Mon ode à Chloe Sullivan, beau personnage trop souvent ignoré

 

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Et oui, cher lecteur, chère lectrice, sur Series addict, so what ?, tout est possible, y compris une billet en mode déclaration d’amour à l’un des personnages de Smallville, série pour ados de la CW débutée en 2001 et terminée en 2011. J’ai déjà écrit un billet où j’assumais déjà ma tendresse pour la série, mais pourquoi écrire sur Chloe Sullivan en ce jour de mars 2016 ?

La réponse est on ne peut plus claire, cher lecteur, chère lectrice : je suis faible et j’assume. NRJ12, la chaîne adepte des rediffusions à répétition, rediffuse actuellement l’intégralité de Smallville. Et de la même manière que je suis totalement incapable de résister aux continuelles rediffusions de Stargate SG-1 sur cette même chaîne, je n’ai pas résisté très longtemps aux sirènes de la nostalgie. Car, de la même manière qu’avec Stargate, me replonger dans Smallville, c’est me replonger 15 ans en arrière.

Lorsque j’ai découvert Smallville pour la première fois, j’avais une vingtaine d’années et je poursuivais des études pour devenir journaliste. Rien d’étonnant alors si dès que mes yeux se sont posés sur Chloe Sullivan, l’identification a été totale et le coup de cœur indéfectible. Et du haut de mes 35 ans, je prends pleinement conscience de la force et de la modernité de ce personnage, et mon amour pour elle ne fait qu’augmenter. Et pourtant, lorsque j’ai écrit un billet sur mes héroïnes préférées, je l’avais oubliée.

Voilà pourquoi j’ai eu envie aujourd’hui d’écrire un billet sur Chloe Sullivan et de rendre justice à tout ce qu’elle m’a apporté et m’apporte toujours d’ailleurs.

Le personnage ayant le plus évolué et étant devenu l’âme de Smallville

Bien sûr, le héros de Smallville est le jeune Clark Kent, explorant le chemin qui va l’amener à devenir Surperman. Mais Chloe Sullivan, le seul personnage avec Clark à rester au générique durant les dix saisons, a su gagner ses galons et surpasse à mes yeux l’apprenti super-héros.

Au départ, le destin de Chloe Sullivan semble tout tracé : petite blondinette, meilleure amie de Clark (et secrètement amoureuse de lui sans être aimée en retour), rédactrice en chef du journal du lycée, obsédée par les “meteor freaks”, hackeuse et éternelle sidekick de Clark vivant dans son ombre et dans celle de Lana Lang dont le jeune Clark est éperdument amoureux. Oui, au départ, Smallville a toutes les caractéristiques de la série pour ados avec son triangle amoureux et son monstre de la semaine.

Pour tenir dix saisons, il faut bien évidemment aller au-delà, surtout en explorant et revisitant la mythologie de Superman. Chloe Sullivan est un personnage totalement inventé par les scénaristes et a d’abord été vue par le prisme de Clark. Mais au fil des saisons, les scénaristes ont pleinement exploré tout ce que Chloe Sullivan avait à offrir, bien aidés par le jeu solide d’Allison Mack, l’une des meilleures du cast.

Tandis que le personnage de Clark faisait du surplace et avait une forte tendance à être ennuyeux (ce qui est un peu dommage lorsqu’il s’agit du premier rôle je le reconnais), Chloe connaît une évolution incroyable et terminera bien plus loin que là où elle avait commencé. Ses évolutions ne sont pas qu’un prétexte pour faire réagir et évoluer le personnage de Clark, elles sont là pour faire évoluer la série et l’amener toujours un petit peu plus loin. Les enjeux de la saison 8 la concernent quasiment exclusivement et durant les deux saisons suivantes, son éternelle évolution et l’exploration de sa relation avec Clark sous un nouvel angle sont au cœur des intrigues. Et dans le double épisode final, alors que Chloe devient la narratrice du récit, nul doute n’est permis : Chloe Sullivan est l’âme de la série.

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Un personnage féminin complexe et moderne

Bien que Smallville soit a priori un univers masculin, les personnages féminins sont multiples et importants. Mais Chloe Sullivan est sans aucun doute la plus complexe, et donc la plus moderne. Bien que Lana Lang, Lois Lane et Tess Mercer aient évolué ou soient dès le départ des personnages intéressants (bon, je ne te cache pas cher lecteur, chère lectrice, que le départ de Lana ne m’a pas vraiment dérangée, voire m’a soulagée), elles restent dans un prisme qui leur est propre et n’ont pas la richesse de Chloe.

La première qualité de Chloe Sullivan est son amour pour ses proches. Il est exploré dès le départ et sera, saison après saison, son moteur. Alors, oui, un personnage féminin dont le moteur est l’amour pour ses proches, n’est-ce pas un peu cliché, réducteur ? Cela le serait si elle était le seul personnage de la série a arborer cette caractéristique et si son personnage restait mineur du fait de cette caractéristique. En fait, tous les personnages sont mis face à leurs émotions et expriment leur attachement. Smallville parle essentiellement d’amitié et de ce que l’on est prêt à faire pour celles et ceux à qui l’on tient. Clark, personnage masculin et futur super-héros, doit constamment conjuguer ses émotions avec le devoir qu’implique sa destinée. Mais même si tous les personnages possèdent la caractéristique de l’attachement, Chloe est une fois de plus celle qui la porte avec le plus de force. C’est elle qui est toujours en soutien, c’est elle qui est toujours présente, c’est elle qui devra faire les plus grands sacrifices. Son personnage est devenu l’âme de la série, il en est également le cœur. Rien d’étonnant alors que lors du double épisode final, on la retrouve en maman comblée lisant une histoire à son fils. Chloe Sullivan est un personnage solaire, aimant, dynamique, joyeux et drôle. Et là encore, les qualités d’Allison Mack y sont pour beaucoup.

Chloe Sullivan est également une amoureuse intéressante et loin des clichés. Au cours des dix saisons, trois hommes ont marqué sa vie : Clark Kent, Jimmy Olsen et Oliver Queen. Et à travers ses trois histoires, elle a su évoluer, gagner en maturité et a parfaitement illustré le passage de l’adolescence à la vie d’adulte. Lycéenne, elle n’a d’yeux que pour Clark et donnerait tout pour qu’il n’ait d’yeux que pour elle. On pourrait penser qu’elle est un peu ridicule à s’attacher ainsi à un amour perdu d’avance. Mais quel(le) ado ne s’est pas attaché ainsi à un amour perdu d’avance ? Et même en étant dans le rôle de la laissée pour compte, elle a toujours su faire preuve d’une grande maturité, ne laissant jamais son personnage être pitoyable. Et surtout, son amitié avec Clark, sincère et complexe, est l’une des plus belles amitiés entre un personnage féminin et un personnage masculin vues à la télévision. Jeune adulte, elle rencontre Jimmy Olsen et tourne alors la page de son beau fermier kryptonien. L’histoire d’amour de Chloe et Jimmy ne sera pas sans embûches, surtout avec l’ombre de Clark planant au-dessus d’eux. Cette histoire est intéressante car, comme cela arrive souvent, elle est déséquilibrée. Jimmy admire Chloe pour son intelligence, sa force et on sent tout de suite que même si les sentiments de Chloe sont sincères, l’admiration n’est pas totalement réciproque. Cette histoire de termine tragiquement par la mort de Jimmy dans les bras d’une Chloe impuissante. Avec Oliver Queen, on entre dans une relation adulte. Entre Chloe et Oliver, il y a d’abord un respect mutuel et une amitié. Puis, leur histoire commence sans en être vraiment une et Chloe va longtemps repousser l’idée que leur histoire soit sérieuse, tandis qu’Oliver acceptera plus aisément ses sentiments. Là encore, c’est assez moderne de voir le personnage féminin tenir le personnage masculin à distance, ne pas vouloir s’engager et faire souffrir l’autre. Mais Chloe et Oliver étaient faits l’un pour l’autre car au-delà de leur simple amour, ils sont liés par une admiration totalement réciproque, un parfait sentiment d’égalité et des aspirations identiques. Et c’est aussi pour cette raison que le couple Chloe/Olliver (Chlollie chez les fans) est mon couple préféré de la série (même si ok, Lois et Clark, c’est une évidence), mais aussi l’un de mes couples préférés toutes séries confondues. Inutile de préciser que les différentes fanvidéos ou gifs sur Tumblr les concernant me mettent en joie.

Enfin, Chloe Sullivan est une jeune femme qui a besoin d’exister pour elle-même et d’être stimulée intellectuellement et émotionnellement. Apprentie journaliste, enquêtrice, hakeuse, sidekick de Clark, modèle et soutien pour des ados “meteor freaks”, Watchtower veillant sur les super-héros et super-héroïnes en mode geek et badass, puis journaliste le jour et mentor pour super-héros et super-héroïnes la nuit, une chose est sûre, Chloe Sullivan ne chôme pas. Et surtout, elle ne se contente pas d’être au second plan. Elle a besoin d’être pleinement dans l’action et de trouver un sens à son existence. Elle va au bout de ses envies quoi qu’il en coûte, quoi que l’on puisse penser d’elle. Et elle ne doute jamais de ses capacités à atteindre son but. Et un tel personnage féminin fait du bien, surtout sur une chaîne ciblant des ados.

Chloe Sullivan : you’re my girl !

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3 réflexions au sujet de « Mon ode à Chloe Sullivan, beau personnage trop souvent ignoré »

  1. Le couple Oliver/Chloé était aussi mon préféré.
    Pour les rediffusions sur NRJ12, je suis aussi atteinte du syndrome !

  2. Toi qui adore les séries, je te conseille de visionner « 3 fois Manon » de Jean-Xavier de Lestrade. C’est une mini-série en 3 parties diffusée sur Arte en avril 2014. Il me semble que les épisodes sont disponibles sur YouTube.

    • Je l’ai vue au moment de sa diffusion et j’ai beaucoup aimé. Il me semble d’ailleurs qu’une suite est dans les tuyaux.

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