L’empereur, c’est moi, magnifique plongée dans l’âme d’un enfant autiste

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Je sais, cher lecteur, chère lectrice, tu étais absolument persuadé(e), en ce début janvier et au vu de ma nouvelle bannière, que mon premier billet de l’année serait consacré à la saison 3 de Sherlock. Mais rassure-toi, j’en parlerai ici même très très vite.

Non, aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je ne vais même pas t’écrire sur une série. Je vais t’écrire sur un livre qui m’a bouleversée : L’empereur, c’est moi signé Hugo Horiot.

Hugo Horiot est un comédien trentenaire. Un jeune homme épanoui qui est parfaitement à l’aise dans sa vie. Mais Hugo n’a pas toujours était aussi épanoui et parfaitement à l’aise dans sa vie. Car, au départ, Hugo était Julien. Julien, un enfant autiste. Julien, un enfant atteint du syndrome d’Asperger. Julien qui ne prononcera presque aucune parole jusqu’à l’école primaire, qui est un enfant emmuré. Un enfant qui sait qu’il ne peut pas vivre dans ce monde, qui sait combien ce monde est médiocre, qui crève de devoir évoluer dans ce monde si médiocre. C’est alors qu’Hugo comprend la nécessité de tuer Julien, de l’enterrer profondément. Mais Hugo ne sera jamais un enfant comme les autres car même lorsqu’il décide de parler, il ne le fera pas comme tout le monde.

Hugo Horiot a écrit ce livre en un mois et l’urgence de sortir ce récit transparaît dans son écriture. Un récit d’une honnêteté crue, mettant à jour toute la colère et la violence qui ont guidé cet enfant durant tant d’années. Cette plongée sans fard est absolument fascinante et unique. Car si l’autisme est exploré du côté des soignants et des familles, les témoignages d’autistes sont très rare. Et ici, avec un style efficace, on pense comme lui, on ressent comme lui. L’auteur écrit bien sûr avec son intellect de trente ans, mais on sent que ce qu’il exprime de son enfance est exactement ce qu’il a ressenti étant enfant. Il n’y a pas d’intellectualisation à outrance, il n’y a pas le souci de psychanalyser ce passé. Le but est parfaitement limpide : exposer au grand jour ce fantôme du passer pour mieux tourner définitivement la page.

Ce récit est aussi et avant tout, une déclaration d’amour d’un enfant à sa mère, à son père et à ses sœurs. Dans les années 80, l’autisme n’était “traité” que de manière psychanalytique et la mère était la source de tous les maux. Mais la mère d’Hugo Horiot a bien vite senti que cette approche n’était pas la bonne, qu’elle devait stimuler son fils encore et encore, qu’elle devait être un allié. Et cet amour, l’auteur l’a tout de suite ressenti et il a toujours aimé sa famille. Même s’il ne leur parlait pas, même s’il se mettait dans d’effroyables colères qui plongeaient sa famille dans le désarroi le plus total, même s’il semblait loin d’eux.

La mère d’Hugo Horiot est l’auteure Françoise Lefèvre qui a écrit sur son fils en 1990 dans Le Petit Prince cannibale. Elle signe la postface de L’Empereur, c’est moi. La postface d’une mère qui a enfin la possibilité de pleinement comprendre son fils, qui est fière de l’homme qu’il est devenu. Des mots qui m’ont émue aux larmes.

Pour comprendre un peu plus la différence d’Hugo, voici les extraits d’un film réalisé par un de ses amis alors qu’il n’est qu’au collège.

Et voici Hugo Horiot, maintenant, épanoui et parfaitement à l’aise dans sa vie.

http://www.dailymotion.com/video/x15d4eg
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Une réponse sur “L’empereur, c’est moi, magnifique plongée dans l’âme d’un enfant autiste”

  1. Cet article et les deux vidéos mises en parallèle sont vraiment intéressants. Voilà un parcours étrange, unique que celui de cet homme… une leçon pour nous tous, pour apprendre à accepter les différences! Bravo d’avoir parlé de ce livre sur ce site… toi qui a un cerveau bien connecté aussi! 🙂

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