Louise Brealey, artiste et femme que j’admire

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Cela fait un moment déjà, cher lecteur, chère lectrice, que j’ai envie d’écrire mon admiration pour Louise Brealey. Et sans que je sache vraiment pourquoi, je l’ai gardé dans un coin de ma tête, sans prendre le temps de te l’offrir. Et voilà que je découvre une interview d’elle particulièrement intéressante et que ce billet devient une évidence.

La magie des artistes, et plus particulièrement les créateurs, est de nous emmener dans leurs univers, de nous faire partager ce qui les fait vibrer, ce qui leur donne envie de créer. Louise Brealey n’est pas qu’une actrice, n’est pas que la Molly de Sherlock, elle est avant tout une artiste complète, une créatrice, une femme qui croit en ses convictions. Avec ce modeste billet, je la remercie pour le bonheur que j’ai à la voir, l’entendre et la lire.

De mon amour pour Molly à mon admiration pour Louise

mollyBien évidemment, tout a commencé avec Molly Hooper. Avant de découvrir Sherlock, j’ignorais totalement l’existence de Louise Brealey. Et dès la première apparition de Molly, je tombe irrémédiablement sous le charme, mais comment pourrait-il en être autrement ? Ce personnage, qui n’aurait dû apparaître que dans le premier épisode, a touché en plein cœur les cocréateurs Steven Moffat et Mark Gatiss qui lui donnent de plus en plus d’importance à mesure que les saisons avancent.

Molly Hooper aurait pu être un personnage caricatural, un souffre-douleur de plus pour Sherlock, une pauvre fille de plus dont on se moque. Mais Molly Hooper est bien plus que cela et tout le mérite en revient à Louise Brealey qui lui apporte une toute autre dimension, qui la rend si attachante, si mélancolique, si décalée.

« Et puis il y a Molly, qui a évolué et changé, et c’est ce que les gens font dans la vraie vie. Elle a dépassé les attentes de tout le monde, je ne pouvais pas imaginer une telle réception de la part du public et des critiques. Il y a quelque chose avec Molly qui fait que les femmes et jeunes femmes qui regardent Sherlock peuvent s’identifier à elle. Un peu comme Watson, qui sert de reflet au spectateur dans l’univers de Sherlock Holmes, mais Molly a également sa propre place. Molly nous démontre que oui, on peut parfois se ridiculiser en amour, et ce n’est pas grave, ce n’est pas une honte. Je me rappelle qu’au début certaines personnes disaient qu’elle était comme un “paillasson”. Certains personnages sont des paillassons, et ça ne me dérange pas de jouer ce rôle, mais j’ai toujours pensé que Molly était plus que ça et qu’elle représentait beaucoup plus. …/… Molly représente le pouvoir du cœur et le pouvoir du risque. Elle prend des petits risques, elle le voit. Elle voit la personne qui est enfouie sous ce personnage excentrique, exaspérant, énervant et parfois tellement grossier. Et c’est pour ça que son personnage fonctionne aussi bien. Je suis très chanceuse de pouvoir l’incarner. »

Tu le sais cher lecteur, chère lectrice, lorsque je tombe en amour d’un personnage, je m’intéresse tout autant à l’artiste qui l’interprète. Et à mesure que je me suis intéressée à Louise Brealey, j’ai découvert une artiste et une femme passionnante, passionnée, douée. Bref, une artiste et une femme qui me plaît.

Un parcours aussi atypique qu’intéressant

Louise Brealey avait une carrière de journaliste toute tracée. Elle commençait à se faire un nom, sa plume commençait à être reconnue. Mais il lui manquait quelque chose. Mais elle passait à côté de son besoin de création. Elle prend alors le risque de tenter cette aventure. Elle intègre l’école de Philippe Gaulier qui enseigne les techniques du clown, puis elle va à l’Institut Lee Strasburg à New York, et la voilà devenue actrice.

« J’ai d’abord fait du journalisme car j’étais trop effrayée pour franchir le pas (de devenir actrice). En écrivant pour des magazines de cinéma, j’ai rencontré beaucoup de personnes du milieu et j’ai passé ce temps à les observer avec envie. Je me suis finalement dit : « si je ne le fais pas, je vais finir vieille et aigrie, regrettant de ne pas l’avoir fait ». Pour moi c’était pire que d’exposer ma peur de l’échec. »

Mais être simplement une actrice ne lui suffit pas. Elle continue d’écrire des papiers et en PopeJoan-12013, elle écrit sa première pièce de théâtre Pope Joan, jouée par de jeunes acteurs du National Youth Theatre, que j’ai eu la chance de voir à la Saint James’s Church à Londres. Une pièce féministe, racontant le mythe de la papesse Jeanne, femme se faisant passer pour un homme et devenant pape, trahie par son corps alors qu’elle accouche lors d’une procession. Une pièce qui va loin, dans son texte et sa mise en scène, une pièce qui interroge sur la place de la femme dans nos sociétés. Comment aurais-je pu ne pas aimer ?

« J’ai écrit une pièce de théâtre, Pope Joan, l’an dernier, qui a pris beaucoup de mon temps, et c’est pourquoi j’ai mis de côté le journalisme. Mon dieu, c’était un long processus, mais sans l’être ! C’était vraiment intense, et vous devez vous battre contre vos démons, tous les jours vous avez à faire face à vos craintes, à vous demander si vous allez être entendu, toutes les inquiétudes que vous pourriez avoir à propos de ce que vous voulez transmettre, tout cela est très épuisant. Une fois la pièce finie, je suis allée à la Royal Court où il y a un programme d’écriture, que j’ai suivi une fois par semaine pendant quelques mois. C’est exactement ce dont j’avais besoin après avoir écrit la pièce. »

Comme tout artiste qui a vécu les joies de jouer sur scène, elle ne peut s’en passer.

« J’aime le théâtre qui apporte quelque chose d’essentiel et je n’arrive pas à imaginer une actrice ne faisant pas de scène. Mais la télévision a aussi sa propre magie et une certaine intimité. Il y a des choses que vous pouvez transmettre au travers d’une télévision et que vous ne pourriez pas faire sur scène. …/… Les acteurs sont amateurs de sensations fortes, avoir la trouille me fait me sentir en vie. C’est comme un sport extrême, faire quelque chose dont on ne pense pas être capable, nous donne des frissons. »

J’ai tout de même un regret : ne pas avoir pu la voir dans la pièce Miss Julie jouée à Glasgow en février dernier, adaptée du classique écrit par le Suédois August Strindberg en 1888. Elle y incarne une aristocrate en lutte avec son domestique, une lutte à la fois de classe, mais aussi une lutte de pouvoir entre une femme et un homme. Mais il se pourrait que la pièce soit jouée à Londres, donc tout espoir n’est pas totalement perdu.

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Une plume qui m’enchante et un engagement qui me plaît

Si j’aime voir jouer Louise Brealey, j’aime tout autant la lire. En tant que journaliste et auteure, elle exprime son style avec facilité et nous embarque dans ses récits. Sur son blog , deux de ces textes ont particulièrement retenu mon attention : celui où elle traite de son expérience d’avoir joué nue sur scène dans une adaptation des Troyennes où elle jouait les trois rôles et celui où elle raconte le jour où elle a joué une pièce de théâtre dans une prison de haute sécurité. On y lit à la fois la journaliste et l’artiste, l’analyse et l’émotion. Elle captive et offre un style absolument réjouissant. Des textes forts qui restent en soi une fois la lecture terminée.

Et bien sûr, en bonne féministe de base, j’aime qu’elle s’affiche sans complexe comme telle, sans être dans la surenchère, mais en défendant simplement des convictions auxquelles elle croit et auxquelles je crois. Les acteurs ne sont pas toujours intéressants à suivre sur Twitter, mais ce n’est pas le cas de Louise Brealey dont j’aime suivre les enthousiasmes et les indignations.

Mon prochain rendez-vous sera Delicious, film dans lequel elle interprète une jeune femme boulimique qui va réapprendre aimer la nourriture grâce à un Français, apprenti cuisinier.

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Où retrouver et lire Louise Brealey ?

Sur Twitter : @louisebrealey

Son site (archives)

Son blog : On Yellow Paper

Les citations sont tirées d’une interview réalisée pour le magazine Newton, réalisée le 19 mars 2014.

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2 réflexions au sujet de « Louise Brealey, artiste et femme que j’admire »

  1. Je partage totalement votre enthousiasme !!! J’attends avec impatience la saison 3 de Sherlock le 3 avril sur France 4.

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