fév 24 2012

Sherlock aurait pu être une série presque banale

 

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je vais encore te parler de Sherlock. Et oui encore (j’en vois déjà quelques-uns et quelques-unes lever les yeux au ciel). Mais si tu es un fidèle de ce blog, tu sais déjà que je suis une sériephile catégorie monomaniaque obsessionnelle, donc cela ne te surprend guère. Si tu me lis pour la première fois, tu apprends l’existence des sériephiles catégorie monomaniaque obsessionnelle. N’aie crainte, ce n’est presque pas contagieux.

Comme toute series addict qui se respecte, je me suis procuré le Saint-Graal : les coffrets DVD remplis de bonus intéressants (merci Delphine). Et lorsque tu es fan de Sherlock, tu ne trouveras ton salut que dans l’édition anglaise. Me voilà donc plongée dans les making of et autres commentaires audios depuis une semaine. Le coffret de la saison 1 comprend le bonus ultime : le pilot non diffusé.

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, le pilot de Sherlock n’a jamais été diffusé. Était-il donc si raté que la BBC l’a rejeté en bloc ? Et bien non, c’est même tout l’inverse. Steven Moffat et Mark Gatiss sont arrivés en 2009 avec leur pilot de 60 minutes sous le bras. La chaîne a été tellement emballée qu’elle a accepté de signer pour des épisodes de… 90 minutes. Les scénaristes ont jugé qu’il était impossible de rajouter des scènes. L’épisode a donc été réécrit et tourné une nouvelle fois pour donner le A Study in Pink que nous connaissons tous. Pour la petite histoire, cet épisode a été le dernier à être tourné, Steven Moffat étant à la bourre dans l’écriture en raison d’un mystérieux Doctor qui voyage à travers le temps.

Avoir l’occasion de regarder ce pilot est une véritable chance, car la comparaison permet de bien mesurer le travail d’écriture et d’apporter la preuve, s’il en était encore besoin, que Steven Moffat et Mark Gatiss sont doués. Sacrément doués. Car il faut bien le reconnaître, ce pilot, aussi honorable soit-il, n’a rien d’exceptionnel. Comment la magie a-t-elle donc pu finir par opérer ?

Des scénaristes décomplexés qui s’éclatent

La BBC veut plus de Sherlock ? Steven Moffat et Mark Gatiss vont prendre un malin plaisir à répondre à cette demande.

On pourrait penser qu’ajouter une demi-heure à un pilot alourdit le rythme, étire le propos à outrance. Si de mauvais scénaristes sont à la barre, ce sera très certainement le cas. Pour Sherlock, c’est l’inverse. Le premier épisode de 90 minutes est bien plus enlevé que le pilot, pilot qui est presque ennuyeux. Bien sûr, les personnages y sont déjà bien campés, la plupart des dialogues qui font mouche sont déjà présents, mais tout ceci manque de folie. Folie qui fait tout le charme de cette série.

En ayant le feu vert pour écrire de plus longs épisodes, ces scénaristes, amoureux fous de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, peuvent laisser libre cours à leur univers. Tout est plus fun, plus intense : les dialogues, les situations, la tension. Sherlock apparaît dans toute sa splendeur fascinante de sociopathe hautement fonctionnel. Watson prend plus une plus grande dimension. La complicité entre les deux hommes s’installe plus naturellement. L’ajout des scènes avec Mycroft (le frère de Sherlock interprété par Mark Gatiss) contribue à ancrer la série dans cette ambiance so british.

Une identité visuelle forte : l’apport de Paul McGuigan

L’autre force de Sherlock, en dehors de l’écriture et du casting, est la mise en scène. Là encore, le pilot n’a rien d’exceptionnel. Le tout est très classique, mais surtout, les scènes de déduction manquent de fluidité.

Pour tourner cette première saison, le choix s’est porté sur le réalisateur Paul McGuigan. Ce qui frappe lorsque l’on découvre Sherlock, c’est la manière dont le texte est utilisé à l’écran. Lors de l’avant-première Sherlock organisée par France 4 le 15 février dernier (vous pouvez lire mon compte-rendu pour le site de Season One ici), Steven Moffat explique que cette idée est venue de Paul McGuigan. Le scénariste n’était pas vraiment emballé au départ, mais après avoir vu le résultat en salle de montage, il a été conquis et a revu son écriture pour utiliser cet effet au maximum. Hormis ces effets visuels, la réalisation est indéniablement plus réussie, plus rythmée, apportant énormément à l’ensemble.

Le “look” de la série a lui aussi été revu. Le décor du 221B Baker Street a été remanié et modernisé. Mais surtout, Sherlock a été revu. Dans ce pilot, il ressemble à un ado et, comble de l’hérésie, porte un jean et une pauvre chemise bien banale. On est loin du Sherlock sophistiqué, charismatique, envoûtant et donc tellement irrésistible.

Je remercie donc vivement la BBC d’avoir donné carte blanche à Moffat et Gatiss, car si la série était restée au niveau du pilot, je n’aurai pas eu ce merveilleux coup de cœur et je serai peut-être passée à côté de Benedict Cumberbatch. Ma santé mentale s’en serait peut-être mieux portée. Mais que c’est ennuyeux une santé mentale qui se porte bien.

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fév 13 2012

Terrorisme et séries : 24, The Last Enemy, Homeland

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je reviens aux fondamentaux de ce blog : les séries. Et après un dernier billet inspiré de belles émotions, j’ai décidé de me lancer dans une analyse sérieuse avec, je l’espère, des arguments qui tiennent quelque peu la route.

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je vais te parler d’un événement qui a marqué le monde entier et dont les conséquences se font toujours sentir actuellement : les attentats du 11 Septembre. On se souvient tous de ce que l’on faisait au moment précis où l’on a appris la nouvelle, où l’on a découvert ces images aussi terribles que fascinantes. Cette attaque  a profondément traumatisé les États-Unis et la guerre contre le terrorisme a vite été la priorité mondiale.

Il est donc tout à fait naturel que cet événement et cette guerre soient présents dans les séries et en particulier les productions anglo-saxonnes. Le but de ce billet n’est pas de présenter un tour d’horizon exhaustif car  ce serait très fastidieux à écrire et très ennuyeux à lire. Non, j’ai décidé de me focaliser sur trois exemples qui me semblent particulièrement probants : 24, The Last Enemy et Homeland.

24 : L’AMÉRIQUE JOUE LES GROS BRAS

S’il y a bien une série emblématique de la lutte contre le terrorisme, c’est 24, lancée sur la FOX en 2001. On y suit les missions de Jack Bauer de la brigade antiterroriste de Los Angeles. La situation est claire : il a 24 heures pour déjouer les pires attentats et complots.

Dès la première saison, le ton est donné : de l’action et encore de l’action, des moyens techniques impressionnants, un Jack Bauer (Kiefer Sutherland) qui ne recule devant rien pour sauver le monde. Les terroristes sont sans foi, ni loi et ne méritent qu’une seule chose : être mis hors d’état de nuire et si possible en étant tués. L’impression qui se dégage est rassurante, Jack Bauer (en clair l’Amérique) va écraser tous ces terroristes qui nous menacent et rendre notre monde plus sûr. Homme de l’ombre, il est notre sauveur. Et il faut reconnaître qu’il le fait très bien (oui, j’ai regardé les 8 saisons de 24 avec plaisir).

24 a toute sa place et sa légitimité dans ce monde post-11 Septembre. L’administration Bush déclare la guerre à l’axe du Mal (les pays souhaitant se procurer des armes de destruction massive ou soutenant le terrorisme). L’OTAN envoie  ses troupes en Afghanistan pour déloger Ben Laden, nouveau Satan, et une coalition part à la chasse aux armes de destruction massives en Irak. L’axe du Bien doit montrer sa force, son implacable volonté de ne pas laisser les terroristes lui dicter sa conduite ou faire régner la terreur. 24 est diffusée sur la FOX et FOX News, chaîne d’info en continu, s’affiche comme républicaine et a soutenu, plus que de raison, l’administration Bush durant ses deux mandats. Jack Bauer est donc sans pitié, pratiquant sans vergogne la torture pour obtenir des informations. Sa conscience ou ses sentiments importent peu : il doit remplir sa mission quoi qu’il en coûte, la sécurité du peuple américain doit passer par des sacrifices.

Mais voilà, au fil des années, la situation a changé et quelques scandales ont écorné cette belle image de la sainte Amérique partie en croisade pour faire triompher la démocratie et la liberté.

Le 4 août 2003, l’armée américaine rouvre la prison d’Abou Grahib qui devient le Baghdad Central Detention Center. En 2004, la diffusion  de photos montrant des détenus irakiens humiliés (voire torturés) par des soldats américains déclenchent le scandale d’Abou Grahib. Fin 2005, le Washington Post révèle l’existence de prisons secrètes dirigées par la CIA en dehors du sol américain, prisons secrètes déjà dénoncées par Amnesty International qui les nommait dans un rapport annuel “d’archipel  du goulag”. George W. Bush reconnaît officiellement leur existence et les pratiques (enlèvement de personnes pour être “interrogées”) le 6 septembre 2006.

Dès lors, les questions morales commencent à se faire entendre avec plus de force : peut-on tout faire au nom de la guerre contre le terrorisme ? Peut-on réellement porter des valeurs démocratiques en agissant comme ceux que l’on combat ? La chaîne FOX News et la série 24 n’échappent pas à la tourmente. Montrer un Jack Bauer torturant à tour de bras, est-ce moral ? Quelle est la limite entre fiction et propagande ? L’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche en 2008 change également la donne.

Les scénaristes ne sont pas fous : pour qu’une série fonctionne, elle doit être en adéquation avec le public. Et si le public ne veut plus qu’on lui montre une torture justifiée, cela doit changer. Au fil de saisons de 24, le destin de Jack Bauer évolue, il finit par tomber en disgrâce et doit même être jugé pour répondre de ses actes. Les terroristes ne sont plus seulement des étrangers, les complots, y compris au plus haut niveau de l’État se multiplient. Mais rassurez-vous, Jack Bauer restera toujours THE héros !

24, 8 saisons, diffusée de 2001 à 2010 sur la Fox (diffusion française sur Canal + et TF1)

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THE LAST ENEMY  :  TOUS FICHÉS, TOUS SURVEILLÉS

La guerre contre le terrorisme passe par un élément essentiel : le renseignement. Et en temps de guerre, les libertés individuelles perdent du terrain. Le 26 octobre 2001, le Congrès américain vote le USA PATRIOT Act (Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act). Cette loi permet notamment de renforcer le pouvoir des agences gouvernementales, crée des statuts de prisonniers particuliers qui permettent de détenir sans limite et sans inculpation toute personne soupçonnée de projet terroriste et permet l’accès aux fichiers personnels, comme les emprunts dans des bibliothèques.  Au fil des années, cette loi a été vivement critiquée et a fait l’objet de modifications. Le 26 mai 2011, elle est une nouvelle fois prolongée jusqu’en juin 2015.

Pourtant la série qui illustre le mieux cette obsession de l’information et du renseignement vient d’Angleterre : The Last Enemy. Cela n’est pourtant pas si étonnant. Le 7 juillet 2005, Londres est frappé de quatre attentats-suicide (trois dans le métro à quelques secondes d’intervalle et un autre dans un bus une heure plus tard). Attaques qui ont lieu le lendemain de l’élection de la capitale anglaise pour l’organisation des jeux Olympiques de 2012 et le jour de l’ouverture du 31e G8 en Écosse. L’Angleterre est également l’un des pays champion du monde en nombre de caméras de sécurité par habitant. La notion d’information qui relève du domaine privé est parfois floue. Je me rappelle d’un journal ayant publié les noms et les adresses de pédophiles remis en liberté après avoir purgé leur peine. Je me souviens aussi de l’idée d’implanter des balises GPS dans le corps de mineurs afin de parer à tout enlèvement.

2008, la BBC diffuse la minisérie The Last Enemy. Stephen Hezard (Benedict Cumberbatch, oui, je sais, encore lui… Peut-être qu’un jour j’écrirai un billet pour analyser ma fascination pour cet acteur, mais je ne suis pas sûre que cela va m’aider à m’en défaire). Bref, Stephen Hezard est un brillant mathématicien parti s’exiler en Chine pour mener ses recherches en toute tranquillité. Il doit revenir à Londres pour assister aux funérailles de son frère Michael (Max Beesley), parti en mission humanitaire dans un campe de réfugiés afghan et tué dans l’explosion de sa Jeep, la faute à une mine antipersonnel. À peine arrivé sur le sol anglais, le voilà engagé par son ex Eleanor Brook (Eva Birthistle), devenue ministre, pour être la caution scientifique d’un tout nouveau système de surveillance, le TIA (Total Information Awareness). Mais rien ne sera simple pour Stephen : un dangereux virus qui touche des réfugiés, un gouvernement et des services secrets aux aguets, un homme aussi mystérieux qu’inquiétant joué par Robert Carlyle (également réalisateur de la série) et surtout Yasim Anwar (Anamaria Marinca), la veuve de Michael dont Stephen ignorait l’existence et dont il tombe amoureux.

Le Londres de The Last Enemy est situé dans un avenir proche. L’atmosphère sécuritaire est partout : policiers armés jusqu’aux dents à tous les coins de rue, contrôles d’identités à tous les coins de rue, accès plus que contrôlés à tous les lieux publics. Dans ce Londres “futuriste” la vie des citoyens britanniques se limite à une seule chose : leur carte d’identité biométrique. Le système doit à tout moment contrôler qui vous êtes pour vous permettre de rentrer chez vous, retirer de l’argent au distributeur, accéder à n’importe quel lieu public, emprunter les transports… Mais cela ne suffit pas. Le gouvernement veut permettre l’utilisation globale de ce TIA, présenté comme l’outil ultime pour garantir la sécurité des citoyens. Peu importe que chacun soit fiché de la tête au pied, qu’aucun champ de sa vie n’échappe au super Big Brother.

The Last Enemy nous met donc face à une réalité qui n’est pas si éloignée de la nôtre. Peut-on considérer les libertés individuelles comme négligeables lorsqu’il s’agit de sécurité nationale ? Quelle est la frontière entre une démocratie qui pense à notre place à l’intérêt général et un système autoritaire qui nous annihile ? En tant que citoyen, sommes-nous du genre à accepter le discours dominant ou à nous battre ? Quels sont nos moyens d’action face à un système de plus en plus globalisé ?

The Last Enemy, 1 saison de 5 épisodes, diffusée sur la BBC en 2008

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HOMELAND : L’ANGOISSE DE L’ENNEMI INTÉRIEUR

Rentrée 2011, la chaîne Showtime (Dexter, Californication, Weeds…) lance sa nouvelle série présentée comme le choc de cette saison : Homeland. Le ptich by Allociné : huit ans après la disparition de deux soldats américains lors de l’invasion de Bagdad, le sergent Nicholas Brody (Damian Lewis) réapparaît, seul survivant alors que tout le monde le pensait mort depuis longtemps. Rapatrié aux États-Unis, il est accueilli chaleureusement par sa famille, ses amis et le gouvernement. Seule contre tous, l’agent de la CIA Carrie Mathison (Claire Danes), qui a passé plusieurs années en Irak, est persuadée que le héros est en réalité devenu un espion à la solde de l’ennemi, préparant la prochaine attaque terroriste sur le sol américain. Sans réelle preuve et montrée du doigt suite à un incident diplomatique qu’elle a déclenché quelques mois plus tôt, Carrie va devoir se battre pour prouver que ce qu’elle avance est la réalité…

En entendant parler de cette série, je n’étais pas plus emballée que ça car, outre la place du religieux dans les séries US, j’ai toujours un peu de mal avec le patriotisme affiché et la glorification des militaires dans les productions outre-Atlantique. Mais les critiques étant très bonnes, j’ai jeté un œil. Je n’ai pas été déçue.

Dix ans après le 11 Septembre, l’Amérique n’est plus dans le même état d’esprit. Même si elle honore toujours la mémoire de ses disparus, la vengeance a cédé le pas au désir d’espoir. L’Amérique est fatiguée de ces conflits où meurent chaque jour un peu plus de soldats et qui semblent aussi inutiles que déjà perdus. L’Amérique a besoin de héros. Nicholas Brody est l’homme parfait. Bien sûr, on n’échappe pas aux scènes et discours “plus patriotiques tu meurs”, mais elles font sens.

L’écriture de Homeland est intelligente et sert plus un thriller psychologique qu’une course effrénée à la 24 (notez que les producteurs exécutifs de 24 sont aux manettes. J’ai également eu la surprise de découvrir que le directeur de la CIA était membre des services secrets anglais dans The Last Enemy. Fin de la parenthèse à rallonge). La situation n’est pas manichéenne : les terroristes ne sont plus de simples monstres assoiffés de sang et dénués de tout sentiment, les vertueux combattant du terrorisme ne le sont pas totalement.

Tout l’enjeu de cette première saison est la lutte contre des démons intérieurs. Ce valeureux sergent est-il une menace ou un homme brisé qui ne cherche qu’à reprendre sa vie ? Carrie Mathison arrivera-t-elle à faire face à qui elle est vraiment ? La lutte contre le terrorisme peut-elle faire table rase du passé et cesser de recommencer les mêmes erreurs ?

Le générique illustre parfaitement ce propos. Générique qui nous propose deux visions en parallèle : des images et sons d’archives montrant la lutte contre le terrorisme (discours des derniers présidents depuis Nixon, 11 Septembre…) et des images montrant Carrie Mathison depuis son enfance et d’autres illustrant sa passion pour le jazz, le tout avec des images et sons sortis de la série. Le générique donne tout de suite le ton : Homeland nous parle de l’Amérique, mais le fait ) hauteur d’homme (ou plutôt de femme). L’une des grandes forces de la série est de particulièrement soigner les relations entre personnages qui sont intimement liées au déroulement de l’enquête.

Homeland, première saison diffusée en 2011 sur Showtime

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jan 30 2012

Third Star, le film qui m’a mise KO pour la première fois

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, c’est encore un billet hérétique que je te propose aujourd’hui. Comment pourrait-il en être étonnant après l’expérience émotionnelle que je viens de vivre ? Ces mots sont forts, mais en aucun cas exagérés car Third Star est un film rare. Le pitch ? James (Benedict Cumberbatch) est atteint d’un cancer en phase terminale. À sa demande, ses trois meilleurs amis, Davy (Tom Burke), Bill (Adam Robertson) et Miles (JJ Feild) l’emmènent camper sur son lieu préféré sur Terre, Barafundle Bay.

Je me dois d’être honnête : si Benedict Cumberbatch (le Sherlock de la BBC si cher à mon cœur) n’avait pas été au casting, je n’aurais jamais regardé ce film. Je n’en aurais même jamais entendu parler. Tout petite production indépendante, il a certes été présenté dans plusieurs festivals en Europe et dans le monde, mais n’a été distribué que dans peu de salles au Royaume-Uni et dans très très peu de salles aux États-Unis.

Que les choses soient claires : ce n’est pas, mais alors pas du tout mon genre de pleurer devant un film. Et encore moins lorsque le sujet (genre un héros cancéreux) est labellisé “larmes garanties”. Et lorsque cela m’arrive (la scène du pick-up dans Sur la route de Madison est imparable), l’émotion s’en va comme elle est venue.

Donc, lorsque je me suis tranquillement installée sur mon canapé pour regarder Third Star, je pensais admirer le talent de mon acteur préféré du moment et découvrir une histoire touchante. Terrible erreur. Lentement, mais inexorablement, la force de ce récit m’a totalement happée. Toutes les barrières sont tombées : c’est mon meilleur ami qui est mourant, c’est moi qui suis pétrifiée à l’idée de le perdre. Le générique terminé, je suis en état de choc, incapable de retenir mes larmes durant de nombreuses minutes. Retournée comme jamais auparavant, je ressens une terrible tristesse, presque douloureuse. Le lendemain, je suis encore hantée par ces personnages, ces images, ces émotions. Une semaine après, je garde encore des traces.

UNE ÉCRITURE ET UN JEU TOUT EN JUSTESSE ET FINESSE

Un sujet tel que celui évoqué par Third Star est à double tranchant : soit il est émouvant, soit c’est le pathos dégoulinant qui débarque en fanfare avec mièvrerie et violons sonnants et trébuchants. Il n’en est rien ici.

Le scénario signé Vaughan Sivell (également coproducteur) est d’une incroyable simplicité et profondeur. Il n’est jamais question d’apitoiement et les dialogues sont parfois durs. Tout commence avec James. Oui, James est malade, oui, James est mourant. Mais James n’a ni le visage d’un malade, ni celui d’un mourant. Ne cherchez pas le crâne rasé, les cernes, la maigreur extrême. James pourrait être un jeune homme comme un autre, s’il n’avait cette jambe droite qui le fait terriblement souffrir et l’empêche de marcher sans une canne, s’il ne pouvait se passer de son flacon de morphine. Sa maladie n’est presque jamais évoquée, on ne sait ni comment elle est arrivée, ni son évolution. Cela importe peu. Ce road trip et les relations entre ces quatre personnages nous sont montrés de la manière la plus naturelle qui soit. Et donc la plus belle. Je vous conseille de faire un petit tour sur le blog que Vaughan Sivell a tenu lors de la production et du tournage. Vous y découvrirez des billets très bien écrits, drôles et sincères. Mention spéciale pour ceux qu’il a consacrés à chacun des acteurs principaux.

Benedict Cumberbatch est tout simplement bluffant. Je sais, cher lecteur, chère lectrice, tu vas me rétorquer que je manque cruellement d’objectivité. Mais il faudrait être aveugle pour ne pas reconnaître son talent. Il nous propose une interprétation à la fois forte et subtile, déployant une palette désarmante. Fort heureusement, Third Star ne se limite pas à cette seule interprétation. Tom Burke, Adam Robertson et JJ Feild sont tout aussi magnifiques. Chaque personnage est important. Chaque personnage est soigné. Chaque personnage est porté avec brio. J’ai une tendresse particulière pour Davy qui n’arrive pas à prendre de la distance avec ses émotions et qui est le plus protecteur envers James.

UNE ODYSSÉE, UNE AMITIÉ

Qui dit road trip, dit épopée. Qui dit épopée, dit odyssée. Third Star n’est bien sûr pas le premier film à s’inspirer du célèbre récit d’Homère (j’avais d’ailleurs beaucoup aimé la version délirante des frères Cohen dans O’Brother). Là encore, les références ne sont pas trop appuyées, le parallèle est subtil. Il y a tout d’abord ce kart construit par Bill pour permettre à James de se déplacer et de transporter tout le matériel nécessaire à leur périple. Kart qui pourrait être la métaphore du bateau d’Ulysse. Mais l’essentiel n’est pas là. L’essentiel est dans l’atmosphère presque irréelle, coupée du temps, très bien créée par les images de la réalisatrice Hattie Dalton. Impression renforcée par ces plans qui jouent sur la frontière entre le rêve et la réalité. Comment ne pas être emporté par la nature sauvage de cette île galloise ? James, Davy, Bill et Miles traversent ces très beaux paysages inhabités en toute humilité. Les rencontres sont rares, mais font toujours sens. Surréalistes, absurdes, elles marquent les étapes de leur voyage et les préparent à ce qu’ils vivront à l’arrivée. On pourrait penser que ce parcours initiatique concerne surtout James, mais chacun des personnages ne sera plus le même une fois le périple terminé. Plus le voyage avance, plus il se fait difficile, plus il se recentre sur eux. Lors du dénouement, ces hommes seront mis face à eux-mêmes et se tiendront à l’exacte place où ils devaient être.

La plus grande force de Third Star est de ne parler ni de la maladie, ni de la mort. Third Star est une déclaration d’amour à l’amitié, l’un des plus beaux sentiments qui existent, voire le plus beau. James, Davy, Bill et Miles sont des amis d’enfance et ils s’aiment. On le sait dès les premières secondes. Une fois encore, point de mélodrame, de dialogues mielleux, de surenchère. Tout est dit dans leurs regards, dans leurs gestes, dans leurs rires, dans leurs engueulades. L’alchimie entre les quatre acteurs opère tout de suite. La caméra d’Hattie Dalton montre parfaitement la beauté des liens qui les unissent.

Si ce modeste billet vous a donné l’envie de vous abandonner à ce récit, foncez ! Mais sachez que vous n’en sortirez pas indemnes.

Third Star, écrit par Vaughan Sivell et réalisé par Hattie Dalton. Avec Benedict Cumberbatch, Tom Burke, Adam Robertson et JJ Feild (2010)

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jan 22 2012

La Lisbeth de Fincher est-elle convaincante ?

Cher lecteur, chère lectrice, dans un précédent billet, je te parlais de mon amour pour le personnage de Lisbeth Salander, héroïne de la trilogie Millenium, née de l’imagination de l’écrivain suédois Stieg Larsson.

J’avais été très déçue par les films originaux (je n’ai pas vu la version série et donc plus détaillée) : de terribles omissions qui réduisent les personnages, une réalisation guère chatoyante, un Mikael Blomqvist limite inexistant.

J’attendais donc beaucoup de la vision de Fincher.

UN REMAKE FIDÈLE À L’ESPRIT DU LIVRE

Je ne suis pas une cinéphile avertie, mais il n’est point besoin de l’être pour apprécier le travail de David Fincher. Une réalisation très prenante, des images fortes, une tension en crescendo, une superbe musique. Bien sûr, comme pour les films originaux, il y a eu des coupes (mais beaucoup moins gênantes), des éléments du second tome sont également intégrés à l’histoire (mais je manière plus subtile à mon goût). Le parti-pris le plus osé du scénario a été de modifier de manière significative le dénouement de la mystérieuse disparition d’Harriet. Un crime de lèse-majesté qui aurait pu être totalement impardonnable, mais qui, bien intégré au récit, ne choque pas.

Autre point fort : Mikael Blomqvist, porté par un très bon Daniel Craig. Le gros danger avec Millenium et la force de Lisbeth. Comment faire exister un autre personnage face à elle ? La version américaine a réussi à lui donner toute sa place et de rendre leur duo équilibré.

Et Lisbeth alors ? Le choix de Rooney Mara pour porter ce magnifique (et casse-gueule) rôle a été judicieux, elle ressemble physiquement à l’image que je m’en étais faite à la lecture. Le rôle a été écrit sobrement, mais sonne juste. Sa relation avec Mikael et la “fragilité” qu’elle fait naître en elle sont touchantes. Les scènes “critiques” sont plus sobres que dans le livre, et comme pour la version originale, même si elles restent fortes, elles n’ont pas toute la sauvagerie des romans. J’ai été particulièrement déçue par la même scène que dans la version originale, scène qui a une très grande force sous la plume de Stieg Larsson et qui va sceller le destin de Lisbeth et Mikael ; là encore, je la trouve en dessous.

AUCUNE ADAPTATION NE POURRA REMPLACER LA LISBETH DE STIEG LARSSON

Mais voilà, un scénariste, un réalisateur, des acteurs, aussi talentueux soient-ils, ne peuvent pas retranscrire totalement l’âme d’un livre. Et lorsque l’écriture est aussi fournie et donne vie à des personnages aussi complexes que dans Millenium, c’est mission impossible.

Alors oui, même si j’ai beaucoup aimé la vision de Fincher, je n’ai pas ressenti les même émotions qu’au fil des trois tomes, ce qui était couru d’avance, je vous l’accorde. Cela reste tout de même un très bon film.

Pour aller plus loin, je vous invite à lire les critiques signées Nicolas Gilli sur Filmospère (enthousiaste et emporté) et John Plissken (plus mesuré et plus proche de mon ressenti).

 

 

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jan 17 2012

Vous aussi, succombez sans attendre à la Sherlockmania

Cher lecteur, chère lectrice, je ne m’explique toujours pas pourquoi je n’ai pas consacré un billet à la série Sherlock avant aujourd’hui. Je l’ai pourtant découverte à l’été 2010, lors de sa diffusion sur la BBC et le coup de coeur fut immédiat. Mais sans que j’en comprenne vraiment la cause, je ne t’ai parlé de ce cette série que dans ce billet relatif aux séries anglaises. Il est parfois des mystères qui ne seront jamais résolus et malheureusement, je n’ai pas ce cher Sherlock Holmes sous la main pour me délivrer de cette interrogation qui me ronge.

Aujourd’hui, je répare cette terrible erreur. Je la répare d’autant plus promptement que la deuxième saison, diffusée ces dernières semaines en Angleterre, m’a totalement envoûtée. Envoûtement maintenant teinté d’un manque dévastateur alors que cette saison s’est achevée et que la prochaine, finalement confirmée par les créateurs après nous avoir laissé dans le doute avec la complicité des acteurs,  ne verra pas le jour avant un certain temps. Voilà ce qui arrive lorsque les deux acteurs principaux et talentueux sont fort demandés au cinéma : Benedict Cumberbatch (Sherlock) enchaîne les tournages et Martin Freeman (Watson) est quelque peu occupé par son rôle de Bilbo Baggins dans les deux Bilbo signés Peter Jackson (et oui, rien que ça !).

Me voilà donc désemparée, habitée d’une Sherlockmania que rien ne semble pouvoir arrêter (enfin jusqu’à ma prochaine obsession) : je traque les vidéos d’interview, les montages réalisés pas des fans avertis et je visionne encore et encore mes scènes préférées.

Cher lecteur, chère lectrice, tu es peut-être effrayé par cet état, que je reconnais entièrement irrationnel. La force d’un récit, de personnages se mesure à la façon dont ils résonnent en nous. Et lorsque c’est le cas, la distance du spectateur est balayée sans résistance aucune, nous laissant à la merci des scénaristes, qui dans le cas de Steven Moffat et Mark Gatiss prennent un malin plaisir à manier l’ascenseur émotionnel. J’espère qu’après avoir lu ces quelques lignes, tu voudras toi aussi en faire l’expérience.

STEVEN MOFFAT ET MARK GATISS : DEUX SCÉNARISTES FOUS DE L’ŒUVRE DE SIR ARTHUR CONAN DOYLE

Comme son nom l’indique si bien, Sherlock est une adaptation du Sherlock Holmes imaginé par Sir Arthur Conan Doyle. Mais ne cherchez point d’Angleterre victorienne, le parti pris de la série est tout autre : adapter ces magnifiques histoires au XXIe siècle. Parti pris ambitieux, mais aussi très casse-gueule. Le personnage de Sherlock Holmes est devenu un icône partout dans le monde et relève du trésor national en Angleterre. S’attaquer à lui peut s’avérer suicidaire si c’est fait n’importe comment.

Heureusement, à la tête de ce projet se trouvent Steven Moffat (showrunner de renom et de talent outre-Atlantique, enfin plutôt outre-Atlantique vous m’aurez comprise, qui fait depuis quelques années le plus grand bonheur des fans de Doctor Who) et Mark Gatiss (qui joue également le rôle de Mycroft Holmes, frère du célèbre détective). Ces deux hommes sont des inconditionnels de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle et avaient à cœur d’en faire une adaptation fidèle et de qualité. Je vous invite d’ailleurs à lire cet article très intéressant et complet du site Internet Le Village.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le pari est réussi. L’écriture (intrigues et dialogues) est toujours réjouissante, drôle, intelligente et très fournie (plusieurs visionnages sont parfois utiles pour tout percevoir). Sherlock maîtrise toutes les nouvelles technologies, mais rassurez-vous, il n’a point besoin de gadgets pour résoudre les mystères qui se présentent à lui. Bien sûr, tout n’est pas toujours parfait et le deuxième épisode de la première saison est assez bancal. Mais même avec ces quelques petits défauts, cela reste des épisodes d’un très bon niveau.

Finalement, Stevent Moffat et Mark Gatiss n’ont qu’un seul défaut : ils sont tellement occupés et l’écriture de la série demande tellement de temps qu’ils ne nous pondent que trois épisodes (d’une heure et demie) par saison. Comme c’est cruel !

UNE IDENTITÉ VISUELLE FORTE

L’une des grandes forces de Sherlock est sa réalisation. Elle est redoutablement efficace dès qu’il s’agit de placer le spectateur dans la tête du détective lorsqu’il explique ses déductions. Il est également très intéressant de voir comment les moyens de communication modernes (textos, mails) sont mis en scène et utilisés comme de réels éléments narratifs.

Je n’aurais qu’un seul regret : le générique, dont la musique et la réalisation me semblent plutôt folichonnes.

UN SHERLOCK CHARISMATIQUE ET À TENDANCE SOCIOPATHE

Comme toute série qui repose sur un personnage central, celui-ci doit être incarné à la perfection. Et interpréter un Sherlock Holmes du XXIe siècle n’est pas chose si aisée. Les deux créateurs ont su trouver l’acteur parfait pour endosser l’habit : Benedict Cumberbatch. Il m’était jusqu’alors inconnu, et ce fut une révélation : une présence physique incroyable, un jeu sans aucune fausse note et surtout une habileté stupéfiante pour retranscrire les déductions si bien écrites, sans perdre le public, un vrai tour de force.

Sherlock Holmes est un homme à part : doté d’une intelligence supérieure, le maître dans l’art de la déduction, un seul regard lui suffit pour décrypter dans les moindres détails, et en particulier intimes, la vie de ses pauvres interlocuteurs. Une telle intelligence ne va pas sans vanité et le détective prend un malin plaisir à prouver sa supériorité et à désarçonner. Sa seule obsession est la recherche de la vérité, tout mystère est un jeu, l’empathie lui est totalement étrangère.

Sa personnalité suscite tout autant la le dégoût que la fascination. Car oui, Sherlock est un charmeur, il aime être le centre de l’attention. Et ce Sherlock l’est tout particulièrement.

UN DUO SHERLOCK/WATSON IRRÉSISTIBLE

Tout bon Sherlock qui se respecte doit avoir pour compagnon le docteur Watson. Cette adaptation fidèle ne pouvait donc l’oublier et a fait le choix de lui donner une place centrale. Il est intéressant de voir que le premier épisode s’ouvre avec Watson, Sherlock n’apparaît à l’écran que de nombreuses minutes plus tard.

Watson est médecin, et un soldat, engagé avec les troupes britanniques dans le conflit afghan. Blessé, il est rapatrié à Londres et va croiser le chemin de ce bien étrange Sherlock.

L’intelligence de l’écriture est de ne pas réduire Watson au simple rôle de faire-valoir, souffre-douleur et de faire de la relation Sherlock/Watson un point essentiel du récit, allant jusqu’à faire de très amusantes allusions sur leur hypothétique relation amoureuse supposée par certains.

Watson est tout de suite fasciné par Sherlock, même si certaines de ses réactions l’effraient ou le révoltent. Watson est un homme d’action, revenir à Londres pour travailler derrière un bureau, très peu pour lui. Il se prend très vite au jeu des enquêtes et du danger. C’est tout naturellement qu’il ouvre un blog pour relater les folles aventures qu’il vit aux côtés du détective de renom. Watson est intelligent, attentionné envers son colocataire et autrui. Mais heureusement, il n’est pas qu’un “bon gars”, il est aussi un homme à femmes, qui ne se conduit pas toujours en parfait gentleman.

De son côté, Sherlock va vite apprécier cet homme, qui bien qu’il l’admire, n’hésite pas à le mettre face à ses contradictions et à pointer ses défauts. Mais contrairement aux autres, il ne le fait ni par jalousie, ni par rancoeur et c’est bien ce qui lui plait.

Au fil des épisodes, on voit donc naître cette amitié entre ces deux hommes que tout semble opposer.

SAISON 2 : LA MAGNIFIQUE HUMANISATION DE SHERLOCK EN TROIS ACTES

ALERTE SPOILERS

La première saison était déjà une très belle réussite, mais cette saison monte encore d’un cran. On retrouve le même Sherlock, enfin, plus tout à fait le même puisque cela fait quelques mois qu’il a Watson auprès de lui. Et c’est bien ce qui va changer la donne. Ces trois épisodes nous montrent le cheminement de cet homme qui s’est construit et se vit comme un être unique qui n’a besoin de personne. Qui n’avait besoin de personne.

A Scandal in Belgravia : Sherlock peut-il tomber amoureux ?

Cet premier opus m’a fait l’effet d’un choc : l’un des meilleurs épisodes de série qu’il m’ait été donné de voir. Un ravissement de la première à la dernière seconde. Voilà donc notre héros confronté à un sentiment et pas n’importe lequel : le sentiment amoureux. Et pas pour n’importe quelle femme. Non, pour Irene Adler, dotée d’une intelligence tout aussi piquante usant de sa beauté et de ses capacités pour tout maîtriser et avoir la main. Comme Sherlock, son armure est bien rodée. Comme Sherlock, elle est en permanence sur le fil du rasoir.

Bien sûr, ne cherchez pas une histoire romantique comme on en voit tant. Point de rapprochement trop rapproché. Tout est dans les regards, des effleurements, deux esprits brillants qui se trouvent. Une romance diablement intéressante et magnifiquement portée à l’écran.

Lisez les critiques signées Delphine Rivet sur Reviewer et Sullivan Le Postec sur Le Village.

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The Hounds of Baskerville : Sherlock peut-il douter ?

Ambiance totalement différente : ce deuxième épisode est clairement un épisode de genre, bien plus fun que totalement maîtrisé dans sa structure. Mais même si on ne retrouve pas totalement le brio du premier, il reste tout aussi bon. L’humour est particulièrement présent (même s’il l’est à chaque fois) et la première scène Sherlock/Watson me fait exploser de rire à chaque visionnage.

Adaptation du roman le plus connu de Sir Arthur Conan Doyle, Sherlock se trouve face à un défi flirtant avec les limites de l’imaginable. Peut-il alors faire confiance à ses sens ? Mais s’il ne le peut pas, cela remet-il donc en doute ce qu’il est ? Sherlock peut-il être perdu ?

Ce deuxième épisode permet de creuser un peu plus l’amitié qui lit Sherlock et Watson. Tout en délicatesse et sans en rajouter, Sherlock oblige.

Lisez les critiques signées Delphine Rivet sur Reviewer et Sullivan Le Postec sur Le Village.

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The Reichenbach Fall : Sherlock peut-il se mettre à nu ?

Qui dit dernier acte, dit apothéose. Et quoi de mieux comme apothéose que l’affrontement entre Sherlock et Moriarty, son alter ego maléfique ?

Là encore, si on s’en tient à la stricte structure de l’épisode, on peut penser qu’il y a des ratés : on connaît la fin dès le début, on devine l’ultime dénouement avant qu’il ne se produise. Mais la force émotionnelle de cet épisode n’est pas à chercher dans sa structure.

Moriarty a juré la perte de Sherlock Holmes. Et pour cela, il le pousse dans ses derniers retranchements, en étant presque une caricature de lui-même. Sherlock court-il à sa perte en étalant son intelligence supérieure plus que de raison, en méprisant tous ceux qui ne méritent pas d’être considérés ? On pourrait le penser. Mais finalement, la seule façon de faire tomber Sherlock est de le forcer à se mettre à nu, à faire face à ses émotions et de reconnaître que oui, Sherlock Holmes, se soucie de ceux qu’il aime.

Voilà pourquoi cet épisode m’a émue comme je le suis rarement devant une série (hormis les trois derniers épisodes de Six Feet Under, mais ils sont hors concours). C’est merveilleux.

Lisez la critique signée Delphine Rivet sur Reviewer.

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Sherlock, 2 saisons, 6 épisodes, BBC1 (saison 1 diffusée sur France 4 puis sur France 2. Diffusion de la saison 2 sur France 4 prévue prochainement)

 

 

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jan 9 2012

Que Dieu bénisse les séries américaines

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, j’ai décidé de me pencher sur un sujet sérieux : la place de la religion dans les séries made in USA. Mais quelle mouche m’a donc piquée ?

Non, je ne suis pas victime d’un soudain besoin de spiritualité en cette année de fin du monde. Je suis une simple Française athée, limite anticléricale, et j’ai toujours eu du mal avec cette présence omniprésente du religieux. Cela a été particulièrement le cas dernièrement, alors que je découvre à peine Friday Night Lights (honte sur moi, je sais). Le pilot, en particulier, compte de nombreuses scènes de prières collectives et j’ai ressenti une certaine gêne en les découvrant. J’ai donc décidé de l’expier en me penchant de plus près sur cet aspect, pour le moins fondateur, de la nation américaine et donc de la façon dont il est transcrit sur le petit écran.

Ce petit tour d’horizon est loin d’être exhaustif, totalement subjectif et sûrement de mauvaise foi.

LES FONDEMENTS

Les Américains sont nés de ces migrants anglo-saxons et protestants venus tenter leur chance sur ce continent plein de promesses, les WASP. Après avoir débarqué sur la côte Est, ils ont peu à peu investi tout le pays et notamment l’Ouest sauvage. Ces hommes et ces femmes ont dû faire face à plusieurs problèmes : tout était à construire, une nature parfois hostile, l’isolement, les maladies et des Indiens remontés (d’un autre côté, qui ne le serait pas en voyant des étrangers sûrs de leur fait clamer que votre terre leur appartient, mais c’est un autre débat…). Leur seul salut : faire face ensemble, faire partie d’une communauté qui se sert les coudes. Et quel meilleur endroit pour souder une communauté que de se retrouver tous les dimanches à l’église pour l’office ?

Trois figures sont donc essentielles : le médecin, qui peut vous sauver la vie, l’instituteur (enfin, surtout l’institutrice…) qui détient le savoir et le pasteur (ils sont protestants ne l’oublions pas) qui vous guide vers Dieu. On retrouve parfaitement ces trois figures dans les séries qui ont pour décor l’Amérique du XIXe comme La petite maison dans la prairie (30 mars 1974-21 mars 1983, NBC) et DR Quinn, femme médecin (1er janvier 1993-16 mai 1998, CBS.)

Rien de plus normal donc, que de nos jours, la société américaine soit en grande majorité croyante (quelle que soit la foi en question) et que la religion ait une place aussi importante à tous les niveaux. Dans un procès, on jure de dire la vérité sur la Bible. Le président des États-Unis prête serment sur la Bible. D’ailleurs, il me semble que Barack Obama est le premier président à avoir évoqué les athées dans son discours d’investiture (mais je peux me tromper). Et surtout, la devise suprême de la nation est God save the United States of America, qui n’est pas sans rappeler bien sûr le titre de l’hymne national anglais God save the Queen.

La grande force des séries américaines est de nous peindre avec exactitude sa société. Elles donnent donc toute sa place à la religion.

LES ANGES ET LA SECONDE CHANCE

Qui dit religion, dit valeurs : amour du prochain, compassion, pardon, seconde chance.

Les routes du paradis (19 septembre 1984-4 août 1989, NBC) : après avoir incarné à jamais pour toutes les filles de la planète Charles Ingalls, alias l’homme qui coupe du bois comme personne, Michael Landon revient sous les traits de Jonathan Smith, un ange envoyé sur Terre par Dieu pour amener amour et compassion à ces pauvres humains désœuvrés. Il est aidé de Mark Gordon (Victor French, lui aussi un ancien de La petite maison dans la prairie), ex-policier.

Comme le pitch l’indique, c’est tout plein de bons sentiments. Mais j’étais gamine à l’époque alors je me laissais doucement porter par tout cet amuuuuur.

Les anges du bonheur (21 septembre 1994-27 avril 2003, CBS) : Monica et Tess sont deux anges qui, je vous le donne en mille, ont été envoyées par Dieu sur Terre pour rappeler à des humains… désœuvrés qu’Il ne les as pas oubliés.

Comme son pitch l’indique, c’est vraiment dégoulinant de bons sentiments. À l’époque j’étais ado, donc beaucoup moins sensible à toute cette mièvrerie. Mais en bonne ado qui se respecte, je passais pas mal de temps devant ma télé et devant M6.

Destins croisés (1999-2001, Canada) : Jones est un ange à part, il est l’avocat qui plaide la cause des morts auprès du tribunal. Il permet à ces pauvres humains qui ne se sont pas toujours très bien comportés de repartir dans le passé afin de corriger certaines de leurs erreurs.

Là encore, c’est tout plein de bons sentiments et j’avais passé l’âge de passer pas mal de temps devant ma télé.

LA SACRO-SAINTE FAMILLE

Tout le monde vous le dira : si l’être humain a bien une mission sur terre, c’est de fonder une famille (et tant pis pour ceux qui ont décidé de faire les rebelles) ! Mission ô combien vantée dans toute religion qui se respecte. Rien de plus normal qu’on retrouve cette thématique à toutes les sauces dans les séries.

Alors oui, je suis un petit peu de mauvaise foi, car toutes les séries mettant en scène une vie de famille ne font pas la pub de la dernière église évangéliste qui vient de sortir et la famille est un terreau inépuisable pour des scénarios.

Mais tout de même, il est très courant de trouver dans les séries des scènes où règne la mièvrerie et qui ne sont pas toujours des plus crédibles.

7 à la maison (26 août 1996-13 mai 2007, WB et CW) : LA série qui illustre la belle vie de famille et la place de la religion.

Nous avons donc les Camden : le papa est pasteur, la maman est mère au foyer et fait de bons gâteaux, leurs 5 enfants sont plus ou moins gentils (mais rassurez-vous, il ne se passe rien de bien grave, faut pas déconner non plus). Alors, oui, j’avoue, il m’est arrivée de regarder 7 à la maison, tout en me disant que cette famille n’était franchement pas crédible. Toutes des longues discussions, ces interrogations, ces sentiments exprimés, on ne voit ça dans aucune famille normalement constituée, non ? Bon ok, ma famille préférée, ce sont les Fisher de Six Feet Under, plus névrosés les uns que les autres, incapables de communiquer ou d’exprimer leurs sentiments, bref que des qualités.

LE CAS STARGATE SG-1

Alors là, cher lecteur, chère lectrice, tu dois te dire que ma santé mentale a définitivement foutu le camp. Que vient faire Stargate SG-1 dans ce billet ? Je vais tout t’expliquer.

Stargate-SG1 a beaucoup de qualités (si, si) dont celle d’avoir un regard plutôt distancié sur la foi à outrance et le pouvoir qu’elle procure à ceux qui en abusent.

Il y a tout d’abord les Goau’lds, ces faux dieux, qui font régner la terreur sur des peuples asservis. Toute la bataille de Teal’c, puis des autres jaffas (soldats des Goa’ulds eux aussi asservis de la pire des façons) est de démontrer la supercherie de ces parasites et de permettre aux peuples de gagner leur liberté.

Il y a surtout les Oris, des êtres supérieurs devenus pure énergie qui tirent leur force de la dévotion de leurs fidèles et qui n’ont qu’un objectif : conquérir toutes les galaxies possible et exterminer quiconque se mettrait en travers de leur funeste projet.

Il y a également plusieurs épisodes isolés qui ont pour cadre des planètes où les sociétés, moyenâgeuses, sont régies par une religion et un clergé absolus, digne de notre plus florissante inquisition.

Bien sûr, on ne peut pas voir dans Stargate-SG1 un rejet de la religion à proprement parlé et tout ceci peut sembler bien éloigné de nos considérations actuelles. Pourtant, à travers ses thématiques, les scénaristes montrent que la religion n’est pas que bons sentiments et entraide, mais qu’elle est surtout l’exercice d’un pouvoir.

LES HÉROS FRANCHEMENT ATHÉS EXISTENT MAIS ILS SONT SOCIALEMENT INADAPTÉS

Tout de même, les séries américaines ne sont pas que guimauve et bondieuseries. On peut même trouver des héros qui ne croient en rien et qui rejettent la religion. Mais bizarrement, ils ne sont pas comme tout le monde.

Bones : Temperance Brennan est une anthropologiste criminelle de grand talent : soumettez-lui le squelette de n’importe quelle personne assassinée, elle trouvera toujours la cause de la mort et accessoirement celui ou celle qui l’a donnée. En scientifique totalement dévouée à la science, elle ne voit dans la religion qu’une chimère dans laquelle se réfugient de pauvres humains en quête de réconfort, réconfort qu’il est inutile de chercher. Et elle ne comprend absolument pas la foi catholique de Booth, son partenaire et agent du FBI. Mais voilà, il manque à Bones une chose essentielle : savoir vivre parmi les humains bien vivants. Elle n’a aucune empathie, aucun sens de l’humour, elle décortique chaque émotion de façon cérébrale et pragmatique, bref, elle est complètement à côté de la plaque une fois sortie de son labo.

House : ah, ce cher Dr House, version médicale de Sherlock Holmes, est un sacré jojo. Bien sûr, il ne croit pas en Dieu et il prend un malin plaisir à ridiculiser ceux qui ont la faiblesse d’avoir une foi. Il va même jusqu’à se mettre en situation d’expérience de mort imminente pour prouver qu’il n’y a ni lumière blanche, ni tunnel. Son obsession de la vérité le pousse à rejeter toute forme de croyance qu’il voit comme un mensonge. En est-il plus heureux pour autant ? Seul, drogué, incapable de se connecter à quiconque de façon sincère (en dehors de son souffre-douleur mais néanmoins meilleur ami Wilson), on ne peut pas dire que sa vie sans religion soit une totale réussite.

Patty Hewes (Damages) : si vous êtes riches et puissants et que vous avez affaire à la justice, priez de toutes vos forces pour que Patty Hewes ne représente pas la partie civile. Ce à quoi cette chère Patty vous répondra qu’il ne sert à rien de prier. Élevée dans une famille croyante comme toute famille américaine se doit d’être, elle s’est détournée de la religion, la perçoit comme une faiblesse (et autant vous dire que Patty Hewes met un point d’honneur à ne jamais être faible). Bien sûr, dans la dernière saison, alors que pour une fois elle est vulnérable et impuissante, elle accepte de déroger à la règle, mais cela reste une exception tout ce qu’il y a d’exceptionnelle. Enfin, comme ses précédents comparses, Patty n’est pas la plus équilibrée des femmes et on peut même dire qu’elle a un bon potentiel de sociopathe : la manipulation, l’humiliation n’ont plus aucun secret pour elle et tout moyen est bon pour arriver à ses fins, quelles qu’en soient les conséquences. Bien sûr, elle est terriblement seule et haïe par son fils unique.

Dexter : s’il y a bien une chose dont Dexter est certain, c’est qu’il ne croit en rien. Dexter, est un brillant analyste en tâches de sang pour la criminelle de Miami, il est un petit copain charmant et adore les enfants de la petite copine en question. Dexter est aussi un tueur en série qui ne peut lutter contre ses pulsions meurtrières. Pas vraiment le profil du type pleinement épanoui. Heureusement, son gentil papa adoptif lui a appris à ne tuer que les criminels qui s’en sortent et à ne jamais se faire prendre. Ouf. Le rejet de la religion est l’une des premières choses mises en avant chez ce personnage dans le pilot. Dans la scène d’ouverture, il traque et capture un gentil chef de chorale de jeunes garçons qui a le tordu penchant d’aimer ces jeunes garçons plus que de raison et de les assassiner. Alors que ce citoyen sans histoire entame une prière face Dexter, celui-ci le gifle et lui dit « Stop ! Cela n’a jamais aidé personne. » La dernière saison en date, est allée encore plus loin puisque tout tournait autour de la religion : les méchants que Dexter doit attraper, l’éducation religieuse qu’il doit donner ou pas à son fils et surtout la question de sa rédemption. Dexter peut-il sauver son âme ? Et c’est bien ce qui m’a déçue dans cette saison, la vision encore manichéenne entre le bien/le mal, la lumière/les ténèbres. Rien de bien subversif, que du consensuel.

 

 

 

 

 

 

 

 

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jan 6 2012

Que l’aventure Season One commence !

L’année 2012 commence de la plus belle des manières : me voici, une fois par mois, au générique du podcast audio Season One. Alexandre et Sophie ont souhaité remanier l’émission en invitant de nouvelles voix et ils ont eu la gentillesse (ou inconscience) de penser à moi. Merci à eux deux pour leur confiance, je vais tâcher de dire le moins de bêtises possible (mais il en restera toujours une ou deux au passage je le crains).

Pour la première de l’année, nous parlons d’une série chère à mon coeur  : Downton Abbey.

Trêve de bavardage, ça se passe ici : Season One Le Podcast Episode 119 : Le jour du naufrage

P.S. : c’est quand même la super classe de faire partie de la joyeuse bande de podcasteurs made in Nowatch. Oui, je me la pète, so what ?

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déc 19 2011

Le prince Arthur (Merlin) vs le roi Arthur (Kaamelott)

J’avoue, cher lecteur, chère lectrice, cet intitulé de billet peut surprendre. Comparer Merlin et Kaamelott, est-ce bien raisonnable ? À brûle-pourpoint, je te répondrai qu’effectivement, c’est une pure folie seulement motivée par mes monomanies. Mais, tu vas voir cher lecteur, chère lectrice, que je ne suis pas si illuminée que ça (et je ne veux voir personne ricaner, merci).

Merlin et Kaamelott revisitent la légende arthurienne chacune à leur manière et dans des styles diamétralement opposés. Toutefois, ces deux séries se basent sur un même mythe en conservant ses fondamentaux. On peut s’y appuyer pour comparer ces deux personnages, et même, leur trouver des points communs.

Si vous n’avez jamais vu Kaamelott ou Merlin, les spoilers seront légion. D’un autre ôté, quelle idée de n’avoir jamais vu Kaamelott ou Merlin ?

UTHER PENDRAGON ET YGERNE DE TINTAGEL

Prince Arthur : il n’a jamais connu sa mère, Ygerne, morte en le mettant au monde. Élevé par son père, Uther Pendragon, roi de Camelot à ses heures perdues, il doit exister dans l’ombre de son illustre paternel. Paternel qui mène son royaume avec fermeté, qui attend que son fils soit le successeur dont il a toujours rêvé et qui voue une haine viscérale à la magie (blanche ou noie), n’hésitant pas à exterminer quiconque oserait l’utiliser.

Roi Arthur : il n’a jamais connu son père, Uther Pendragon, mort durant son enfance alors que ce dernier ignorait son existence. On ne peut pas dire qu’il a trouvé du réconfort dans les jupes de sa mère, Ygerne de Tintagel, pour qui l’insctinct maternel est tout aussi naturel que de planter des choux. Arthur, envoyé dans un camp romain dès l’âge de 6 ans, s’est construit seul, mais dès son accession au trône, l’ombre de son sanguinaire de père ne cesse de se rappeler à lui et de la bouche de cette si aimante Ygerne si possible.

Verdict : prince et roi doivent faire face à de très fortes figures parentales auxquelles ils ont constamment comparés et auxquelles il leur est impossible d’échapper. Toute la force de leurs personnages est de s’affirmer, d’écrire leur propre chemin, chemin qui leur permettra de devenir des légendes.

MORGANE ET ANNA DE TINTAGEL

Prince Arthur : Morgane, fille de Gorlois, fidèle ami d’Uther, devient la pupille de ce dernier lorsque son père est tué alors qu’elle est encore une enfant. Arthur et elle sont élevés comme frère et soeur. Toutefois, la belle, mais néanmois téméraire Morgane, va apprendre que sa destinée est toute autre : puissante sorcière et fille biologique d’Uther, sa haine pour son tuteur tant aimé ne fera que grandir, la poussant à assouvir sa soif de pouvoir et à conquérir le trône de Camelot par tous les moyens. Sans plus aucune pitié pour les Pendragon, elle jure leur perte.

Roi Arthur : dans Kaamelott, la fée Morgane est présente, mais n’a rien à voir avec la Morgane vengeresse de Merlin. Son rôle est tout autre : emmener Arthur mourir sur l’île d’Avalon lorsque son heure sera venue. Toutefois, le roi Arthur a lui aussi son ennemie mortelle incarnée par Anna de Tintagel, sa demi-soeur. Anna de Tintagel brûle depuis toujours de la haine la plus féroce à l’encontre de son demi-frère, ce bâtard, fils de l’homme qui a tué son père et qui n’a pas sa place sur le trône. Elle aussi n’a de cesse de précipiter la chute d’Arthur et tentera de le faire assassiner par son incapable de mari, le roi Loth.

Verdit : prince et roi portent le fardeau des erreurs de leurs pères et doivent en payer le prix.

LANCELOT ET GUENIÈVRE

Prince Arthur : dans Merlin, Guenièvre est la servante de Morgane et Lancelot, le chevalier doté de la plus belle noblesse d’âme. Rassurez-vous, le triangle amoureux est respecté : Lancelot et Arthur tombent amoureux de la belle Guenièvre et cette dernière, après avoir d’abord donné son coeur à Lancelot, se laissera emportée par l’amour qu’elle portera à Arthur. Bien sûr, cet amour est semé d’embûches, mais il est certain qu’il triomphera. Quant à Lancelot, il restera d’une fidélité sans faille à Arthur.

Roi Arthur : du côté de Kaamelott, le romantisme est tout autre… Forcé de tirer un trait sur Aconia, la femme qu’il aime, Arthur doit épouser Guenièvre afin d’assoir sa légitimité sur le trône et d’amorcer la fédéraration des différents royaumes. Miné par la perte de cet amour de jeunesse, Arthur ne laissse pas de place pour Guenièvre dans son cœur et la traite le plus souvent avec mépris. Pourtant Guenièvre, elle aussi enfermée dans un mariage qu’elle n’a pas souhaité et qui lui apporte surtout de la frustration, s’attache petit à petit à Arthur et tâche de se convaincre qu’elle l’aime, même si cet amour n’est pas récompensé en retour. Là aussi, le triangle amoureux est respecté : Lancelot tombe amoureux de Guenièvre à la minute où son regard se pose sur elle et la reine de Bretagne se laissera charmer par ce valeureux chevalier, allant jusqu’à s’enfuir pour le retrouver. Mais, le conte de fées s’arrête ici : Guenièvre ne trouvera pas auprès de Lancelot l’amour qu’elle cherchait et finira par retourner auprès d’Arhur, qui a dû renoncer pour le deuxième fois à un amour, et qu’elle épaulera avec bienveillance. Lancelot, brisé et persuadé qu’il est le seul à détenir la vérité et être capable de mener la royaume à sa gloire, oubliera sa fidélité pour Arthur, guidé par une obscure conscience.

Verdict : je ne vous cache pas que la vision plus complexe et sombre de Kaamelott m’intéresse plus que la visions romantique de Merlin. Toutefois, dans les deux cas, prince et roi doivent imposer, avec plus ou moins de succès, leurs sentiments jugés inapropriés ou contraires à leur destinée.

MERLIN

Prince Arthur : comme son nom l’indique, la série Merlin donne toute sa place à… Merlin. Ce dernier a lui auss une destinée qui l’attend : être le plus puissant sorcier que le monde ait connu et aider Arthur à devenir la légende qu’il doit être. Il passe donc son temps à sauver les fesses princières de son maître, sans que celui-ci ne le sache, persuadé que Merlin n’est que son serviteur bien maladroit. Toutefois, une amitié solide et sincère se tisse entre les deux jeunes hommes au cours des saisons et bien qu’Arthur s’évertue à se moquer de Melin, il ne peut cacher son attachement et tout le crédit qu’il lui porte.

Roi Arthur : le Merlin de Kaamelott n’a pas tout à fait le même profil… Druide, il ne maîtrise pas vraiment la magie et apparaît le plus clair de son temps comme le pire enchanteur que le monde ait connu. Pourtant, le roi Arthur le garde à son service. Il faut dire que Merlin a une place dans la vie d’Arthur : c’est lui qui l’a caché d’Uther Pendragon, c’est lui qui l’a accompagé la première fois qu’il a retiré Excalibur du rocher alors qu’il n’était encore qu’un enfant, c’est lui qui vient le chercher à Rome pour qu’il dirige le royaume de Logres.

Verdict : même si les deux personnages sont diamétralement opposés, le mythe est respecté : Arthur et Merlin ont une destinée mêlée et ne pourraient exister l’un sans l’autre.

LE CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE

Prince Arthur : les chevaliers de Camelot sont déjà d’actualité du temps d’Uther Pendragon. Mais pour être chevalier, il faut être issu de la noblesse, et de la noblesse d’argent bien sûr. Un homme, aussi noble d’âme et valeureux combattant ne pourra être élevé au rang de chevalier. Aucune dérogation ne saurait être acceptée. Mais voilà, Arthur n’est pas Uther. Lorsque Camelot connaît le plus grand péril de son histoire, le jeune prince assume ses responsabilités et vole au secours de la citadelle, accompagné d’hommes de valeur qui donneraient leurs vies pour cette noble cause. Voilà quels sont les mots du prince Arthur alors qu’ils se réfugient dans un ancien château : « Cette table a appartenu aux anciens rois de Camelot. Une table ronde n’offrait aucune importance à un homme plus qu’à un autre. Ils croyaient à l’égalité en toute chose.Et il semble donc approprié pour nous de renouer avec cette tradition maintenant. Sans aucun d’entre vous, nous ne serions pas ici. » « Demain, quand vous vous battrez, vous pourrez être fiers, sachant que vous êtes membres de la plus noble armée que le monde ait jamais connue. »La scène s’achève par l’adoubement de ces chevaliers de légende : Perceval, Lancelot, Gwaine (Gauvain) et Elyan (accessoirement frère de Guenièvre).

Roi Arthur : à Kaamelott également, la thématique de la table ronde et des chevaliers valeureux (même si toute la bonne volonté du monde ne fait pas tout) est présente. Dans le Livre V, cette citation est presque identique à celle du prince : « J’ai fait construire une grande table pour que les chevaliers s’assoient ensemble. Je l’ai voulue ronde pour qu’aucun d’entre eux ne se retrouve assis dans un angle, en bout de table. » Pour le fils Pendragon, peu importe d’où viennent les hommes qui seront à ses côtés. Seule leur noblesse d’âme et leur engagement comptent. Voilà pourquoi il ordonne cette requête à Merlin avant son départ de Rome : « Vous allez rentrer en Bretagne. Vous allez colporter un message de ma part. Vous allez expliquer à tout le monde, les riches, les pauvres, les jeunes, les vieux, que le fils de Pendragon est de retour et qu’il s’apprête à récupérer l’épée.. truc. Vous allez expliquer au gens que je les encourage à se dinstinguer par un fait d’arme de leur choix, une victoire sur l’un ou l’autre péril, l’acomplissement d’une quête propre à les anoblir et vous leur laissez entendre que les meilleurs d’entre eux seront choisis pour gouverner à mes côtés. »

Verdict : prince et roi accordent beaucoup de crédit aux hommes et à leur valeur, quelque soit leur pedigree, ce qui peut être perçu comme une faiblesse. Voilà pourquoi le prince tient tant au jugement de son serviteur, voilà pourquoi le roi est si indulgent avec Perceval ou ne peut pas haïr Lancelot malgré ses trahisons.

L’EXERCICE DU POUVOIR

Prince Arthur : vivant dans l’ombre de son père qui porte en lui tous ses espoirs, le jeune Arthur peine à trouver sa place et son chemin. Sous ses airs prétentieux, il est enclin au doute et n’est jamais certain de faires les bons choix. Devenu roi, le poids des responsabilités se fait encore plus pressant. Alors que les conséquences de ses actes passés refont surface, il décide de faire face : « Je suis responsable de tout ce qui vous est arrivé, et de toute la violence qui a eu lieu ici. Quand j’ai conduit l’attaque contre votre camp, j’étais jeune et inexpérimenté. Je voulais désespérément prouver mes capacités, à mes hommes, à mon père. Il s’est passé tellement de choses, je voulais tout arrêter. J’étais figé. Je ne savais pas quoi faire. Je peux encore entendre les cris. Je ne peux pas réparer ce tort. Rien que je ne puisse faire ne changera les horreurs qui ont eu lieu ce jour-là. Mais je peux vous promettre, que maintenant que je suis roi, je ferai tout ce que je peux pour empêcher que quelque chose comme cela ne se reproduise jamais. Je vous donne ma parole. »

Roi Arthur : comme je l’ai déjà détaillé ici, l’Arthur de Kaamelott pense usurper sa place et ne pas être digne du rôle qu’il doit jouer. Pourtant, lui non plus ne fuit pas ses responsabilités et s’attelle à la tâche, aussi ardue soit-elle. Bien sûr, il craquera, mais après avoir touché le fond, il ne pourra que rebondir et retrouver le chemin qu’il avait perdu.

Verdict : obligés de suivre une destinée écrite à leur place, les Arthur tentent de s’en sortir du mieux qu’ils peuvent, en portant sur leurs épaules tous les espoirs. Leur seule manière de s’acquitter de cette tâche ? Faire ce qui leur semble juste, quoi qu’il en coûte.

 

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nov 29 2011

Contre toute attente, j’aime Merlin

Je ne pensais pas écrire un jour billet un billet sur la série Merlin. Et encore moins un billet où je chante ses louanges. Et pourtant, ce jour est arrivé.

Merlin est une série anglaise apparue sur BBC One en 2008. Elle raconte l’épopée arthurienne par le prisme de la jeunesse de Merlin et d’Arthur, avant qu’ils ne deviennent légendaires. Le jeune Merlin (Colin Morgan) est envoyé par sa mère à Camelot pour travailler sous les ordres de Gaius (Richard Wilson), médecin du roi. Merlin n’est pas un jeune homme comme les autres : doté de pouvoirs dont il ne comprend ni la provenance, ni l’étendue, il est un peu perdu. Son arrivée à Camelot lui permettra de trouver les réponses qu’il cherche et d’embrasser sa destinée. Que les puristes de Chrétien de Troyes passent leur chemin : il s’agit d’une libre adaptation. Uther Pendragon (Anthony Head, le Giles de Buffy) est bien en vie, plus roi que jamais et met à mort quiconque utilise la magie, Arthur (Bradley James) ressemble à un jeune prince orgueilleux et superficiel qui aime malmener son serviteur Merlin, Morgane (Katie McGrath) est la pupille adorée d’Uther et Guenièvre (Angel Coulby) prend les traits de la servante de Morgane. Cette libre adaptation ne me dérange guère, car comme le disait souvent Alexandre Astier dans des interviews, la légendes arthurienne est un mythe, elle peut dont être adaptée de quelque manière que ce soit. Bien sûr, cela n’a rien à voir avec le point de vue français : ici, on retrouve les bases de la légende d’Arthur. Les chevaliers sont des hommes de grand honneur, qui donneraient leur vie pour leur roi sans aucune hésitation et sans remettre en question le bien-fondé de leur quête. En clair : aucun bras cassé à la cour des Pendragon.

TOUT AVAIT SI MAL COMMENCÉ

Ayant toujours eu un faible pour la légende arthurienne (et bien avant Kaamelott, si si, je vous jure), le pitch m’a tout de suite intéressée, de même que le parti pris qui me rappelait celui de Smallville. Donc, lorsque la première saison est sortie, j’étais au rendez-vous. Mais que je fus déçue : peu d’enjeux, des intrigues « faciles » et presque enfantines, des relations entre personnages qui me semblaient superficielles. Bref, je n’ai même pas terminé cette saison et pensais mettre la série aux oubliettes une bonne fois pour toutes.

Et puis arrive le Comic Con de juillet dernier. Une rencontre avec une partie du casting était organisée et par curiosité, j’y ai assisté. Là encore, déception : Colin Morgan et Bradley James avaient envie d’être ailleurs et le montraient ouvertement. Ils n’écoutaient pas les questions, y répondaient à peine et chahutaient le reste du temps. Ils ne faisaient même pas semblant (c’est pourtant leur boulot en tant qu’acteur, mais passons…). La pauvre Katie McGrath faisait son possible pour relever le niveau, ce qui n’était pas une mince affaire. Heureusement pour nos deux « stars », les jeunes femmes présentes (oui, le public était quasi exclusivement féminin) étaient tellement ravies de les voir qu’elles ne prêtaient pas attention à leur attitude pourtant si irrespectueuse. Cette rencontre ne faisait donc que me conforter dans mon rejet de la série lorsqu’ils ont diffusé un trailer (de la saison 3 ou 4, je ne me souviens pas exactement). Et là, surprise : un trailer fort alléchant qui nous promet du sombre, de l’épique, la légende qui se met enfin en place.

ME VOILÀ SOUS LE CHARME SANS CRIER GARE

Lorsque NRJ12 a diffusé la saison 2 en septembre, j’ai décidé d’y jeter un oeil plus attentif, histoire de vérifier si les promesses du trailer alléchant étaient déjà en marche.

Bien sûr, ce ne fut pas tout de suite la révélation. Les stand-alone (histoire qui se conclut à la fin des épisodes pour les non series addicts, mais va falloir vous mettre au niveau les amis) sont encore nombreux et ont un canevas assez similaire. Mais petit à petit, les éléments se mettent en place, les périls se font plus menaçants et les personnages plus attachants. La relation Merlin/Arthur qui reprend le schéma classique du doué/maladroit fonctionne très bien et la complicité entre les deux acteurs semble réelle. ET puis, je ne suis pas insensible aux parcours de ces deux jeunes héros qui apprennent à être des hommes, et pas n’importe lesquels. La saison 3 monte encore en puissance et la 4 démarre sous les meilleurs auspices. Me voilà donc piégée, attendant chaque soir avec impatience pour avoir ma dose de magie, de cottes de mailles et de petites joutes verbales.

Donc, si vous tombez sur les aventures de Merlin, il se peut fort qu’il vous ensorcèle.

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Merlin, 48 épisodes. Saison 4 en cours de diffusion sur BBC One.

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nov 18 2011

Ces nouvelles séries tant attendues, joie ou déception ?

Rappelle-toi, cher lecteur, chère lectrice, je te parlais ici de la fébrilité qui s’empare de tout sériephile à la rentrée. Je te présentais également les nouvelles séries qui me tentaient particulièrement. Plusieurs semaines ont passé, il est temps de faire un petit bilan.

Ringer, depuis le 13 septembre sur CW

Le pitch : Bridget et Siobhan sont deux sœurs jumelles qui ne sont plus en contact. Alors qu’elles se retrouvent, Siobhan disparaît et Bridget décide de prendre sa place. Ce n’est certainement pas une très bonne idée.

Joie ou déception ? L’histoire et le trailer m’avaient bien intriguée et je reconnais que l’histoire m’embarque. Sarah Michelle Gellar est tout aussi crédible en femme riche et manipulatrice qu’en junkie paumée qui rêve de s’en sortir. Bien sûr, les trois premiers épisodes sont un peu longs à se mettre en place, mais par la suite, les choses s’accélèrent. Ce qui me plaît particulièrement, ce sont toutes les fausses pistes qui troublent le spectateur. Seul petit  bémol : les affres de la belle-fille de Siobhan/Bridget, paumée et droguée dont le mal-être ne me touche guère. Mais la série est diffusée sur CW, alors il faut bien que des ados traînent dans le coin. Non, ce n’est pas un chef-d’œuvre, non, cela ne va pas révolutionner l’histoire des séries télé, mais j’ai envie de voir comment Bridget va se sortir de ce joli merdier et cela me va bien.

American Horror Story, depuis le 5 octobre sur FX

Le pitch : une famille déménage de Boston et se retrouve dans une belle demeure qui n’a qu’un seul petit défaut, elle est hantée.

Joie ou déception ? American Horror Story est le type même de la série qui divise : soit on adhère, soit on exècre, soit on passe de l’un à l’autre (si, si, je vous jure que c’est possible !). Je dois bien avouer que je fais partie de la première catégorie et je sais que certains en sont horrifiés. Je ne nie pas les défauts : clichés de tous les films d’horreur possibles et imaginables, arcs narratifs qui partent dans tous les sens, jeu de l’acteur principal pas toujours convaincant. Mais voilà, je suis happée par l’ambiance (bien plus malsaine que terrifiante) et puis, j’aime retrouver Frances Conroy, la magnifique Ruth Fisher de Six Feet Under. Petit à petit, les éléments prennent leur place et j’ai envie de savoir ce qui relie cette famille à cette maison.

Grimm, depuis le 21 octobre sur NBC

Le pitch : un jeune flic est confronté à des meurtres étranges et apprend cette étrange vérité : les personnages de contes de fées existent et il est un grimm, seul humain capable de percevoir leur vraie nature.

Joie ou déception ? Le trailer du pilot semblait le raconter en entier et ce fut bien le cas. Pour le moment, je n’ai regardé que ce premier épisode et je dois reconnaître que ce n’est pas le coup de cœur. La série est avant tout un cop show (c’est-à-dire qu’on suit des flics durant leurs enquêtes, pour les non avertis) et malgré tout l’aspect fantastique de l’intrigue, cela reste assez classique. Mais je n’enterre pas la série pour autant, car elle n’est pas désagréable à suivre.

Once Upon A Time, depuis le 23 octobre sur ABC

Le pitch : une jeune femme, retrouvée par son fils qu’elle avait abandonné, s’installe dans une petite ville du Maine. Mais comme toujours, dès qu’il s’agit d’une petite ville du Maine, il s’y passe des choses étranges. En clair : les habitants sont les héros des contes de fées (qui sont tout sauf des contes de fées), mais ils l’ignorent.

Joie ou déception ? Mon coup de cœur de la rentrée. J’avais la crainte que cette série soit bien mièvre, surtout de la part d’un grand network, je fus rassurée. Ne vous méprenez pas, ça reste une série de grande chaîne, ne vous attendez pas à y voir une ambiance malsaine à la American Horror Story. Mais les scénaristes assument complètement l’univers des contes de fées en le modernisant. Les flashbacks nous plongent au cœur de cet imaginaire qui nous est si familier de manière fort réussi. Ils évitent d’être trop chronologiques et permettent de cerner et de faire avancer les enjeux de chaque épisode.

 

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