Au service de la France : écrire un billet qui fait du bien sur une série qui fait du bien

 

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Il est des moments, cher lecteur, chère lectrice, où être blogueuse est à la fois la chose la plus futile et la plus importante qui soit. À une semaine des terribles attentats de Paris, écrire un billet sur une série télé semble bien loin des préoccupations et angoisses de cette difficile période. Mais vois-tu, cher lecteur, chère lectrice, après avoir été tant hébétée et abattue, j’ai besoin d’être égoïste. J’ai besoin de reprendre le clavier pour faire ce qui me plaît et me fait du bien : écrire sur ce blog au sujet d’un coup de cœur sériel. Avant ce 13 novembre, j’avais déjà envie de t’écrire ce billet sur Au service de la France, la dernière création en date d’Arte. Et en ce vendredi 19 novembre, l’envie est de nouveau là, nécessaire.

Mais Au service de la France, késako ? Il s’agit d’une comédie signée Jean-François Halin, scénariste d’OSS 117, Claire Lemaréchal et Jean-André Yerlès. Oui, tu as bien lu, cher lecteur, chère lectrice, je t’écris au sujet d’une comédie non écrite par l’un des frères Astier et qui m’a fait rire.

Nous sommes en 1960. André Merlaux, 23 ans, rentre en stage au sein de l’élite des services secrets français pour se mettre au service de LA France. Le grand chef est le colonel André Mercaillon, ancien résistant et dévoué corps et âme au général De Gaulle. Il est secondé par Moïse qui a fort à faire avec ses agents : Jacky Jacquart pour l’Algérie française, Roger Moulinier pour l’Afrique noire, Jean-René Calot pour l’URSS et Clayborn, seule femme de l’équipe opérationnelle.

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Une série stylisée, absurde et quelque peu déconcertante

Au service de la France est un drôle d’objet. Ce qui frappe tout d’abord, c’est le soin apporté pour nous plonger dans les années 60. Certains critiques ont vite fait le rapprochement avec Mad Men, et s’il est vrai que les deux séries se passent à la même époque, l’échelle n’est pas la même. Mais ne boudons pas notre plaisir car visuellement, Au service de la France tient la route. Le soin apporté aux costumes, décors, accessoires est indéniable et nous plonge immédiatement au cœur des sixties. Sans oublier la musique très jazzy du générique.

Mais au-delà de cette esthétique léchée, ce qui frappe, c’est le ton et l’atmosphère. Je ne vais pas te mentir cher lecteur, chère lectrice : en regardant les tout premiers épisodes, je me suis ennuyée ferme et j’étais pour le moins décontenancée. Au service de la France est une série totalement absurde qui possède un rythme assez particulier. Si l’on est tout de suite séduit par des dialogues irrésistibles, il faut un certain temps pour s’adapter au tempo et rentrer dans cet univers.

En revanche, dès que l’on accepte les codes si particuliers de cette narration et que les scénaristes sont vraiment à l’aise dans le développement des personnages et de l’intrigue, le coup de foudre est garanti. Voilà comment, lors de la deuxième soirée de diffusion, je me suis retrouvée à rire aux éclats sur mon canapé et à avoir envie de poster sur Twitter absolument toutes les répliques. L’humour joue plus sur le verbe que sur du pur comique de situation ce qui me correspond. Me voilà donc enthousiasmée alors que les personnages sont empêtrés dans des notes de frais à tamponner, la prime de Vichy, l’opération Taupe et autres joyeusetés de la légendaire enfer de l’administration française.

Car c’est bien là l’un des objets d’Au service de la France : se moquer de la France d’aujourd’hui en exagérant les travers de la France d’hier. Bien sûr, ce ressort comique était déjà à l’œuvre dans OSS 117, mais bien sûr, en bonne non cinéphile que je suis, je n’ai vu aucun OSS 117. Mais la moquerie n’est jamais amère ou simpliste. Les scénaristes aiment leurs personnages et veulent leur donner de la matière.

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Une intrigue, des trajectoires, des personnages très premier degré

Les épisodes d’Au service de la France font 25 minutes (format classique des comédies un peu partout mais encore assez inédit chez nous) mais ne se réduisent pas à un enchaînement de répliques bien senties et de situations burlesques. Les scénaristes nous racontent une histoire à travers les yeux du jeune et candide André Merlaux. André pourrait passer au premier regard pour un personnage bien lisse : honnête, sincère, naïf, il entre au Service de la France avec une innocence qui pourrait agacer. Et Jacquart, Mouliner et Calot ne vont pas se gêner pour le moquer et lui faire ressentir son statut de bleu dans l’équipe. Mais André n’est pas que le petit perdreau de l’année. Il est intelligent, cultivé et surtout, comble de l’outrecuidance, compétent. Et surtout, André ne juge pas. Même si ces trois compères sont souvent crétins, arrogants, roublards et d’une crasse misogynie. Et en ne les jugeant pas, il n’invite pas le téléspectateur à le faire. On se pend même d’affection pour ces insupportables agents. Et ce d’autant plus que la série est totalement premier degré. Les personnages sont souvent ridicules, mais ils ne cherchent pas à l’être, ils sont persuadés d’agir de la meilleure façon qui soit. Le meilleur exemple est Calot, le plus absurde de tous et le plus premier degré de tous.

Chaque personnage a sa place et va avoir une trajectoire. Au fil des épisodes, une certaine tension se crée et notre affection pour les personnages nous fait vivre les enjeux. On a même la très bonne surprise de terminer cette première saison en tremblant pour ces agents comme pour toute fiction d’espionnage.

La première saison s’achève en laissant beaucoup de questions en suspens et il n’est pas totalement certain qu’il y ait une saison 2, que j’appelle pourtant de tous mes vœux !

Vive Au service de la France !!!

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Au service de la France, Arte. Saison 1 de 12 épisodes de 25 minutes 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Une réponse sur “Au service de la France : écrire un billet qui fait du bien sur une série qui fait du bien”

  1. Conquise aussi. J’ai hélas loupé les 2 premiers épisodes, mais j’ai adoré les autres.
    Le générique est génial, on est tout de suite dans l’ambiance. Une de mes scènes préférées, c’est le face-à-face entre les Français et les Américains qui pensent avoir un excellent moyen de pression sur Kennedy… Ce que les Français ne comprennent absolument pas !
    Je veux une saison 2!!!!!

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