Moi Astiera, 34 ans, au taquet pour la relation Laura/Adil dans CUT

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Et oui, cher lecteur, chère lectrice, voici un deuxième billet en deux mois au sujet de CUT, le soap de France Ô qui se déroule sur l’île de la Réunion. Une série qui, au premier abord, semble bien anecdotique et d’une qualité discutable. Mais voilà, depuis bientôt trois mois, je me branche sur France Ô chaque jour de la semaine en rentrant du boulot et je le fais avec plaisir.

Tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, j’aime partager mes coups de cœur et j’aime écrire encore et encore sur ces séries qui me plaisent tant. Et j’aime aussi prendre du recul et analyser des coups de cœur qui n’auraient jamais dû avoir lieu.

Je ne vais pas te mentir, CUT est à dix mille lieues de mes univers sériels habituels et vraiment, le genre du soap n’est pas ma tasse de thé. Alors, comment se fait-il que j’attende si impatiemment chaque épisode ? Comment se fait-il que je me sois tant attachée à ses personnages ? Comment se fait-il qu’à 34 ans, je sois tant attachée à la relation amoureuse compliquée entre Laura et Adil (oui, va savoir pourquoi, je suis persuadée que ce genre d’attachement est plus propre à l’adolescence) ? En y réfléchissant bien, et après plus d’une centaine d’épisodes visionnés, la réponse est plutôt évidente : parce que Laura et Adil sont des personnages intéressants.

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Laura : forte, fragile, une trentenaire actuelle

Chose suffisamment rare pour être soulignée, le personnage central de CUT est une femme, Laura (Julie Boulanger). Cette trentenaire a élevé seule son fils Jules de 17 ans, vit avec le douloureux souvenir de Stefan, son amour de jeunesse disparu en mer (et donc père de Jules) et se voit contrainte de revenir sur l’ile de la Réunion qu’elle avait fui enceinte pour retrouver bien malgré elle son ennemi juré Charles de Kervelec, alias son ancien beau-père (et donc grand-père de Jules).

Je sais, présentée comme ça, on se dit surtout que Laura est l’archétype de l’héroïne de soap. Et c’est vrai. Mais au-delà des incontournables du genre, ce personnage féminin évite bien des écueils et se révèle très moderne.

Laura est une battante, une femme forte qui a dû se bâtir une carapace pour se construire en tant qu’adulte à la vitesse grand V et assumer son rôle de mère célibataire. Elle est intelligente, compétente, sait ce qu’elle veut et ne lâche rien dès qu’il s’agit de protéger ce à quoi elle tient le plus, son fils. Laura est aussi une jeune femme fragile qui s’effondre parfois (même si bien sûr, elle rebondit bien vite).

Laura n’est pas dénuée de défauts. À cause de sa carapace, elle a pris la mauvaise habitude de laisser ses émotions sur le seuil, elle fait difficilement confiance, elle peut être dure, peu compréhensive, blessante. Elle repousse celles et ceux qui veulent l’aider, persuadée que, puisqu’elle s’est toujours débrouillée seule, elle devra toujours se débrouiller seule. Poussée par son désir de vengeance, elle peut aller trop loin et ne pas mesurer les conséquences de ses actes.

Laura est surtout un personnage féminin qui fait du bien, multiple. Une jeune femme à laquelle on a envie de ressembler, une jeune femme que l’on aimerait avoir comme copine. D’ailleurs, les “scènes entre filles” réunissant Laura et sa meilleure amie d’enfance Nine sont particulièrement bien écrites, vraies et me font souvent sourire voire éclater de rire !

169-ambroise-miche-dans-cut-saison-1Adil : bien plus que le simple ténébreux au lourd passé

Adil (Ambroise Michel) est un jeune homme secret, taiseux, sanguin. D’un abord froid, il n’est pas franchement le roi de la communication. Au début de la série, les scénaristes jouent pas mal la carte “ténébreux” pour susciter l’intérêt autour de ce personnage, collègue et voisin de palier de Laura (soap un jour, soap toujours).

Mais au fil des épisodes, et de l’évolution de sa relation avec Laura, Adil prend plus d’épaisseur et surtout, il se révèle être lui aussi un personnage qui fait du bien. Adil est un homme honnête, loyal, qui ne triche pas. Un bon gars me direz-vous. Mais cela ne fait pas de lui un homme moins masculin. Comme Laura, il laisse ses émotions sur le seuil, mais comme Laura, il va apprendre à leur faire face, à les exprimer, à ne pas en avoir peur. On le voit perdu, pleurer, exprimer son amour avec sincérité et vérité. Il se rapproche de Jules et une belle relation père-fils naît entre eux. S’il tombe amoureux de Laura, c’est d’abord parce qu’il l’admire, parce qu’il la trouve brillante.

Alors forcément, leur relation n’est pas de tout repos et les rebondissements sont légion. Mais ce qui me touche, c’est le profond attachement qui les lie, leur complicité, leur tendresse qui perdurent même lorsque leurs chemins semblent se séparer. Durant la deuxième saison, la relation Laura/Adil est mise au second plan et je ne te cache pas cher lecteur, chère lectrice, que cela m’attriste. Mais à chaque fois qu’une scène les réunit, mon cœur bat un peu plus vite.

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