The Flash saison 3 : l’enfer est pavé de bonnes intentions

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Tu le sais sans doute déjà, cher lecteur, chère lectrice, l’année dernière, je suis totalement tombée sous le charme de The Flash et de ses personnages. J’ai plongé avec délice dans les deux premières saisons et j’étais totalement excitée à l’idée de me plonger avec tout autant de délice dans la troisième saison qui vient de se terminer aux États-Unis. Mais je ne vais pas te mentir, cher lecteur, chère lectrice, le bilan de cette troisième saison est plus que mitigé, voire plutôt négatif. Et crois-moi, j’en suis la première désolée. Je vais donc tâcher de revenir sur ce qui a pêché durant ces 23 nouveaux épisodes, mais aussi crier mon espoir pour la saison 4 (car oui, en bonne monomaniaque obsessionnelle, je ne perds jamais espoir).

Attention, spoilers everywhere.

Vouloir explorer la noirceur du héros et une nouvelle dynamique entre les persos, mais surtout créer de la frustration

The Flash est une série fun, les références à la pop culture sont légion, les personnages sont jeunes et optimistes. Barry Allen est un super-héros tout choupi qui veut toujours voir le meilleur chez les autres et qui est toujours persuadé qu’il trouvera une solution avec l’aide de ses proches. Mais Barry Allen est aussi tiraillé par les tragédies qui ne cessent de se répéter dans sa vie et la noirceur qu’il garde enfouie en lui qui l’ont poussé à commettre un acte égoïste en fin de saison 2. Durant cette troisième saison, les scénaristes ont voulu explorer cette noirceur et faire de Barry Allen, le super villain. Les pouvoirs des speedsters, le voyage temporel en particulier, peuvent leur faire croire qu’ils sont des dieux. The Reverse Flash et Zoom se prenaient pour des dieux. Et dans cette saison 3, Savitar se présente et est vénéré comme un dieu. Sur le papier, cette exploration semble intéressante, mais dans les faits, elle a malheureusement été plus que bancale.

Vouloir faire évoluer ses personnages et explorer la façon dont cela joue sur leurs relations n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais c’est un exercice assez casse-gueule, car si cela n’est pas bien fait, on casse ce qui fonctionne. Lorsque Barry décide malgré tout en début de saison de mettre fin à son fantasme (à savoir vivre heureux sans être The Flash avec ses deux parents à ses côtés et en ayant toujours Iris dans sa vie), il fout un beau bordel et joue avec la vie de tous ceux qu’il aime : la relation Joe-Iris, Caitlin qui est condamnée à devenir Killer Frost, Cisco qui perd son frère. Bref, ça commence mal. Et durant les premiers épisodes, on est invité, tout comme Barry, à découvrir ces changements et à espérer qu’il réussisse à en tirer une leçon. Et si, cela fonctionne plutôt pas mal dans les tout premiers épisodes, en apportant effectivement une nouvelle dynamique qui peut être intéressante, on se retrouve vite avec des personnages frustrés et donc frustrants.

La plus grande frustration du début de saison : la relation Barry/Cisco. Le cœur de The Flash est en grande partie le lien très fort qui unit chaque membre de l’équipe et la bromance Barry/Cisco est savoureuse depuis le début. Il a donc été plus que déstabilisant de perdre ce lien entre ces personnages. Mais être déstabilisé n’est pas une mauvaise chose. L’être pour rien l’est bien plus. Cisco est devenu insupportable, il était très pénible et frustrant de le voir repousser encore et encore chaque tentative de rapprochement de Barry et surtout, leur réconciliation n’a pas du tout été à la hauteur de leur amitié. Pour comparer, je vais te parler, cher lecteur, chère lectrice, de l’amitié Sherlock/John qui a été elle aussi mise à mal dans la saison 4 de Sherlock (oui, cher lecteur, chère lectrice, toute occasion est bonne pour écrire sur Sherlock, tu devrais le savoir maintenant !). Durant The Lying Detective (4×02), John rejette Sherlock, le blâmant pour la mort de Mary, le blâmant pour n’avoir pas su tenir sa promesse, rejettant sur lui tout le chagrin et la colère qu’il n’arrive pas à évacuer. Ce rejet est dur à vivre pour Sherlock et pour nous. Mais ce rejet fait totalement sens et Steven Moffat et Mark Gatiss offrent deux merveilleux moments à ces deux amis qui ne savent pas comment se retrouver après cette tragédie. La scène où Sherlock se laisse tabasser par John est d’une incroyable force. Et celle où, enfin, John lâche tout ce qu’il devait lâcher, à la fois auprès de Sherlock et de Mary est d’une incroyable émotion. Ces deux scènes rendent parfaitement hommage à cette amitié, elles la font avancer et elle sont importantes pour la fin de la saison (et de la série pour le moment). Dans The Flash, le rejet de Barry par Cisco relève plus du gadget scénaristique qui ne fait pas réellement avancer l’amitié entre les deux persos et qui ne fait pas non plus avancer l’histoire. Pire, leur réconciliation ne rend pas réellement hommage à leur relation. La bromance Barry/Cisco aurait mérité une véritable scène à cœur ouvert entre eux, mais les scénaristes ont opté pour un scénario bien moins marquant lors du crossover entre les quatre séries DC de la CW : une discussion entre Felicity et Cisco, où Felicity prend la défense de Barry. Puis Cisco se rendant compte de la responsabilité de commettre de graves erreurs en voulant faire le bien. Et enfin, Cisco réaffirmant son amitié à Barry devant tout le monde, sans réel enjeu émotionnel et dans une scène assez cliché. Bref, une storyline ratée.

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Vouloir créer un super villain de la mort, mais ne le rendre intéressant que durant les trois derniers épisodes

Depuis ses débuts, The Flash a toujours fonctionné de la même manière : un speedster comme super villain proche de Team Flash et dont la révélation de l’identité s’avère un twist efficace (car oui, je me suis totalement fait avoir durant les deux première saisons. Oui, je suis naïve !!). L’autre réussite des deux premières saisons est le parfait équilibre entre le “meta human de la semaine” et le fil rouge lié au super villain. Parfait équilibre qui permet au twist de l’identité du super villain en question d’être particulièrement efficace.

Pour cette saison 3, les scénaristes ont voulu modifier leur schéma habituel. Rien de mal à cela dans l’absolu, mais encore faut-il maîtriser ce changement et malheureusement, le développement de la storyline Barry/Savitar est révélatrice du gros problème de construction de cette saison.

Une bonne saison de série de super-héros tient en grande partie à la réussite de son super villain et sur le papier, faire de Barry le super villain et explorer comment il y arrive et comment cela va l’impacter lui et ses proches donne envie. Mais de la même manière que la dynamique entre persos a souvent été frustrante, le développement de Savitar l’a été tout autant. Le gros problème avec Savitar est simple : il n’a pas besoin de faire quoi que ce soit pour arriver à ses fins, il lui suffit juste d’attendre sagement que tout se mette en place comme cela doit se mettre en place. Et du coup, forcément, les enjeux de ce super villain et son potentiel inquiétant en prennent un sacré coup. The Reverse Flash et Zoom faisaient peur, leurs plans se mettent en place en harmonie avec le reste des storylines, mais avec Savitar, on a l’impression de faire du surplace. Son ombre menaçante plane sur les premiers épisodes, mais dès que sa menace se révèle dans The Present (3×09), elle retombe comme un soufflé. Le gros problème de ce season finale de mid-season (aux États-Unis, il y a toujours un hiatus de plusieurs semaines en décembre-janvier) est d’avoir mal présenté the big enjeu et de l’avoir fait bien trop tôt. The Present se termine alors que Barry débarque accidentellement plusieurs mois dans le futur et se voit assister impuissant à la mort d’Iris, l’amour de sa vie, de la main (ou plutôt de l’armure) de Savitar. Cette scène est censée être fortement émotionnelle, mais malheureusement, elle rate son coup. En nous disant aussi tôt dans la saison que cet enjeu durera le temps des 14 prochains épisodes, on se dit que Barry et la Team Flash vont ramer et que du coup, on va ramer avec eux. Et tu sais quoi, cher lecteur, chère lectrice ? Ce fut le cas ! Il faudra attendre The Wrath of Savitar (3×15) pour que les enjeux deviennent réels et pour que l’émotion refasse son apparition. Car la force de The Flash durant ses deux premières saisons a été dans l’émotion qu’elle suscite et les relations entre ses personnages. Et là, quasiment rien durant de très nombreux épisodes. Pire, de l’épisode 10 à l’épisode 15, il n’a quasiment été question que du plan pour sauver Iris, sans un seul véritable “meta human de la semaine” cool pour équilibrer un peu tout ça. Et le traditionnel double épisode de chaque saison, qui emmène cette fois les persos à Gorilla City sur les traces de Grood (3×13 et 3×14), tombe complètement à plat.

Autre gros problème de nous présenter la possible future mort d’Iris dès l’épisode 9 : nous donner le sentiment qu’il n’y a pas à s’inquiéter puisque de toute façon Barry va se débarrasser de Savitar et sauver Iris. Du coup, on a beaucoup de mal à s’investir émotionnellement dans cet enjeu et on est assez vite lassé de cet enjeu qui ne semble pas du tout en être un. Ce qui est un peu ballot.

Et puis, à partir de The Wrath of Savitar, les choses s’arrangent quelque peu, l’étau se resserre, et je ne te le cache pas, cher lecteur, chère lectrice, ma peur de voir Joe mourir à la place d’Iris (théorie qui me trottait dans la tête depuis la prophétie de Savitar dans Present) n’a fait que grandir. Et inutile de te préciser cher lecteur, chère lectrice que l’idée de perdre mon Daddy Joe d’amour me glaçait le sang. Et puis, il y a eu la séquence finale d’Abra Kadabra (3×18) que je n’avais pas du tout anticipée et qui a enfin ouvert de nouvelles portes pour Caitlin/Killer Frost. Et puis, il y a eu The Once and Future Flash (3×19) qui revient enfin, enfin, à l’âme de la série. Puis, enfin, enfin, la révélation de l’identité de Savitar dans I Know Who You Are (3×20). Puis, un épisode tout simplement fun comme je les aime tant avec Cause and Effect (3×21). Et puis, bam, ce que je n’avais pas anticipé une seule seconde : la mort d’Iris dans Infantino Street (3×22). Tout d’abord, bravo aux scénaristes qui m’ont totalement bernée. Il semblait évident que la mort/sauvetage d’Iris aurait lieu durant le season finale diffusé le 23 mai sur la CW et ce d’autant plus que l’action de cet épisode se passe le 23 mai 2017. Mais non, en bons scénaristes sadiques, ils ont offert une fin d’épisode surprise dans une saison qui en manquait cruellement depuis le début. Alors bien sûr, dès la fin de l’épisode, deux hypothèses sont immédiates : 1) Iris est morte et Barry va devoir gérer cet énième deuil qui semble insurmontable (mais du coup, Iris meurt alors que son personnage n’aura jamais été à la hauteur de ce qu’il aurait pu être. J’y reviens plus tard). 2) On se dit tout de suite qu’il s’agit d’une ruse pour piéger Savitar, qu’Iris ne peut pas être morte, que la solution sera donnée dans le season finale, et que du coup, la portée émotionnelle de cette scène est un peu diminuée. Mais je le reconnais, cher lecteur, chère lectrice, cette scène, et surtout la façon dont elle a été filmée, m’a fait pleurer (et j’ai vraiment trop peu pleuré durant cette saison 3. Oui, j’aime pleurer devant The Flash).

Et voilà enfin Finish Line (3×23), le season finale. Et bien sûr, dès les premières secondes, on sait qu’Iris n’est pas morte et que H.R. a pris sa place, le tout montré dans un flash-back qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. Cette ruse n’a rien de surprenant et les fans avaient évoqué cette théorie depuis bien longtemps. Et les scénaristes nous avaient bien montré dans l’épisode précédent que la technologie de H.R. permettait à un homme de prendre l’apparence d’une femme et inversement. Et puis, voilà qu’arrive la fin de Finish Line. Savitar est vaincu, l’avenir s’annonce radieux pour Iris et Barry, mais comme toute saison de The Flash qui se respecte, ce qui se passe durant les derniers épisodes a une conséquence directe sur la prochaine saison. Et cette fois, the Speed Force a décidé de siffler la fin de la récré pour Barry qui doit prendre la responsabilité de ses actes en fin de saison 2. Si cela fait sens et que Barry accepte de bon gré de s’y soumettre et de faire pénitence, l’argument de la Speed Force indiquant que tout speedster atteint sa ligne d’arrivée et que celle de Barry est arrivée tombe encore une fois un peu à plat. 1) Barry étant le héros de The Flash, on sait pertinemment qu’il sera de retour dans les tout premiers épisodes de la saison 4. 2) Barry n’en est qu’à ses débuts de speedsters et la Speed Force sait pertinemment la destinée qui l’attend. Bon, ok, j’ai versé ma petite larme. Mais que veux-tu, cher lecteur, chère lectrice, je ne peux pas résister à la bouille de Barry Allen et à des adieux au sein de Team Flash !

Ce season finale a donc été à l’image de cette saison, bancal et laissant un sentiment d’inachevé. Sans oublier que la gestion des timelines durant toute la saison a relevé du wibbly woobly, timey wimey made by Steven Moffat dans Doctor Who. La timeline de Savitar a presque été aussi aléatoire que celle de River Song, c’est dire !

Multiplier les personnages secondaires, notamment pour rendre hommage à la mythologie des comics, mais ne pas avoir le temps de tous les développer correctement

De toutes les séries de l’Arrowverse, The Flash est sans doute celle qui fait le plus de références aux comics et qui revisite le plus la mythologie et les personnages (non, non, je ne suis absolument pas experte des comics, mais je fais confiance au youtubeur américain Emergency Awesome).

Et dans la mythologie de The Flash, les speedsters sont nombreux : Jay Garrick, Barry Allen, Bart Allen, Wally Wast, Jesse Quick… Et bien sûr dans The Flash, ces speedsters sont bien présents. La destinée de Wally et Jessie a commencé à se dessiner en fin de saison 2 et Jay Garrick a lui aussi fait son apparition dans cette saison 2. Il était donc naturel que durant cette saison 3, ces speedsters accompagnent Barry. Malheureusement, cela ne fut pas toujours géré de façon équilibrée. Premier problème, seul l’acteur jouant Wally West (aka Kid Flash) est un acteur régulier du cast apparaissant à chaque épisode. Et du coup, Jesse Quick et Jay Garrick ne pouvant apparaître que durant quelques épisodes par saison seulement, ont plutôt été accessoires et la ficelle utilisée pour justifier leur absence pas très subtile : Jay Garrick se sacrifie pour remplacer Wally emprisonné à la place de Savitar au cœur de la speed force et Jesse Quick remplace Jay Garrick sur Earth 3 (alors qu’à la base, elle faisait son boulot de speedster sur Earth 2, qui du coup, n’a plus de speedster à disposition). Pire, Jesse a surtout servi à faire avancer le personnage de Wally et à être son love interest. Car oui, cette saison, tous les personnages ont un love interest, et encore une fois, cela n’a pas toujours été amené de façon très équilibrée (H.R. et Tracy, oui, c’est de vous que je parle).

Autre problème de ces speedsters à répétition : mettre Barry dans le rôle du mentor alors qu’il doit apprendre une énorme leçon de cette saison 3 et qu’il a encore besoin d’un mentor. Tout l’intérêt de The Flash est de voir ce jeune super-héros apprendre à devenir un super héros et la grande force émotionnelle des deux premières saisons tenaient dans les relations qu’il entretenait avec ses trois figures paternelles : Henry, Joe et Dr. Wells/Harry. Durant la saison 3, les scénaristes ont voulu rebattre les cartes et donner une carrure supplémentaire à Barry. C’est une bonne idée en soi, mais elle arrive un peu trop tôt dans la série et tombe donc un peu à plat. La fraîcheur de Wally est censée contrebalancer la gravité de Barry et conserver le ton optimiste et cool des deux premières saisons (qui comportaient aussi leur lot de gravité), mais son personnage n’est pas encore suffisamment développé et reste trop cantonné à celui du “gamin”. Autre problème de Wally : l’avoir cantonné au rôle d’apprenti speedster qui, il faut bien l’avouer, ne réalise pas de grandes prouesses, histoire de montrer que, même si, en vitesse pure, il est meilleur que Barry, Barry reste THE Flash. Mais du coup, Wally ne sert pas à grand-chose et se fait surtout botter les fesses par Savitar. Et d’un autre côté, Jesse qui s’en sort bien mieux en speedster et qui a un potentiel de personnage intéressant a été mise de côté très vite. Bref, trop de speedsters mal gérés tue les speedsters.

Autre personnage à avoir eu bien du mal à trouver sa place dans la Team Flash et donc dans la saison : H.R. Depuis la saison 2, c’est devenu une habitude : le personnage  interprété par Tom Cavanagh ne cesse d’évoluer. Dr. Wells/Eobard Thawne en saison 1, Harry Wells en saison 2 et donc H.R. en saison 3, puisqu’il n’y avait pas de raison que le Harry d’Earth 2 reste sur Earth 1 et que Tom Cavanagh est toujours un acteur régulier de la série. Cette année, les scénaristes ont décidé d’exploiter à fond la folie comique de l’acteur en écrivant un rôle qui se veut décalé et un personnage tendance loser. Mais alors que la dynamique Cisco/Harry était parfaite en saison 2 (dynamique née en grande partie d’impro entre Carlos Valdes et Tom Cavanagh sur le plateau), l’alchimie entre H.R. et le reste de l’équipe a du mal à s’opérer. Non pas parce que les acteurs sont moins bons ou moins complices hors caméra, mais parce que c’est écrit ainsi. Or, cette délicate intégration de H.R. fait que le personnage apparaît secondaire pour le public et empêche une réelle connexion émotionnelle. Le personnage agace beaucoup au départ et même si je serai toujours sensible au charme de Tom Cavanagh, il lui a fallu presque toute la saison pour me convaincre que H.R. avait réellement sa place dans l’équipe et donc dans la série. Et patatras, voilà qu’en fait, il ne fera plus partie de l’équipe la saison prochaine ! Le pauvre bougre n’a donc existé pour la seule et unique raison qu’il vivait sur une Terre dotée d’une technologie permettant de prendre l’apparence de n’importe qui. RIP H.R.

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Vouloir mettre Iris au cœur des enjeux, mais la rendre encore plus passive et encore plus dans l’ombre de Barry (mais avec un sursaut final)

Tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, le gros défaut de The Flash tient dans l’écriture des personnages féminins principaux et d’Iris West en particulier. Mais tu le sais, cher lecteur, chère lectrice, je ne déteste pas Iris, au contraire, j’ai de la tendresse pour elle (oui, oui et puis, je suis la fille qui a aussi de la tendresse pour Martha dans Doctor Who) et chaque saison, je n’ai qu’un seul espoir : qu’elle ait enfin un développement digne de ce nom. Avec cette saison 3, les scénaristes se sont dit que c’est ce qu’ils allaient faire, mais malheureusement, ils sont passés à côté.

Dans cette saison 3, Iris est placée au cœur du big enjeu, mais ce big enjeu concerne avant tout Barry et les conséquences pour Barry de la perte de l’amour de sa vie. Car voilà ce que représente Iris depuis la première saison : le grand amour de Barry. Je n’ai rien contre la romance Barry/Iris (même si le fait qu’ils aient été élevés quasiment comme frère et sœur sous le même toit rend ce couple un peu creepy, mais rien à voir avec le couple incestueux Jaime et Cersei Lannister, je te rassure), je les trouve tout choupis et cela fait du bien de voir un couple mixte au centre d’une série, en particulier une série s’adressant à un jeune public, car ce n’est pas si fréquent. De la même manière, je n’ai rien contre une jeune femme qui est amoureuse de son amoureux et qui est présente à ses côtés pour l’épauler. Mais le gros souci d’Iris West est que les scénaristes la cantonne à cet aspect et au gimmick “her voice will always bring Barry home”. Le panel des séries DC de la CW lors du PaleyFest en mars dernier était d’ailleurs très révélateur. Kevin Smith, qui a réalisé plusieurs épisodes sur The Flash et Supergirl, modérait ce panel et lorsqu’il en vient à parler du personnage d’Iris, il évoque à quel point elle est une héroïne importante dans la série car elle est pleinement humaine et dans les émotions. Et j’avoue, j’ai un peu tiqué en entendant cet éloge. Car pour moi, cet éloge est réducteur et surtout très cliché pour un personnage féminin. Qu’Iris soit dans l’émotion ne me dérange absolument pas, car tous les personnages de The Flash sont dans l’émotion et c’est sans doute la raison principale de mon amour pour ces personnages. Ce qui me dérange, c’est qu’Iris ne soit que dans l’émotion et seulement définie par rapport aux hommes de sa vie. Le pire, c’est que les scénaristes semblent s’en rendre compte mais n’arrivent pas à corriger le tir. Ainsi, dans Dead or Alive (3×11), Iris semble vouloir prendre sa destinée en main et aimerait laisser une trace, ne pas mourir sans avoir rien accompli comme sa mère et ne pas être réduite à être seulement “a girlfriend, a daughter, a sister”. Et si ce sursaut m’a plutôt réjouie, la réponse de Barry a fini de m’achever : « Iris, your mum, she left something behind. She left a brave wonderful son and the woman that I love. » Ainsi, la seule raison d’être d’Iris est d’être aimée par Barry. Et désolée Barry Allen, tu as beau être tout choupi, cela ne peut être satisfaisant !

Le plus rageant dans l’histoire, c’est qu’Iris a le potentiel d’être un personnage intéressant. Elle a du caractère, elle sait ce qu’elle veut, elle n’a pas peur de se mettre en danger ou de se battre, elle va au bout des articles qu’elle veut écrire, elle a un potentiel de leader, sa relation avec Cisco est cool. Mais tous ces éléments positifs de sa personnalité se sont qu’entraperçus au fil des épisodes et encore moins présents dans cette saison 3. Finalement, pour le moment, Iris n’a pu être pleinement elle-même en dehors de sa relation avec Barry à deux occasions : sur Earth 2, où elle est une flic aguerrie mariée à un Barry plutôt craintif qui n’est pas devenu The Flash, dans Flashpoint, où elle combat le crime en tant que journaliste et en formant une équipe avec Wally devenu Kid Flash. Les scénaristes n’ont clairement pas réussi à équilibrer le couple Iris/Barry et Iris est constamment mise au second plan. Et pourtant, il est possible de montrer un couple “humaine/super-héros” où les deux entités du couple sont placés sur un pied d’égalité. Et en l’espèce, on peut penser ce que l’on veut de Smallville, mais sur la durée, la construction des personnages féminins principaux a bien plus de gueule. Lana Lang, le love interest de Clark durant les premières saisons, dépasse le statut de “fille toute mignonne” pour devenir une jeune femme déterminée à exister pour elle-même et à sacrifier son amour pour Clark afin de se réaliser pleinement. Chloe Sullivan, la sidekick meilleure amie amoureuse de Clark durant les premières saisons, dépasse ce statut pour devenir le personnage le plus intéressant de la série et qui a connu la plus complexe évolution. Et son couple avec Oliver Queen/Green Arrow est un exemple de couple équilibré voire à l’avantage de Chloe. Et bien sûr, Lois Lane, la cousine à tendance un peu chieuse de Chloe durant les premières saisons, qui dépasse ce statut pour devenir une journaliste badass et la destinée de Clark, mais elle ne passe jamais au second plan de ce couple. Elle est d’ailleurs le plus souvent moteur de ce couple et de la construction de Clark en tant que Superman. Le principal problème d’Iris West dans The Flash est que les scénaristes n’ont pas réussi à lui donner une place active dans Team Flash et n’ont pas le temps de développer ce qui se passe en dehors de Team Flash.

Et puis, à la fin de Finish Line, il y a ce moment que je n’ai absolument pas vu venir : Iris tue Savitar et sauve la vie de Barry. Alors, même si ce moment semble sorti de nulle part, je n’ai pu m’empêcher de crier un gros YES devant ma télé. YES, c’est Iris qui prend enfin les choses en main et qui tue Savitar. Ok, d’une balle dans le dos, ce qui n’est pas forcément le plus reluisant, mais on ne va pas se mentir, ce Savitar ne l’a pas vraiment joué réglo toute cette saison. Autre satisfaction de cet épisode : Caitlin Frost qui tue The Blask Flash, alias Zoom transformé en The Black Flash à la fin de la saison 2, en lui disant : « Bye Hunter. » L’évolution de Caitlin durant cette saison m’a fait plaisir. Enfin, elle n’est plus que la gentille scientifique qui est maudite en amour et qui subit des tragédies sans broncher. Enfin, elle décide de prendre le temps de savoir qui elle est vraiment et ce qu’elle veut vraiment et de ne pas forcément faire ce que les autres attendent d’elle. Et la pauvre Danielle Panabaker a enfin eu des choses plus intéressantes à jouer que d’être seulement en réaction par rapport à ce qui se passe autour d’elle.

Mes raisons d’espérer pour la saison 4

Alors oui, cher lecteur, chère lectrice, cette saison 3 a pas mal de défauts et j’ai bien trop souvent pesté devant ma télé. Mais j’ai aussi ri et pleuré. Si les scénaristes se sont un peu perdus en route, ils n’ont pas vendu l’âme de leurs personnages au diable. Cisco, une fois redevenu Cisco, reste l’un de mes personnages préférés ever, daddy Joe reste mon daddy Joe d’amour, l’amitié Cisco/Caitlin a été très touchante, la bromance Cisco/Barry me fait toujours pousser des « awwww », j’ai toujours envie de consoler Barry lorsqu’il a du chagrin et je suis toujours attendrie par son grand sourire, Tom Cavanagh est sexy as ever (oui, je suis et je resterai toujours une midinette). Côté nouveaux personnages féminins, j’adore Gypsy et sa dynamique avec Cisco, j’ai adoré l’introduction de Tracy Brand et j’espère qu’elle sera toujours membre de Team Flash l’année prochaine et que son personnage continuera d’être cool et décalé. Même si l’atmosphère de cette saison était plus sombre, l’humour a toujours été présent et même si les simples moments de vie quotidienne ont été un peu moins présents que les saisons précédentes, ils sont toujours aussi réjouissants. Et surtout, surtout, il y a eu Duet (3×17), le crossover musical ultrachoupi entre The Flash et Supergirl. C’est le crossover entre les deux séries durant la première saison de Supergirl qui m’avait fait tomber sous le charme de Barry Allen et la parfaite alchimie entre Barry et Kara (portée par la parfaite alchimie entre Grant Gustin et Melissa Benoist) est un pur bonheur. Cet épisode musical jouant à fond la carte de la comédie musicale, et s’appuyant sur son double (voire quadruple) cast capable de danser et chanter, a été un ravissement. Je ne me lasse jamais de le regarder et à chaque fois, j’ai un immense sourire aux lèvres.

Autre raison de garder espoir pour cette saison 4 : le super villain ne sera pas un speedster. Et j’ai envie de dire, enfin !! D’ailleurs, je ne suis pas la seule car lorsqu’Andrew Kreisberg, cocréateur de la série, fait cette annonce lors du PaleyFest en mars dernier, le public témoigne bruyamment son enthousiasme et ce cher Andrew fait une mine d’incompréhension face à cet enthousiasme (d’un autre côté, les gars, trois saisons de suite avec un speedster comme super villain, ça lasse un peu).

Dernier espoir pour cette saison 4 : que les personnages avancent. On peut raisonnablement penser que Barry a enfin fait le tour de sa tragédie personnelle et que son séjour au sein de la Speed Force va lui permettre de tirer un trait et de gagner en maturité (sans perdre son optimisme et sa choupitude, cela va sans dire). On peut raisonnablement penser que comme pour la saison 2, la saison 4 débutera quelques mois après la fin de la saison 3, et j’espère très fort que cela permettra aux autres personnages de prendre leur place en l’absence de Barry. The Kid Flash gagne en assurance et en capacités, Iris s’investit à fond dans son métier de journaliste, prend également une place de leader dans Team Flash à la fois pour guider Wally et pour trouver un moyen de ramener Barry et est hantée par le meurtre de Savitar. Caitlin Frost fait son chemin de son côté. Harry est pleinement de retour, car j’aime vraiment Harry et sa dynamique avec Cisco. Je saurai si j’ai eu raison d’espérer avec l’arrivée de la nouvelle saison en octobre prochain.

En attendant que ce season premiere n’arrive, je ne suis pas complètement désœuvrée : je guette chaque nouvelle vidéo sur la série de mon youtubeur américain, je me renseigne sur la mythologie de The Flash Rebirth qui pourrait être adaptée dans la saison 4 (de la même manière que je m’étais renseignée sur la mythologie de Flashpoint avant la saison 3. Oui, mon attachement à la série m’entraîne jusque-là) et surtout, surtout, je compte les jours jusqu’à Comic Con San Diego fin juillet, synonyme de trailer pour la nouvelle saison, de panel et d’interviews avec ce cast que j’aime tant ! Et en septembre, sortie du coffret DVD, synonyme de la mise en ligne des bloopers qui sont toujours drôles avec ce cast si complice !

The Flash, CW, saison 3 de 23 épisodes, disponible sur Netflix US depuis le 31 mai 2017, disponible en VOD sur MyTF1, diffusion sur TF1 dans les prochains mois

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