Quand séries riment avec philospohie

Une fois n’est pas coutume, je vais parler de livres. Mais, en tant que series addict, je ne vais pas vous parler du dernier roman de Marc Lévy (faut pas déconner non plus) ou de la biographie plagiée/non plagiée d’Hemingway de ce cher PPDA. Non, je vais vous parler des deux tomes de Philosophie en séries écrits par Thibaut de Saint Maurice.

Philosophie en séries, késako ?
Un vendredi après-midi, 16 h 40. Un professeur de philosophie tente désespérément d’expliquer à ses élèves le thème de l’expérience.  Mais en ce vendredi après-midi, les élèves sont bien plus intéressés par leurs projets du week-end. Là, le prof de philo se sent tel le Dr House tentant d’expliquer le pertinence d’une de ses hypothèses devant son tableau blanc. Et voilà que le prof de philo demande à ses élèves s’ils connaissent le Dr House et quelle est sa spécialité. Les élèves resteront consacrés jusqu’à la fin du cours.
Voilà comment Thibaut de Saint Maurice, le prof de philo en question, introduit le premier volume. De cette expérience est née un questionnement : peut-on philosopher devant un écran de télévision ? De ce questionnement est né le livre Philosophie en séries.
Le principe du livre est assez simple : mettre en rapport des séries avec des notions philosophiques. Un chapitre par série.

Vulgariser la philo : un pari risqué
En achetant ces livres, j’avais tout de même une petite crainte : que l’auteur fasse dans la philosophie de bas-étage et ne nous donne à voir que des poncifs bien simplistes.
Ma crainte a vite été balayée, le propos est fort intéressant et bien étayé. Et puis, l’auteur sait choisir des séries qui me parlent : Dexter, Six Feet Under, Mad Men, Dr House, Lost, Kaamelott, Fais pas ci fais pas ça, Un village français… Bref, que du bon ! Ok, je me dois d’être honnête, on y parle aussi de Grey’s Anatomy et de Desperate Housewives…
Je ne vais pas vous détailler les livres, cela n’aurait aucun intérêt, et si vous voulez aller plus loin, ben achetez-les ! En plus, ils ne sont pas cher 😉 Mais pour vous donner une petite idée, voilà quelques exemples des questions qui y sont posées :
– Dexter : Dexter Morgan est-il un justicier ou un meurtrier ?
– Mad Men :  Qu’est-ce qu’être une femme au milieu de tous des Mad Men ?
– Kaamelott : Comment gouverner des hommes bêtes ?
– Six Feet Under : Savoir qu’on va finir six pieds sous terre rend-il l’existence absurde ?
– Dr House : Greg House ou le problème de la recherche de vérité…
Bien sûr, les chapitres ne font pas des centaines de pages, mais les références ne manquent pas : Kant, Nietszche, Spinoza, Montaigne, Sartre, Kirkegaard, Arendt…

Les grandes séries, au-delà du simple divertissement de masse
Comme je l’expliquais dans un précédant billet, les séries qui me marquent sont bien plus que du divertissement. Bien sûr, les séries s’inscrivent dans un modèle économique et le premier objectif des diffuseurs est de gagner de l’argent et de vendre les espaces publicitaires à prix d’or (l’arrêt d’Hero Corp en est le meilleur exemple…).
Mais le but des bons créateurs de séries est tout autre : nous raconter des histoires, créer des personnages et des situations qui vont faire réfléchir le public. Et avec moi, ça marche : si je suis accro à une série, c’est bien parce qu’elle m’invite à me questionner, à mettre en perspective ce que je vis (bon, si le héros est cute, je vais pas cracher dessus non plus 😉 ).
Les séries télévisées peuvent être perçues comme de l’horrible culture de masse qui ne fait qu’abrutir ceux qui les regardent. Voilà bien un raisonnement réducteur et d’arrière-garde. Thibaut de Saint Maurice va même, dans le dernier chapitre de son premier opus, jusqu’à poser cette question  : les séries sont-elles des œuvres d’art ? Le débat est lancé !

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Les créateurs, mes héros

Bien sûr, un series addict est fan des acteurs : que serait une bonne histoire si elle était mal jouée ? Mais un series addict ne s’arrête pas seulement à cette partie visible de l’iceberg (bon ok, je prends mon cas pour une généralité, mais faut bien se la péter un peu non ?). Ce qui me passionne, c’est le comment ça se passe.

Par le comment ça se passe, je ne parle pas du tournage, phase essentielle du processus bien sûr, mais qui ne m’intéresse pas plus que ça. J’ai vu plusieurs making of et il en ressort surtout un travail long, stressant et fastidieux.
Non, par le comment ça se passe, je parle du travail d’écriture. Aimant écrire, il est sans doute naturel que mon intérêt se porte sur ce domaine. Car soyons réalistes : les interviews d’acteurs au sujet de leurs personnages sont le plus souvent creuses et peu pertinentes (exception faite de Michael C Hall et Jon Hamm). Et pour cause, les acteurs n’ont aucune prise sur leurs personnages : même s’ils peuvent avoir leur mot à dire ponctuellement, ils jouent ce qui est écrit. Ceux qui connaissent le mieux les personnages, ce sont les auteurs et les scénaristes. Ce qui me touche le plus dans une série, ce sont ses personnages.

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Le plein de bonnes résolutions… ou pas !

Et oui, la nouvelle n’a pas pu vous échapper : nous sommes en 2011 ! Chaque nouvelle année qui commence s’accompagne toujours de son lot de bonnes résolutions plus ou moins honnêtes et réalisables. Bien sûr, je n’échappe pas à la règle et voici celles que je me suis fixées.

Les résolutions que j’espère bien tenir :
– publier au moins un billet par semaine sur ce blog (car je sais, cher lecteur, chère lectrice, que tu trépignes chaque fois d’impatience) ;
– ne pas louper toutes les nouvelles bonnes séries de l’année.

Les résolutions que je suis sûre de ne pas tenir :
– rester calme dès que juillet s’annonce (car juillet = Comic Con de San Diego = premiers trailers et premières affiches de la nouvelle saison de Dexter = hystérie caractérisée) ;
– moins parler des frères Astier (et donc de Kaamelott et d’Hero Corp) ;
– ne pas me retrouver avec plein de séries en retard ;
– ne pas faire ma midinette dès que l’occasion se présentera ;
– faire preuve d’ouverture d’esprit envers ceux qui regardent les séries françaises bankable, mais tellement affligeantes ;
– tenter de ralentir ma series addict attitude (bon là, soyons honnêtes, c’est totalement impossible que j’y arrive ;-)).

Je sens que 2011 va être un très bon cru !

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Dis Astiera, comment on devient series addict ?

Voilà plus d’un mois que chaque semaine Thanandra et moi vous invitons à découvrir le monde des merveilleux des series addicts. Cette semaine, je vais répondre à cette question qui vous taraude certainement : comment devient-on series addict ?

Cela commence de manière anodine presque sans prévenir. Au départ, j’étais un téléspectatrice lambda qui attendait bien sagement les diffusions sur mes cinq chaînes hertziennes. Puis, j’ai commencé à récupérer des VHS par-ci par-là, afin de découvrir les saisons inédites et parfois en VO qui passaient d’abord sur les chaînes du câble et du satellite.

Et puis, un jour, ce fut le drame : M6 a stoppé la diffusion de la saison 10 de Stargate SG-1 et de Stargate Atlantis sans crier gare. Là, mon sang de fan n’a fait qu’un tour : non mais c’est quoi ce bordel ? JE VEUX MES SÉRIES STARGATE !!!!!!!!!!! (quand je vous dis que la franchise a marqué ma vie de series addict, je raconte pas des blagues).
Quels choix me restaient-ils ? Attendre la sortie DVD (et accessoirement, m’acheter un lecteur DVD) ou me laisser tenter par le doux appel du fichier partagé ? Je vous laisse deviner quelle est l’option que j’ai privilégiée…

J’ai donc irrémédiablement glissé sur la pente très très raide de la series addict : un épisode en a entraîné un autre, de nouvelles séries à découvrir, les nouvelles saisons avant ces saletés de diffuseurs français, la VO devenue indispensable… Pauvre de moi, j’étais totalement piégée !

Mais au final, être series addict, ça apporte quoi ? En ce qui me concerne, au-delà du simple divertissement qui apporte déjà beaucoup, cela me permet de réfléchir sur ma vie. Je sais, dit comme ça, cela semble très pompeux et relever de la philosophie de bas étage.
Je ne vous parle pas des séries que l’on consomme comme du fast food, aussitôt vues, aussitôt oubliées. Non, je vous parle des séries qui vous marquent profondément, dont les personnages vous touchent. Pour moi, il s’agit essentiellement de Six Feet Under, Dexter et Mad Men. Quel est leur point commun ? Suivre des personnages incapables de faire face à leurs émotions, qui font ce qu’ils croient qu’on attend d’eux et qui sont profondément désœuvrés (pas super gai, je vous l’accorde, mais on ne peut pas nier que le désespoir est plus marquant que le bonheur).
Ces histoires résonnent en moi et me permettent de m’interroger sur moi-même. Voilà pourquoi je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer devant les trois derniers épisodes de Six Feet Under. Et ressentir de telles émotions, cela nourrit.

Sinon, pour d’autres, être series addict, ça inspire !

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La fan attitude, ça se vit !

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, le billet tant attendu depuis une semaine est enfin publié. J’imagine déjà ton immense joie et ton impatience. Rassure-toi, cela valait le coup d’attendre. Cette semaine, c’est séquence confessions (non, pas intimes, on n’est pas sur TF1, ça va pas bien dans ta tête ?).

Cette semaine, cher lecteur, chère lectrice, j’ai décidé de te parler de la fan attitude qui guette de près tout series addic qui se respecte. Avant de faire mon coming out et de crier au monde entier mon amour pour l’univers des séries, je regardais d’un œil amusé et moqueur tous ces fans courant les conventions ou toute autre séance de dédicaces. Et puis, lorsque j’ai décidé de m’accepter telle que j’étais (en clair, une fofolle), j’ai joué à fond la carte de la fan attitude.

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