La force de ces acteurs pleinement conscients de leur corps

Je sais, je sais, cher lecteur, chère lectrice, tu te demandes sans doute d’où me vient ce titre de billet et où est-ce que je veux en venir. Je te rassure tout de suite, tout va bien du côté de mon équilibre mental (enfin, disons que son déséquilibre est on ne peut plus normal).

Jouer la comédie, ce n’est pas seulement interpréter un texte, c’est aussi et surtout, donner corps à un personnage. Mais ce n’est pas si simple d’être corporellement un autre. Et lorsque cela fonctionne, le spectateur ne peut qu’être happé par ce qu’il voit. En ce qui me concerne, je suis presque envoûtée.

Si j’en viens à écrire un tel billet aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, c’est qu’hier soir, je suis allée voir la pièce de théâtre Frankenstein au cinéma. Petit rappel des faits : l’année dernière, Benedict Cumberbatch a joué au National Theatre of Great Britain avec Johnny Lee Miller la pièce Frankenstein, mise en scène par Danny Boyle. Particularité de cette pièce : les deux acteurs alternent les rôles du créateur et de la créature un soir sur deux. The National Theatre of Great Britain propose des captations vidéo de ses pièces qui sont diffusées au cinéma. Hier soir, j’ai donc vu la séance dans laquelle Benedict Cumberbatch joue la créature. Alors oui, bien sûr, je fais ma fangirl de base dès qu’il s’agit de cet acteur si cher à mon cœur de monomaniaque obsessionnelle, mais ce billet va bien au-delà. J’ai été totalement bluffée par sa présence physique et surtout par sa “mise en corps” parfaitement maîtrisée.

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Les artistes que l’on admire et la vision fantasmée que l’on en a

Twitter a du bon. Ce n’est pas seulement un endroit où l’on peut procrastiner à l’infini et perdre son temps avec délice entre liens, discussions et surtout douces bêtises. Twitter est aussi un endroit qui me donne des envies de billets (même s’ils n’ont rien de révolutionnaires. Mais en même temps, je fais ce que je veux sur mon blog. Et les billets non révolutionnaires font aussi partie du lot 😉 ).

Je m’explique.

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Elementary ou comment tenter de dépasser son réflexe de fan intégriste

Cela fait déjà un petit moment que je souhaite écrire un billet sur Elementary, nouvelle série de CBS prévue pour la rentrée 2012. Comme son nom l’indique, cette série est une adaptation moderne de ce cher Sherlock Holmes. Et là, cher lecteur, chère lectrice, tu te dis, “il n’y aurait pas déjà ce cher Sherlock sur le créneau” ? Sache que tu as totalement raison de te poser cette question. Il y a quelque temps, CBS a approché les producteurs de Sherlock afin d’en obtenir les droits pour l’adapter. Steven Moffat et sa femme et productrice Sue Vertue, déjà échaudés par des adaptations plus ou moins réussies (en particulier leur sitcom Coupling) n’ont pas donné suite à la demande. Mais CBS a bien senti que le célèbre détective était une aubaine et a donc décidé de créer sa propre adaptation. Autant vous dire que la team Sherlock made in England n’a pas très bien pris la nouvelle et a tout de suite prévenu ses cousins américains : à la moindre similitude, c’est procès assuré ! Du coup, CBS a joué aux jeux des différences : l’action se passe à New York et surtout, John Watson est devenu Joan Watson, inerprétée par Lucy Liu.

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Sherlock aurait pu être une série presque banale

 

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, je vais encore te parler de Sherlock. Et oui encore (j’en vois déjà quelques-uns et quelques-unes lever les yeux au ciel). Mais si tu es un fidèle de ce blog, tu sais déjà que je suis une sériephile catégorie monomaniaque obsessionnelle, donc cela ne te surprend guère. Si tu me lis pour la première fois, tu apprends l’existence des sériephiles catégorie monomaniaque obsessionnelle. N’aie crainte, ce n’est presque pas contagieux.

Comme toute series addict qui se respecte, je me suis procuré le Saint-Graal : les coffrets DVD remplis de bonus intéressants (merci Delphine). Et lorsque tu es fan de Sherlock, tu ne trouveras ton salut que dans l’édition anglaise. Me voilà donc plongée dans les making of et autres commentaires audios depuis une semaine. Le coffret de la saison 1 comprend le bonus ultime : le pilot non diffusé.

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, le pilot de Sherlock n’a jamais été diffusé. Était-il donc si raté que la BBC l’a rejeté en bloc ? Et bien non, c’est même tout l’inverse. Steven Moffat et Mark Gatiss sont arrivés en 2009 avec leur pilot de 60 minutes sous le bras. La chaîne a été tellement emballée qu’elle a accepté de signer pour des épisodes de… 90 minutes. Les scénaristes ont jugé qu’il était impossible de rajouter des scènes. L’épisode a donc été réécrit et tourné une nouvelle fois pour donner le A Study in Pink que nous connaissons tous. Pour la petite histoire, cet épisode a été le dernier à être tourné, Steven Moffat étant à la bourre dans l’écriture en raison d’un mystérieux Doctor qui voyage à travers le temps.

Avoir l’occasion de regarder ce pilot est une véritable chance, car la comparaison permet de bien mesurer le travail d’écriture et d’apporter la preuve, s’il en était encore besoin, que Steven Moffat et Mark Gatiss sont doués. Sacrément doués. Car il faut bien le reconnaître, ce pilot, aussi honorable soit-il, n’a rien d’exceptionnel. Comment la magie a-t-elle donc pu finir par opérer ?

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Third Star, le film qui m’a mise KO pour la première fois

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, c’est encore un billet hérétique que je te propose aujourd’hui. Comment pourrait-il en être étonnant après l’expérience émotionnelle que je viens de vivre ? Ces mots sont forts, mais en aucun cas exagérés car Third Star est un film rare. Le pitch ? James (Benedict Cumberbatch) est atteint d’un cancer en phase terminale. À sa demande, ses trois meilleurs amis, Davy (Tom Burke), Bill (Adam Robertson) et Miles (JJ Feild) l’emmènent camper sur son lieu préféré sur Terre, Barafundle Bay.

Je me dois d’être honnête : si Benedict Cumberbatch (le Sherlock de la BBC si cher à mon cœur) n’avait pas été au casting, je n’aurais jamais regardé ce film. Je n’en aurais même jamais entendu parler. Tout petite production indépendante, il a certes été présenté dans plusieurs festivals en Europe et dans le monde, mais n’a été distribué que dans peu de salles au Royaume-Uni et dans très très peu de salles aux États-Unis.

Que les choses soient claires : ce n’est pas, mais alors pas du tout mon genre de pleurer devant un film. Et encore moins lorsque le sujet (genre un héros cancéreux) est labellisé “larmes garanties”. Et lorsque cela m’arrive (la scène du pick-up dans Sur la route de Madison est imparable), l’émotion s’en va comme elle est venue.

Donc, lorsque je me suis tranquillement installée sur mon canapé pour regarder Third Star, je pensais admirer le talent de mon acteur préféré du moment et découvrir une histoire touchante. Terrible erreur. Lentement, mais inexorablement, la force de ce récit m’a totalement happée. Toutes les barrières sont tombées : c’est mon meilleur ami qui est mourant, c’est moi qui suis pétrifiée à l’idée de le perdre. Le générique terminé, je suis en état de choc, incapable de retenir mes larmes durant de nombreuses minutes. Retournée comme jamais auparavant, je ressens une terrible tristesse, presque douloureuse. Le lendemain, je suis encore hantée par ces personnages, ces images, ces émotions. Une semaine après, je garde encore des traces.

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