Le duo Sherlock/Watson, la belle réussite d’Elementary

Souviens-toi, cher lecteur, chère lectrice, il y a presque un an, je te parlais d’Elementary alors que le premier trailer était disponible. Et en bonne fan hystérique de Sherlock, j’étais assez sceptique sur ce projet. Comment ?Souviens-toi, cher lecteur, chère lectrice, il y a quelques mois, je te parlais d’Elementary alors que sa diffusion était sur le point de commencer sur CBS. Et en bonne fan hystérique de Sherlock, j’étais assez sceptique sur ce projet. Comment ? Les Américains osent copier ma série chouchoute ? Comment ? Comble de l’hérésie, les Américains ont fait de Watson une femme sous les traits de Lucy Liu ? Les images du trailers étaient plutôt sympathiques, mais la suspicion restait de mise et les craintes de voir se développer une tension sexuelle entre Sherlock et Watson toujours présente. Je t’avais promis, cher lecteur, chère lectrice, de revenir sur la série une fois que j’aurai vu quelques épisodes. 24 épisodes plus tard, le verdict est clair : j’ai aimé Elementary. J’ai aimé ce duo Sherlock/Waston.

Mais commençons par ce qui fâche. Elementary est une série diffusée par CBS, network américain, dont le but premier est de réunir le maximum de monde devant son écran plat. Elementary est ce qu’on appelle un procedural, série qui met en scène des enquêtes bouclées à la fin de chaque épisode. Ainsi, Elementary a une forme très académique, avec un schéma narratif très bien huilé, mathématiquement calqué sur chaque épisode (sauf les trois derniers qui clôturent le fil rouge de cette première saison, centré sur Moriarty, et oui, on parle tout de même de Sherlock Holmes). Formellement, tous les épisodes se ressemblent et les enquêtes ne sont pas forcément des plus passionnantes.

Et pourtant, semaine après semaine, j’ai eu plaisir à regarder Elementary et j’ai eu de plus en plus hâte de découvrir l’épisode suivant. Pas pour des enquêtes tarabiscotées. Pas seulement pour le jeu impeccable de Johnny Lee Miller (et ok, j’avoue, son physique tout aussi impeccable). Mais pour une seule et bonne raison : l’attachant et intéressant duo formé par Sherlock Holmes et Joan Waston.

Une confiance à construire, ciment de leur relation

Sherlock Holmes est un héroïnomane qui sort tout juste de cure de désintox. Son richissime et plus que distant paternel n’a que très peu confiance en lui et décide qu’il sera incapable de ne pas replonger une fois revenu dans son appartement new-yorkais. Le paternel en question fait donc appel à Joan Watson, compagnon de sobriété de son état pour veiller sur sa progéniture. Voilà comment Watson emménage chez Sherlock.

Leur relation est donc d’abord contractuelle : Waston est payée par le père de Sherlock pour le surveiller. Leur relation n’est donc pas forcément des plus simples : Sherlock est prié de participer à des réunions de drogués anonymes, de se soumettre chaque soir à un test de drogue, d’envoyer un texto toutes les deux heures lorsqu’ils ne sont pas ensemble. Sherlock se plie à ces exigences, non pas parce qu’il croit en sa rédemption, mais pour que la mission de Watson se termine au plus vite.

Si Sherlock accepte ces contraintes, il est en revanche intransigeant sur la protection de sa vie privée. Watson ne doit pas dépasser certaines limites, poser certaines questions, s’aventurer sur le terrain glissant du passé tortueux de ce génie brisé.

Watson peut-elle faire totalement confiance à Sherlock ? Peut-elle faire confiance à un homme tellement habitué à se penser en dehors du monde qu’il en est presque totalement détaché ? Quelles sont les limites qu’il peut franchir ? Comment se faire respecter ?

Watson se révèle, Sherlock s’apaise

Dans cette première saison, et je ne peux croire qu’il en sera autrement par la suite, il n’est nullement question d’ambiguité entre ces deux personnages. Non pas que Sherlock soit totalement désintéressé par le sexe, il le vit d’ailleurs comme un besoin à satisfaire qui n’implique pas de sentiments, qui doit être une performance et qui peut faire l’objet d’une transaction financière. Mais il n’est jamais question d’attirance sexuelle entre Sherlock et Watson. Et pourtant, ces deux êtres sont irrémédiablement attirés l’un vers l’autre. Et pourtant ces deux êtres ne peuvent vivre sans l’autre.

C’est là qu’Elementary et Sherlock se rejoignent. Steven Moffat explique que la première saison de Sherlock est celle de la réhabilitation de Watson et la deuxième, celle où Sherlock n’est plus seulement un sale gosse et devient un homme. On retrouve ces évolutions dans la première saison d’Elementary.

Joan Watson est une ancienne chirurgienne de talent, qui a tout plaqué lorsque l’un de ses patients meurt sur la table. Voulant toujours donner un sens à sa vie et aider les autres, elle devient compagnon de sobriété. Mais Joan Watson ne sait pas vraiment qui elle est, ne sait pas exactement ce pour quoi elle est vraiment faite. Elle le découvre en croisant la route de Sherlock. Fascinée par cet esprit brillant et magnétique, elle prend peu à peu conscience de son attrait pour le danger, l’excitation des enquêtes, la satisfaction de confondre les coupables. Et elle se rend compte qu’elle est douée. Mais elle doit prouver à sa famille, à ses amis qu’elle ne fait pas fausse route, qu’elle ne se perd pas dans ce tourbillon, qu’elle n’est pas inconsciente. Au fur et à mesure de la saison, elle prend confiance en elle, assume ses choix, ose s’affirmer.

Sherlock Holmes est en bien mauvaise posture : drogué qui lutte chaque jour pour ne pas replonger, esprit à part qui le coupe du monde, un cœur brisé. Alors qu’il ne doute absolument pas de ses qualités intellectuelles bien au-dessus de la normale, il n’en est pas de même dans sa capacité de se relier aux autres, de ne pas replonger. Au contact de Watson, il apprend à apprécier cette présence, cette femme qui est toujours là pour lui, cette femme qui devient peu à peu une réelle partenaire, cette femme qui occupe de plus en plus une place capitale dans sa vie.

La complicité entre ces deux personnages se fait chaque épisode plus forte et nous est montrée de manière subtile et touchante. La force du lien qui les unit ne fait aucun doute et ne souffre d’aucune ambiguité.

Une chose est sûre : ce duo Sherlock/Watson est mon coup de cœur de la saison. Vivement la rentrée !

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Une réflexion au sujet de « Le duo Sherlock/Watson, la belle réussite d’Elementary »

  1. Bien dit!
    Et oui, ce John Lee Miller est follement, passionnément attachant 😉
    Au début, je trouvais le rôle de Watson vraiment plat et faire-valoir de celui de Sherlock. Mais heureusement, le déroulement de la série a donné plus de force au personnage de Watson et créé une vraie complicité Sherlock/Watson!

    J’ai hâte de les retrouver dans la prochaine saison.

    Poulpement vôtre!

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