne retenir que les séries que j’ai vues le plus récemment. C’est vrai, mais si des moments mémorables ne me viennent pas spontanément de séries plus anciennes, c’est qu’à mes yeux, ils ne le sont pas tant que ça.

Afin d’organiser un minimum tout ceci, j’ai classé Mes moments de télé par thème.

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas vu les séries ou les épisodes que j’évoque, que vous avez l’intention de les voir un jour et que le moindre spoiler vous est insupportable, la lecture de ces billets risque fort d’être périlleuse.

Épisode 5 : l’émotion, le frisson

La magie de la fiction est de nous emmener ailleurs, de nous faire vivre de merveilleuses aventures, de nous faire ressentir de belles émotions. Une drogue dont je ne veux surtout pas me sevrer.

Six Feet Under, Falling into Place (4×01) : Nate enterre Lisa

Six Feet Under comporte tellement de scènes qui m’ont marquée que j’aurais pu lui consacrer la totalité de cet épisode. Mais sachant réfréner ma nature monomaniaque obsessionnelle (qui vient de rire ?), je me contenterai d’une seule. Ce fut très difficile, mais mon choix s’est finalement porté sur celle-ci. En ce tout début de saison 4, le corps de Lisa est retrouvé et la famille Fisher doit une nouvelle fois faire face à un deuil qui la touche de près. Nate est confronté à un dilemme : peu de temps avant sa mort, Lisa avait exprimé le choix d’être enterrée à même le sol, sans embaumement, sans cercueil, le plus naturellement possible. Mais la famille de Lisa l’entend autrement et opte pour la crémation. Nate décide d’accéder à la dernière requête sa femme : alors qu’il présente une urne remplie de cendres à sa belle-famille, il va enterrer Lisa seul, de nuit, en toute clandestinité. Cette scène est particulièrement poignante car à travers ce geste, à travers cette épreuve, c’est toute la culpabilité de Nate envers Lisa qui s’exprime. Culpabilité de n’avoir pas été capable de l’aimer, culpabilité de ne pas être un bon père pour leur fille, culpabilité de ne pas avoir pu empêcher sa mort. Voilà pourquoi Six Feet Under restera à jamais dans mon panthéon.

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Doctor Who, 42 (3×07) : Ten assiste impuissant à la mort annoncée de Martha

Oui, cher lecteur, chère lectrice, c’est bien un épisode de la 3e saison qui a sa place dans Mes moments de télé. C’est bien une scène avec Martha Jones jouée par Freema Agyeman. Comme je n’ai déjà écrit ici, j’ai de la tendresse pour Martha et même si sa relation avec le Doctor n’est pas la plus réussie de la série, elle a tout de même quelque chose d’attachant. Dans cette scène, Martha est piégée dans une capsule vouée à être désintégrée. Le Doctor ne peut rien faire pour l’aider. Ils se regardent l’un et l’autre à travers des hublots : elle, certaine de mourir, lui, certain qu’il ne peut pas la laisser mourir. Poignant.

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Doctor Who, Forest of the Dead (4×09) : Ten sauve River

Ce double épisode signé Steven Moffat m’a absolument enchantée et bouleversée. Je ne remercierai jamais assez le fieffé Écossais d’avoir donné vie à River Song, la partenaire idéale pour le Doctor. River Song qui s’est sacrifiée pour sauver le Doctor, pour sauver son histoire avec le Doctor. Mais le dernier Time Lord n’est pas alien à abandonner si facilement et alors qu’il pense en avoir terminé avec the Library, il comprend qu’il lui reste une dernière chose à faire : sauver River. Voilà tout ce qui me plaît dans cette série : un héros prêt à tout, de l’épique, de la folie.

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Doctor Who, The Pandorica Opens (5×12) : speech d’Eleven à Stonehenge

Et oui, encore une scène de Doctor Who écrite par Steven Moffat, mais que voulez-vous, j’aime quand Steven Moffat écrit pour Doctor Who ! Eleven est aux anges : il est face à un mystère qu’il ne comprend pas encore et il est cerné par tout ce que l’univers compte de créatures qui lui sont hostiles. Je suis aux anges : je retrouve le Doctor prêt à tout, épique et fou que j’aime.

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Kaamelott, Celui qui criait au loup (5×08) : Arthur retrouve Anton, son père adoptif


Je ne peux décemment pas vous présenter Mes moments de télé sans évoquer le Livre V de Kaamelott, mon préféré. Dans cette saison particulièrement sombre, Arthur baisse les bras. Il abandonne le pouvoir et décide de penser à lui pour une fois. Il se met donc en quête d’éventuels enfants qu’il aurait pu avoir avec ses maîtresses. Dans cette deuxième partie de saison, Alexandre Astier explore une thématique qui lui tient à cœur : la paternité. Plusieurs images du père traversent les épisodes et l’une des plus marquantes est Anton, l’homme qui s’est occupé d’Arthur alors qu’il était enfant et qu’il devait être caché de Pendragon. Anton, un homme meurtri d’avoir dû se séparer de ce petit garçon qu’il a tant aimé et qui jette sa rancœur à la face de son pauvre fils qui ne sera jamais à la hauteur. Anton, un homme meurtri de se sentir abandonné de ce petit garçon qu’il a tant aimé une fois qu’il est devenu roi. Anton, une étape essentielle de la descente aux enfers d’Arthur orchestrée par Méléagant. Des scènes pudiques, mais tellement fortes.

ANTON : Quand il (le fils d’Anton) était petit, quand il avait dix ans, on avait un petit gamin chez nous, un p’tit orphelin, un p’tit bonhomme haut comme ça, 3-4 ans. Il s’trouve que c’est ce p’tit gamin qui a retiré l’épée, Arthur il s’appelait. Et ça l’autre taré, il a jamais pu l’avaler.

…/…

ANTON : Un jour, je vois débarquer un grand type, genre druide, voyez, il tenait le gamin par la main. Et le gamin il me regarde et il me dit « vous savez c’que c’est des pingouins ? » « Non », j’lui fais. « Des pingouins, c’est des oiseaux qui volent pas et qui vivent sur la glace ». Il était mignon ce môme, intelligent et puis curieux de tout.

MÉLÉAGANT : Et vous l’avez jamais revu ?

ANTON : Après ils me l’ont repris pour l’emmener à Rome, pour en faire un soldat. J’leur ai dit « il est trop p’tit pour partir là-bas » mais ils l’ont emmené quand même.

MÉLÉAGANT : Quand il était roi ici, il est jamais repassé ?

FILS D’ANTON : Pas de nouvelles, même pas une lettre, rien. C’est dégueulasse.

ANTON : Parle poliment. Qu’est-ce qu’on aurait foutu d’une lettre, on sait même pas lire.

MÉLÉAGANT : C’est bizarre quand même.

ANTON : Un roi, ça a beaucoup de choses à faire, enfin je suppose. C’est sûr que ça fait mal parce que je me suis toujours considéré comme son père, du jour où il a débarqué. Alors que c’lui là, c’est vraiment le mien, mais j’ai toujours eu l’impression d’habiter avec un foissard.

MÉLÉAGANT : Sacré truc les enfants, pas vrai ? (En s’adressant à Arthur) : Vous en avez vous ?

ARTHUR : Vous voulez m’en faire ?

…/…

MÉLÉAGANT : C’est quoi ces médaillons là-bas au fond ?

FILS D’ANTON : C’est mon père qui les fait.

ANTON : C’est un passe-temps, ça m’évite d’avoir à discuter avec c’lui là.

MÉLÉAGANT : Et qu’est-ce qu’ils représentent ?

ANTON : Un peu tout.

MÉLÉAGANT À ARTHUR : Vous en avez un beau vous aussi, vous voulez pas nous l’montrer ?

ARTHUR : Non.

MÉLÉAGANT : Mais si.

ARTHUR : C’est à vous de jouer.

FILS D’ANTON : Mais si faites voir, on est des spécialistes nous.

ANTON : Montrez. (Arthur montre son médaillon) Ogma.

FILS D’ANTON : Ogma ? …/… Le dieu de l’éloquence, vous l’avez jamais fait vous père.

ANTON : Si, une fois, pour un p’tit garçon qui arrêtait pas de parler.

ARTHUR : J’parle moins maintenant, je terrasse plus mes ennemis par l’éloquence. Plus j’vieillis, plus j’ferme ma gueule. Je suis désolé de jamais être revenu vous voir.

 

Kaamelott, Dies-Irae (6×09) : le final

Ah, que ce final du Livre VI est cruel : tellement riche en promesses et nous plongeant dans une insoutenable attente qui dure depuis près de trois ans déjà. Dans ce dernier épisode, nous retrouvons le sombre royaume de Logres que nous avions quitté à la fin du Livre V. Arthur, sauvé de justesse par Lancelot, attend que la mort vienne le chercher, reclus au fond d’un lit de Tintagel. Toujours aussi fatigué de ce destin qu’il n’a point voulu et qu’il pense ne pas mériter, le fils de Pendragon donne les pleins pouvoirs à son second d’antan, avec l’ultime espoir que Lancelot en fasse quelque chose qui vaille le coup. Arthur ne fera que précipiter l’arrivée au pouvoir d’un tyran et est obligé de fuir. Il choisit de revenir à Rome, là où Lancelot n’ira jamais le chercher, là où tout a commencé, là où il fut heureux. De retour dans la villa abandonnée où il est tombé amoureux d’Aconia, Arthur se ressource, se souvient, se sent enfin prêt à embrasser sa destinée. Un final sans aucun dialogue, mais magnifiquement porté par un thème musical qui me file la chair de poule à chaque fois que je l’écoute. Jugez plutôt.

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Sherlock, A Scandal in Belgravia (2×01)

Tu ne me croiras sans doute pas, cher lecteur, chère lectrice, mais avant la saison 2, mon rapport à Sherlock était on ne peut plus rationnel. J’avais aimé la première saison, j’avais tout de suite accroché aux personnages, j’étais frustrée par le cliffhanger, j’étais heureuse de les retrouver en saison 2. Tout ceci de la manière la plus raisonnable qui soit. Et puis, j’ai vu A Scandal in Belgravia. Et puis, j’ai pris une claque en voyant A Scandal in Belgravia. Tout a pris de l’ampleur, y compris mon attachement et ma fascination. Comme il fut impossible de choisir une scène en particulier, voici un florilège de certains de mes moments préférés (ok, j’aurais plus vite fait de vous mettre l’épisode en entier) : la confrontation entre John et Irene dans l’entrepôt désaffecté, la confrontation entre Sherlock et Mycroft dans l’avion, Sherlock qui décrypte le code d’Irene. Que demander de plus ?

 

 

The Hour, 2×06 : Lix et Randall

J’avoue, je triche un peu, j’aurais pu classer cette scène dans Mes moments de télé romantiques. Mais j’évoquais déjà le couple Bel/Freddy de ce même dernier épisode de The Hour, alors elle a toute sa place ici. Et ce n’est nullement une place usurpée, car cette scène entre Lix et Randall est magnifique, à l’image de ce magistral épisode. Lix et Randall se sont aimés durant la dangereuse guerre civile espagnole. Lix, tombée enceinte, décide d’abandonner cet enfant, incapable de sacrifier sa carrière pour l’élever. Elle fera tout pour garder de douloureux souvenir le plus loin de sa conscience. Mais Randall n’a jamais oublié et durant toute cette saison, il n’a qu’une obsession : retrouver la trace de leur fille et qui sait, la connaître. Dans ce dernier épisode, Lix et Randall comprennent que cette rencontre n’aura jamais lieu et on assiste à une scène d’une intensité qui m’a coupé le souffle. De l’émotion pure.

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