Ma saison 3 de Sherlock

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Et oui, cher lecteur, chère lectrice, je n’ai pas pu attendre plus longtemps pour publier ce billet sur la saison 3 de Sherlock. Mais tu sais combien, cher lecteur, chère lectrice, Sherlock tient une place importante dans ma vie de sériephile monomaniaque obsessionnelle. Une place qu’aucune autre série n’avait tenue jusqu’alors (et oui, même Kaamelott et Doctor Who et pourtant que j’aime Kaamelott et Doctor Who).

Cette saison 3 n’a pas fini de susciter remous et débats entre fans désabusés et fans enchantés. Il faut dire que Mark Gatiss et Steven Moffat ont décidé d’aller au bout de leurs envies de fanboys et d’emmener leurs personnages là où ils avaient envie de les emmener. Oui, c’est égoïste. Mais la création n’a jamais été une démocratie.

Bien sûr, si j’étais totalement objective, j’écrirai que ce virage à 180° a de quoi désarçonner, que cette volonté de mettre en avant les personnages et leurs relations a clairement été aux dépens de l’enquête durant le premier épisode, qu’elle a changé les règles du jeu durant le deuxième et que la fin du troisième peut s’apparenter à un caprice de sales gosses. Mais tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, je suis tout sauf objective. Et encore moins pour cette série que j’aime de façon totalement irrationnelle.

Et puis, je dois te faire un aveu. Je ne suis pas accro à Sherlock pour Sherlock Holmes et ses enquêtes. Je suis accro à Sherlock pour ses personnages et leurs relations. Durant les deux premières saisons, j’ai guetté chaque scène laissant libre cours au développement des personnages et ne servant pas directement la narration de l’intrigue principale. Durant la deuxième saison, l’humanisation de Sherlock leur a laissé plus de place pour mon plus grand plaisir. Voilà pourquoi j’aurai toujours de la tendresse pour The Hounds of Baskerville dans lequel Mark Gatiss propose de délicieuses scènes entre Sherlock et John. Voilà pourquoi cet épisode comporte ma scène préférée entre ces deux personnages. Voilà pourquoi cette saison 3, voulue par les deux cocréateurs comme celle de la bromance et des personnages, ne m’a pas déçue, même si elle m’a troublée.

Dans ce billet cher lecteur, chère lectrice, je ne te propose pas une totale analyse de la saison 3 de Sherlock. Non, je te propose un voyage au sein de mon intimité de sériephile monomaniaque obsessionnelle et vais te raconter de l’intérieur comment j’ai vécu ces trois épisodes qui n’ont pas été de tout repos pour mon p’tit cœur de monomaniaque obsessionnelle.

SPOILER ALERT : si vous n’avez pas encore vu cette 3e saison et que le moindre petit spoiler vous irrite, ne lisez pas la suite. Vous voilà prévenus.

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The Empty Hearse : le kiff total

Ce 2 janvier 2014, je suis au bureau et je trépigne. L’épisode m’attend sagement sur mon disque dur et je dois encore attendre plusieurs heures avant d’en profiter. Jamais le retour d’une série ne m’avait mis dans un tel état d’excitation et d’impatience. Deux ans que je rêve de ce moment et ces dernières heures d’attente sont interminables. J’évite scrupuleusement les réseaux sociaux pour me protéger de tout spoiler de ceux qui ont déjà vu l’épisode. Ça y est, je quitte le bureau, je suis chez moi. Je m’installe fébrilement sur mon canapé et le cœur battant la chamade, je lance The Empty Hearse. Et je n’ai pas peur de l’écrire, cela a été 90 minutes de pur bonheur. J’ai tout simplement pris cet épisode comme un cadeau. Un cadeau fait par des scénaristes tellement heureux d’écrire à nouveau sur ces personnages qu’ils aiment tant. Un cadeau fait par des acteurs tellement heureux d’endosser à nouveau ces rôles qu’ils aiment tant.

Mark Gatiss a mis tout ce que j’attendais. Savoir comment Sherlock s’y était pris pour simuler sa mort ne m’a jamais vraiment intéressée et j’ai toujours observé les théories envisagées par les fans avec une certaine distance. Non, la seule chose qui m’intéressait était de voir comment John allait encaisser le fait que son meilleur ami ait sciemment décidé de le faire souffrir. La seule chose qui m’intéressait était de voir comment les personnages avaient continué leurs vies sans Sherlock. Je voulais que John casse la gueule de Sherlock, je voulais plus de scènes entre Mycroft et Sherlock, je voulais une scène touchante entre Molly et Sherlock. Mark Gatiss a comblé mes attentes et bien plus encore. Je dois t’avouer avoir ressenti une certaine fierté en découvrant Sherlock dire à Molly presque mot pour mot ce que j’avais écrit sur ce personnage féminin que j’aime tant dans ce billet analysant la supposée misogynie de Steven Moffat.

J’ai adoré que les deux cocréateurs aient choisi de s’amuser avec les théories élaborées par les fans. Je n’y ai vu aucune facilité d’écriture, mais tout simplement de joyeux clins d’œil (et le baiser si hot entre Molly et Sherlock m’a bien sûr mise au bord de l’explosion ovarienne). Je le vois aussi comme une intéressante mise en abîme de la fascination que ce personnage suscite dans la série et dans la réalité. Fascination qui colle à la peau de Sherlock Holmes depuis sa création par Conan Doyle (j’ai d’ailleurs appris plus tard que Conan Doyle faisait déjà des clins d’œil à ses lecteurs dans ses histoires). Pour moi, il ne fait aucun doute que l’explication donnée par Sherlock à Anderson est celle imaginée par Mark Gatiss et Steven Moffat. Et le refus d’Anderson de l’accepter n’est pas là pour semer le doute dans l’esprit du téléspectateur, mais pour renvoyer une nouvelle fois à la possible déception de certains fans face à une explication aussi pragmatique.

L’intrigue de l’attentat terroriste ne retient que peu mon attention et sa résolution bâclée ne me pose donc aucun souci.

D’accord, je concède que la réalisation a parfois été à la limite du catastrophique.

L’épisode terminé, je suis sur un petit nuage. Mais il me faut écrire ma critique pour Season One dans la foulée. Inutile de préciser qu’elle manque cruellement d’objectivité.

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The Sign of Three : apprendre à gérer la circonspection

Ce 6 janvier, quatre jours seulement après le premier épisode, l’attente est moins insoutenable. Me voici en vacances et nul besoin de trépigner au bureau avant de regarder The Sign of Three. J’ai été moins prudente que pour The Empty Hearse et je n’ai pas évité Twitter la veille au soir. Pas vraiment de spoiler, mais plusieurs tweets rageurs exprimant toute la déception que certains ont ressenti devant cet épisode qui pousse à son paroxysme l’exploration des personnages et de leur relation en jouant à fond la carte comique. Mais je suis bien décidée à ne pas me laisser influencer et je lance l’épisode sans aucune arrière-pensée.

Et au départ, tout se passe à merveille. J’adore l’introduction centrée sur Lestrade, j’adore voir comment Sherlock tente de remplir la tâche la plus difficile qu’il ait eu à remplir avec ses réflexes de sociopathe hautement fonctionnel, j’adore Molly (ok, j’adore tout le temps Molly), j’adore plus que tout le trio Sherlock/John/Mary porté par trois acteurs talentueux dont la complicité crève l’écran. Et puis, un certain ennui s’installe. Et puis, les allers-retours avec les enquêtes sont assez fastidieux. Et puis, c’est le drame : Sherlock bourré vomit sur un tapis.

Je n’aurai jamais cru voir une telle scène dans un épisode de Sherlock. Le ton comique de l’épisode ne m’avait pas totalement posé souci jusqu’ici, mais tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, je suis très difficile côté humour. Et l’humour pipi caca vomi ne me fait pas rire du tout. C’est même tout le contraire. Résultat, cette scène me sort totalement de l’épisode. Ce qui m’agaçait quelque peu commence à m’agacer sérieusement, l’épisode semble ne jamais vouloir se terminer. Heureusement, les 30 dernières minutes me raccrochent et je retrouve mon enthousiasme du début. Et bien sûr, le dernier plan montrant un Sherlock ténébreux enfilant avec une classe folle son manteau tout en marchant seul dans la nuit ravit mon âme de midinette.

Une fois l’épisode terminé, me voilà bien démunie. C’est la première fois que je suis autant circonspecte face à un épisode de Sherlock. Je n’arrive pas à faire le point sur ce que je ressens et il faut absolument que je fasse le point sur ce que je ressens afin d’écrire ma critique pour Season One. Je décide alors de ne pas me laisser aller sur la pente facile de la déception et du ressentiment. Je décide d’analyser ce qui désarçonne à ce point dans cet épisode en mettant de côté ma subjectivité, une grande première.

Mais ce qui me désarçonne le plus est la campagne engagée par les haters sur les réseaux sociaux. L’adulation est telle pour Sherlock et les attentes étaient tellement élevées que la déception ne pouvait que se produire. Et la frontière entre amour est haine est bien mince. Mais vois-tu, cher lecteur, chère lectrice, mon seul moteur est l’enthousiasme. La haine et la colère n’ont jamais fait partie de mon vocabulaire de sériephile monomaniaque obsessionnelle. Lorsque j’aime une série, je la regarde toujours avec la même candeur qui m’habitait lorsque petite fille, j’écoutais mon père me raconter une histoire avant de m’endormir. Lorsque j’aime une série, j’apprécie toujours de retrouver cet univers et ces personnages. Même lorsque la direction prise me plaît moins, même lorsqu’il y a des ratés (j’ai pleuré en regardant le dernier épisode de Dexter, c’est dire). Ce déchaînement me met vraiment mal à l’aise et j’ai plus que besoin d’enthousiasme. C’est alors que j’ai la très bonne idée d’écouter le podcast que The Baker Street Babes ont consacré à l’épisode. Un podcast dans lequel ces jeunes femmes totalement dingues de Conan Doyle et connaissant son œuvre sur le bout des doigts, sont d’un enthousiasme débordant. Et cela m’a fait un bien fou.

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His Last Vow : un bras de fer perdu d’avance

Ce 13 janvier, j’ai commis la plus impardonnable des erreurs : je ai lancé His Last Vow en ayant mon épisode idéal en tête. Et vois-tu, cher lecteur, chère lectrice, il ne faut jamais lancer un épisode en en ayant une vision idéale en tête, car il est absolument impossible que cette attente soit comblée. Avant de débuter cette saison 3, je n’avais d’autre attente que de retrouver ces personnages que j’aime tant. Mais après ce deuxième épisode qui m’a laissée circonspecte, j’avais besoin de retrouver l’excitation du premier. Alors, j’ai laissé mon enthousiasme débordant prendre le dessus. J’étais persuadée que j’allais à nouveau succomber à l’écriture de Steven Moffat taillée sur mesure pour Sherlock. J’étais persuadée que Lars Mikkelsen allait m’éblouir de bout en bout. J’étais persuadée que cette troisième saison construite comme un triptyque autour du trio Sherlock/John/Mary allait signifier sa fin tragique. J’étais persuadée que Sherlock allait prendre une plus sombre dimension. J’étais persuadée que la fin de l’épisode allait me laisser en état de choc.

Voilà comment je n’ai pas accepté la main que me tendait Steven Moffat pour me laisser guider dans son épisode. Voilà comment, je me suis lancée dans un bras de fer perdu d’avance. J’ai rejeté le Sherlock si enfant gâté du début. J’ai rejeté tous les éléments forçant le trait de Charles Augustus Magnussen. J’ai rejeté la réalisation trop cinématographique (pitié, arrêtez avec les ralentis à répétition), qui m’a empêchée d’apprécier toute la séquence du mind palace que j’ai trouvée interminable. J’ai rejeté toutes les coupures dans la narration qui m’ont sortie de la tension psychologique. Bien sûr, j’ai aussi baissé ma garde car Steven Moffat est tout sauf le pire des scénaristes et le casting est tout sauf composé de mauvais acteurs. La confrontation entre John et Mary m’a profondément touchée et la dernière scène entre Sherlock, John et Magnussen m’a glacé le sang. Mais le bras de fer n’a cessé de continuer et le final a été le coup de grâce, un uppercut dont je ne peux me relever.

L’épisode achevé, je suis en état de choc, mais pour de mauvaises raisons. Je me sens totalement incapable d’écrire ma critique pour Season One. Alors, je me retrousse les manches et je me lance dans une analyse à chaud de tout ce ressenti que je n’aurais jamais pensé ressentir.

Je ne peux rester sur cette impression. Je ne peux me résoudre à considérer que Mark Gatiss et Steven Moffat ont vendu l’âme de leur Sherlock au diable par pure vanité. Et surtout, je ne vois aucun cynisme dans l’écriture des personnages et je n’ai certainement pas le sentiment qu’ils se moquent de moi. Mais je dois comprendre. Je dois retrouver ma jubilation. En vue d’écrire ce billet, je cogite sur ce qui m’a amenée à ressentir une telle déception. Je lis la critique de l’une des Baker Street Babes, absolument enthousiaste, et mettant bien en évidence tous les liens avec le canon de Conan Doyle. J’écoute le podcast que ces fans de l’œuvre originale ont consacré à The Empty Hearse. Et je comprends ce qu’il me reste à faire pour profiter pleinement de la prochaine saison : accepter que Mark Gatiss et Steven Moffat aillent au bout de leur logique. Et leur logique est la suivante : ils écrivent des films diffusés à la télévision, adaptés des aventures du Sherlock Holmes qu’ils aiment tant depuis qu’ils sont enfants. Il est inutile de vouloir une construction solide et structurée des personnages, car ce n’est pas ce que les créateurs ont en tête. Et de toute façon, écrire une construction solide et structurée des personnages n’est pas la qualité première de ces deux scénaristes. Je sais, objectivement, c’est une totale hérésie lorsqu’on écrit une série.

C’est ainsi que quelques jours plus tard, j’ai revu His Last Vow en prenant la main que Steven Moffat me tend et en acceptant de me laisser guider. Et là, tout va beaucoup mieux. Et là, je retrouve la jubilation que je croyais avoir perdue. Puis, j’ai écouté le podcast des Baker Street Babes, qui proposent un très intéressant débat autour de la séquence du mind palace qui n’a pas fait que des heureuses, qui partagent mon scepticisme sur la réalisation de l’épisode, qui m’éclairent une nouvelle fois sur toutes les références au canon et qui mettent en perspective la fin particulièrement troublante. Me voilà prête pour la 4e saison !

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9 réflexions au sujet de « Ma saison 3 de Sherlock »

  1. Un petit mot d’une enthousiaste, limite inconditionnelle, pour t’encourager à retrouver la foi 😉
    J’ai été comme toi, absolument enthousiasmée par The empty hearse.
    J’ai adoré les clins d’oeil, les références, les retrouvailles …
    J’ai ressenti quasiment mot pour mot tout ce que tu décris.
    Pour The Sign ot Three, j’ai beaucoup aimé aussi le début mais plus cela avançait plus j’étais « gênée », si je puis dire, pour Sherlock.
    J’étais embarrassée de son embarras, mal à l’aise pour lui en quelque sorte.
    Non qu’il fut mauvais ou que ce soit mal joué (Benedict est excellent) mais son côté Asperger, même si je sais que quantités de fans ou de gens le nient, apparaissait trop à mes yeux.
    Je suis la mère d’un grand jeune homme Asperger (oui, on peut être vieille et fan) et je retrouve tant des traits de mon fils dans le Sherlock de cet épisode là …
    Au contraire de toi, j’ai a-do-ré His Last Vow.
    Le rythme m’a paru haletant, toutes ces révélations successives s’enchainant l’une sur l’autre m’ont emportée.
    J’ai adoré Sherlock toxico, la gifle de Molly, la tête de John face à Jasmine, la bague, la tête de John dans le fauteuil roulant, …. tout !
    Et j’ai vraiment trouvé superbe la gestion du Mind palace !
    Je sais que c’est extrêmement controversé depuis le Chien des Baskervilles mais ici cela fonctionne de façon évidente, les auteurs nous ont tellement embobiné en nous habituant au concept qu’on ne peut plus différencier le concept de la réalité dans le cas de Magnussen. C’est brillant !
    La fin arrive de manière inéluctable. J’ai lu une critique ou quelqu’un se plaignait qu’il était inconcevable que quelqu’un d’aussi génial que Sherlock en soit réduit à un geste aussi terre à terre. Cela m’a brisé le coeur mais cela m’a plu que son humanité le conduise à faire cela. Cela me parait totalement en accord avec son amitié.
    Je suis d’accord, la toute fin est rocambolesque mais franchement aurais-tu eu les nerfs d’attendre 2 ans en pensant qu’il est parti au loin pour « toujours » ?
    Moi pas, cela panse un peu mes plaies 😉
    PS : désolée pour la longueur du « petit » mot

    • Merci beaucoup pour ce long commentaire, j’adore les longs commentaires !!

      Oui, je garde la foi, car je ne peux faire autrement, j’aime trop ces personnages pour la perdre et j’ai ressenti de belles émotions durant cette saison 3, il n’est nullement question de les renier. Et je garde l’espoir qu’ils ne fassent pas n’importe quoi avec ce qu’annonce la toute fin de l’épisode. Je suppose également que cette saison était celle de la bromance et que la suivante reprendra un schéma plus classique. Les plus sceptiques me répondront que je me trompe lourdement, mais seule la saison 4 me le dira.

      J’ai trouvé brillante l’idée du mind palace de Magnussen et parfaitement amenée. Ce qui m’a posé problème avec le mind palace de Sherlock, ce n’est pas l’idée de nous y faire entrer, mais vraiment la façon dont on nous y fait entrer. Pour moi, cela manque de fluidité et on s’y perd. Ok, Sherlock est mourant et pas au top de sa concentration 😉

      J’ai moi aussi ressenti une certaine gêne pour Sherlock dans The Sign of Three. Pas tant lors du discours, mais lorsqu’il doit enquêter bourré. Je l’ai vécu comme une humiliation et je déteste plus que tout l’humiliation.

      Et surtout, surtout, il n’y a pas d’âge pour être fan !

  2. « J’ai rejeté la réalisation trop cinématographique »…J’ai cru m’étouffé. L’inspiration cinématographique, en terme de réalisation, de la série tv a hautement favorisé son renouveau (ainsi que la présence d’acteur de cinéma).
    Mais revenons à nos moutons. J’ai beaucoup aimé cette troisième saison de Sherlock et le 2ème épisode, tant décrié, est vraiment très fun et m’évoque énormément Edgar Wright (shaun of the dead, etc). Une bonne barre de rire. La démystification de la « machine humaine » Sherlock est très bien vue, et ajoute une touche d’humanité assez jouissive et so british. J’ai trouvé le dernier épisode un poil plus faible (mais de grande qualité, malgré tout) et le cliffhanger un peu « facile ». Si j’ai hâte de retrouver nos deux amis, ce n’est pas pour ce suspense un peu mou mais pour les nombreuses qualités intrinsèques de la série.

    • Je me doutais bien en écrivant cette phrase que les cinéphiles allaient bondir 😉 Et tu sais bien que la réalisation n’est pas ce m’attire en premier dans une série. Mais je te rejoins, la forte identité visuelle de Sherlock a toujours été l’une de ses qualités et si j’ai vraiment apprécié l’élégance du style de Paul McGuigan dans les deux saisons précédentes, j’ai été souvent gênée par les efforts (louables bien sûr) des trois réalisateurs de cette 3e saison pour laisser leur empreinte. Trop souvent, la réalisation m’a sortie de la narration au lieu de m’y plonger un peu plus.

      En ce qui concerne le deuxième épisode, je ne suis vraiment pas amatrice de l’humour à la Shaun of the Dead, du coup, c’était un peu compliqué.

      Comme toi, je ne me triture pas le cerveau pour savoir ce qu’ils vont faire de leur pirouette finale et que les choses soient claires : j’ai moi aussi hâte de les retrouver car je les aime toujours autant et je ne fais clairement pas partie des haters de Mark Gatiss et Steven Moffat !

  3. la saison 3 est la saison des développements des personnages, surtout dans les deux premiers épisodes. De voir les frères holmes heureux de se retrouver fait vraiment plaisir. Voir les parents de sherlock et mycroft et la dynamique de la famille est plus que attendue et bienvenue et c’était la bonne saison pour le faire. l’épisode deux est pour moi clairement le meilleur, peut être même de toute la série. tout l’épisode est hilarant et touchant. On commence avec un lestrade qui laisse tombé ça troisième affaire résolue sans sherlock par peur de le reperdre. Un sherlock qui ne comprends pas les gens et qui est perdu en société; il est très touchant quand dans son discourt, il ne comprend pas pourquoi les gens ris au milieu de celui-ci ou encore plus quand il panique parce qu’il les voient pleurer. Sa peur de perdre son meilleur ami est très touchante et très humaine. Et pour la première fois dans la série ce n’est pas mycroft qui va vers sherlock, mais sherlock qui va vers mycroft pour se rassurer qu’il ne sera jamais seul. sherlock qui est saoule n’est pas humiliant, il le fait pour son ami. Ça montre juste que sherlock est un être humain et que si il boit il va être comme tous le monde et il ne verra plus que les déductions que tous le monde voit. Mais le lendemain, une fois l’alcool partit, il retrouve toutes ses facultés. L’épisode trois par contre on recule. Tous les progrès des personnages et des relations entre les personnages s’effondre.
    il était temps qu’on voit sherlock avec son problème de drogue et de voir tous ses amis et sa famille autour de lui est très touchant. l’apparition de la petite amie est dérangeant mais heureusement on comprend vite qu’il se sert d’elle et le faite qu’il va jusqu’à se fiancé avec elle pour son enquête à déplu à beaucoup de personnes, mais moi ça m’a rassuré, c’est le sherlock du début, il a régresser et ça ne me dérange pas, parce que je l’aime comme ça. J’ai pas envie qu’il change complétement, l’évolution ok, le changer totalement, je dis non. J’ai adoré quand sherlock se fait tirer dessus et qu’on voit son mind palace. Je voulais le voir, je suis comblée que ça soit le cas. Ce qui peut te paraitre interminable se passe en deux, trois secondes pour sherlock. Le faite qu’il analyse comment il doit tombé pour avoir une chance de survivre est brillante. Sherlock chez ses parents est juste cadeau, le pauvre mycroft qui n’en peut plus ^^. Et de le voir dire à sherlock ce qu’on savait nous déjà, mais pas sherlock, qu’il aurait le coeur brisé si son frère mourait est une des scène les plus touchante de l’épisode. Les seules défauts de l’épisode c’est le méchant, on nous avait promis un méchant à la hauteur de moriarty et ce n’est pas le cas, il est juste ennuyeux. Et le fait que la relation entre sherlock et jhon ait régressée à cause de jhon. Il ne va pas être très inquiet quand sherlock est mourant, quand il apprend que c’est sa femme qui a tirée sur son ami, il ne va pas être en colère contre elle pour ça, ce qui le gêne c’est qu’elle lui a mentit. ET la dernière scène est juste un ratage complet. Et c’est là qu »on voit que même si martin Freeman a fait beaucoup de progrès dans cette saison, il reste encore très en deçà de Cumberbatch. Autant dans sherlock il y’a pleins d’émotion qui passent quand il dit adieux à son ami, autant il n’y a rien du tout dans celle de jhon. A croire qu’il lui dit au revoir pour la journée et qu’il le revoit le lendemain, alors certes il ne sait pas sherlock part à sa mort, mais il sait qu’il ne le reverra plus et pas une seule émotion. Quant au retour de moriarty, j’aimerais beaucoup que ce soit lui, mais j’en doute fortement ce qui fait que ce n’est pas une fin si rocambolesque que ça.

    • Merci pour ton commentaire !

      Je ne reproche pas à Mark Gatiss et à Steven Moffat d’avoir axé cette troisième saison sur les personnages et leurs relations, car j’adore ces personnages et leurs relations. Et j’ai été touchée par les mêmes choses que toi. Mais comme tu l’écris, la rupture est grande entre le Sherlock du 2e épisode et celui du 3e. Il n’est pas totalement incohérent que Sherlock régresse car il n’a plus John à ses côtés pour équilibrer ses émotions. Mais comme il n’y a que trois épisodes, il n’y a aucune transition et au premier visionnage, j’ai vécu cette régression de Sherlock comme une incohérence dans la construction du personnage et cela m’a gênée.

      En ce qui concerne Janine dans His Last Vow, j’ai appris grâce aux Baker Street Babes que tout était tiré de Conan Doyle. Dans l’œuvre originale, Sherlock Holmes séduit la femme de chambre de Milverton (Magnussen chez Moffat et Gatiss) pour l’approcher et va jusqu’à se fiancer avec elle. Ne connaissant pas l’œuvre de Conan Doyle, j’avoue ne pas comprendre que Sherlock se dégote une petite amie et heureusement, j’ai vite été rassurée en découvrant qu’il se servait d’elle (ok, ok, sortie de tout contexte, cette phrase est assez cruelle). Je n’ai pas du tout été choquée par la fausse demande en mariage, pour le coup totalement cohérente avec un Sherlock régressif.

      Et oui, j’ai sans aucun doute du mal à accepter que Sherlock puisse être un homme tout ce qu’il y a de plus normal et que s’il boit trop et bien, il est saoul 😉 Mais, encore une fois, l’humour potache avec des mecs bourrés, ce n’est vraiment pas ma came, Sherlock ou pas.

      Je ne dirais pas que Magnussen est un méchant raté, mais il a un inconvénient de taille par rapport à Moriarty : il n’a eu qu’un épisode pour exister. Et puis, j’adore Lars Mikkelsen 🙂

      Je n’ai pas la même lecture que toi sur la trajectoire de John et le jeu de Martin Freeman. Les deux premières saisons étaient écrites depuis le point de vue de John, elles mettaient donc particulièrement l’accent sur ses émotions et celles de Sherlock étaient plus en filigrane. Cette troisième saison est écrite du point de vue de Sherlock et cette fois, ce sont ses émotions qui sont mises en avant et celles de John qui sont un peu plus en retrait. Pour moi, il est normal que John ne supporte pas les mensonges de Mary car lorsqu’on est amoureux, le mensonge est la pire des trahisons. En ce qui concerne les adieux, je n’ai pas trouvé cette scène ratée, au contraire, j’y ai vu une pudeur qui m’a touchée (pudeur dans les émotions qui est typique de l’écriture de Steven Moffat).

      Et pour Moriarty, on verra bien ce qu’ils nous réservent !

  4. J’ai enfin pu finir cette saison 3 de Sherlock et ce fut pour moi une véritable Montagne russe émotionnelle. Le visionnage du premier m’a déplu, trop facile, trop farces & attrapes et un poil de NimportNawak avec cette séquence d’ouverture où Sherlock est torturé… Je me suis vraiment demandé ce qui s’était passé dans la tête du duo Gatiss/Moffat. Mais j’aime ce personnage et depuis des années et l’interprétation du duo (encore !) Cumberbatch/Freeman est vraiment formidable dans l’épisode, donc j’ai donné une seconde chance.

    Le visionnage du deuxième épisode m’a profondément agacé. Ce n’est pas l’étrange montage scénaristique, qui lui me plait beaucoup, mais tout les gimmicks visuels, de réalisation, de lumière, c’est trop, beaucoup trop. Cela atteint un point tel que lors de la scène d’analyse de Sherlock pendant le banquet, cet effet que j’adorais de projection visuel des hypothèses ou éléments que seul Sherlock perçoit, m’a gonflé. Alors que cet épisode aurait du être une clef de voute de cette saison, on se retrouve avec un puit infini de trucs visuels qui vient parasiter la dynamique du scénario et toutes ses intrigues secondaires, le rendant même parfois illisible et incompréhensible. Je dois avouer que c’est de sa faute si j’ai attendu autant pour visualiser le troisième (et donc lire cet article).

    Et donc le troisième épisode fut visionné (oui, je parle de moi à la troisième personne, si je veux d’abord 😉 ). On se retrouve avec une réalisation plus sage et bien plus réussie. Surement la mieux des 3 pour moi. L’intrigue redevient un peu plus classique mais n’est pas en manque de grosses surprises. J’aime cette intrigue qui mêle les lignes de développement des personnages individuels et les interactions entre eux mais surtout construit une toile de ligne d’intrigues secondaires en arrière-plan et en avant-plan qui est juste époustouflante.

    Au final ce troisième épisode permet de remettre en perspective les intrigues des 2 précédents et c’est bien ce qui sauve cette saison. Je ne pardonne pas la réalisation de ce deuxième épisode qui est complétement pourrie et gâche le bel ensemble qui existait dans cette série jusque là. Heureusement que les talents de Gatiss/moffat permettent de nous faire vivre des grandes histoires pour des personnages qui sont de plus en plus intéressants et compensent les réalisateurs foutraques de cette saison.

    je ne dirais pas que j’aime vraiment cette saison comme toi. Je trouve qu’elle évite le pire, mais ne rend pas le meilleur du duo Cumberbatch/freeman, alors que tout tourne autour d’eux. On nous égare visuellement sans aucunes raisons, sans même servir l’intrigue. J’attends la saison 4 mais je suis beaucoup moins pressé que pour cette 3 et que toi 😉

    PS : Comme Intheblix, je trouve ce cliffhanger mou du bulbe et c’est pas ce qui me motivera pour la 4, sauf s’il réitère le baiser entre Moriarty et Sherlock… Là… 😉

    • Merci Arno d’avoir pris le temps de lire mon billet et de me laisser un commentaire !

      Je suis parfaitement d’accord avec toi : la réalisation est le gros point noir de cette saison. Un réalisateur différent à chaque épisode et qui veut absolument s’approprier la patte McGuigan en en faisant toujours plus pour imprimer sa marque, cela ne fonctionne pas. Une seule solution : que l’ONU vote une résolution pour interdire tout tournage de Sherlock lorsque McGuigan n’est pas disponible 😉 D’ailleurs, je te recommande la très intéressante interview du directeur photo des saisons 1 et 3 qui dit poliment qu’il n’est pas plus fan que ça de la 3e http://mid0nz.wordpress.com/2014/02/11/each-frame-tells-a-story-an-interview-with-cinematographer-steve-lawes/

      Une chose est sûre, Moffat et Gatiss aiment plus que tout ces personnages et le casting aime plus que tout les jouer. Et c’est cet enthousiasme qui m’emporte, même si oui, parfois, ils s’emballent. C’est pour ça que j’ai hâte de retrouver ses personnages et puis, bon, je ne vais pas te mentir, Cumberbatch en Sherlock est tout simplement irrésistible 😀

  5. Je suis assez déçue par la série « Sherlock » dont j’en attendais beaucoup, beaucoup plus d’épisodes cela va de soi. En cela, David Suchet ne m’a jamais déçue, par comparaison. Son jeu est vraiment excellentissime et régulier.
    Néanmoins, félicitations à Mr Moffat ; il fallait bien que Sherlock nous revienne, et avec quel brio ! Un grand bravo !
    Re : il faut absolument vous laisser un mail ? soit !
    Re -soit ! « Dans ce billet cher lecteur, chère lectrice, je ne te propose pas une totale analyse de la saison 3 de Sherlock. Non, je te propose un voyage au sein de mon intimité de sériephile monomaniaque obsessionnelle et vais te raconter de l’intérieur comment j’ai vécu ces trois épisodes qui n’ont pas été de tout repos pour mon p’tit cœur de monomaniaque obsessionnelle. » Avec un « e », donc une femme. J’ai vu toute à l’heure qu’il y avait deux porte-paroles pour Mr Cumberbatch et j’avoue que c’est assez décevant.
    Quant aux blabla, à réserver aux ados, merci.
    Quant au récit, je n’y crois absolument pas. Si la direction prend les « fans » pour des imbéciles, il n’y en aura plus. Et je n’aime pas qu’on me tutoie d’emblée. Je vous respecte, respectez-moi. Merci.
    Je vois bien votre site « seriesaddict » en haut de ma page.
    Alors, prenez qui vous voulez pour un pigeon mais pas moi.
    Cordialement

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