Mon année sérielle 2014 (Épisode 1/2)

Et oui, nous sommes fin décembre et qui dit fin décembre, dit bilan de l’année. Bien sûr, c’est un marronnier inscrit au panthéon des marronniers, mais si cela est le prétexte rêvé pour écrire un billet sur ce lieu que je délaisse bien plus que de raison, je sais cher lecteur, chère lectrice que tu me pardonneras bien vite cette facilité.

Durant cette année 2014, j’ai vécu de belles émotions aux côtés de personnages que j’aimais déjà ou que j’ai découverts et aimés dès la première seconde. J’ai aussi vécu quelques déceptions.

Sherlock : l’ascenseur émotionnel dont je ne peux absolument pas me passer

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Inutile de préciser que j’attendais avec une impatience, mêlée d’excitation intense, ce 1er janvier 2014 annonçant le retour parmi les vivants de Sherlock après deux ans d’hystérie la plus totale. Ce retour durant le premier épisode a été à la hauteur de mes attentes et cette saison 3 ne m’a guère ménagée que ce soit dans ses hauts et ses bas ! Bien évidemment, mon hystérie, certes quelque peu retombée depuis, est tout de même bien présente et je me languis déjà de découvrir le Special prévu pour Noël 2015 (fan de Sherlock, patient tu seras).

Ces nouveautés qui m’ont divertie, enchantée, transportée 

THE AFFAIR

Je le reconnais, je ne prends pas le temps de découvrir toutes les nouvelles séries (enfin, plutôt tous les dramas, parce que les comédies, c’est le maaaal) qui naissent à chaque saison car 1) je n’ai pas le temps 2) je suis très sélective 3) je n’ai pas le temps et je suis très sélective. Fort heureusement, de belles nouveautés ont croisé ma route cette année.

Tout commence en janvier 2014 sur BBC One, juste après la fin de la saison 3 de Sherlock (ils sont forts chez la BBC) avec The Musketeers ! Oui, une série adaptant les aventures des Trois Mousquetaires signées Alexandre Dumas. Des costumes, des combats à l’épée, Louis XV, Richelieu, Dartagnan, Porthos, Aramis, Athos, Milady, rien ne manque ! La série annonce d’emblée la couleur : du divertissement pur et simple, aucune volonté de révolutionner le genre, mais lui rendre hommage sans sombrer dans la kitschitude la plus absolue, souvent inhérente au genre. Et puis il y a des cute guys. Et puis il y a Tom Burke qui campe un Athos névrosé et torturé à souhait (et le si touchant Davy dans Third Star). Et puis, il y a ces Anglais prononçant des mots français avec leur accent tellement charmant, comment résister ? Et comble du bonheur, je les retrouve dès le 2 janvier !

Autre nouveauté qui m’a tapé dans l’œil : Gotham. Sache-le, cher lecteur, chère lectrice, je ne suis pas particulièrement férue de l’univers de Batman, même si j’ai vu quelques films et séries (la kitsch avec les bulles façon BD et un dessin animé). Et pourtant, j’aime l’atmosphère de cette série explorant l’enfance de Bruce Wayne et le combat de Jim Gordon, alors “simple” inspecteur, pour nettoyer la ville de la corruption qui l’empoisonne. Gotham n’est pas exempte de défauts, les puristes lui reprochent de faire coexister tous les personnages mythiques aussi tôt dans la vie de chacun, les personnages féminins (en dehors de la géniale gamine Cat qui deviendra Catmowan) sont assez fadasses voire horripilants. Mais voilà, ça me plaît !

Autre petit bonheur mêlé de grand n’importe quoi  : How to Get Away With Murder, signée Shonda Rhimes. Tu ne le sais peut-être pas, cher lecteur, chère lectrice, mais Shonda Rhimes est considérée comme la papesse de la télé américaine et on lui doit notamment Grey’s Anatomy et Scandal. Je ne vais pas te mentir : je n’ai jamais aimé Grey’s Anatomy (trop de sentiments, pas assez de sang) et je n’ai même pas jeté un œil à Scandal car les soaps, ben, c’est pas ma came. Du coup, qu’est-ce qui m’a pris de regarder How to Get Away With Murder ? Et bien je suis faible :  dès qu’il y a Murder dans un titre de série, je jette un œil ! Oui, il y a des éléments du soap. Oui, les personnages sont archétypaux au possible et souvent agaçants. Oui, les réalisateurs et monteurs abusent un peu trop de produits illicites. Oui, les flashforwards sont parfois too much. Oui, les affaires de la semaine sont l’antithèse de la crédibilité. Mais voilà, How to Get Away With Murder est d’une diabolique efficacité, déborde d’énergie et dispose d’un rythme aussi haletant qu’implacable et le personnage féminin principal est charismatique à souhait.

Et puis, il y a eu la jolie surprise Outlander. Une série qui sur le papier n’aurait pas dû me plaire, mais qui au final m’a embarquée ! Comme quoi, il faut savoir faire fi de ses préjugés (enfin, sauf en ce qui concerne les comédies, parce que les comédies, c’est le maaaal).

Changement radical d’atmosphère avec Fargo, anthologie dont la première saison est adaptée du film éponyme. En bonne hérétique de la cinéphilie, je n’ai pas vu le film Fargo, mais le seul nom de Martin Freeman au générique suffit à susciter mon intérêt ! Et je n’ai pas été déçue car la qualité est au rendez-vous : écriture, jeu d’acteurs, galerie de personnages, atmosphère, ton grinçant, drôle et touchant. Dix épisodes qui se tiennent du début à la fin, un Martin Freeman creepy comme jamais et un Billy Bob Thorton hallucinant, sans oublier une Allison Tolman irrésistible. À ne pas rater !

Autre gros coup de cœur de cette année : Happy Valley. Et oui, encore une série de la BBC (mon fournisseur officiel de bonne came). Ne te fie pas au titre, cher lecteur, chère lectrice, car cette série n’est pas forcément very happy. Écrite par Sally Wainwright (à qui l’on doit la délicieuse Last Tango in Halifax) et avec la géniale Sarah Lancashire (tout aussi géniale dans Last Tango in Halifax comme tout le cast d’ailleurs), Happy Valley nous emmène au cœur du Yorkshire, suivre Catherine Cawood, sergent de police qui élève son petit-fils né du viol de sa fille, suicidée huit ans plus tôt (joie, bonheur, toussa, toussa). La grande force de Sally Wainwright est de toujours se mettre à hauteur des personnages, pris tels qu’ils sont avec leurs forces, faiblesses, qualités et défauts. Un parti pris qui évite absolument tout pathos glauque qu’un tel sujet pourrait apporter. Nous suivons des être humains tout ce qu’il y a de plus banals se débattant comme ils le peuvent avec une vie qui n’est certainement pas un long fleuve tranquille. Le tout sans aucun cynisme. Et ça fait du bien.

Allez, histoire de se remonter le moral (ou pas), direction The Leftovers. Un jour comme un autre. Soudain, au même moment, des millions de personnes disparaissent sur toute la surface de la Terre. Trois ans plus tard, on explore les conséquences de ce tragique événement à travers une ville et ses habitants. Comment faire le deuil sans savoir ce qui s’est réellement passé ? Peut-on continuer à vivre et être heureux alors que nos proches ont disparu ? A-t-on le droit à l’oubli ? Doit-on forcer à ne pas oublier ? L’être humain peut-il garder son humanité en de telles circonstances ? Quelle place tient la religion dans ce nouveau monde ? Que les choses soient claires, les personnages sont profondément désespérés et rien ne semble pourvoir arrêter leur descente aux enfers. Cela pourrait sembler bien oppressant, et ça l’est parfois. Pourtant, on s’attache aux personnages, on vibre avec eux, on garde  l’espoir épisode après épisode qu’une petite lueur vienne éclairer leur chemin. Avec en bonus, une bande originale tout simplement magnifique.

Mon gros coup de cœur de cette année 2014 est la sublime The Affair. Dès l’annonce de la production de cette série et du cast, j’étais aux anges. Rien que l’idée de voir réunis à l’écran Dominic West, Ruth Wilson et Joshua Jackson m’a tenu en haleine de longs mois. The Affair parle de la liaison adultérine entre Noah (Dominic West) et Alison (Ruth Wislon) et d’un meurtre auquel pourrait bien être mêlé ce couple adultérin. Le tout raconté via un double regard à chaque épisode : celui de Noah et celui d’Alison. Mais The Affair est avant tout un petit bijou d’intelligence, de finesse, de poésie, d’émotion. Un petit bijou dépeignant à merveille la naissance d’un désir, de sentiments, la sublimation de l’être aimé, la rencontre de deux êtres faits l’un pour l’autre alors que chacun fait le lourd bilan de son mariage et de sa vie. Que j’ai aimé les voir s’aimer.

J’ai tenté de découvrir True Detective, nouvelle série qui a déchaîné les emballements cette année. Mais alors que j’ai oscillé durant le premier épisode entre ennui et fascination, le deuxième m’a irrémédiablement plongée dans une neurasthénie des plus critiques. J’ai donc fait fi des emballements et n’ai point poursuivi cette aventure.

Si je voulais être tout à fait honnête, je t’écrirai, cher lecteur, chère lectrice, que cette année, j’ai découvert Dominion et que je viens de débuter The Librarians. La première nous plonge dans un monde où les anges abandonnés par leur père divin décident de décimer l’espèce humaine (heureusement, un ange en quête de rédemption veut sauver l’humanité et un jeune homme élu et bien foutu va tout régler). La deuxième est un pur produit des années 90, digne héritière, entre autres, de Sydney Fox, l’aventurière. Tu es sûrement en train de te dire que ces séries ne valent pas le coup d’être regardées. Mais tu as tort, car malgré leur kitschitude, elles accompagnent avec délice mes dimanches après-midis.

Ces deuxièmes saisons qui ont tenu toutes leurs promesses

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Aimer une nouvelle série est toujours une grande joie. Et lorsque que vient le moment de retrouver des personnages tant aimés pour une deuxième saison, le doute s’installe : et si la magie n’opérait plus ? Fort heureusement pour moi, la magie a opéré de nombreuses fois.

Le charme n’avait pas opéré dès le pilot, mais j’avais fini par irrémédiablement succomber au charme dévastateur d’Hannibal. Et durant cette deuxième saison, ma passion dévorante pour cet univers et ces personnages aussi troubles que fascinants n’a fait que se développer un peu plus. Un jeu du chat et de la souris à la fois envoûtant et dérangeant, un Hannibal plus machiavélique et délicieux que jamais et un final de toute beauté qui m’a laissée sans voix.

Direction la Scandinavie légendaire avec Vikings, série de la chaîne américaine History. La première saison avait été une très agréable surprise et la deuxième a monté d’un cran. Des personnages plus fouillés, encore plus touchants, une réflexion intéressante sur la religion (chose assez rare pour être soulignée dans une série US), une tension qui n’a fait qu’aller crescendo dans les derniers épisodes. La saison 3 me tend les bras dès le le 19 février !!

Écrire que je suis tombée sous le charme de Peaky Blinders est un euphémisme. C’est donc avec une joie non dissimulée que j’ai retrouvé dans cette saison 2 ce qui m’avait tant plus : une ambiance, des personnages magnétiques et touchants, un Tommy Shelby envoûtant et jouant toujours autant avec le feu, un Arthur Shelby toujours plus borderline et au bord du gouffre, une Polly toujours aussi géniale. Don’t fuck with a Shelby !!!

Place maintenant aux années 80 avec The Americans, où l’on suit la famille Jennings, portrait rêvé de la parfaite petite famille américaine. Si ce n’est que Philipp et Elisabeth Jennings s’avèrent être des agents du KGB infiltrés aux États-Unis pour faire tomber le bloc de l’Ouest depuis l’intérieur. La première saison était prometteuse, mais il lui manquait un petit quelque chose. Et ce petit quelque chose a été ajoutée dans cette deuxième saison explorant ce qui fait tout l’intérêt de cette série : ce que ce double jeu implique sur la psychologie des personnages et leur couple fabriqué et leurs relations aux autres.

Encore un saut dans le temps pour prendre place dans l’Amérique des années 50 et la magnifique Masters of Sex. On y découvre Bill Masters, émérite gynécologue-obsétricien spécialiste de la stérilité, et Virginia Johnson, les pionniers de la sexologie. Cette série joue sur deux registres : les recherches de ce duo et leur relation ambigüe et compliquée. Durant cette deuxième saison, ces deux registres se mêlent plus encore, les relations se font encore plus complexes, les personnages secondaires sont réduits pour être encore mieux traités. Cette saison m’a fait pleurer, m’a fait réfléchir, m’a scotchée.

Comment ne pas craquer pour Sam Pinkett et Phil Bourne, les loosers si attachants de The Wrong Mans ? Je sais, je sais, cher lecteur, chère lectrice, techniquement, The Wrong Mans est une comédie et les comédies, c’est le maaaaaal. Mais comme la mauvaise foi ne me fait jamais peur, je te répondrai que je fais que c’que j’veux !!!!! La deuxième saison (deux épisodes d’une heure) vient tout juste de débuter et à l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai vu que le premier, mais une chose est sûre : Sam et Phil n’ont pas fini d’être dans de beaux draps et j’adore ça !!!

Je termine ce panorama des deuxièmes saisons réussies avec celle que je viens tout juste de terminer : The Fall. Au départ, on pourrait penser qu’il s’agit d’une énième série avec un tueur en série qui s’en prend aux femmes. Mais il s’agit de bien plus que ça, puisque la série porte haut et fort un discours féministe. D’un côté, nous avons Paul Spector, respectable mari et père de famille qui voue une haine aux femmes et veut les dominer à travers de mortels fantasmes. De  l’autre, nous avons Stella Gibson, enquêtrice aux allures de femme fatale, qui a fait sienne les règles du jeu du monde sexiste dans lequel elle évolue chaque jour. Car c’est bien là tout l’intérêt de cette série : inscrire un tueur misogyne, auteur de crimes misogynes dans un environnement sexiste. Un environnement sexiste dans lequel les violences conjugales sont un fléau, le viol, un crime désespérément courant, le harcèlement de rue une agression quotidienne, la réduction de la femme en objet sexuel un sport national. La confrontation entre Paul le misogyne et Stella la féministe est toujours aussi intense à suivre. Et alors qu’Hannibal peut envoûter, Paul ne suscite à aucun moment le fantasme, ce qui est une grande satisfaction et une autre qualité de cette série.

Mon hérésie 2014 : regarder la saison 2 d’Utopia en ayant seulement regardé la moitié de la saison 1

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Je sais, cher lecteur, chère lectrice, quelle blogueuse se définissant comme sériephile peut oser avouer qu’elle ne respecte pas l’une des règles les plus absolues de la sériephilie ? Il se trouve que je n’ai peur de rien et que j’assume absolument tout donc oui, j’ai regardé la saison 2 d’Utopia en ayant seulement regardé la moitié de la première saison. Mais enfin, comme voulais-tu que je résiste alors que mon chouchou Tom Burke (l’Athos névrosé et torturé à souhait dans The Musketeers et le si touchant Davy dans Third Star) est au coeur de l’intrigue du series premiere (series premiere de tout beauté) ? Et puis, Channel 4 avait concocté un parfait résumé de la première saison, j’ai donc pu reprendre le train en marche sans aucun problème (mauvaise foi forever) !

Au menu du second épisode de mon année sérielle 2014 : les séries découvertes à la traîne, mes déceptions, un certain Doctor et un petit tour du côté des séries bien de chez nous.

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4 réponses sur “Mon année sérielle 2014 (Épisode 1/2)”

  1. Chère Astiera, c’est, sache le, toujours un plaisir de te lire.
    La majorité des séries citées font également partie de mes coups de coeur et en regardant ta liste de plus près on peut facilement y déceler ce qui lient ces grandes (pour la plupart) séries, Alors (ton péremptoire) toi qui aime les beaux personnages et les histoires bien écrites, comment peux tu te laissé séduire par Gotahm et tandis que True Detective te laisse de marbre ?
    Voilà c’était ma petite interrogation, j’ai hâte de lire la suite de ce long billet.

    1. Merci cher Faraksen pour ton commentaire et ton compliment ! En ce qui concerne ta petite interrogation, je dirai que je suis faite de contradictions et que cela fait totalement partie de mon charme 😉 Plus sérieusement, si je reconnais les faiblesses de Gotham, je me suis laissée prendre au jeu et j’ai envie de savoir ce qu’il va advenir des personnages. En ce qui concerne True Detective, je n’ai aucun attrait pour les deux personnages principaux et les longues tirades philosophico-psychologiques mont totalement laissée de marbre, voire hautement agacée.

      Bon, maintenant, il va falloir que je commence à écrire la deuxième partie de ce billet !

  2. Si j’puis mettre mon grain d’sel, oui le philosophico pouet pouet de True Detective peut rebuter au début mais dès que l’ambiance sombre et froide se met à vous envahir au fil des épisodes, on ne peut plus décrocher.
    De plus, d’un point de vue formelle, c’est la série qui ressemble le plus à des longs de ciné que j’ai vu.

    J’ai très envie de me mettre à Master of sex. Un ami m’a dit que ça lui a rappelé Six Feet Under. Etant donné que cette dernière est mon graal, j’ai peur d’être déçu par de faux espoirs. Est-ce vrai ?

    1. Merci pour ce commentaire !

      Le souci avec True Detective, c’est que l’ennui m’a vraiment trop rebutée et que n’étant pas cinéphile pour un cachou (j’ai d’ailleurs écrit un billet sur cette hérésie sur ce blog), le fait que la forme soit époustouflante ne suffit pas à me convaincre si je n’accroche pas aux personnages avant tout 😉

      Je ne peux que conseiller Masters of Sex. Oui, cela peut rappeler Six Feet Under (que j’aime d’amour), dans la mesure où la série explore les tréfonds de l’âme de ces personnages.

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