Dexter, Toman, qui êtes-vous ?

Tout d’abord, fidèle lecteur, fidèle lectrice, tu ne reconnais sans doute pas cette nouvelle adresse. Et oui, j’ai sauté le pas du blog Word Press. Je ne te cache pas que ce fut assez laborieux, mais j’espère que tu te sentiras vite chez toi dans mon nouveau chez moi !

Bon, j’ai assez parlé boutique, passons au sujet de ce billet.

Dexter, je pense que tout le monde voit de qui je parle. Mais si, un homme tout gentil et qui aime le travail bien fait. Ok, ok, il a un hobby quelque peu étrange : il tue les criminels qui passent entre les mailles du filet. Pour ceux qui auraient besoin d’un cours de rattrapage, allez ici.

 

 

 

 

Toman est le héros de la série française Signature. Il s’agit également d’un homme tout gentil qui aime le travail bien fait. Bon d’accord, il a une très légère tendance à commettre des meurtres dès qu’il tombe sur des hommes qui font du mal aux enfants.

 

 

 

 

 

Lors du lancement de Signature, l’auteur et réalisateur Hervé Hadmar a répété que Toman n’était pas un Dexter à la française. Bien sûr, Signature a son identité visuelle et un propos bien à elle. Mais, tant sur le fond que sur certains aspects de la forme, elle se rapproche de Dexter. Bien sûr, vous allez me dire : “heu, Astiera, c’est normal, ce sont deux tueurs en série.” Au-delà de cette évidence, Dexter et Signature nous présentent des personnages en quête d’identité.

ATTENTION SPOILERS

Deux enfants traumatisés

On dit souvent que tout se joue dans l’enfance. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dexter et Toman n’ont pas été gâtés. Assister au meurtre de ses parents, resté enfermé plusieurs jours avec le cadavre démembré de sa mère pour l’un et errer seul dans la nature terrifiante de l’île de la Réunion pour l’autre, forcément ça marque. Dexter et Toman n’ont pas eu d’enfance. Ils se sentent donc très proches des enfants qui leur rappellent leur innocence perdue.

Deux tueurs façonnés par leur père

Autre point commun entre les deux bougres : leur figure paternelle. Le père adoptif de Dexter a vite compris que le petit ne tournait pas bien rond. En bon flic qui se respecte, il ne peut se résoudre à laisser son fils aller au bout de ses pulsions, mais sait aussi que rien ne l’arrêtera. Alors que faire ? Et bien, en faire une arme de justice ! Le père de Dexter lui inculque donc des “valeurs” et un code à suivre : ne tuer que les criminels et ne tuer que lorsque la culpabilité ne fait aucun doute. Du côté de Toman, la figure paternelle est bien plus floue puisque son père a été assassiné. Disons qu’il est “recueilli” par un homme aussi ivrogne que brutal, qui n’aura de cesse de le brimer encore et encore.

Mais dans les deux cas, ces pères leur ont dicté leur conduite de tueur. En répétant à Dexter qu’il devait canaliser ses pulsions au lieu de trouver un moyen de les stopper, son père lui a donné la certitude qu’il était un monstre qui devait se fondre dans la masse. Les premiers meurtres de Dexter sont liés à son père. C’est lui qui dira à Dexter de mettre un terme aux agissements d’une infirmière trop portée sur l’euthanasie. C’est pour faire plaisir à son père que Dexter tue le criminel qui a tué le partenaire de son paternel. Il en sera même tellement fier qu’il invitera son père à assister à la mise à mort, situation que ce dernier aura beaucoup de mal à digérer. Pour Toman, son destin de tueur est lui aussi lié à la figure paternelle. Son premier meurtre est celui de l’homme qui l’a maltraité durant toutes ces années. Ce sont ces mauvais traitements et ce meurtre originel qui le poussent à pourchasser et tuer ceux qui font du mal aux enfants. Mais dans le cas de Toman, cela va même plus loin car il s’avère que celui qui a assassiné sa mère sous ses yeux n’est autre que son père biologique, ivre de jalousie (comment ça, c’est un peu tordu ?).

Deux hommes avançant masqués

Bien sûr, lorsqu’on est un tueur en série, on évite de le crier sur les toits. Mais pour Dexter et Toman, cela va bien au-delà. Ne sachant pas qui ils sont, ils ne savent pas comment agir face aux autres. Alors, ils portent le masque du spécialiste ou du pêcheur sans histoires, ils sont aimés de tous, ils portent à merveille le masque du mec gentil toujours là pour les autres. Mais cette situation leur pèse : comment continuer à mentir à ceux qu’ils aiment ? Quelle sera la réaction de ces êtres chers lorsqu’ils découvriront la vérité ? Au fil des saisons, Dexter cherche à savoir qui il est réellement et tente de se convaincre qu’il n’est pas que ce dark passenger, qu’il peut être bien plus, qu’il peut se connecter aux autres, qu’il peut construire quelque chose. Toman est moins optimiste : dès le premier épisode, il nous raconte la manière dont tout ceci finira. Et cela ne finira pas bien. Toman ne se demande pas vraiment qui il est, il sait qu’il est perdu. Mais contrairement à Dexter, il en vient à se demander s’il a le droit de tuer ces hommes. Cette prise de conscience n’arrangera rien à son affaire.

Deux personnages intéressants et attachants

Au final, Dexter et Toman posent question et suscitent l’empathie. En tout cas, ils m’émeuvent. Malgré de gros problèmes de rythme, j’ai plongé au cœur de la Réunion en compagnie de Toman avec plaisir et je découvre chaque saison de Dexter avec joie et délectation.

 

 



 

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Stargate, c’est fini

Je vous l’annonçais déjà ici, Stargate Universe s’est arrêtée cette semaine. Cet arrêt signifie le tomber de rideau sur la porte des étoiles, porte des étoiles qui a rythmé ma vie de series addict depuis 14 ans. En cette semaine funeste, j’ai donc décidé de rendre hommage à cette franchise si chère à mon coeur en vous livrant mes épisodes préférés (autant vous dire que j’ai dû faire une réelle sélection, sinon, ce billet aurait vraiment été trop long et il l’est pas mal 😉 ).

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L’art de gouverner au pays de Kaamelott

Non, cher lecteur, chère lectrice, je ne suis pas en train de faire une crise d’Astierite aigüe (je crois d’ailleurs qu’il serait plus juste de parler d’Astierite chronique dans mon cas). Et puis, j’écris bien ce dont j’ai envie sur mon blog, sacrebleu !

Plus sérieusement, en ces temps où des peuples crient leur soif de liberté et en meurent, où des symboles du terrorisme tombent, où nos femmes et nos hommes politiques ont leurs yeux et leurs sondages rivés sur 2012, il me semblait intéressant d’explorer l’exercice du pouvoir grâce au prisme kaamelottien.

Kaamelott, pour beaucoup, ce sont de sympathiques pastilles de 3 minutes présentant des personnages aussi attachants qu’irrésistiblement drôles. Certes, on peut s’arrêter à cette simple lecture. Mais Kaamelott, c’est bien plus que ça. Alexandre Astier a reconnu à de nombreuses reprises que cette série, parce qu’elle s’inscrit dans un passé imaginaire, permet de poser des questions sur le monde d’aujourd’hui. Et parce qu’il est question de royaume, c’est tout naturellement la question de l’exercice du pouvoir qui est particulièrement mis en lumière.

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Les acteurs derrière la caméra

Tout d’abord, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Cette idée de post m’a été soufflée par Thanandra dans son dernier strip. Qu’elle en soit ici remerciée.

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je m’en vais te conter les merveilleuses aventures de ces acteurs de séries qui empruntent la casquette de réalisateurs le temps d’un ou plusieurs épisodes.
Aux États-Unis, il est assez répandu que les acteurs principaux soient aussi producteurs exécutifs. Un bon moyen d’avoir un oeil sur tout ce qui se passe et puis, accessoirement, cela doit être plus difficile d’être viré 😉
Mais il arrive également que les acteurs ont envie de dire « Action ! » et « Coupez ! ». Cela peut sembler étrange que des acteurs n’ayant a priori aucune expérience puissent réaliser quelques épisodes. Il faut savoir que la place du réalisateur n’est pas du tout la même de chaque côté de l’Atlantique. En France, il a un statut à part, on admire sa vision, sa technique… Aux États-Unis, il en est tout autrement. Ceux qui font les séries, ce sont les scénaristes, les producteurs et les showrunners, lorsqu’il y en a. Plusieurs réalisateurs tournent tout au long de la saison et tout ce qu’on leur demande, c’est de respecter les indications de la productions pour que tous les épisodes soient homogènes. On ne leur demande pas d’avoir une vision artistique de ce qu’ils filment, ils sont plus des techniciens de la mise en image.

Il n’est donc pas étonnant que des acteurs puissent y trouver leur place. Mais ce n’est tout de même pas si simple.
Michael Shanks (Daniel Jackson dans la franchise Stargate pour les hurluberlus qui me lisent pour la première fois ou qui ont vécu sur une autre planète ces 15 dernières années 😉 ) a rapidement voulu réaliser un épisode de Stargate SG-1. On l’a invité à bien regarder comment ça se passe et deux ans après sa demande, celle-ci était acceptée. Il s’attendait à un épisode « pépère » et manque de pot, il s’est retrouvé à réaliser un épisode dans lequel l’équipe SG-1 devait faire face à ses « doubles robotiques ». Ça sent le coup-fourré cette affaire.
Tate Donovan (Tom Shayes dans Damages) se souviendra longtemps de la première fois qu’il a dirigé Glenn Close dans cette série (voir l’épisode de la série documentaire Showrunners consacré à la série). Il était tout excité à l’idée de diriger Glenn Close et lors de la répétition de la scène, il n’arrêtait pas de parler et de donner des indications. Ce à quoi l’actrice lui a répondu par trois retentissants « Ta gueule ». On a connu moins humiliant 😉
Mais finalement, pour un acteur/réalisateur, le plus difficile est peut-être de jouer et de réaliser à la fois. John Slattery, le Roger Sterling de Mad Men, ne dit pas autre chose dans cette interview.

Et si au lieu de vous en parler, je vous montrais ce que cela donne un acteur qui réalise ?

Du côté de Sanctuary, tout semble couler avec Amanda Tapping.

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Chez le Dr House, Hugh Laurie n’a pas chômé niveau travail préparatoire.

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Conventions : événements geeks ou pièges à midinettes ?

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, cette semaine j’ai décidé de m’attaquer à un sujet brûlant, de m’aventurer sur le terrain ô combien glissant du post engagé. Non, ne me félicite pas pour ce superbe acte de bravoure, je ne fais que mon boulot de blogueuse. Je sais, je sais, ton admiration, déjà sans borne, est maintenant sans faille !

Samedi dernier, je suis montée à la capitale pour assister à la Sci-Fi Convention qui avait lieu au Théâtre du gymnase. Mais pourquoi donc ? Et bien, pour rencontrer du people of course ! Et pas n’importe quels people : Michael Shanks, l’inoubliable Daniel Jackson de la franchise Stargate, John Noble, le merveilleux Walter de Fringe, Jasika Nicole, la non moins merveilleuse Astrid (ou Astro) de Fringe et Jordan Hinson, la sûrement très bien Zoé d’Eureka.

Mais finalement, une convention, comment ça marche et qui y va ?
C’est assez simple. Des acteurs se déplacent pour parler de leurs séries (et accessoirement toucher un petit cachet, tout se monnaye en ce bas monde). Les fans peuvent donc avoir la chance de les voir lors de panels, de poser avec eux pour une photo, d’avoir un autographe et d’assister à un cocktail en leur présence. Bien sûr, tout ceci, contre quelques dizaines (voire centaines parfois) d’euros.
Certains parmi vous doivent se dire : non mais ils sont pas malades de dépenser autant d’argent pour ce type d’événements ? C’est une question que me suis effectivement posée. J’avoue, je ne suis pas une fan ultime des conventions. Je n’en ai fait que deux et je ne joue pas le jeu à fond. Je ne prends qu’un billet pour une journée et je ne fais que des photos. Du coup, je dois sûrement me couper un peu de l’ambiance de l’événement. Le gros problème des conventions, à mon avis, c’est qu’il ne se passe pas grand-chose durant les périodes où les invités sont en séances photos ou en dédicaces. Du coup, en tant que visiteur, on tue parfois un peu le temps.
Il faut dire que certains jouent le jeu à fond : cosplay, pass utlime… Et non, ce ne sont pas des décérébrés qui n’ont rien d’autre dans leur vie (ok, j’avoue, certains font un peu peur, mais ils sont une minorité). Ils en profitent simplement pour s’amuser, se retrouver entre fans du même univers, et accessoirement, rencontrer leurs acteurs/actrices préférés.

Mais bon, avec mon âme de midinette, je trouve mon compte. Ça vaut le coup d’avoir Micheal Shanks qui fait l’idiot à quelques centimètres pendant près d’une minute parce que la photographe n’a pas calculé qu’on était prêt pour la photo. Ça vaut le coup de voir John Noble se marrer lorsque je lui propose d’observer une minivache décorée à travers une loupe.

Donc oui, ces conventions sont sûrement un peu des pièges à midinettes, mais tant qu’on le sait et qu’on l’assume, c’est moins grave non ?

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