Goodbye Dexter Morgan : lorsque cœur et raison s’entrechoquent

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Cela fait douze semaines, cher lecteur, chère lectrice, que je m’interroge : quel angle vais-je choisir pour écrire sur la fin de Dexter. Car il est tout simplement inenvisageable que je n’écrive pas sur la fin de Dexter. Mais j’ai déjà beaucoup écrit sur cette série sur ce blog et que faire : une critique de la dernière saison ? Une critique du dernier épisode ? Mon histoire de sériephile aux côtés de ce personnage ?

Et puis, j’ai regardé le dernier épisode de la série. Et puis, dans la foulée, j’ai débattu sur Twitter avec mon amie @DelphineRivet de l’objectivité dans une critique, de la frontière entre fan attitude et analyse. Mon angle m’est alors apparu évident : ma difficulté à choisir entre cœur et raison.

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas encore vu le dernier épisode, ne lisez pas la suite avant de l’avoir fait.

Côté cœur : l’adieu à des personnages que j’ai tant aimés

dexter-y-debra-morganJe suis et je serai toujours une fan. Lorsque j’aime une série et des personnages, j’aime le chemin que je fais avec eux, j’aime les retrouver épisode après épisode, saison après saison. Et que j’ai aimé Dexter, que j’ai aimé Deb, que j’ai aimé leur relation. Comme je l’ai déjà écrit ici, c’est cette relation qui m’a permis de rester accrochée à la série, de tout lui pardonner. Et ce dernier épisode conclue cette relation définitivement. Par la mort de Deb. Par la culpabilité de Dexter. Alors, oui, cher lecteur, chère lectrice, je l’écris sans honte, sans peur de rougir : j’ai pleuré devant ce final de Dexter. Parce que malgré tous les errements, toutes les incohérences, je serai toujours touchée par la relation entre Deb et Dexter.Mon p’tit cœur de fan y sera toujours sensible. Et toute la raison du monde ne pourra rien y changer.

Côté raison : un héros et un acteur devenus insipides

Malheureusement, mon p’tit cœur de fan ne peut pas totalement faire taire la raison. Et cette raison est bien moins indulgente. Elle peut même être cruelle. Cela fait bien des saisons que le Dexter que j’ai aimé n’est plus que l’ombre de lui-même. Que Michael C Hall n’est plus que l’ombre de lui-même.

Et que cette ultime saison a été catastrophique, relevant du grand n’importe quoi de haute catégorie, enterrant définitivement son héros. Dexter, félin magnétique, est devenu un matou pathétique. Plus aucune force, plus aucune complexité ne se dégage de lui, il est réduit à sa plus simple expression. La scène qui illustre à merveille cette déchéance est celle où Dexter prépare sa kill room pour dexter-et-son-dark-passengerle méchant de la saison (tout aussi pathétique que le reste). Il a choisi la kill room qu’il avait utilisée dans l’ouverture du pilot, la première kill room que les téléspectateurs ont découverte. Mais autant cette kill room dégageait une énergie incroyable dans le pilot, autant elle est est totalement vide de sens dans cette huitième saison. Dans cette scène, Dexter se vante d’avoir fait tant de chemin, mais c’est bien tout le contraire : il n’a pas avancé, il a stagné, voire régressé. Il en est de même pour Michael C Hall. Il dégageait une telle animalité dans les premières saisons, il se mouvait d’une manière si particulière, si envoûtante. Dans cette ultime saison, l’acteur, à l’image de son personnage, s’enferme dans une routine, dans des gimmicks et ne suscite plus rien, si ce n’est de l’ennui.

Mais je ne peux me résoudre à en rester sur cet amer constat. Je préfère garder dans mon p’tit cœur de fan l’image d’un personnage qui m’a emportée et qui m’a fascinée. Et je ne renie rien.

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