Au revoir Jason, Pythagoras et Hercules

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Cette semaine, cher lecteur, chère lectrice, blogueurs et journalistes séries n’ont d’yeux que pour le final de Mad Men. À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas encore dit adieu à Don Draper et il ne fait aucun doute que je referai un tour du côté de Madison Avenue sur ce blog d’ici peu. Mais dans quelques jours, cher lecteur, chère lectrice, je m’apprête à dire adieu à d’autres personnages : ceux d’Atlantis.

Je ne vais pas te mentir : on ne fait pas plus diamétralement opposé que Mad Men et Atlantis. Certains et certaines ne manqueront pas de te dire qu’Atlantis n’est pas une bonne série, que ce n’est qu’une pauvre petite série pour ados qui ne sert à rien et dont le héros passe quasiment tout son temps torse nu. Alors, oui, Atlantis est une série qui remplace Merlin dans la grille de BBC One et qui s’adresse effectivement à un public adolescent. Il ne s’agit pas de révolutionner l’histoire des séries télé, de proposer des personnages d’une complexité déconcertante, de nous faire nous interroger sur le monde. Il s’agit tout simplement de nous divertir et il n’y a absolument aucune honte à cela.

Pour certains et certaines, rien de mieux qu’une sitcom ou qu’une comédie pour se détendre, pour oublier un instant les soucis du quotidien et s’évader l’esprit. En ce qui me concerne, je recherche tout ceci dans les séries fantastiques et si, en plus, la mythologie grecque (même si elle est revisitée) est au cœur du propos, alors je suis aux anges ! (enfin, exception faite d’Olympus, purge sans nom commise par SyFy cette année. Je peux excuser beaucoup de choses, mais là, c’est allé beaucoup trop loin !)

L’histoire d’Atlantis est l’histoire universelle du héros tel qu’il existe depuis que l’Homme raconte des histoires : un jeune homme ordinaire qui doit embrasser un destin extraordinaire, faire face à de grands dangers, aidé de fidèles compagnons, gérer une filiation maléfique et tomber amoureux d’une belle princesse. Écrit comme cela, on pourrait penser que tout ceci est bien simpliste et ennuyeux. Mais Atlantis a une chose que j’aime : des personnages attachants.

Je l’ai souvent écrit : ce qui me fait suivre une série, ce sont avant tout ses personnages. Si je les aime, je peux passer outre des scénarios un peu faibles, des situations totalement improbables, des facilités, des effets spéciaux foireux. Si je ne les aime pas, peu m’importe que la réalisation soit « cinématographique“, que les acteurs soient éblouissants ou que ce soit le dernier chef-d’œuvre à la mode.

Ok, Jason (Jack Donnelly) n’a pas un charisme hallucinant. Ok, Pythagoras (Robert Emms) est un frêle blondinet. Ok, Hercules (Mark Addy) est un bonhomme coureur de jupons et pilier de bar. Mais voilà, j’ai tout de suite adoré ce trio, j’ai tout de suite été embarquée par leur amitié, j’ai tout de suite eu envie de suivre leurs aventures. Et si Jason est LE héros, Pythagoras et Hercules existent autant que lui et feront l’objet de l’intrigue principale de plusieurs épisodes. Leurs actions et leurs sentiments ont tout autant d’importance et sont, souvent bien plus intéressants (la malédiction du héros enfermé dans l’accomplissement de son destin, donc un peu ennuyeux).

Mais Atlantis, ce n’est pas qu’un éphèbe masculin et un trio masculin. Les femmes ont toute leur place et ont diverses facettes : l’assoiffée de pouvoir mais pas si inhumaine Pasiphaé, l’oracle qui guide, la cucul à potentiel badass Ariadne, la maudite et amoureuse Medusa, la mystérieuse et dangereuse Medea.

Tous les personnages existent à part entière et sont traités de la même façon. Ainsi, l’homosexualité d’un personnage et ses sentiments sont abordés le plus naturellement du monde et de la même manière qu’elle a été traitée pour les personnages hétéros.

Alors voilà, durant deux saisons, j’ai suivi les péripéties de tous ces personnages, ils m’ont fait sourire et rire, ils m’ont émue. Durant deux saisons, je me suis évadée les dimanches après-midi dans cette bulle hors du temps, rassurante, divertissante.

Au revoir Jason, Pythagoras et Hercules !

Atlantis, BBC One, 2 saisons de 13 épisodes

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