Supergirl is my girl

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Me revoilà, cher lecteur, chère lectrice, pour t’écrire sur une série de la rentrée dernière que je n’ai commencé qu’à regarder il y a peu : Supergirl. Oui, oui, une série dont l’héroïne est une super-héroïne qui porte la cape et la jupette. Mais tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, les séries sur les super-héros ne me rebutent pas a priori et j’assumerai encore et toujours mon attachement à Smallville, malgré toutes ses imperfections. Mais il y a 15 ans (et oui, 15 ans déjà…), Smallville a été la pionnière du genre : allier super-héros et dramédie, teen show et romance. Sans Smallville, point de Arrow, The Flash et donc Supergirl (ok, ok, les franchises Marvel et DC qui occupent les écrans de ciné depuis une bonne décennie et avec une force particulière ces dernières années n’y sont pas non plus totalement étrangers). D’ailleurs, cette première saison fait plusieurs clins d’œil à son aînée : la Kara de Smalville est présente dans un tout autre rôle et l’un des personnages est surnommé The Blur, nom donné à Clark Kent dans Smallville avant qu’il ne devienne Superman. Dans Smallville, Martha Kent, la mère adoptive de Clark est interprétée par Annette O’Toole qui jouait Lana Lang dans Superman 3 (1983). Dans Supergirl, Eliza Danvers, la mère adoptive de Kara, est interprétée par Helen Slater qui jouait Supergirl dans le film éponyme de 1984.

Mais au fait, Supergirl, ça parle de quoi ? Et c’est parti pour le pitch by Wikipedia : Kara Zor-El, cousine de Kal-El, est arrivée sur Terre, mais avec 24 ans de retard. Elle avait pour mission de protéger son cousin, mais celui-ci est devenu entre temps un super héros respecté de tous. La jeune fille est donc recueillie par une famille d’adoption, la famille Danvers. Grâce à eux, la jeune fille apprend à maîtriser ses super-pouvoirs, mais surtout à les cacher du grand public. Adulte, âgée de 24 ans, elle travaille comme assistante au sein du groupe de média CatCo, dans la ville de National City, située sur la côte Ouest des États-Unis. Une catastrophe inattendue va l’obliger à se montrer telle qu’elle est vraiment aux yeux de tous. Très vite, les habitants de la ville ayant vu ses incroyables capacités, la surnomment Supergirl.

Bon, je reconnais que n’y connaissant rien aux comics en général, je ne connais que très peu de choses sur l’univers de cette Kryptonnienne. Et je n’avais en tête que les insupportables et inutiles Kara et Cat Grant de Smallville. Bref, je ne pouvais qu’être agréablement surprise. Et ce fut le cas dès le pilot. Et mon attachement à la série n’a fait que grandir d’épisode en épisode.

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Des personnages positifs, un ton jamais niais

La première chose qui m’a tout de suite plu chez Supergirl est la grande place accordée aux personnages et à leurs relations. Bien sûr, la mythologie du personnage a une place très importante, mais ce n’est pas le cœur du récit. C’est d’ailleurs ce qui m’avait également tout de suite plu dans Smallville. Que Kara vienne d’une autre planète et ait des super pouvoirs n’est qu’une manière d’explorer l’entrée dans l’âge adulte, le sens du sacrifice, la famille, l’amitié, l’amour, l’engagement dans une cause, trouver sa place en ce monde.

Alors bien sûr, les super-héros sont par essence des héros positifs. Et la mythologie autour de Superman est positive. Mais de nos jours, positif rime souvent avec naïf, voire niais. Et il est de bon ton, dans les séries actuelles, de mettre en avant des antihéros ou des héros torturés. Et je ne vais pas te mentir, cher lecteur, chère lectrice, j’ai moi-même une prédilection pour les personnages sombres et torturés. Et j’ai souvent eu tendance à faire rimer positif avec naïf, voire niais. Mais j’ai aussi besoin de varier les plaisir sériels et j’aime me plonger dans une bulle positive en rentrant du boulot. Et si les séries de SF sont parfaites pour ça, les séries de super-héros type Supergirl le sont tout autant

Supergirl met en avant le courage, l’honneur, l’engagement , la générosité, l’amitié, l’attachement. Des valeurs qui peuvent très vite nous faire basculer au paradis du cucul la praline. Mais ici, il n’en est rien. Oui, les héros sont positifs, oui, le discours proposé est positif, mais chacun a ses failles et chacun fait des erreurs. Je l’écris sans honte : la relation entre KAra et sa grande sœur adoptive Alex ont souvent rendu mes yeux humides.

L’autre grande qualité de la série est qu’elle ne se prend jamais au sérieux et qu’elle est très ancrée dans la culture pop actuelle. Les références aux séries américaines les plus en vue (mais aussi des références à des séries anglaises comme Call the Midwife ou Doctor Who) sont légion, de même que l’allusion à de très nombreux personnages people par l’intermédiaire du personnage de Cat Grant. Cela permet tout d’abord d’ancrer un univers pourtant très éloigné du nôtre dans notre quotidien, mais aussi de créer une complicité avec les téléspectateurs.

Lorsque je regarde Supergirl, je m’amuse, je vibre pour les relations entre les personnages, je prends un grand plaisir à avoir tous ces personnages dans ma vie durant 40 minutes. Bref, je regarde une série qui sait où elle va, ce qu’elle vaut et qui se donne les moyens d’y parvenir.

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Un point de vue féminin

L’autre grande qualité de Supergirl est, comme son titre l’indique, de mettre en avant une super-héroïne et plusieurs personnages principaux féminins. Et, sauf erreur (ou inculture de ma part), c’est la première fois en ce qui concerne le genre des super héros à la télévision. Et le fait qu’elle soit cocréée par une femme (Ali Adler) n’est pas étranger à cette affaire.

Kara semble de prime abord assez futile : une joie blonde (Melissa Benoist) qui porte très bien la cape et la jupette, qui se pâme d’amour pour le beau James Olson (Mehcad Brooks) et qui ne sera jamais vraiment  à la hauteur de Superman. Car oui, Kara est une fille. Et la série n’hésite pas à jouer avec ce cliché et à le déconstruire. Lorsque Cat Grant baptise la nouvelle super héroïne de National City Supergirl, Kara se sent insultée. Son cousin à droit à Superman et elle n’aurait pas droit à Superwoman ? La réponse de Cat Grant est impeccable : qu’y a-t-il de si mal à être une fille ? Dès le pilot, la série propose une grille de lecture essentielle. Oui, on peut être jolie, blonde, se pâmer d’amour devant un bel homme, regarder des séries sous un plaid avec sa sœur en mangeant des pizzas et de la crème glacée et en même temps, sauver le monde, devoir prendre chaque jour de difficiles décisions, faire des sacrifices, reconnaître ses erreurs, et même dans certains cas, surpasser Superman. J’avoue que durant longtemps, j’ai estimé que les jolies filles que tout le monde trouve charmantes étaient avant tout futiles et devaient sans nul doute être assez stupides. À mes yeux, seules les femmes badass, torturées, engagées, refusant la règle du jeu de la séduction valaient la peine d’être considérées. J’avais finalement intégré le discours misogyne ambiant qui décrédibilise tout de ce qui relève du domaine des filles (je vous conseille en passant de regarder la très bonne campagne Like a Girl proposée par Always). Oui, il est important d’avoir des Lisbeth Salander et Jessica Jones qui portent avec force la rage face aux violences que nos sociétés portent sur les femmes. Mais il est tout aussi important d’avoir une Kara Sanders/Supergirl qui sauve le monde à chaque épisode et qui sauve des damoiseaux en détresse.

Et surtout, au-delà de Kara, ce sont tous les personnages féminins, et donc la place des femmes dans la société, qui sont valorisés.

Il y a bien sûr Cat Grant (Calista Flockhart). Et pourtant, au départ, j’ai eu peur de voir une caricature de la success woman sans cœur façon Le diable s’habille en Prada. Mais d »épisode en épisode, mon amour pour Cat Grant ne s’est fait que plus grand, digne pourfendeuse du girl powa et dont les répliques sont dignes de celle de Lady Violet dans Downton Abbey. Voilà une femme qui a dû se battre pour arriver au sommet, qui a fait passer sa carrière avant son rôle de mère, mais qui surtout, est une source d’inspiration pour les autres femmes. 90 % des P.-D.G de son empire sont des femmes et elle pousse chaque femme en laquelle elle croit à aller au bout de son potentiel. Et elle croit en  Supergirl. C’est à travers la voix de Cat Grant que les scénaristes montrent ce que cela coûte aux yeux de  la société d’être une femme. Mais que rien n’est impossible et qu’une femme ne doit jamais s’interdire quoi que ce soit.

Il y a aussi Alex Danvers (Chyler Leigh) la grande sœur de Kara. Membre important du DEO, agence gouvernementale chargée de surveiller et prévenir la menace d’aliens présents sur Terre, Alex est plus que compétente. Elle est intelligente, elle sait se battre, elle mène des hommes, elle est la femme de confiance du directeur Henshaw (David Harewood) avec lequel elle entretient une touchante relation père-fille. Lorsqu’elle est amenée à commander, ce statut n’est jamais remis en cause, et certainement pas parce qu’elle est une femme. Sa relation avec Kara est très touchante et compliquée (donc réaliste), et ce n’est pas si souvent qu’une relation entre sœurs est ainsi montrée.

Et n’oublions pas Lucy Lane (Jenna Dewan), avocate du JAG le jour et proche collaboratrice de son général Lane de père la nuit (et sœur de la seule et unique Lois Lane). Au départ, j’ai eu peur qu’elle soit cantonnée au rôle de petite amie de James Olsen et péripétie pour la relation James/Kara, mais elle deviendra plus que ça au fur et à mesure de la saison. Et il y a aussi les super vilains de cette saison, qui sont souvent des femmes et qui, pour certaines, seront présentes le temps de plusieurs épisodes. À commencer par Astra Zor-El, tante de Kara, mais aussi général et hautement respectée par ses hommes et son mari qui a un rang inférieur. Les scénaristes ont également féminisé Brainiac interprétée par Laura Vandervoort (la Kara de Smallville).

Alors ok, Supergirl n’est pas une série ultramilitante et bien sûr, elle reste très (trop) hétéronormée. Mais, que de tels personnages féminins positifs, actifs et mis en valeur soient proposées dans une série dont le public est composé de pré-ados et jeunes filles, c’est déjà une bonne nouvelle.

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Winn Schott, le Chloe Sullivan

Tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, mon amour pour Smallville tient en très grande partie à mon indéfectible amour pour Chloe Sullivan. Et en découvrant Winn Schott (Jeremy Jordan), impossible de ne pas le comparer avec ma Chloe d’amour.

Winn est le meilleur ami de Kara. Winn est amoureux de Kara mais n’est pas aimé en retour. Winn est un hacker de génie. Winn devient le sidekick de Supergirl. Winn est le ticket humour de la série. Winn a un passif compliqué avec son père. Bref, il est le pendant masculin de Chloe Sullivan.

Alors, bien sûr, dès le pilot, j’ai attendu ce Winn Schott au tournant car tu t’en doutes, cher lecteur, chère lectrice, il y a du boulot pour arriver à la hauteur de ma Chloe. Mais le personnage est tout de suite attachant, Jeremy Jordan est parfait dans le rôle, et au fur et à mesure de cette première saison, il a su se faire une place dans mon cœur (et le fait qu’il soit fan de Doctor Who ne gâche rien à l’affaire). Il ne remplacera bien sûr jamais Chloe Sullivan à mes yeux, mais je lui souhaite une trajectoire tout aussi intéressante !

Supergirl, saison 1 de 20 épisodes sur CBS (disponible en VOD sur MyTF1). Saison 2 sur la CW à la rentrée 2016-2017

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