Petit éloge de la prétention bien placée

Et oui, aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, après deux semaines d’enflammage de pistil avec Mes moments de télé, j’ai décidé de publier un billet façon “ébauche de réflexion philosophique”.

Comme tu le sais déjà cher lecteur, chère lectrice si tu me suis sur “pigeon vole”, j’aime agrémenter mes tweets d’un #SeLaPeterEnTouteCirconstance. Bien sûr, je force le trait et ces tweets ont surtout pour but de faire sourire mes chers followers et chères followeuses. Mais, plus sérieusement, j’avoue que le culte de la modestie me semble un poil hypocrite.

Dans notre société de culture judéo-chrétienne, l’orgueil est un péché capital et l’humilité, mère de toutes les vertus. Ne vous avisez surtout pas d’être fiers de vous et de le dire haut et fort, si vous ne voulez pas finir dans la rôtissoire de Lucifer. Celles et ceux qui osent regarder leurs qualités en face sont bien vite estampillés de l’étiquette “attention, dangereux prétentieux qui méprisent le bon peuple”. Car oui, cher lecteur, chère lectrice, prétention rime bien trop souvent avec mépris (ok, ça ne rime pas vraiment, mais doit-on absolument s’arrêter  à ce genre de détail ?).

Oui, j’ai un ego. Oui, je sais que j’écris bien. Oui, je sais que mes analyses sont loin d’être idiotes. Suis-je donc une monstrueuse mégalomaniaque qui ne pense qu’à écraser autrui de ma magnificence ? Bien sûr que non (ok, il m’a fallu un long travail pour arriver à ce stoïcisme).

Etre consciente de mes qualités ne m’empêche nullement de savoir que je peux toujours m’améliorer, d’avoir envie de toujours m’améliorer. Lorsque je lis les premiers billets que j’ai publiés sur ce blog, je vois les maladresses, l’écriture qui n’était pas toujours fluide. C’est en écrivant, encore et encore, que mon travail s’est amélioré, que mon style s’est affirmé. Le billet sur Third Star a été un déclic : je me suis autorisée à y mettre un peu plus de moi et j’ai pris conscience de la musique de mon écriture. Depuis, je prends de plus en plus de plaisir à jeter des phrases sur mon clavier et à les faire résonner. Depuis, je prends encore plus de plaisir à vouloir écrire encore mieux.

Etre consciente de mes qualités ne m’empêche nullement d’admirer celles des autres. J’adore admirer celles et ceux qui sont doué(e)s. J’adore être une fan. Grâce à la magie d’Internet et des réseaux sociaux, j’ai la chance de découvrir des journalistes et blogueurs de talent qui m’enchantent dès que je les lis, les écoute, les regarde ou, comble de la joie, dès que je passe du temps auprès d’eux. Je ne ressens aucune jalousie à leur égard (sauf lorsqu’ils ont l’outrecuidance d’interviewer des acteurs et des créateurs que j’adore, mais j’arrive à vite leur pardonner), je ne ressens aucune envie de prouver que je suis meilleure qu’eux. Il n’y a rien de plus stimulant que d’être entouré d’esprits brillants.

Alors, cher lecteur, chère lectrice, sois fier(e) de toi !

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3 réflexions au sujet de « Petit éloge de la prétention bien placée »

  1. Je suis assez d’accord. Depuis très longtemps on me dit prétentieux, je me souviens, au lycée, la prof de français m’appelait « Le pédent » (j’ai toujours trouvé ça d’une violence incroyable d’ailleurs).

    Et je ne l’ai jamais compris, parce que s’il m’arrive de dire « tu es mauvais », je ne dis jamais « je suis meilleur ». La modestie n’est pas hypocrite, chaque jour je dis à quelqu’un que je suis mauvais dans ce que je fais (en tout cas je le pense, je suis pas hypocrite, pas que je sache en tout cas, c’est réellement mon ressenti). Par contre, tu peux te croire pas bon, mais meilleur qu’un autre. Et parfois c’est juste vrai, et je ne crois pas que ce soit de la prétention.

    La prétention, n’est prétention, que si elle est prétendu. Toi tu écris bien, c’est un fait, et en plus tu en es consciente. Ça peut passer pour de la prétention, mais au fond, ça n’en est pas puisque c’est le cas. Mais comme tu le dis, je crois que les gens ont du mal avec le fait d’admettre ses propres qualités. A croire que c’est interdit, ou impoli…

  2. DANS MES BRAS !
    Formidable. Je suis complètement d’accord. De plus la plupart des « très modestes » que je vois ne cherche que le compliment.
    Bien sûr qu’à partir du moment ou l’on fait quelque chose vers le public (blog, podcast, causage dans un micro, etc…) on ne peut qu’avoir un peu d’ego. Et c’est bien. Le tout est une question d’équilibre entre « je vaux quelque chose que j’essaye de partager » et « je suis le plus fort, les autres sont nuls ».

    Et j’ajoute même que je pardonne souvent une certaine forme d’arrogance chez les créateurs géniaux que nous aimons tant et qui souvent accompagne ce « génie ». Alexandre, Steven semble sûr d’eux, parfois trop ? Non, car il faut une conviction, une arrogance lorsque l’on créé. Que ce soit un billet de blog ou une trilogie cinéma sur le roi Arthur !

    Doux est mon égo…

  3. S’il y a un défaut que je ne supporte pas, c’est la prétention. Mais pour toi, ce n’est pas de la prétention, c’est de la confiance en toi et en ce que tu fais. Ce n’est pas du tout la même chose.

    La prétention, c’est quand on s’estime meilleur que les autres et que les autres, on les emmerde et on les écrase. C’est quelque chose qui m’hérisse le poil à un point que tu ne peux même pas imaginer.

    La confiance en soi, c’est se connaître, contrôler ses défauts et avoir foi en ses qualités. On peut apprécier et être fier/fière de ce que l’on fait avec humilité. Et je trouve que c’est plus ton cas. 😉

    Un très bon billet en somme, comme d’habitude. =P 😉

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