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	<title>Series addict, so what ?</title>
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	<description>Une sériephile qui parle aux sériephiles et à tous les autres</description>
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		<title>Luther, la chasse est ouverte</title>
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		<pubDate>Tue, 22 May 2012 18:09:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cher lecteur, chère lectrice, il est temps que je te parle de mon dernier coup de cœur : la série anglaise Luther. Et oui, encore et toujours une série anglaise. Mais force est de constater que plus je me plonge dans les productions d&#8217;outre-Manche, plus j&#8217;en suis dingue. Et plus les productions d&#8217;outre-Atlantique me semblent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/05/Luther_Serie_de_TV-712888663-large.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-959" title="Luther_Serie_de_TV-712888663-large" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/05/Luther_Serie_de_TV-712888663-large-212x300.jpg" alt="" width="212" height="300" /></a></p>
<p>Cher lecteur, chère lectrice, il est temps que je te parle de mon dernier coup de cœur : la série anglaise Luther. Et oui, encore et toujours une série anglaise. Mais force est de constater que plus je me plonge dans les productions d&#8217;outre-Manche, plus j&#8217;en suis dingue. Et plus les productions d&#8217;outre-Atlantique me semblent fades, voire ennuyeuses (et ce ne sont pas les nouveautés des networks US prévues pour la<a href="http://www.allocine.fr/article/dossiers/series/dossier-18591821/"> saison 2012-2013 </a>qui vont inverser cette tendance).</p>
<p>Luther, magnifiquement écrite par Neil Cross, raconte le retour dans son service de l&#8217;enquêteur John Luther (Idris Elba), passé par la case hôpital psychiatrique après avoir quelque peu perdu ses repères suite à une affaire particulièrement difficile. Perte des repères qui a valu à un criminel de finir dans le coma.</p>
<p>Vous l&#8217;aurez compris, l&#8217;ambiance de Luther est sombre et lourde. Vous l&#8217;aurez compris, Luther est un personnage torturé et névrosé. Vous l&#8217;aurez compris, je ne pouvais que succomber.</p>
<p>John Luther est incarné par un Idris Elba fascinant, dégageant force et énergie, diablement attirant et délicieusement bordeline. Pourtant, Neil Cross ne l&#8217;avait pas vraiment pensé ainsi lors de l&#8217;écriture, c&#8217;est Idris Elba (qui a remporté un Golden Globes pour ce rôle) qui a imprimé sa marque : <em>&laquo;&nbsp;Je n’avais jamais réfléchi à la question de cette manière </em>(un Luther impressionnant et massif)<em>, mais oui, effectivement. Luther devait incarner la puissance. Il est puissant intellectuellement, puissant physiquement, puissant moralement. Le nombre d’acteurs capables d’endosser un tel rôle était assez limité, forcément et parmi eux, Idriss Elba était incontestablement le meilleur. Je suis vraiment très chanceux.&nbsp;&raquo; </em>(Neil Cross,<a href="http://www.20minutes.fr/article/921841/neil-cross-luther-personnage-icone"> interview</a> pour 20 Minutes). &nbsp;&raquo; <em>&laquo;&nbsp;Un jour, Idris Elba a rencontré ce monde imaginaire&#8230; et John Luther est devenu réel d&#8217;une manière qu&#8217;aucun de nous n&#8217;aurait pu imaginer. Idris a apporté de nouvelles couches de profondeur et de complexité au personnage, l&#8217;a rendu attirant, irrésistible, profondément brisé, et parfois sans peur. À la minute où il a mis son imperméable et s&#8217;est avancé vers la caméra, nous avons su que nous avions quelque chose de très spécial dans nos mains.&nbsp;&raquo; (</em>Neil Cross, <a href="http://www.canalplus.fr/c-series/c-minisite-luther/pid4358-interview-de-neil-cross.html">interview</a> pour Canal+).</p>
<p><strong>La chasse aux criminels</strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Chaque épisode est un duel entre un policier et un tueur, entre un chasseur et sa proie, dans lequel on voit Luther traverser l&#8217;enfer, dépasser les limites de la loi, tenter le tout pour le tout.&nbsp;&raquo; </em>(Neil Cross, pour Canal+)</p>
<p>Luther est donc une séries policière qui,<em> a priori</em>, nous montre chaque semaine John Luther menant ses enquêtes. C&#8217;est effectivement ce qui nous est proposé, mais d&#8217;une façon tellement plus subtile et intéressante que les séries policières classiques. John Luther est obsédé par ses enquêtes, il n&#8217;a qu&#8217;un seul but : arrêter les tueries, sauver des vies. Cela devient une obsession, tout son être est porté par cet objectif. Luther est un homme brillant et aux manières peu orthodoxes. Il se met dans la tête de ses proies et il sait que pour les attraper, il ne peut se contenter de suivre les procédures habituelles.</p>
<p>Pour John Luther, rien n&#8217;est un jeu, il ne prend pas vraiment plaisir à mener ces traques, c&#8217;est une nécessité. Il doit les stopper quel qu&#8217;en soit le prix. Mais même lorsqu&#8217;il y arrive, il ne trouve pas la paix : il y aura toujours une autre enquête, toujours d&#8217;autres souffrances. Certes, ce n&#8217;est pas un jeu, mais John Luther a besoin de cette adrénaline, de cette angoisse. Comme tout chasseur accro, il ne peut se passer de la traque., même si chaque traque le détruit un peu plus.</p>
<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/05/Luther-Saison-2-Vostfr.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-960" title="Luther Saison 2 Vostfr" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/05/Luther-Saison-2-Vostfr-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p><strong>Luther le chat, Alice la souris (ou l&#8217;inverse)</strong></p>
<p>La première enquête mène John Luther sur les traces d&#8217;Alice Morgan (Ruth Wilson), psychopathe à l&#8217;intelligence redoutable qui a décidé, un jour, de se débarrasser de ses parents et qui commet le crime parfait. De cette traque naît une relation particulière entre le chasseur et sa proie, relation dans laquelle chasseur et proie ne sont pas toujours les mêmes. Alice Morgan s&#8217;installe inexorablement dans la vie de Luther, lentement, insidieusement. Mais alors que Luther tente tout d&#8217;abord de lutter contre cette intrusion, celle-ci devient peu à peu acceptable, jusqu&#8217;à être nécessaire.</p>
<p>La relation entre ces deux êtres à la marge, aux esprits si brillants, si incapables de se plier aux normes de la société, est absolument réjouissante. Elle est à la fois terrifiante et un pur délice. Le jeu de miroir entre Luther et Alice fonctionne à merveille et passe de l&#8217;un à l&#8217;autre en toute simplicité. Leurs trajectoires se rejoignent, leurs destins se lient, leurs névroses se répondent.</p>
<p>Le jeu de Ruth Wilson est admirable. Elle nous propose une interprétation juste et complexe. Elle paraît tout à la fois forte, fragile, folle, censée, nous glace le sang et nous rassure. Le télévision ne nous offre pas si souvent des rôles féminins aussi forts et intéressants. <em>&laquo;&nbsp;De tous les personnages que j’ai créés &#8211; et j’en ai créé beaucoup &#8211; c’est celui</em> (d&#8217;Alice Morgan) <em>qui m’est venu le plus facilement, le plus naturellement. Elle est ma préférée ! Alice provoque des réactions très fortes sur le public. Certains hommes sont terrifiés par elle, d’autres sexuellement attirés. Le public est aussi stimulé par son intelligence redoutable.&nbsp;&raquo; </em>(Neil Cross, pour 20 Minutes).</p>
<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/05/252142.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-961" title="252142" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/05/252142-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" /></a></p>
<p><strong>La chasse aux démons intérieurs</strong></p>
<p>La grande force de Luther est de nous plonger dans les tréfonds de l&#8217;âme humaine. Et il faut reconnaître qu&#8217;elle est souvent trouble. La grande force de Luther est de nous montrer une humanité faible, mais sans porter de jugement moral. Un point de vue qui m&#8217;avait particulièrement plu dans les premières saisons de <a title="Fan absolue de Dexter : c’est grave docteur ?" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2010/11/28/fan-absolue-de-dexter-cest-grave-docteur/">Dexter </a>et qui se fait malheureusement plus discret à présent.</p>
<p>Toute la question de Luther est de savoir quelles sont nos limites, jusqu&#8217;où peut-on s&#8217;enferrer, quelles sont nos valeurs, quels sont nos combats. John Luther n&#8217;est pas un homme irréprochable, loin de là. Sa part d&#8217;ombre nous est montrée dès la scène d&#8217;ouverture du pilot, sa violence est présente tout au long de cette première saison (je n&#8217;ai pas encore commencé la saison 2 que me réserve précieusement). L&#8217;obsession de Luther, son choix d&#8217;être du côté des morts plutôt que de celui des vivants, l&#8217;isole, l&#8217;enferme, l&#8217;éloigne pour toujours de sa femme Zoe (Indira Varma), partie dans les bras de Marc (Paul McGann), un homme entièrement présent pour elle. La volonté de Luther d&#8217;attraper les criminels coûte que coûte, de repousser chaque enquête un peu plus le curseur peut-il le faire complètement basculer ? Finira-t-il par ressembler à ceux qu&#8217;il traque ? Finira-t-il par être la proie ?</p>
<p>L&#8217;une des principales difficultés des séries portées par un personnage central et fort est de laisser vivre les personnages secondaires. Luther ne tombe pas dans cet écueil et donne sa place à chacun et chacune : Roser Teller (Saskia Reeves), la chef du service, Ian Reed (Steven Mackintosh), le collègue et meilleur ami et Justin Ripley (Warren Brown) le jeune partenaire. Chacun de ces personnages secondaires a sa propre trajectoire, sera mis face à lui-même, ses responsabilités, ses cas de conscience.</p>
<p>L&#8217;autre personnage essentiel de Luther est Londres. Contrairement au Londres de <a title="Vous aussi, succombez sans attendre à la Sherlockmania" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/01/17/vous-aussi-succombez-sans-attendre-a-la-sherlockmania/">Sherlock</a>, qui est avant tout un terrain de jeu, le Londres de Luther est gris, froid, terne. Les cadres sont rectilignes, la vie ne semble pas pouvoir s&#8217;y exprimer librement. Elle est le reflet de l&#8217;âme des personnages : âpre et oppressante.</p>
<p>Ne croyez pourtant pas que Luther n&#8217;est que désespoir et déchéance. L&#8217;humain est le centre de cette série et qui dit humain, dit émotions.</p>
<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/05/22/luther-la-chasse-est-ouverte/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><strong>Luther, BBC One, 2 saisons (10 épisodes), saison 3 en production. Diffusion sur Canal+ en avril et mai 2012</strong></p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.seriesaddict-sowhat.fr%2F2012%2F05%2F22%2Fluther-la-chasse-est-ouverte%2F&amp;title=Luther%2C%20la%20chasse%20est%20ouverte" id="wpa2a_2"><img src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Vivre sa passion de manière intime ou collective ? Un billet à quatre mains avec @ArnoDoucet</title>
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		<pubDate>Tue, 15 May 2012 18:10:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, cher lecteur, chère lectrice, je te propose un billet un peu particulier. Il y a quelques jours, je lançais un tweet exprimant mon incrédulité face aux premiers chiffres record d&#8217;Avengers aux États-Unis. S&#8217;en est suivi un échange fort intéressant avec @ArnoDoucet. Mais 140 caractères étant bien frustrants, je décidais de faire de mon incrédulité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui, cher lecteur, chère lectrice, je te propose un billet un peu particulier. Il y a quelques jours, je lançais un tweet exprimant mon incrédulité face aux premiers chiffres record d&#8217;Avengers aux États-Unis. S&#8217;en est suivi un échange fort intéressant avec @ArnoDoucet. Mais 140 caractères étant bien frustrants, je décidais de faire de mon incrédulité un billet. Ce cher @ArnoDoucet a eu la très bonne idée de me proposer un billet à quatre mains. Idée que je me suis empressée d&#8217;accepter. Voici le résultat de notre échange.</p>
<p><strong>@Astiera : </strong>Je suis toujours interpellée par les films qui font des millions et des millions d&#8217;entrées. Non pas parce que j&#8217;ai un point de vue snob et considère ceci comme de la consommation de masse, donc des produits de mauvaise qualité. Non, ce qui m&#8217;interpelle, c&#8217;est ce besoin de partager avec le plus grand nombre. Car en fait, cela va bien au-delà de la volonté d&#8217;aller voir un bon film, et la qualité du film s&#8217;efface petit à petit au profit du phénomène. On décide de faire la queue, de s&#8217;enfermer dans une salle pleine à craquer, pour prendre part à quelque chose. C&#8217;est l&#8217;événement à ne pas rater, on se sent appartenir à ce monde qui ne parle que de ça ou presque à cet instant T. Je suis allée voir Titanic, longtemps après sa sortie en salles, je suis allée voir Les Ch&#8217;tis et Intouchables, mais j&#8217;allais voir des films, je ne me souciais guère de pouvoir en discuter avec la France entière.</p>
<p><strong>@ArnoDoucet :</strong> Ce qui me surprend le plus, c’est que ce phénomène t’étonne. Les vagues successives de décades se suivent et ne se ressemblent pas, pourtant elles ont et auront toujours un point commun : au moins une série télé. Les années 80, furent celle de Starky et Hutch et de Dallas, les années 90 celle d’X-Files (Aux frontières du réel pour les plus vieux), les années 2000 furent celles de Buffy et les années 2010, celles de Lost. Ce sont autant des phénomènes de masse que ce que les films que tu évoques. En terme de chiffres, c’est même beaucoup plus important et beaucoup plus massif que certains films.</p>
<p><strong>@Astiera : </strong>Alors oui, il y a des séries qui sont vues par des millions de téléspectateurs, mais cela n&#8217;est pas vraiment comparable. La télé, on l&#8217;a chez soi, on la regarde dans l&#8217;intimité de son foyer. Bien sûr, on peut en parler autour de la machine à café le lendemain. Bien sûr, avec les réseaux sociaux, on peut discuter de ses épisodes préférés sur des forums, on peut même les live tweeter (les commenter en temps réel sur Twitter pour ceux qui ne sont pas habitués avec les usages de cet outil). Mais là encore, je ne m&#8217;y reconnais pas. Lorsque je regarde un épisode de série, je ne fais rien d&#8217;autre. Je suis déjà allée sur des forums, mais cela m&#8217;a vite gonflée et si j&#8217;ai vraiment envie de partager mon amour pour une série, je vais en parler ici même sur mon blog, mais sans vouloir absolument créer un lien avec une cohorte de personnes.</p>
<p><strong>@ArnoDoucet :</strong> C’est cette belle envie de partage qui fait vraiment la différence entre ton appréhension de phénomène de cinéma et celui des séries. Tu aimes, (et on t’aime pour ça) prendre le temps d’aimer une série de l’apprécier d’en savourer les instants d’abord seule. Puis de retranscrire ce ressenti et cet amour de manière réfléchie, mais intacte. Tu veux choisir le moment et la manière de partager et pas le subir. Dans une salle de cinéma, les gens partagent un moment dans une certaine logique de communion temporaire et grisante. C’est une expérience plus massive, plus franche et souvent moins réfléchie mais d’une incroyable qualité aussi. Cela relève probablement plus de l’empathie immédiate, d’un partage presque physique.</p>
<p><strong>@Astiera :</strong> J&#8217;ai un peu le même problème avec les fans. Je sais, je sais, je suis une fan, à tendance midinette, je ne le cache pas. Mais contrairement à ce que l&#8217;on pourrait croire, je ne suis pas du genre hystérique et je suis toujours mal à l&#8217;aise lorsque j&#8217;en vois. J&#8217;ai participé à <a title="Conventions : événements geeks ou pièges à midinettes ?" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2011/04/21/conventions-evenements-geeks-ou-pieges-a-midinettes/">deux conventions</a>, où j&#8217;ai joué le jeu de payer pour avoir des photos avec des acteurs, mais je n&#8217;étais pas vraiment à ma place. Je suis bien sûr repartie enchantée avec mes photos sous le bras, surtout que j&#8217;avais fait quelques petites mises en scène histoire de rendre le moment moins stéréotypé, mais je n&#8217;ai pas été totalement emportée. Je suis certes une midinette, mais pour que je le sois, il faut que j&#8217;admire la personne. Des beaux mecs, ça court les films et séries et cela ne m&#8217;affole guère. Les artistes qui m&#8217;interpellent sont ceux dont j&#8217;admire le talent, mais aussi l&#8217;intelligence, la vision qu&#8217;ils ont de leur métier, ce qui ce dégage d&#8217;eux dans leurs interviews. Contrairement à ce que l&#8217;on pourrait croire, si je devais les croiser dans la rue, je n&#8217;irai pas les voir, j&#8217;aurai trop peur de les emmerder. En revanche, s&#8217;il m&#8217;était donné la chance de les rencontrer dans un contexte bien précis et de pouvoir discuter avec eux, je signe tout de suite.</p>
<p><strong>@ArnoDoucet : </strong>Ton décalage de ressenti avec un phénomène cinématographique est sûrement à mettre sur le compte de ta (presque vraie) timidité. Tu préféres un plaisir simple, personnel voire intime et un partage de la même nature. Tu ne te retrouves pas dans l’engouement et le partage collectif du cinéma ces mêmes sentiments ou plaisirs. Pourtant, l’amour du média, de la création, de l’œuvre est fondamentalement la même. Que se soit en lisant <a title="Steven Moffat et Alexandre Astier : deux virtuoses de la même espèce" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/05/08/steven-moffat-et-alexandre-astier-deux-virtuoses-de-la-meme-espece/">ta passion </a>pour Steven Moffat et Alexandre Astier ou, pour moi, en partageant mon pur plaisir de voir en salle The Avengers (puisque ce film est à l’origine de cet échange), nous sommes finalement dans une recherche de partage de sentiment et d’émotion de même nature. Je pense quand même qu’il te manque un petit quelque chose dans ton appréciation des films quand tu n’es pas dans ce sentiment général de “communion” qu’apporte la salle obscure. Pourquoi dit-ton très très souvent que certains films doivent être vus en salle ? Ce n’est pas que pour une question d’écran.</p>
<p>Alors, cher lecteur, chère lectrice, de quelle manière envisages-tu ta passion ? Est-ce que comme Arnaud, tu aimes vivre une expérience collective, un moment de partage fort et enivrant ? Ou est-ce que comme moi, tu as la passion plus intime, et le collectif t&#8217;effraie un peu ? À moins que tu navigues entre les deux ? Dans tous les cas, ton avis nous intéresse !</p>
<p>Vous pouvez retrouver @ArnoDoucet sur Twitter ainsi que dans le podcast <a href="http://thebroclash.fr/">BroClash</a>, qu&#8217;il coanime avec son frère @LaurentDoucet.</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.seriesaddict-sowhat.fr%2F2012%2F05%2F15%2Fvivre-sa-passion-de-maniere-intime-ou-collective-un-billet-a-quatre-mains-avec-arnodoucet%2F&amp;title=Vivre%20sa%20passion%20de%20mani%C3%A8re%20intime%20ou%20collective%20%3F%20Un%20billet%20%C3%A0%20quatre%20mains%20avec%20%40ArnoDoucet" id="wpa2a_4"><img src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Steven Moffat et Alexandre Astier : deux virtuoses de la même espèce</title>
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		<pubDate>Tue, 08 May 2012 17:54:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cher lecteur, chère lectrice, dans ma vie de blogueuse, il y a deux sortes de billets : ceux que j&#8217;ai envie d&#8217;écrire, qui me demandent un temps de maturation, de mettre en ordre mes arguments, de faire quelques recherches, et ceux, plus rares, que j&#8217;ai besoin d&#8217;écrire, pour lesquels les idées virevoltent dans ma tête [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cher lecteur, chère lectrice, dans ma vie de blogueuse, il y a deux sortes de billets : ceux que j&#8217;ai envie d&#8217;écrire, qui me demandent un temps de maturation, de mettre en ordre mes arguments, de faire quelques recherches, et ceux, plus rares, que j&#8217;ai besoin d&#8217;écrire, pour lesquels les idées virevoltent dans ma tête et qui me demandent de canaliser cette énergie. Le billet que tu es en train de lire, cher lecteur, chère lectrice, fait clairement partie de la seconde catégorie.</p>
<p>Si tu es fidèle parmi les fidèles, tu connais déjà ma grande admiration pour <a title="Famille Astier, je vous aime ! Ode à Alexandre" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2010/11/11/famille-astier-je-vous-aime-ode-a-alexandre/">Alexandre Astier </a>et notamment mon amour pour son petit bijou<a title="L’art de gouverner au pays de Kaamelott" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2011/05/06/lart-de-gouverner-au-pays-de-kaamelott/"> Kaamelott</a>. Tu sais également que depuis la fin de la saison 2 de <a title="Vous aussi, succombez sans attendre à la Sherlockmania" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/01/17/vous-aussi-succombez-sans-attendre-a-la-sherlockmania/">Sherlock</a>, série cocréée et coréalisée par Steven Moffat, je suis en pleine Moffatmania, me poussant à découvrir son œuvre de scénariste, <a href="http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=3183.html">Jekyll</a> et <a href="http://www.allocine.fr/series/ficheserie_gen_cserie=575.html">Doctor Who </a>depuis la saison 5 (saison à partir de laquelle il est devenu scénariste en chef, et oui, je sais pertinemment que c&#8217;est une totale hérésie de commencer Doctor Who par la saison 5) en tête. Cela fait déjà un petit moment que je veux écrire un billet sur Steven Moffat. Et puis, je suis allée voir <a href="http://www.theatredurondpoint.fr/saison/fiche_spectacle.cfm/110866-que-ma-joie-demeure-.html">Que ma joie demeure</a>, spectacle écrit et joué par Alexandre Astier qui donne vie à un Jean-Sébastien Bach drôle, émouvant et poétique. Il m&#8217;est alors apparu que ces deux créateurs avaient beaucoup de points communs. Dimanche 6 mai (dimanche ô combien épique), j&#8217;ai entendu Alexandre Astier au micro de Rebecca Manzoni dans <a href="http://www.franceinter.fr/emission-eclectik-alexandre-astier">Eclectik</a>, très bonne émission de France Inter soit dit en passant, et ce que je pressentais s&#8217;est confirmé : Alexandre Astier et Steven Moffat ont définitivement des points communs (pour information, les citations concernant Alexandre Astier présentes dans ce billet sont tirées de cette émission).</p>
<p><strong>Des personnages plus intelligents que ceux qui les entourent</strong></p>
<p>L&#8217;Arthur de Kaamelott, le<a href="http://www.dailymotion.com/video/x8zx54_alexandre-astier-la-physique-quanti_fun"> physicien</a> expliquant les limites de la physique quantique, le Bach donnant une masterclass ont tous la même qualité : ils sont intelligents. Mais pour leur plus grand malheur, ils sont le plus souvent, voire exclusivement, les plus intelligents de la pièce. Résultat : ils ne sont pas toujours patients face aux manquements intellectuels de ceux qui les entourent, s&#8217;ennuient et ne sont donc pas toujours des plus agréables. Alexandre Astier le répète volontiers à longueur d&#8217;interviews : il a été bercé au Louis de Funès, à ses personnages intelligents qui se désespèrent de voir que cela ne suit pas à côté d&#8217;eux et qui sont plutôt dans la catégorie colériques et ignobles. Le sieur Astier a aussi une autre ambition : proposer au public des créations intelligentes où l&#8217;on peut apprendre des choses. <em>&laquo;&nbsp;C&#8217;est mon caractère d&#8217;expliquer. J&#8217;aime bien expliquer je crois. </em>(&#8230;)<em> Finalement, au bout du compte, la chose qui me rend le plus fier, de tout le reste, c&#8217;est d&#8217;avoir fait comprendre bien modestement, à n&#8217;importe qui, et n&#8217;importe quoi à quelqu&#8217;un. </em>(&#8230;)<em> Je ne serai jamais aussi reconnaissant à qui que ce soit de m&#8217;avoir fait comprendre un truc.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Du côté de Steven Moffat, cela peut sembler un peu différent car ses trois personnages phares (Jekyll, Doctor Who et Sherlock) ne sont pas ses inventions. Alors oui, le matériau original est déjà bien marqué et oui, ces figures le sont tout autant. Mais il faut tout de même reconnaître que Steven Moffat les réinvente avec brio et réussit parfaitement à mettre en lumière leur intelligence, et à les rendre, souvent, délicieusement insupportables.</p>
<p>Mais ne vous y trompez pas, Alexandre Astier et Steven Moffat ne nous dépeignent pas que des êtres imbus d&#8217;eux-mêmes, à la limite de l&#8217;abject. Car que serait l&#8217;intelligence sans l&#8217;émotion ? Que serait une série réussie sans nuances ?</p>
<p>Dans Kaamelott, Arthur est profondément touchant, a ses fêlures, ses moments de désespoir. Dans Kaamelott, tous les personnages sont attachants, on sent la tendresse du créateur pour chacun d&#8217;eux. Au fil des saisons et des changements de format, donc de narration, les relations se font plus subtiles et plus vraies. Alexandre Astier nous parle aussi bien du désespoir d&#8217;un roi qui baisse les bras, renonçant à exercer son pouvoir, persuadé de ne pas le mériter, d&#8217;amitié, d&#8217;amour, de trahison, d&#8217;absurdité. Dans Que ma joie demeure, le Bach que l&#8217;on voit devant nous a lui aussi ses faiblesses et ses doutes. S&#8217;il y a bien une question chère au cœur d&#8217;Alexandre Astier, c&#8217;est celui de la paternité (il a quatre enfants). Comme il l&#8217;a souvent dit en interview, il a toujours voulu être père et ses enfants ont une place capitale dans sa vie. Cette question de la paternité est l&#8217;un des enjeux centraux du Livre V de Kaamelott, le plus sombre et le plus réussi à mon goût. Arthur se morfond de ne pas avoir de descendance et décide de parcourir le royaume de Logres afin de trouver ses hypothétiques enfants. L&#8217;échec de cette quête et l&#8217;idée de ne pouvoir jamais être père l&#8217;achèveront. Bach a eu beaucoup d&#8217;enfants et il en aussi beaucoup perdus. Une phrase de la deuxième femme du compositeur a particulièrement marqué Alexandre Astier : <em>&laquo;&nbsp;C&#8217;est bizarre, il n&#8217;arrive pas à s&#8217;y faire&nbsp;&raquo;</em>. Voici donc un homme qui n&#8217;arrive pas à se faire à l&#8217;idée de perdre des nourrissons ou des enfants en bas âge, alors que l&#8217;époque veut que cette mortalité infantile soit la règle. Voici donc un homme rongé par une tristesse qu&#8217;il ne peut s&#8217;autoriser à éprouver. Voilà pourquoi le Bach d&#8217;Alexandre Astier nous emporte.</p>
<p>Dans Jekyll, Doctor Who et Sherlock, la dynamique est assez similaire. Hyde est donc le double maléfique du Dr Jackman. Le Dr Jackman, marié et père de deux enfants, fait tout pour cacher leur existence à cet animal qui sommeille en lui. Mais lorsque la vérité éclate enfin, Hyde ne leur fera pas de mal, il sera même protecteur, à sa façon bien sûr (enfin, pour le moment, je n&#8217;ai vu que les trois premiers épisodes, tout peut encore changer&#8230;). Pour Doctor Who, on ne peut pas dire que le personnage est insupportable. Il est même tout le contraire. En fait, même si à première vue, le Doctor et Sherlock semblent similaires car intelligents, ils ne le sont pas du tout. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ce que Steven Moffat a expliqué au site <a href="http://www.linternaute.com/television/serie-tv/steven-moffat-interview-du-scenariste-de-doctor-who-et-sherlock/interview-steven-moffat.shtml">L&#8217;Internaute</a> à l&#8217;occasion de <a title="Comic Con, saison 3" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2011/07/04/comic-con-saison-3/">Comic Con </a>l&#8217;année dernière, où il était l&#8217;invité d&#8217;honneur : <em>&laquo;&nbsp;Sherlock est fait de longues séquences, le personnage principal est très froid, cruel, désagréable alors que le Docteur est charmant et adorable. Ils ont un point commun, c&#8217;est qu&#8217;ils sont obsédés par l&#8217;intelligence. Ils sont tous deux extrêmement brillants, mais Sherlock est tout le temps en train de dire aux gens qu&#8217;il est intelligent alors que le Docteur semble ne pas s&#8217;intéresser à sa propre intelligence. Sherlock a un cerveau tellement grand qu&#8217;il est incapable de traverser la rue sans clamer à quel point il est plus malin que tout le monde. Pour moi, c&#8217;est radicalement différent mais je comprends que d&#8217;un point de vue extérieur ils aient l&#8217;air similaires.&nbsp;&raquo; </em>Oui, dans la première saison, Sherlock est le plus souvent insupportable (mais ce que je l&#8217;aime lorsqu&#8217;il est insupportable, heu, pardon, je m&#8217;égare). Mais dans la deuxième saison, cet autiste asocial grandit, gagne en humanité, apprend à prendre en compte ce que le commun des mortels appelle les émotions. Watson prend de plus en plus de place, et leur très belle amitié éclate à l&#8217;écran. Dans A Scandal in Belgravia (S02E01), Steven Moffat place Sherlock face à l&#8217;amour en la personne de l&#8217;irrésistible Irene Adler. Leurs scènes sont d&#8217;une sensualité folle et prouvent que oui, Moffat peut parler d&#8217;amour. Il fait d&#8217;ailleurs cet aveu à L&#8217;Internaute, au sujet d&#8217;un épisode de la saison 2 de Doctor Who où ce dernier tombe sous le charme de la dame de Pompadour : <em>&laquo;&nbsp;C&#8217;est devenu une de ces mini histoires d&#8217;amour que j&#8217;aime bien écrire.</em> (Sur le ton de la confidence)<em> j&#8217;adore les histoires d&#8217;amour.&nbsp;&raquo; </em>Dans ce même épisode, une scène entre Sherlock et Molly, jeune femme effacée désespérément amoureuse de Sherlock alors que celui-ci n&#8217;a presque aucun regard pour elle, est terriblement touchante. Et comme l&#8217;ont parfaitement dit mes petits camarades du Village dans leur très bon<a href="http://www.a-suivre.org/levillage/les-controverses-no14-sherlock-bilan-apres-deux-saisons.html"> podcast</a>, consacré à la saison 2 de Sherlock, Steven Moffat n&#8217;est pas qu&#8217;un Écossais bourru, c&#8217;est aussi un grand romantique.</p>
<p><strong>Deux écritures similaires ?</strong></p>
<p><em>&laquo;&nbsp;Je suis un musicien qui fait tout le reste.</em> (&#8230;)<em> Je fais tout, tout, tout, comme un musicien. </em>(&#8230;)<em> Surtout la direction d&#8217;acteur.&nbsp;&raquo; </em>Alexandre Astier le répète aussi souvent : il écrit ses dialogues comme une musique et demande aux comédiens de respecter parfaitement cette musique. Et c&#8217;est ce qui fait qu&#8217;ils sont aussi réussis. Le rythme, voilà ce qui fait tout, qu&#8217;il soit lent ou rapide d&#8217;ailleurs. Un scénariste qui a son tempo et qui  le garde jusqu&#8217;au bout proposera une création de qualité. Les épisodes de Doctor Who et de Sherlock écrits par Steven Moffat ont un rythme endiablé qui scotche le spectateur. Les informations fusent de tous les côtés, les déductions des deux héros vont à une vitesse folle, tous les éléments de l&#8217;histoire s&#8217;imbriquent et se répondent. Les détracteurs de Moffat diront qu&#8217;il en fait un peu trop et qu&#8217;il se regarde écrire. C&#8217;est peut-être vrai. Mais c&#8217;est un tel bonheur à chaque fois, que je l&#8217;encourage fortement à manquer de modestie (ce qu&#8217;il fait d&#8217;ailleurs très bien sans moi).</p>
<p>Autre élément capital des écritures d&#8217;Astier et Moffat : les dialogues. &laquo;&nbsp;<em>Moi je fais partie des gens qui aiment faire parler, souvent je les fais parler pour rien dire. Parce que ça aussi, c&#8217;est vrai. Ce que j&#8217;arrive pas à comprendre, c&#8217;est que tout le monde s&#8217;accorde à dire que le dialogue, ça sert à s&#8217;identifier soi-même d&#8217;abord. On dit pas ce qu&#8217;on veut expliquer, on dit qui on est. Donc pour moi parler, ça explique jamais rien. Alors des fois c&#8217;est bizarre, parce que dans le script il y a des scènes qui ne servent strictement à rien d&#8217;un point de vue du scénario, à rien, à rien du tout. On pourrait l&#8217;enlever cela ne change rien. Mais moi je crois que tout est un prétexte à faire parler, voire même à faire parler pour rien dire&nbsp;&raquo;. </em>On retrouve cet amour du dialogue chez Steven Moffat. Lorsque le Doctor est entre ses mains, il n&#8217;arrête pas une seconde, part dans des digressions. C&#8217;est encore plus flagrant dans Sherlock. Bien sûr, il y a les scènes de déduction, mais elles sont quasiment tout le temps nécessaires à l&#8217;intrigue. Ce qui fait tout le sel de Sherlock, ce sont ses scènes du quotidiens ou ces rencontres entre personnages qui, comme le dit Alexandre Astier, ne font pas avancer l&#8217;histoire, mais disent qui sont les personnages que l&#8217;on découvre. D&#8217;ailleurs, si le <a title="Sherlock aurait pu être une série presque banale" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/02/24/sherlock-aurait-pu-etre-une-serie-presque-banale/">pilot</a> de 60 minutes non diffusé de Sherlock m&#8217;a moins plus, c&#8217;est justement parce que toutes ces scènes non nécessaires à l&#8217;histoire n&#8217;existaient pas.</p>
<p>Alexandre Astier a une autre caractéristique : il aime écrire dans l&#8217;urgence. &laquo;&nbsp;<em>Pour Kaamelott, j&#8217;écrivais toujours la veille pour le lendemain, donc du coup, j&#8217;écrivais fatigué.</em> (&#8230;) <em>Il y a des trucs complètement débiles dans Kaamelott qui sont dus à la fatigue. J&#8217;aime bien écrire épuisé parce qu&#8217;il sort des trucs qui sont pas aussi surveillés que quand je le suis pas. (&#8230;) L&#8217;épuisement, c&#8217;est ce qui enlève l&#8217;autocritique et surtout l&#8217;autocensure.&nbsp;&raquo; </em>Outre-Manche, Mr Moffat ne chôme pas lui non plus avec deux séries dans les tuyaux. Et pour ces deux scénarios de Sherlock, il les a toujours rendus en retard. <em>&laquo;&nbsp;Ce qui a changé dans mon travail ? Ah ! Il y en a énormément plus, déjà ! C&#8217;est vraiment non-stop, chaque mois de l&#8217;année, chaque semaine de chaque mois et chaque jour de la semaine, c&#8217;est un travail continu, en permanence. Le travail de scénariste est toujours le même, écrire un épisode pour Russell </em>(ndlr : Russell T. Davis, scénariste principal de 2005 à 2009) <em>c&#8217;est le même processus que d&#8217;écrire un épisode pour moi. Je m&#8217;installe dans une pièce et je n&#8217;arrive plus à penser à rien ! Mais actuellement, le fait de devoir travailler non sur un épisode mais sur la série dans sa totalité, c&#8217;est le travail le plus exigeant du monde. Quand on a ce travail, on ne devrait surtout pas travailler sur une autre série en parallèle&#8230; Mais je l&#8217;ai fait avec Sherlock ! Quel idiot.&nbsp;&raquo; </em>(L&#8217;Internaute).</p>
<p>Autre caractéristique de sieur Astier : il aime le travail en solo. Il écrit seul, il dirige seul, il compose la musique de ses créations seul, il monte seul. On peut lui reprocher de ne pas faire confiance, de ne pas savoir déléguer, mais puisqu&#8217;il sait le faire et qu&#8217;il sait exactement l&#8217;histoire qu&#8217;il veut raconter et comment il veut la raconter, cela va de soi. Steven Moffat écrit lui aussi en solo. Bien qu&#8217;il soit coscénariste sur Sherlock, il écrit de son côté. Bien sûr, il discute longuement avec Mark Gatiss, cocréateur et aussi coscénariste et aussi Mycroft Holmes, de la direction dans laquelle il veulent aller, mais cela s&#8217;arrête là. Lors de <a href="http://season1.fr/13384/avant-premiere-sherlock-a-france-4/">l&#8217;avant-première</a> Sherlock dans les locaux de France4 en février dernier, il a même avoué qu&#8217;il n&#8217;avait de coscénariste que le nom !</p>
<p>Ce qui me plaît le plus chez Alexandre Astier et Steven Moffat, c&#8217;est qu&#8217;ils aiment profondément ce qu&#8217;ils font et qu&#8217;ils ne le font que pour ça. Deux hommes qui s&#8217;éclatent à créer, à donner vie aux personnages qui leur plaisent, à raconter les histoires qu&#8217;ils ont envie de voir. Steven Moffat le dit et le répète : écrire Doctor Who et Sherlock se résume à un seul mot, le fun.</p>
<p><strong>Deux hommes talentueux</strong></p>
<p>Pour Alexandre Astier, les virtuoses sont ceux qui ont une parfaite maîtrise de leur art, parfaite maîtrise qui leur permet d&#8217;en être détachés. J&#8217;imagine qu&#8217;il n&#8217;aimerait pas être qualifié de virtuose, mais enfin, voici un homme qui écrit, joue, réalise, compose, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=gpMdrvgkKWw">joue de plusieurs instruments</a>, se met à la viole de gambe pour un spectacle et vous donne des frissons, et le tout avec une incroyable décontraction et impression de facilité. Et que dire de Steven Moffat dont les scénarios sont toujours un enchantement et une claque ?</p>
<p>Alexandre Astier ne sait pas d&#8217;où sortent Jean-Sébastien Bach et Isabelle Adjani. Moi, je ne sais pas d&#8217;où sortent Steven Moffat et Alexandre Astier.</p>
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		<title>Si toi aussi tu es un(e) non cinéphile, sache que tu n&#8217;es plus seul(e) !</title>
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		<pubDate>Tue, 01 May 2012 18:02:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[Hérésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Et oui, cher lecteur, chère lectrice, encore un article qui peut te sembler hérétique. Car enfin, parler de cinéphilie sur un blog de sériephile, est-ce bien sérieux ? Rassure-toi, le monde ne va pas encore disparaître (aurais-tu donc oublié que nous avons jusqu&#8217;au 22 décembre pour mettre à mal l&#8217;équilibre cosmique sans aucune conséquence ?) [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et oui, cher lecteur, chère lectrice, encore un article qui peut te sembler hérétique. Car enfin, parler de cinéphilie sur un blog de sériephile, est-ce bien sérieux ? Rassure-toi, le monde ne va pas encore disparaître (aurais-tu donc oublié que nous avons jusqu&#8217;au 22 décembre pour mettre à mal l&#8217;équilibre cosmique sans aucune conséquence ?) : je parle de non cinéphilie.</p>
<p>Car oui, cher lecteur, chère lectrice, je me dois de crier la vérité au monde : je ne suis pas cinéphile. Et si toi aussi, cher lecteur, chère lectrice, tu es non cinéphile et que tu le vivais mal, n&#8217;aies plus peur, je suis avec toi ! En fait, cela ne fait pas très longtemps que je me pose la question de ma non cinéphilie et jusque il y a encore peu de temps, je ne me l&#8217;étais d&#8217;ailleurs jamais vraiment posée. Mais voilà, les hasards de ma vie connectée m&#8217;ont amenée à rencontrer une communauté de cinéphiles passionnés. Et là, il faut bien reconnaître que je passe un peu (ok, beaucoup) pour une extraterrestre. Dès qu&#8217;il est question de films, je n&#8217;en ai pas vu la quasi-totalité et lorsqu&#8217;ils découvrent que je vais très très peu au cinéma, leurs réactions sont tout aussi horrifiées que perplexes. Comment est-il donc possible de s&#8217;intéresser si peu au cinéma, surtout en étant sériephile ?</p>
<p>Avec ce billet, je vais donc tenter d&#8217;expliquer aux cinéphiles comment on peut arriver à ne pas l&#8217;être. Et pour ce faire, je vais donc me baser sur ma petite personne car 1) c&#8217;est mon blog 2) je ne saurai faire de ma petite personne une généralité et 3) j&#8217;aime surtout parler de ma petite personne.</p>
<p><strong>Le cinéma, plus que discret durant mon enfance et mon adolescence</strong></p>
<p>Enfant, le cinéma ne faisait pas partie des sorties familiales. Je ne me souviens d&#8217;ailleurs d&#8217;être allée au cinéma en famille qu&#8217;une seule fois pour L&#8217;Ours. Les moments de partage, nous ne les trouvions pas dans les salles obscures, mais dans des balades en forêt où ma sœur et moi escaladions des rochers jusqu&#8217;à plus soif. Nous les trouvions également au coin de la platine vinyle familiale, que mes parents possèdent toujours d&#8217;ailleurs, pour écouter du Carmen (la sublime version avec Placido Domingo et Julia Migènes-Johnson), du Balavoine, du Jean Ferrat, du Mouloudji ou du Claude François. Car si le cinéma était absent du foyer, la musique a pris une place essentielle, vitale, ce dont je ne peux que me féliciter aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Je te vois, cher lecteur, chère lectrice, prêt(e) me rétorquer qu&#8217;à moins d&#8217;habiter au fin fond de la plus perdue des campagnes perdues, nous pouvions nous rattraper avec la location de cassettes vidéo. Et là cher lecteur, chère lectrice, je me dois d&#8217;apporter une précision cruciale : mes parents étant à la pointe de la technologie avec un TGV de retard, ils ont acheté un combi TV-magnétoscope au moment où le DVD apparaissait.</p>
<p>Je te vois, cher lecteur, chère lectrice, prêt à me rétorquer qu&#8217;une fois devenue ado, je devais courir les séances de ciné avec tous mes potes. Et bien, désolée de te décevoir, mais ce ne fut pas le cas. Non pas que je n&#8217;avais aucun pote avec qui aller au cinéma (je ne suis pas qu&#8217;une psychopathe asociale, non mais !). Le gros problème, c&#8217;est qu&#8217;en bonne ado adorant être pleinement occupée avec tout un tas d&#8217;activités extra-scolaires, mon temps libre était fort réduit et surtout employé à lire ou à regarder la télé.</p>
<p><strong>Pour moi, séries et cinéma n&#8217;ont pas grand-chose à voir</strong></p>
<p>Il est une autre interrogation de mes compagnons cinéphiles : comment puis-être aussi peu intéressée par cet art alors que les créateurs de séries que j&#8217;aime tant y puisent leur inspiration ? La réponse est toute simple : le cinéma et les séries télé ne procurent pas la même chose. Et en ce qui me concerne, le cinéma me procure moins de choses que les séries.</p>
<p>Une série, ses personnages que je retrouve semaine après semaine, que je prends le temps de connaître et auxquels je m&#8217;attache peu à peu, son ambiance, son propos, m&#8217;embarquent aisément et me fait ressentir de belles émotions, qu&#8217;elles soient joyeuses ou tristes. J&#8217;ai plus de mal à être autant embarquée par un film. Car un film, c&#8217;est tout de même frustrant : on a à peine le temps de faire connaissance avec des personnages qu&#8217;il faut déjà les quitter. Pour moi, la grande différence entre une série et un film, c&#8217;est qu&#8217;une série raconte une histoire alors qu&#8217;un film la montre. Je sais bien que les cinéphiles qui viennent de lire cette phrase doivent penser que cela ne tourne pas bien rond dans ma petite tête. Je persiste et signe : la série est le domaine du scénariste et le cinéma, celui du réalisateur. D&#8217;ailleurs, les séries estampillées “cinéma”, comme Boardwalk Empire par exemple, m&#8217;ennuient au plus haut point. Je me fiche que la mise en scène soit léchée, que les plans soient sublimes, que les mouvements de caméra soient étourdissants. Si je n&#8217;éprouve rien pour les personnages, cela ne représente que très peu d&#8217;intérêt. Et là, cher lecteur, chère lectrice, tu vas me parler de<a title="Vous aussi, succombez sans attendre à la Sherlockmania" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/01/17/vous-aussi-succombez-sans-attendre-a-la-sherlockmania/"> Sherlock</a> (si, si, ne sois pas timide, je sais bien que tu allais le mettre sur le tapis). Car après tout Sherlock, ce sont trois épisodes d&#8217;une heure et demie par saison, épisodes définis par son cocréateur Steven Moffat comme des films, et la mise en scène est particulièrement soignée. Certes. Mais le cœur de Sherlock, ce sont les personnages : l&#8217;écriture, le jeu, la réalisation, tout est fait pour les sublimer.</p>
<p>Alors bien sûr, cher lecteur, chère lectrice, la fatalité n&#8217;existe pas, je ne vis pas dans une tragédie grecque, il ne tient qu&#8217;à moi de repousser mes limites et d&#8217;ouvrir mon esprit au monde merveilleux du cinéma. Mais sache que je fais des efforts et que même si cela reste encore très anecdotique, je m&#8217;en vais tout de même de temps en temps m&#8217;enfermer dans des salles obscures ou lancer un fim plutôt qu&#8217;une série sur mon ordinateur. Je peux même te dire que j&#8217;ai été retournée par Black Swan, touchée et mise mal à l&#8217;aise par Shame et irrémédiablement emportée par <a title="Third Star, le film qui m’a mise KO pour la première fois" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/01/30/third-star-le-film-qui-ma-mise-ko-pour-la-premiere-fois/">Third Star</a>, évidemment.</p>
<p>Ne te réjouis pourtant pas si vite. La sériephile que je suis n&#8217;est pas encore prête à changer de camp.</p>
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		<title>Ainsi soient-ils, une série française qui va dans le bon sens</title>
		<link>http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/04/25/ainsi-soient-ils-une-serie-francaise-qui-va-dans-le-bon-sens/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 18:01:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[Ainsi soient-ils]]></category>
		<category><![CDATA[Séries françaises]]></category>

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		<description><![CDATA[La semaine dernière a eu lieu la troisième édition du Festival Séries Mania au Forum des Images à Paris. Un rendez-vous d&#8217;une semaine où le sériephile curieux peut découvrir des productions sur grand écran, rencontrer des créateurs, des acteurs, assister à des tables rondes. En clair, un rendez-vous que je n&#8217;ai pas manqué. Durant cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_876" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/04/20069405.jpeg"><img class="size-medium wp-image-876 " title="20069405" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/04/20069405-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Photo : François Rousseau</p></div>
<p style="text-align: left;">La semaine dernière a eu lieu la troisième édition du <a href="http://www.forumdesimages.fr/fdi/Festivals-et-evenements/Series-Mania-saison-3/(offset)/0">Festival Séries Mania </a>au Forum des Images à Paris. Un rendez-vous d&#8217;une semaine où le sériephile curieux peut découvrir des productions sur grand écran, rencontrer des créateurs, des acteurs, assister à des tables rondes. En clair, un rendez-vous que je n&#8217;ai pas manqué.</p>
<p style="text-align: left;">Durant cette riche semaine, j&#8217;ai découvert les deux premiers épisodes d&#8217;Ainsi soient-ils, dernière production d&#8217;Arte qui arrivera sur nos petits écrans en octobre prochain. Au départ, le pitch semble bien austère : on suit le parcours de cinq jeunes hommes entrant au séminaire des Capucins afin de devenir prêtres. Un séminaire tenu par le père Fromenger (Jean-Luc Bideau), ancien prêtre-ouvrier et très progressiste, mais qui ne manque pas d&#8217;orgueil. Orgueil et idées progressistes qui le mènent souvent à l&#8217;affrontement avec monseigneur Roman (Michel Duchaussoy), cardinal de son état et qui a pour ambition d&#8217;être élu par les évêques à la tête de l&#8217;église de France.</p>
<p style="text-align: left;">Je te le dis tout net, cher lecteur, chère lectrice, la religion n&#8217;est pas vraiment mon terrain de prédilection comme je l&#8217;écrivais <a title="Que Dieu bénisse les séries américaines" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/01/09/que-dieu-benisse-les-series-americaines/">ici</a>. C&#8217;est donc avec une certaine appréhension que j&#8217;ai jeté un œil dans cet univers, peu convaincue de réussir à m&#8217;y plonger. Mes craintes ont assez vite été balayées, laissant la place à une très agréable surprise.</p>
<p style="text-align: left;">J&#8217;ai en effet aimé découvrir Yann (Julien Bouanich), candide et sincère, Emmanuel (David Baiot), soignant ses angoisses et névroses dans la foi, Clément (Guillaume Morvan), portant déjà sur ses épaules sa sœur adolescente et sa mère dépressive et paumée, Raphael (Clément Roussier), dont la destinée le menait à prendre la place de son père à la tête de l&#8217;importante affaire familiale et José (Samuel Jouy), taulard porté par une foi fougueuse. Ces cinq personnages, qui peuvent sembler bien marqués, prennent assez vite en épaisseur et sont très attachants. Car oui, dans Ainsi soient-ils, ce sont les personnages qui sont au cœur de l&#8217;histoire, ce qui est encore assez rare dans les productions françaises. L&#8217;ambiance, assez lente, prenant le temps de placer ces hommes face à eux-mêmes ne manque pas d&#8217;intérêt. La vision de l&#8217;église n&#8217;est pas caricaturale, les questionnements des prêtres sont réalistes et finalement, ce n&#8217;est ce qui importe le plus. Tout le sens d&#8217;Ainsi soient-ils est de nous montrer ces jeunes hommes tenter de trouver leur voie, devenir des adultes, faire face à leur passé, leurs erreurs, leur humanité en somme. Mais le personnage du père Fromenger est tout aussi intéressant : comment réagir face à un monde où la foi catholique perd toujours un peu plus de terrain, où les aspirant prêtres se font toujours un peu moins nombreux et un peu moins sincères ? Et comment mener ces jeunes hommes sur le chemin de la prêtrise alors qu&#8217;il n&#8217;est lui-même qu&#8217;un homme, donc imparfait ?</p>
<p style="text-align: left;">Bien sûr, ces deux premiers épisodes ne manquent pas de maladresses, les dialogues ne sont pas toujours des plus heureux, certains personnages manquent quelquefois de crédibilité. Et pourtant le charme opère. Une fois ce deuxième épisode terminé, je voulais voir la suite.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Une équipe qui a de l&#8217;ambition et qui croit au projet</strong></p>
<p style="text-align: left;">Lors de ce Festival Séries Mania, j&#8217;ai pu assister à la table ronde Secrets de fabrication autour de la série. Table ronde composée de Vincent Poymiro (cocréateur et scénariste), Bruno Nahon (cocréateur et producteur), David Elkaïm (scénariste), Rodolphe Tissot (réalisateur et directeur artistique), Arnaud Jalbert (chargé des programmes fiction d&#8217;Arte) et Judith Louis (directrice de la fiction d&#8217;Arte).</p>
<p style="text-align: left;">La bonne impression éprouvée lors du visionnage des deux premiers épisodes s&#8217;est confirmée en entendant les quatre créateurs parler de leur projet. Deux scénaristes, un producteur et un réalisateur profondément attachés à leur série (et sur laquelle ils travaillent depuis 2007). Quatre créateurs essayant à leur échelle de proposer quelque chose de différent en s&#8217;inspirant des séries qui font rêver presque tous les sériesphiles : Six Feet Under, Mad Men, The Wire&#8230; Bien sûr, ils ont totalement conscience de ne pas avoir le talent des illustres showrunners américains dont ils s&#8217;inspirent, mais leur volonté de se pencher sur l&#8217;intime et de mettre les personnages au cœur de tout est très intéressante. David Elkaïm a eu cette phrase si simple et pourtant si essentielle : <em>&laquo;&nbsp;Nous aimons nos personnages&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p style="text-align: left;">Leur manière de travailler est également assez rare dans la fiction française : une petite équipe soudée, une réelle collaboration artistique avec le réalisateur, la présence des scénaristes en salle de montage (après avoir reçu les rushes en amont). Une cohérence indispensable. La collaboration avec Arte a également semblé être fournie et fructueuse, et parfois marquée d&#8217;engueulades bien senties. Mais au final, la chaîne croit dans le projet, le soutient et le promeut. Une saison 2 est déjà annoncée.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>La politique séries d&#8217;Arte</strong></p>
<p style="text-align: left;">Je peste souvent contre les chaînes françaises si timides lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de produire des séries (même si Canal+ a pas mal défraîchi le terrain) ou de diffuser des séries étrangères qui sortent du lot. Depuis quelques temps, Arte se positionne sur le créneau séries et ne cache pas ses ambitions. Je ne peux que féliciter la chaînes pour ses acquisitions audacieuses : , les Tudors, Rome, Breaking Bad, les danoises The Killing et Borgen et les prochaines <a title="The Hour : naissance du journalisme télévisuel moderne" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/03/20/the-hour-naissance-du-journalisme-televisuel-moderne/">The Hour </a>(Angleterre) et Äkta Människor (Suède). Judith Louis n&#8217;a pas caché que les modèles de la chaîne se trouvaient en Angleterre et en Israël, ce qui est de bon augure. Côté production, il y a eu dernièrement Les Invincibles (arrêtée au bout de la deux saisons) et l&#8217;ovni Xanadu qui montrait une famille dysfonctionnelle dans le milieu du porno. Prochain projet : L&#8217;Odyssée (12 episodes de 52 min pour la première saison),  série historique qui nous plongera dans le monde des proches d&#8217;Ulysse attendant désespérément sont retour à Ithaque.</p>
<p style="text-align: left;">Tout ceci semble bien audacieux, mais il subsiste tout de même quelques problèmes. Le budget, tout d&#8217;abord, de 500 000 € par épisode de 52 min, ce qui n&#8217;est vraiment pas exceptionnel. Mais surtout, le souci d&#8217;une seule production d&#8217;une série de 52 minutes par an, ce qui est vraiment peu.  Si l&#8217;on compare avec les autres pays, et notamment l&#8217;Angleterre, les productions locales sont très nombreuses et sont surtout très regardées. Contrairement à nous où ce sont les séries américaines qui font le plus d&#8217;audience. Les efforts sont là, mais Arte n&#8217;a pas (encore) les moyens de multiplier ses productions. Enfin, pas tout à fait, puisqu&#8217;elle se place sur le marché très prolifique et très juteux de la shortcom (programme court en bon français) : <a href="http://videos.arte.tv/fr/videos/_la_minute_vieille_de_fabrice_maruca-6574280.html">La Minute Vieille </a>(des vieilles qui n&#8217;ont pas leur langue dans leur poche) dès le 2 juillet à 19 h 45,  l&#8217;animé Silex and The City tiré de la BD éponyme en septembre et Juliette génération 7.0, autre animé mettant en scène les tranches de vie d&#8217;une septuagénaire et ses copines, à la fin de l&#8217;année.</p>
<p style="text-align: left;">Pour conclure, sachez qu&#8217;Ainsi soient-ils a remporté le Prix de la meilleure série française dans le cadre du Prix du jury de la presse internationale remis lors du Festival Séries Mania.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Ainsi soient-ils, saison 1 de 8 x 52 minutes. Diffusion sur Arte du 4 au 25 octobre 2012 à 20 h 40.</strong></p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.seriesaddict-sowhat.fr%2F2012%2F04%2F25%2Fainsi-soient-ils-une-serie-francaise-qui-va-dans-le-bon-sens%2F&amp;title=Ainsi%20soient-ils%2C%20une%20s%C3%A9rie%20fran%C3%A7aise%20qui%20va%20dans%20le%20bon%20sens" id="wpa2a_10"><img src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Amis du Village, merci !</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Apr 2012 17:29:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; La nouvelle est tombée hier : le site Le Village cessera d&#8217;exister cet été. Les sériephiles avertis qui viennent de lire cette phrase partagent ma tristesse. Pour les autres qui ne connaîtraient pas encore ce site et qui pensent qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une sorte d&#8217;office de tourisme pour notre sacro-saint patrimoine rural, laissez-moi vous expliquer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/04/home.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-864" title="home" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/04/home.png" alt="" width="280" height="63" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>La nouvelle est tombée hier : le site Le Village cessera d&#8217;exister cet été. Les sériephiles avertis qui viennent de lire cette phrase partagent ma tristesse. Pour les autres qui ne connaîtraient pas encore ce site et qui pensent qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une sorte d&#8217;office de tourisme pour notre sacro-saint patrimoine rural, laissez-moi vous expliquer ce qu&#8217;est Le Village et pourquoi il va me manquer.</p>
<p>J&#8217;ai donc découvert ce site il y a quelques années au hasard de mes pérégrinations sur la toile. J&#8217;ai tout de suite aimé son parti pris : parler des séries européennes. Car alors que je ne regardais que des productions américaines, Le Village m&#8217;a permis d&#8217;ouvrir mon horizon.</p>
<p>La force du Village tient en quatre noms : Sullivan Le Postec, Émilie Flament, Dominique Montay et Nicolas Robert. Une fine équipe composée de fines plumes au goût très sûr. Découvrir leurs éditos, leurs critiques, leurs dossiers, leurs podcasts est à chaque fois une réjouissance. Car ces quatre-là ont un point de vue et savent le rendre intéressant et instructif. Ils nous proposent un regard passionnant sur ce qui fait une série : pas seulement les acteurs, mais surtout les scénaristes, les réalisateurs, les producteurs. Une vision globale et essentielle. Alors bien sûr, ils sont parfois de mauvaise foi surtout lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de leurs bêtes noires, mais ils sont tout excusés, car un peu de mauvaise foi n&#8217;a jamais fait de mal à personne.</p>
<p>Le Village, c&#8217;est aussi un engagement pour la production française. Un engagement qui se traduit par des articles de fond, des reportages sur les tournages, des docs fournis en interviews (je vous conseille vivement ce qu&#8217;ils ont proposé pour <a href="http://www.a-suivre.org/levillage/spip.php?page=recherche&amp;recherche=Les+Beaux+Mecs">Les Beaux Mecs</a>). Si je parlais de mauvaise foi pour leurs bêtes noires, leur engagement est entier dès qu&#8217;il s&#8217;agit de défendre leurs chouchous. Et là, je pense tout particulièrement à Hero Corp et à Émilie qui s&#8217;est donnée corps et âme (oui, oui, corps et âme) pour faire entendre et faire vivre notre amour pour cette série si attachante, même si cela n&#8217;a pas suffi.</p>
<p>Cet engagement se traduit aussi par une posture militante : je l&#8217;ai déjà écrit <a title="La France, pays maudit pour les series addicts ?" href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2011/01/10/la-france-pays-maudit-pour-les-series-addicts/">ici</a>, les séries françaises brisent souvent le cœur des sériephiles. Et Le Village est le premier à le regretter et à ne pas se satisfaire de ce marasme. Au cours de ses années d&#8217;existence, il n&#8217;a cessé de pointer du doigt les problèmes, de tenter de montrer où les solutions pouvaient être trouvées. Le meilleur exemple est cette<a href="http://www.a-suivre.org/levillage/tribune-medias-volontarisme-ambition-et-pragmatisme-doivent-etre-le-coeur-d-une-politique-de-gauche.html"> très belle tribune </a>appelant à enfin penser et mettre en place une politique séries innovante, ambitieuse et efficace.</p>
<p>Et s&#8217;il vous fallait encore une preuve de la très grande qualité de ce site, sachez que c&#8217;est lui qui m&#8217;a donné envie de découvrir Sherlock lors de sa sortie à l&#8217;été 2010. Je ne peux donc que lui en être éternellement reconnaissante (bon ok, je ne peux pas en dire autant de ma santé mentale&#8230;).</p>
<p>Sullivan, Émilie, Dominique et Nicolas, ce petit billet est le simple témoignage de ma gratitude. Merci pour tous ces bons moments passés à vous lire et vous écouter. Je sais bien que votre aventure sériephilique ne s&#8217;arrête pas là et j&#8217;ai déjà hâte de vous suivre dans vos futures aventures.</p>
<p>Cher lecteur, chère lectrice, il ne te reste plus qu&#8217;une seule chose à faire : foncer sur le site pour y découvrir les pépites, anciennes et à venir, encore accessibles pour quelques mois.</p>
<p><a href="http://www.a-suivre.org/levillage/home.php">Le Village</a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.seriesaddict-sowhat.fr%2F2012%2F04%2F12%2Famis-du-village-merci%2F&amp;title=Amis%20du%20Village%2C%20merci%20%21" id="wpa2a_12"><img src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Est-ce donc si mal d&#8217;aimer se perdre dans les fictions ?</title>
		<link>http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/04/10/est-ce-donc-si-mal-daimer-se-perdre-dans-les-fictions/</link>
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		<pubDate>Tue, 10 Apr 2012 17:51:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>

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		<description><![CDATA[Et non, cher lecteur, chère lectrice, aujourd&#8217;hui, tu n&#8217;auras pas droit à l&#8217;une de mes analyses sériephiliques dont j&#8217;ai le secret. Non, aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai décidé d&#8217;écrire ce petit billet, sorte de réflexion à moi-même qu&#8217;en bonne égocentrique de base, je me dois de partager avec l&#8217;Internet tout entier. Durant ce week-end pascal, entre amis et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Et non, cher lecteur, chère lectrice, aujourd&#8217;hui, tu n&#8217;auras pas droit à l&#8217;une de mes analyses sériephiliques dont j&#8217;ai le secret. Non, aujourd&#8217;hui, j&#8217;ai décidé d&#8217;écrire ce petit billet, sorte de réflexion à moi-même qu&#8217;en bonne égocentrique de base, je me dois de partager avec l&#8217;Internet tout entier.</p>
<p>Durant ce week-end pascal, entre amis et famille, il y a eu ce doux dimanche passé sur mon canapé à enchaîner mes séries préférées. Cette phrase suscitera l&#8217;envie chez le sériephile accompli ou la consternation chez d&#8217;autres. Car enfin, passer tout un dimanche enfermée à regarder un écran d&#8217;ordinateur, n&#8217;est-ce pas triste et affligeant ? Ma vie est-elle donc si peu remplie et palpitante ?</p>
<p>Je te rassure tout de suite cher lecteur, chère lectrice, ma vie n&#8217;a absolument rien de pitoyable. Bien au contraire.</p>
<p><strong>Une passion pour l&#8217;imaginaire depuis l&#8217;enfance</strong></p>
<p>Gamine, je suis tombée en amour avec les histoires. Celles que mon père me racontait avant de m&#8217;endormir et que je connaissais par cœur, celles que j&#8217;ai découvertes par moi-même plus tard. J&#8217;adorais rester des heures tranquillement installée dans ma chambre, un livre entre les mains. Les bibliothèques rose et verte étaient de merveilleuses compagnes de jeu. Je dévorais Fantômette et Les Six Compagnons. Si vous vouliez me faire plaisir, rien de plus simple, il suffisait de m&#8217;acheter une des histoires d&#8217;Alice (je les ai presque toutes lues) ou un Agatha Christie. Étais-je donc une enfant renfermée et triste ? Point du tout ! Ces histoires m&#8217;enthousiasmaient et ne faisaient que grandir mon imaginaire. Je pouvais me raconter des histoires encore et encore, je ne connaissais que très peu l&#8217;ennui. Avec ma meilleure amie, nous passions notre temps à nous inventer de folles aventures, remplies de mystères, que nous prenions un plaisir fou à rendre réelles dans nos jeux.</p>
<p>Mon goût de l&#8217;écriture est né de cette passion dévorante pour la lecture. Ce blog n&#8217;aurait jamais vu le jour sans cela (et reconnaissez que cela eût été fort dommage, en toute modestie bien sûr).</p>
<p><strong>Qu&#8217;il est merveilleux de se laisser porter par un récit</strong></p>
<p>Je ne saurais vous décrire le bonheur que j&#8217;éprouve à me laisser entraîner dans l&#8217;univers d&#8217;un auteur ou d&#8217;un créateur. Il n&#8217;y a rien de plus beau que de s&#8217;abandonner à lui, d&#8217;accepter de suivre son chemin, d&#8217;être à sa merci. Les émotions que je ressens n&#8217;ont rien de factice, elles sont tout ce qu&#8217;il y a de plus réel.</p>
<p>L&#8217;être humain a toujours eu besoin de fiction, que ce soit par le théâtre, les livres ou les feuilletons dans les journaux. Il n&#8217;y a rien de malsain à cela. Bien sûr, parfois, lorsque le quotidien est pénible, cela peut être un moyen de s&#8217;évader, de fuir la réalité. Mais est-ce donc si grave ?</p>
<p><strong>Une dimension encore plus grande avec les séries</strong></p>
<p>Les séries ont ce petit quelque chose en plus qui les rend irrésistibles : elles sont un rendez-vous. Un rendez-vous avec des personnages auxquels on s&#8217;attache, on s&#8217;identifie.</p>
<p>Ce rendez-vous, j&#8217;aime le savourer. Je ne suis pas adepte des marathons, durant lesquels on enchaîne les saisons jusqu&#8217;à plus soif. J&#8217;aime prendre le temps de découvrir l&#8217;univers, les intrigues, les évolutions. Et j&#8217;aime aussi attendre entre chaque épisode, imaginer quelle sera la suite, faire du visionnage des épisodes un moment particulier. Ces phrases peuvent faire sourire, mais si regarder des séries se limite à du “sitôt vu, sitôt oublié”, quel en est l&#8217;intérêt ? J&#8217;ai été dans cette démarche, avalant un nombre impressionnant de productions, mais je m&#8217;en suis assez vite lassée. J&#8217;ai préféré réduire le nombre de séries (même si ma récente plongée dans la fiction anglaise me fait mentir) pour ne garder que celles qui me parlent vraiment, qui m&#8217;emportent. Car oui, en regardant une série que j&#8217;aime, je redeviens cette petite fille dévoreuse d&#8217;histoires. Vous devriez essayer, c&#8217;est magique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.seriesaddict-sowhat.fr%2F2012%2F04%2F10%2Fest-ce-donc-si-mal-daimer-se-perdre-dans-les-fictions%2F&amp;title=Est-ce%20donc%20si%20mal%20d%E2%80%99aimer%20se%20perdre%20dans%20les%20fictions%20%3F" id="wpa2a_14"><img src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>The Hour : naissance du journalisme télévisuel moderne</title>
		<link>http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/03/20/the-hour-naissance-du-journalisme-televisuel-moderne/</link>
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		<pubDate>Tue, 20 Mar 2012 12:01:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[The Hour]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je vais te parler de mon dernier coup de cœur, j’ai nommé la british The Hour. Et oui, encore une série britannique. Mais il faut bien reconnaître qu’ils sont particulièrement talentueux outre-Manche et en cette saison 2011-2012 américaine bien pauvre en surprises, cela remonte le moral. 1956. Une nouvelle émission [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/the-hour-bbc-cast.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-817" title="the hour bbc cast" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/the-hour-bbc-cast-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je vais te parler de mon dernier coup de cœur, j’ai nommé la british The Hour. Et oui, encore une série britannique. Mais il faut bien reconnaître qu’ils sont particulièrement talentueux outre-Manche et en cette saison 2011-2012 américaine bien pauvre en surprises, cela remonte le moral.</p>
<p>1956. Une nouvelle émission de la BBC voit le jour : The Hour. Produit par l’ambitieuse Bel Rowley (Romola Garai), présenté par le charismatique Hector Madden (Dominic West) et préparé par une équipe de journalistes passionnés à l’image du tempétueux Freddie Lyon (Ben Whishaw), ce programme veut révolutionner la manière d’informer. Le tout sur fond de crise du canal de Suez, de complot, d’agent du MI-6 et d&#8217;espions soviétiques.</p>
<p><strong>Tout dire et tout montrer de ce monde en plein bouleversement</strong></p>
<p>Le grand intérêt de The Hour, en dehors d&#8217;une très bonne écriture et d&#8217;un casting irréprochable, est de montrer un monde en plein changement à travers le regard des journalistes. La guerre est finie mais de grands enjeux planent : guerre froide naissante, décolonisation, aspiration des peuples à être libres, interrogation des citoyens sur le fonctionnement de leurs démocraties. Avant la naissance de The Hour, les journaux de la BBC se limitaient à un présentateur dictant un texte sur des images. Un texte toujours lisse, optimiste. Des sujets consensuels, évitant avec soin tout ce qui dérange. Mais le monde change, les hommes changent, les journalistes changent. Une nouvelle génération est là et bien là et n&#8217;aspire qu&#8217;à une seule chose : montrer ce qu&#8217;il se passe d&#8217;important dans le monde en toute transparence et en étant sur le terrain. The Hour fait donc la place belle aux reportages, mais aussi aux interview sans concession. Bien sûr, elle est diffusée en direct.</p>
<p>Cette nouvelle façon de faire du journalisme à cette époque n&#8217;était pas seulement propre à l&#8217;Angleterre. La France a aussi connu cette révolution.</p>
<p>En 1958, Pierre Corval, rédacteur en chef adjoint du journal télévisé s’exprime ainsi : <em>« La première manière de faire de l’information télévisée, c’est de dépêcher sur les lieux de l’événement un cameraman. » </em>(Hervé Brusini et Francis James<em>, Voir la vérité : le journalisme de télévision</em> &#8211; PUF, collection Recherches politiques, 1982). Il résume parfaitement la philosophie journalistique de l’époque : l’importance primordiale du terrain. Cette importance du terrain est d’autant plus grande que les journalistes partent loin pour couvrir de grands événements : guerre d’Algérie, guerre du Viêt Nam, guerre d’indépendance au Congo belge et bien d’autres encore. Les téléspectateurs découvrent souvent une réalité qu’ils n’avaient encore jamais eu la possibilité d’approcher auparavant.</p>
<p>Mais, en France,  il est une émission qui va révolutionner le reportage à la télévision. Il s’agit de Cinq colonnes à la Une créé en 1959 autour de l’équipe composée de Pierre Lazareff, grand homme de presse et fondateur de France Soir, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère. Ce programme n’invente pas le reportage, mais synthétise à lui seul la manière d’informer de l’époque. <em>« Pendant les deux heures de sa diffusion, il apparaît comme le produit le plus achevé et le plus significatif de l’information télévisée des décennies 50 et 60. À le regarder se dérouler, on voit la manière dont la télévision fait et fera du journalisme jusqu’en 1965. Il en est le raccourci et le condensé. Il résume cette période en un mot : reportage. Mais le magazine n’introduit pas cette technique à la télévision ; c’est le reportage qui impose Cinq colonnes à la Une comme le type de l’émission d’information » </em>(Hervé Brusini et Francis James<em>, Voir la vérité : le journalisme de télévision</em> &#8211; PUF, collection Recherches politiques, 1982). L&#8217;émission devient emblématique de cette nouvelle télévision et a marqué les esprits : « [..] <em>Pierre Desgraupes (ORTF, Cinq colonnes à la Une) </em>[figurait] <em>parmi ces individus dont le seul dynamisme était propre à contraindre leurs organisations respectives à affronter les risques qui permettraient au journalisme de s’imposer dans le monde de l’audiovisuel. Ils créèrent des magazines d’information là où, auparavant, il n’y avait qu’un présentateur lisant un bulletin préparé ou une dépêche d’agence. </em>[..]<em> Ils obligèrent la technique à servir leurs fins créatrices à mesure qu’elle progressait » (</em>Anthony Smith, <em>The shadow in the cave</em>, 1973).</p>
<p>Plus récemment, une émission du service public est revenu sur les traces de son illustre aînée.</p>
<p>Envoyé Spécial renoue, dès son premier numéro, le 18 janvier 1990, avec le grand reportage à la télévision en première partie de soirée. Il suffit tout d’abord de se référer à la bande-annonce du premier numéro diffusée le 18 janvier 1990 : <em>« Découvrir, expliquer pour mieux comprendre. Vivez l’événement en direct. Chaque jeudi, un grand magazine de reportage à 20 heures 35. Chaque semaine, le monde est en marche dans Envoyé Spécial. Envoyé Spécial, un regard qui sait prendre son temps. Envoyé Spécial, partout où le monde bouge. » </em>Au moment de la création d’Envoyé Spécial, le genre du reportage devait retrouver ses lettres de noblesse. <em>« Nous avons décidé qu’il manquait sur la chaîne un magazine de reportage en prime time à 20 h 30, et vous en serez responsables. Vous avez trois semaines pour le mettre à l’antenne. »</em> (Jean-Noël Rey, Envoyé Spécial : rigueur et austérité. <em>Cinémaction</em> n °84, mai 1997). Jean-Michel Gaillard, directeur général d’Antenne 2 s’est exprimé ainsi à Paul Nahon et Bernard Benyamin au moment de la création d’Envoyé Spécial. Et les deux présentateurs de l’époque ont tout de suite mesuré le défi que représentait un tel programme. <em>« </em>[..] <em>À la télévision française, on n’avait plus fait de magazine d’information, ni en prime time, ni en deuxième partie de soirée depuis Cinq colonnes à la Une. Tout était à réapprendre »</em>. (Bernard Benyamin). <em>« Il faut dire qu’à l’époque, la télévision-spectacle battait son plein avec des émissions de variétés et de divertissement </em>[..]<em>. Dans cette atmosphère de frivolité qui caractérisait alors les programmes, nous avions l’impression d’être en complet décalage et de porter sur nos épaules toute la misère du monde. »</em> (Paul Nahon).</p>
<p><strong>Le rapport médias/pouvoir, l&#8217;un des enjeux de la démocratie</strong></p>
<p>L&#8217;autre grand intérêt de The Hour est de dépeindre la relation complexe qu&#8217;entretiennent médias et pouvoir. Relation d&#8217;autant plus complexe lorsqu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un média contrôlé par l&#8217;État.</p>
<p>Dans un état totalitaire, la question ne se pose pas : la liberté de la presse n&#8217;existe pas. Dans une démocratie, cela n&#8217;est pas aussi simple : oui, les médias sont libres, mais jusqu&#8217;à quel point ? Les journalistes de The Hour peuvent-ils tout dire, toute montrer sans en subir les conséquences ? Durant cette période trouble, les gouvernements cherchent avant tout à maîtriser les événements et à garder les citoyens dans l&#8217;illusion que tout est sous contrôle.</p>
<p>Cela est-il si différent aujourd&#8217;hui ? On serait tenté de penser qu&#8217;avec l&#8217;explosion d&#8217;Internet et de l&#8217;instantanéité de l&#8217;information, il est possible de savoir exactement ce qu&#8217;il se passe n&#8217;importe où dans le monde. C&#8217;est vrai. Mais la communication des gouvernements n&#8217;en est que plus renforcée plus contrôlée. Ce sont les “communiquants” qui font les agendas des journalistes, qui décident des thèmes qui seront débattus, qui coachent hommes et femmes politiques avant d&#8217;entrer dans l&#8217;arène médiatique. Si cette dimension vous intéresse, je ne peux que vous recommander de découvrir la série politique danoise Borgen (pour tout savoir de cette réussite, lisez la <a href="http://myteleisrich.hautetfort.com/archive/2011/08/07/dan-borgen-saison-1.html">critique de la saison 1</a> signée Livia sur My TV is rich). Il est d&#8217;ailleurs intéressant de voir dans The Hour et Borgen deux situations quasi identiques, dans lesquels le pouvoir veut avoir un droit de regard sur des interviews.</p>
<p>Au-delà de cette place de la communication dans l&#8217;exercice du pouvoir, le citoyen peut toujours (et doit) s&#8217;interroger sur la manière d&#8217;informer dans la société dans laquelle il vit. Rappelez-vous les affaires Bettencourt et Karachi, les rédactions cambriolées, les relevés téléphoniques de journalistes passés au crible afin d&#8217;identifier des sources. Et même si l&#8217;ORTF est de l&#8217;histoire ancienne, la président de France Télévisions est nommé par le président de la République. Sans compter l&#8217;autocensure.Une seule chose à retenir : être toujours vigilant.</p>
<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/The-Hour-007.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-818" title="The-Hour-007" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/The-Hour-007-300x180.jpg" alt="" width="300" height="180" /></a></p>
<p><strong>Bel, Hector, Freddie : ambition mon amour</strong></p>
<p>Je ne peux décemment pas écrire un billet sur The Hour sans en dire plus sur le magnifique trio qui la porte.</p>
<p>Bel Rowley est une jeune femme remarquable : belle, intelligente, compétente, elle se retrouve aux manettes de l&#8217;émission qui va enfin lui donner une carrière. Très moderne, elle refuse de rentrer dans les cases que la société a façonnées pour elle : épouse, maîtresse, malléable. Elle doit s&#8217;imposer dans ce monde d&#8217;hommes, mais ne le fait jamais en agissant comme un homme. Elle est une femme et ne prétend rien d&#8217;autre. Bel ne prétend qu&#8217;à une seule chose : être respectée.</p>
<p>Hector Madden est le visage de The Hour. Charismatique et doté d&#8217;un charme désarmant, il veut lui aussi exister par lui-même. Marié à une riche héritière, il doit beaucoup à son beau-père. Et voilà bien ce qui l&#8217;encombre. Ce mariage de raison ressemble de plus en plus à une cage dorée, surtout lorsqu&#8217;il croise la route de Bel. Mais son ambition le pousse aussi à voir son intérêt personnel : quelle attitude adopter alors que les pressions se font chaque semaine un peu plus fortes ?</p>
<p>Freddie Lyon est un homme passionné et donc un journaliste pugnace. Toujours sur la brèche, il ne peut se contenter de parler des infos locales, alors que le monde est en plein bouleversement. Habité par une soif de vérité, il est prêt à tout pour qu&#8217;elle éclate. Freddie est également un jeune homme complexe, tiraillé par un sentiment d&#8217;infériorité de son milieu social et son envie de montrer de quoi il est capable. De faire quelque chose de sa vie, de gravir les échelons, d&#8217;obtenir de la reconnaissance. Sa relation amour/amitié/jalousie qu&#8217;il entretient avec Bel est touchante. L&#8217;interprétation de Ben Wishaw (comme celle de tout le casting) est impressionnante.</p>
<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/03/20/the-hour-naissance-du-journalisme-televisuel-moderne/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><strong>The Hour, BBC Two. Saison 1 de 6 épisodes. Saison 2, septembre 2012. Saison 1 diffusée sur Orange Cinéma Séries à partir du 20 mars. Diffusion sur Arte durant la saison 2012-2013.</strong></p>
<p><a class="a2a_dd a2a_target addtoany_share_save" href="http://www.addtoany.com/share_save#url=http%3A%2F%2Fwww.seriesaddict-sowhat.fr%2F2012%2F03%2F20%2Fthe-hour-naissance-du-journalisme-televisuel-moderne%2F&amp;title=The%20Hour%20%3A%20naissance%20du%20journalisme%20t%C3%A9l%C3%A9visuel%20moderne" id="wpa2a_16"><img src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/plugins/add-to-any/share_save_171_16.png" width="171" height="16" alt="Share"/></a></p>]]></content:encoded>
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		<title>Dexter : un succès dû à la fascination pour le fait divers ?</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Mar 2012 18:45:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>
		<category><![CDATA[Dexter]]></category>

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		<description><![CDATA[Cher lecteur, chère lectrice, une fois n&#8217;est pas coutume, ce billet colle (un peu) à l&#8217;actualité séries. Et l&#8217;actualité du mois est la diffusion de la saison 6 de Dexter sur Canal+. N&#8217;attend point de moi, cher lecteur, chère lectrice, une critique détaillée car comme tu le sais déjà, ce n&#8217;est pas le genre de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/Page_image.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-762" title="Page_image" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/Page_image-257x300.jpg" alt="" width="257" height="300" /></a></p>
<p>Cher lecteur, chère lectrice, une fois n&#8217;est pas coutume, ce billet colle (un peu) à l&#8217;actualité séries. Et l&#8217;actualité du mois est la diffusion de la saison 6 de Dexter sur Canal+. N&#8217;attend point de moi, cher lecteur, chère lectrice, une critique détaillée car comme tu le sais déjà, ce n&#8217;est pas le genre de la maison. Mais si tu as vraiment envie de lire une review de qualité qui en plus ne spoile pas et dont je partage tous les arguments, je t&#8217;invite à lire<a href="http://www.lesinrocks.com/cine/cinema-article/t/79194/date/2012-03-01/article/dexter-6eme-saison-a-voir-jusquau-bout-pour-etre-recompense/"> celle </a>écrite par Olivier Joyard pour les Inrocks.</p>
<p>J&#8217;ai déjà parlé de Dexter sur ce blog à de multiples reprises. Alors, si je ne reviens pas sur cette dernière saison, que vais-je donc dire de plus ? Disons que cela fait un petit moment que j&#8217;ai envie d&#8217;interroger cette série sous l&#8217;angle de la fascination pour le fait divers. Pour ne rien vous cacher, cette idée s&#8217;est concrétisée avec l&#8217;exposition Crime et Châtiment au Musée d&#8217;Orsay en 2010. Exposition initiée par Robert Badinter et menée par Jean Clair. Je n&#8217;ai malheureusement pas pu aller la voir, bien qu&#8217;elle me parle tout à fait. Depuis que je suis enfant, j&#8217;ai toujours aimé les histoires policières où les meurtres sont légion. Gamine, j&#8217;ai dévoré presque tous les livres d&#8217;Agatha Christie et je rêvais inspectrice de choc au 36, quai des Orfèvres. Adulte, je dévore  les romans de Jean-Christophe Grangé, toujours aussi inspiré dès qu&#8217;il s&#8217;agit de décrire torture, meurtres sordides ou esprits perturbés. Bizarrement, les faits divers bien réels m&#8217;intéressent peu. Je ne suis guère adepte de ces Faites entrer l&#8217;accusé ou autres émissions bien sensationnalistes qui poussent comme des champignons sur le petit écran.</p>
<p>Pourquoi sommes-nous donc si fascinés par les faits divers et les pires atrocités commises par l&#8217;être humain ? Le succès de Dexter est-il intimement lié à cette soif de voyeurisme macabre ?</p>
<p><strong>LE CRIME MAGNIFIÉ PAR L&#8217;ART</strong></p>
<p>S&#8217;il est bien un rôle que l&#8217;on confère aux artistes, c&#8217;est celui d&#8217;être le reflet, plus ou moins déformant, de la société et de la civilisations dans lesquelles ils évoluent.</p>
<p>L&#8217;être humain a toujours eu une attraction pour la folie meurtrière et sa punition. Il est donc naturel que des artistes l&#8217;illustre.</p>
<p>Dans une<a href="http://www.lexpress.fr/culture/art/robert-badinter-avec-la-revolution-francaise-le-crime-envahit-l-art_855488.html"> interview</a> publiée sur le site de L&#8217;Express à l&#8217;occasion de l&#8217;ouverture de l&#8217;exposition Crime et Châtiment, Robert Badinter explique que <em>&laquo;&nbsp;c&#8217;est à partir de la Révolution que le crime envahit l&#8217;art. Les audiences criminelles sont en effet ouvertes au public à l&#8217;automne 1789. Jusqu&#8217;alors, les accusés étaient jugés à huis clos. On découvrait le visage des condamnés au moment de leur exécution, en place de Grève. Le changement de procédure a engendré une incroyable curiosité. On faisait la queue pour assister aux procès du Palais de justice. De son côté, la presse, en plein essor, s&#8217;est emparée des affaires judiciaires. Quant aux “canards”, ces journaux populaires illustrés, ils étalaient les faits divers les plus sordides. La publication, en 1829, du </em>Dernier jour d&#8217;un condamné<em>, le roman de Victor Hugo, a fait scandale. Pour la première fois dans la littérature, un criminel prenait la parole.&nbsp;&raquo;  &nbsp;&raquo;Les artistes sont fascinés, moins par la justice que par la violence. (&#8230;) À la différence des écrivains, qui déroulent un récit, ils figent l&#8217;acte criminel à un instant précis. Le saisissent dans son paroxysme.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;C&#8217;est la transgression de l&#8217;interdit qui obsède les artistes. Le sacrilège. Cette dimension terrible et secrète enfouie dans les profondeurs de l&#8217;être et qui se révèle lors du crime.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><strong>DEXTER : DES MEURTRES ET DU SANG</strong></p>
<p>Les choses sont claires dès le départ : Dexter est un tueur en série, Dexter bosse pour la criminelle de Miami comme expert en traces de sang. Tout est dit. La vie de cet homme tourne autour de ces deux éléments essentiels : sa soif de meurtre et sa fascination pour l’hémoglobine.</p>
<p>Le tout début du pilot ne laisse aucun doute. On découvre Dexter alors qu’il chasse sa prochaine victime en pleine nuit. On le suit pas à pas dans son macabre rituel, partageant ses pensées.</p>
<p><strong>Un univers et un marketing sans équivoque et efficaces</strong></p>
<p>Lorsque l&#8217;on crée une série avec un univers aussi marqué que celui des tueurs en série, il faut habiller le show, lui donner une ambiance, une identité forte. Ce qui est très bien fait avec Dexter.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Le générique</span> : dans une série, ce qui donne tout de suite le ton et nous renseigne sur ce qui fait son âme est le générique. Celui de Dexter a été particulièrement soigné. Il nous montre la routine matinale de cet homme “flic” le jour et tueur la nuit : Dexter se prépare du café, prend son petit déjeuner, se rase, s&#8217;habille, part bosser. Mais comme Dexter n&#8217;est pas un homme comme les autres, cette routine n&#8217;a rien d&#8217;ordinaire. Tout nous est montré comme si chaque action entraîne une blessure, fait jaillir du sang, suppose une violence. Je ne vais pas vous faire ici une analyse détaillée image par image car cela vous ennuierait bien vite et puis, nous l&#8217;avons déjà fait dans le <a href="http://season1.fr/13430/season-one-127-le-jour-du-generique/://">Season One</a> consacré aux génériques. Je vous recommande également <a href="http://www.reviewer.fr/dossiers/series/8634/dexter-saison-6-autopsie-generique-fascinant.html">l&#8217;article</a> signé Delphine Rivet pour le site Reviewer.</p>
<p>Le mieux est encore de le voir.</p>
<p><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2012/03/12/dexter-un-succes-du-a-la-fascination-pour-le-fait-divers/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
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<p><span style="text-decoration: underline;">Les affiches</span> : autre élément essentiel de la communication autour des séries outre-Atlantique. Véritables vitrines de ce que sera la prochaine saison qui s&#8217;annonce, les affiches publicitaires sont très travaillées. Pour Dexter, l&#8217;idée est comme toujours de jouer sur son ambivalence homme banal/tueur en série et d&#8217;avoir une iconographie très axée sur le sang.</p>
<div id="attachment_754" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche-Dexter-2006-1.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-754" title="affiche-Dexter-2006-1" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/affiche-Dexter-2006-1-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Saison 1</p></div>
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<div id="attachment_755" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/Affiche-Dexter-Saison-2.png"><img class="size-thumbnail wp-image-755" title="Affiche-Dexter-Saison-2" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/Affiche-Dexter-Saison-2-150x150.png" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Saison 2</p></div>
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<div id="attachment_759" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/560_201487.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-759" title="560_201487" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/560_201487-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Saison 3</p></div>
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<div id="attachment_756" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/dexter_s41.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-756" title="dexter_s41" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/dexter_s41-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Saison 4</p></div>
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<div id="attachment_757" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/dexter-saison-5-serie-creee-par-james-manos-jr-en-2006-avec-michael-10277245rwyre.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-757" title="dexter-saison-5-serie-creee-par-james-manos-jr-en-2006-avec-michael-10277245rwyre" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/dexter-saison-5-serie-creee-par-james-manos-jr-en-2006-avec-michael-10277245rwyre-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Saison 5</p></div>
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<div id="attachment_758" class="wp-caption alignright" style="width: 160px"><a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/dexter-saison6-poster1.jpeg"><img class="size-thumbnail wp-image-758" title="dexter-saison6-poster1" src="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/wp-content/uploads/2012/03/dexter-saison6-poster1-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Saison 6</p></div>
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<p><span style="text-decoration: underline;">Les promos</span> : là encore, le propos est cohérent et fait mouche. Les teasers n&#8217;utilisent pas ou très peu de scènes de la saison qui s&#8217;annonce mais nous montrent quels sont les enjeux, les interrogations face auxquels va être confronté Dexter. Il y est bien sûr toujours question de son dark passenger et l&#8217;ironie n&#8217;est jamais loin, ce qui n&#8217;est pas pour me déplaire.</p>
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<p><span style="text-decoration: underline;">Les coups marketing</span> : Showtime croit beaucoup en sa série phare qui lui assure régulièrement ses meilleures audiences. Alors, elle n&#8217;hésite pas à organiser quelques “coups” pour marquer les esprits et la faire connaître. Le plus célèbre date de septembre 2007. Pour lancer en fanfare la saison 2, la chaîne a décidé de faire teindre en rouge l&#8217;eau des fontaines de 14 villes dans tout le pays. Fontaines entourées du cordon de sécurité typique de la police, où était inscrits les noms de la chaîne et de la série. Des fontaines de sang, n&#8217;est-ce pas un petit peu extrême, surtout aux États-Unis où la religion a une grande place ? La chaîne n&#8217;a pa été aussi directe et s&#8217;est défendue de faire dans le sanguinolant provocateur  : le rouge a été choisi car elle correspond à la couleur corporate. Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d&#8217;alu.</p>
<p><strong>Des meurtres stylisés</strong></p>
<p>Ce qui frappe dans Dexter, c&#8217;est le souci d&#8217;esthétisme, d&#8217;apporter une dimension artistique à cet univers qui <em>a priori </em>devrait en être dépourvu.</p>
<p>Tout commence avec le rituel de Dexter, pensé comme une musique, une chorégraphie totalement maîtrisées qui se répètent encore et encore. L&#8217;habit du tueur d&#8217;abord, porté comme une seconde peau. Il ne s&#8217;agit point d&#8217;un déguisement, le déguisement est sa tenue de tous les jours, celle du gars normal. Lorsque Dexter revêt son “habit de noirceur”, il est pleinement lui-même et sa façon de bouger évolue : il se fait plus alerte, plus félin, le prédateur est de sortie. Puis vient la “kill room”, l&#8217;endroit pensé et préparé avec soin par notre tueur préféré. Parées de protections plastique, ces pièces jamais choisies au hasard sont presque des tableaux. Tableaux dont l&#8217;élément principal est la victime littéralement saucissonnée sur une table, offerte à la folie de Dexter. Folie qui commence par cette coupure sur la joue pour recueillir une goutte de sang, trophée ultime. Folie qui monte crescendo avec la culpabilité acceptée par le ou la sacrifié(e). Folie qui exulte avec la mise à mort.</p>
<p>Mais Dexter nous parle aussi d&#8217;autres meurtres, commis par d&#8217;autres assassins. Et dans cette saison 6, les mises en scène sont particulièrement frappantes, portées par la symbolique religieuse sur laquelle elles reposent. En tant que spectateur, on en oublie presque qu&#8217;il s&#8217;agit de victimes, on est surtout frappé par la “beauté” de ces tableaux.</p>
<p><strong>UNE SÉRIE AMORALE ?</strong></p>
<p>Tu ne tuers point. Voilà bien un des préceptes judéo-chrétiens qui fondent nos sociétés. L&#8217;amour porté à cette série peut-il être considéré comme contraire à la sacro-sainte morale ?</p>
<p><strong>L’empathie pour un tueur en série</strong></p>
<p>Tout créateur de série vous le dira : si vous voulez connaître le succès, le public doit s&#8217;attacher au héros, même s&#8217;il est la pire des ordures. Car sans attachement, point de salut et la ménagère de moins de 50 ans ne reviendra pas semaine après semaine.</p>
<p>Une chose est certaine : malgré ses pulsions meurtrières, Dexter est sympathique, intéressant et attachant. Car une série qui prend le parti de nous mettre dans l&#8217;esprit d&#8217;un tueur en série ne peut pas prendre le risque de choisir un être totalement dénué d&#8217;humanité (en partant du principe que de telles personnes puissent exister). Dexter est terriblement humain, même s&#8217;il est intimement persuadé d&#8217;en être l&#8217;exact opposé. Comme je l&#8217;ai déjà dit ici, ce qui me frappe et m&#8217;intéresse le plus, ce n&#8217;est pas tant qu&#8217;il soit un tueur en série. Ce qui me frappe et m&#8217;intéresse le plus, c&#8217;est qu&#8217;il ignore totalement qui il est vraiment. Un monstre ? Un gamin traumatisé conforté par un beau-père qui a pensé faire au mieux ? Un mari, un père ? Un vengeur ? Chaque saison se veut un questionnement (plus ou moins réussi il faut bien le reconnaître). Et c&#8217;est bien de voir cet homme se débattre qui est si touchant. Oserais-je écrire qu&#8217;être un tueur en série est presque un détail ?</p>
<p>Au final, les tueurs en série bien affreux, dénués de tout sentiment, de toute émotion rationnelle sont présents dans Dexter : celles et ceux qu&#8217;ils tuent. Ils finissent dont au fond de l&#8217;océan et leurs victimes sont ainsi vengées. La morale est sauve. Mais nous montrer Dexter accomplir son rôle répond également à notre fascination pour le châtiment, autre volet de l&#8217;exposition du musée d&#8217;Orsay. Les procès, les exécutions attirent les foules, foules qui laissent parfois exploser leur haine pour ces assassins et qui se réjouissent de voir couler ce sang “impur” ou s&#8217;arrêter ces cœurs inhumains. En tant que spectateurs, nous attendons ces scènes, nous voulons voir Dexter tuer ces criminels, nous nous confortons dans l&#8217;idée que, finalement, ses victimes l&#8217;ont mérité.</p>
<p><strong>Un héros sauvé ou châtié ?</strong></p>
<p>Mais alors, quelle sera la fin de Dexter ? La série se terminera à l&#8217;issue de la huitième saison. Quel sera le destin de notre ange déchu ? Continuer sur son chemin, connaître la rédemption ou se faire arrêter ?</p>
<p>Clyde Phillips (showrunner de la série durant les saisons 1 à 4 incluse) a été très clair lors d&#8217;une master class dans le cadre du festival Series Mania en 2010 : pour lui, le destin de Dexter est assez simple, il doit finir sur la table d&#8217;exécution.</p>
<p>Je dois reconnaître que je ne sais guère ce que j&#8217;espère ou redoute. J&#8217;espère surtout que la fin ne sera pas bâclée. Et oui, je risque d&#8217;être terriblement déçue.</p>
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		<title>Les séries comiques ne me font pas rire&#8230; en général</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Mar 2012 18:54:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Astiera</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Caméra Café]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd&#8217;hui, cher lecteur, chère lectrice, je vais t&#8217;apprendre une terrible vérité : je ne suis pas une sériephile parfaite. Et oui, je dois confesser mon terrible défaut : je ne regarde pas les comédies. Pourquoi ? Parce que la plupart du temps, elles ne me font pas rire.</p>
<p>Je dois reconnaître que mon penchant naturel va vers les dramas, où les personnages sont tortueux, torturés, névrosés, complexes. En clair, les séries où la gaudriole ne se trouve pas à chaque réplique. Je fais pourtant quelques efforts et tente (parfois, ok, pas souvent) de regarder la dernière comédie dont tout le monde vante le pouvoir hilarant. Le résultat est toujours le même : à mon avis, je dois être immunisée. Je te rassure tout de suite, cher lecteur, chère lectrice, je ne suis pas du tout une personne sinistre, fantasmant la mort et portant sur chaque bras quelque scarifications bien déprimantes. Non, j&#8217;aime rire et faire rire. Mais alors, pourquoi ce rejet des séries estampillées “comiques” ?</p>
<p><strong>Les sitcoms : un quotidien que je veux fuir</strong></p>
<p>LA série comique par excellence est la sitcom. La recette ? Peu de personnages, peu de lieux, des rires enregistrés et des situations du quotidien : les amis et  les amours (Friends, Coupling, How I Met Your Mother, The Big Bang Theory à sa manière), le boulot (The Office, Caméra Café même si ok, c&#8217;est une shortcom et pas une sitcom), la famille (Modern Family).</p>
<p>Et voilà tout le problème : le quotidien. Des amis, des collègues, une famille, j&#8217;ai déjà tout ce qu&#8217;il me faut dans ma vie. Depuis toujours, j&#8217;ai fui le quotidien à travers mon imaginaire et celui que je découvrais lors de mes nombreuses lectures. J&#8217;adorais passer des heures dans une vie qui n&#8217;était pas la mienne, dans des pays qui n&#8217;étaient pas les miens, dans une époque ou un monde qui n&#8217;avaient rien à voir avec ce que je vivais tous les jours. D&#8217;ailleurs, mon amour pour les séries est tout à fait comparable. J&#8217;ai besoin de m&#8217;évader dans une bulle, de créer un lien avec des personnages au fil des épisodes et des saisons, comme je le faisais au fil des pages et des tomes.</p>
<p>Autre problème des sitcoms, les ressorts comiques qui ne fonctionnent pas vraiment avec moi. Les quiproquos, les clichés, les vannes faciles&#8230; Et surtout, l&#8217;humiliation de certains personnages. Je pense en particulier au pauvre Jeff de Coupling, qui n&#8217;arrête pas de se mettre dans des situations inextricables. Là où la plupart des gens en rient, ces scènes me mettent mal à l&#8217;aise et je n&#8217;ai qu&#8217;une envie, qu&#8217;elles prennent fin rapidement (du coup, je fais avance rapide, sacrilège ultime).</p>
<p><strong>Les exceptions</strong></p>
<p>Bien sûr, comme toute règle qui se respecte, il y a quelques exceptions.</p>
<p>Car oui, j&#8217;avoue, j&#8217;ai ri devant Un gars, une fille (l&#8217;exotisme de la vie de couple sans doute). Mais je te rassure tout de suite, cher lecteur, chère lectrice, je ne ris absolument pas devant Scènes de ménage dont je trouve le jeu d&#8217;acteurs plutôt moyen.</p>
<p>Oui, je ris devant Fais pas ci, fais pas ça (l&#8217;exotisme de la vie de famille sans nul doute). Mais comment résister au charme de Bruno Salomone et surtout de Valérie Bonneton absolument irrésistible en mère de famille nombreuse coincée et décalée ?</p>
<p>Evidemment, en tant qu&#8217;Astiera, comment passer sous silence les deux séries qui ravissent autant mes zygomatiques que mon cœur ? Comment ne pas évoquer <a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2010/11/11/famille-astier-je-vous-aime-ode-a-alexandre/">Kaamelott</a> et <a href="http://www.seriesaddict-sowhat.fr/2010/12/27/famille-astier-je-vous-aime-ode-a-simon/">Hero Corp</a> ? Si ces deux séries me font rire, c&#8217;est avant tout parce qu&#8217;elles sont bien écrites et qu&#8217;elles m&#8217;emportent dans les univers tout droit sortis de ces têtes bien faites et bien pleines. Dans Kaamelott, les personnages ne sont jamais caricaturaux, simplistes, Alexandre Astier a une sincère tendresse pour chacun d&#8217;eux. Et lorsqu&#8217;il arrive à dépasser le format de la pastille humoristique pour évoluer vers une épopée, tout fait sens. Je ne surprendrai personne en affirmant que je préfère le Livre V, saison la plus sombre, dans laquelle Arthur touche le fond. Pour Hero Corp, on est dans une logique similaire. Les dialogues et les situations sont comiques, mais ces personnages vivent avant tout une aventure, doivent se dépasser pour sauver le monde, ça rigole pas quoi !</p>
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