jan 17 2011

Ma déclaration d’amour à Six Feet Under

Cher lecteur, chère lectrice, aujourd’hui j’ai décidé de te parler d’une série qui a marqué ma vie de series addict. Cette série pas comme les autres, c’est Six Feet Under.

Et pourtant, je suis longtemps passée à côté de cette série dont j’avais entendu le plus grand bien. Faute d’abonnement, je ne l’ai vue ni sur Jimmy, ni sur Canal + et je l’ai également manquée lors de sa diffusion sur France 2 (à une heure très tardive et seules les 3 premières saisons ont été diffusées). Entretemps, j’ai plongé avec délice dans les abîmes de Dexter et j’ai littéralement craqué pour le talent de Michael C Hall, qui, comme par hasard, jouait dans Six Feet Under. Lorsque j’ai appris que France 4 rediffusait la série, je n’ai pas manqué le coche cette fois-ci et ce fut une révélation (non, je n’ai pas peur de m’enflammer le pistil !).

Six Feet Under, de quoi ça parle ?
Commençons donc par le commencement. Six Feet Under raconte la vie des Fisher père et fils qui dirigent une entreprise indépendante de pompes funèbres à Los Angeles. Alors qu’ils s’apprêtent à fêter Noël en famille, le père se prend un bus au volant de son corbillard, sur le chemin de l’aéroport où l’attend son fils aîné (vous suivez ?). Il meurt sur le coup.
La famille doit donc continuer à faire tourner l’affaire et à gérer le deuil et l’absence (ce qui n’est pas vraiment plus facile pour des croque-morts, contrairement aux apparences).

Des personnages totalement névrosés et émouvants
Amateurs de rythme haletant, de scènes d’action époustouflantes, d’effets spéciaux à vous couper le souffle, de ton léger, passez votre chemin. Ce qui fait la force de cette série, ce sont les personnages et les relations hautement complexes qu’ils entretiennent.

Ruth (Frances Conroy) est la mère de famille dévouée à son mari, à ses enfants, et apparemment parfaite. Mais on découvre bien vite que sa vie ressemble bien plus à une prison qu’à un conte de fées. Elle est incapable d’exprimer ses sentiments et vit en totale incompréhension avec ses chers enfants, qui la voient plus comme un élément du décor que comme un personne dotée de rêves et de désirs.
Nate (Peter Krause) est le fils aîné qui a choisi de fuir le destin qui lui était tracé et a quitté la maison pour s’installer à Seattle. Voilà bien ce qui définit Nate : la fuite et son incapacité à se prendre en main. Avec le décès de son père, il n’a d’autre choix que d’aider son frère à faire tourner la boutique. Le voici coincé là où il ne voulait absolument pas être, à devoir gérer ce qui est ingérable : la mort et des cadavres. Ajoutez à cela une relation chaotique et quelque peu destructrice avec Brenda (Rachel Griffiths), jeune femme totalement névrosée et au passé torturé, dotée d’une famille qui l’est tout autant.
David (Michael C Hall) semble être le fils prodigue : il assume ses responsabilités, fait ce que l’on attend de lui, reprend la charge de diacre anciennement tenue par son père. Mais les apparences sont une nouvelle fois bien trompeuses. David cache un secret qui le dévore chaque jour un peu plus : son homosexualité qu’il vit comme une honte et un châtiment. Sa relation avec Keith (Mathew St Patrick), un policier totalement à l’aise avec sa sexualité, mais non exempt de névroses, est tout aussi compliquée que touchante.
Claire (Lauren Ambrose) est la petite dernière. Cette lycéenne n’arrive pas à se faire sa place dans cette famille, elle a le sentiment de ne pas compter, de ne pas exister. Artiste dans l’âme, elle souffre de ne pouvoir exprimer ses sentiments et du manque total de communication qui règne dans cette maison. À fleur de peau, elle craque tout logiquement pour les garçons névrosés, bad boy, destructeurs.
Federico (Freddy Rodriguez) doit tout au père Fisher. Embauché et formé par ce dernier, il est devenu un thanatopracteur talentueux, capable de faire des miracles avec les cadavres les plus abîmés. Mais, aux yeux des fils Ficher, il reste un simple employé et ce manque de reconnaissance lui pèse.
Enfin, il y a Nathanel (Richard Jenkins) le père défunt. Et oui, malgré son décès dès le pilote, son personnage est présent tout au long de la série. Chaque personnage se l’imagine, telle une conscience, mais pas toujours bienveillante, vous vous en doutez.

Au fil des cinq saisons, on suit donc les tourments (mais aussi les joies, si, si, il y en a quelques-unes…) de ces personnages totalement perdus. On les voit prendre les mauvaises décisions, foncer irrémédiablement dans le mur, tomber, tenter de se relever et tomber encore. Voilà ce qui m’a profondément touchée et émue : suivant les situations, j’ai pu m’identifier à l’un ou à l’autre et je vivais toutes leurs épreuves avec eux. Les Fisher (and co) ont fait partie de ma vie et m’ont procuré beaucoup d’émotions. Tellement d’émotions que je n’ai pu m’empêcher de pleurer durant les trois derniers épisodes.

Une cohérence du premier au dernier épisode
Six Feet Under est une série à part. À part, car voir la mort du point de vue des pompes funèbres reste un sujet tabou. À part, car son écriture et sa narration sont uniques et lui appartiennent. Le parti-pris est clair : la mort est un personnage incontournable. Ainsi, chaque épisode débute par le décès (toujours teinté d’humour noir) du futur “cas” traité par les Fisher.
La série comporte cinq saisons et ne peut en comporter que cinq. Alors que Six Feet Under était un succès et récoltait moult récompenses, ses créateurs ont décidé d’une véritable fin, l’une des meilleures fins de série de l’histoire des séries (et je ne suis vraiment pas la seule à le penser). Alors qu’il arrive trop souvent que des séries soient usées jusqu’à la corde et perdent de leur intensité, ici ce n’est clairement pas le cas. Lors de ce dernier épisode, les personnages sont là où ils doivent être et les dernières minutes sont tout simplement magnifiques.

Une identité visuelle
Tous les éléments narratifs sont soignés et l’aspect visuel n’est pas oublié.

Le générique, si particulier, est un modèle du genre :

Mais Six Feet Under ne rime pas seulement avec tragédies, larmes et chaos, cela rime aussi instants de folie ! (attention, risque de spoiler. Les fausses pubs n’ont été utilisées que dans le pilote)


Six feet under Compilation
envoyé par mado88. – Cliquez pour voir plus de vidéos marrantes.

Et que dire des trailers d’avant saison ? Ce sont de véritables bijoux ! (attention, risque de spoiler, again) :


Six Feet Under Promo saison 2
envoyé par Ofca. – Regardez les dernières vidéos d’actu.


Six Feet Under Promo saison 3
envoyé par Ofca. – L’info internationale vidéo.


Six Feet Under Season 5 Promo
envoyé par max1407. – Clip, interview et concert.

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déc 19 2010

Dis Astiera, comment on devient series addict ?

Voilà plus d’un mois que chaque semaine Thanandra et moi vous invitons à découvrir le monde des merveilleux des series addicts. Cette semaine, je vais répondre à cette question qui vous taraude certainement : comment devient-on series addict ?

Cela commence de manière anodine presque sans prévenir. Au départ, j’étais un téléspectatrice lambda qui attendait bien sagement les diffusions sur mes cinq chaînes hertziennes. Puis, j’ai commencé à récupérer des VHS par-ci par-là, afin de découvrir les saisons inédites et parfois en VO qui passaient d’abord sur les chaînes du câble et du satellite.

Et puis, un jour, ce fut le drame : M6 a stoppé la diffusion de la saison 10 de Stargate SG-1 et de Stargate Atlantis sans crier gare. Là, mon sang de fan n’a fait qu’un tour : non mais c’est quoi ce bordel ? JE VEUX MES SÉRIES STARGATE !!!!!!!!!!! (quand je vous dis que la franchise a marqué ma vie de series addict, je raconte pas des blagues).
Quels choix me restaient-ils ? Attendre la sortie DVD (et accessoirement, m’acheter un lecteur DVD) ou me laisser tenter par le doux appel du fichier partagé ? Je vous laisse deviner quelle est l’option que j’ai privilégiée…

J’ai donc irrémédiablement glissé sur la pente très très raide de la series addict : un épisode en a entraîné un autre, de nouvelles séries à découvrir, les nouvelles saisons avant ces saletés de diffuseurs français, la VO devenue indispensable… Pauvre de moi, j’étais totalement piégée !

Mais au final, être series addict, ça apporte quoi ? En ce qui me concerne, au-delà du simple divertissement qui apporte déjà beaucoup, cela me permet de réfléchir sur ma vie. Je sais, dit comme ça, cela semble très pompeux et relever de la philosophie de bas étage.
Je ne vous parle pas des séries que l’on consomme comme du fast food, aussitôt vues, aussitôt oubliées. Non, je vous parle des séries qui vous marquent profondément, dont les personnages vous touchent. Pour moi, il s’agit essentiellement de Six Feet Under, Dexter et Mad Men. Quel est leur point commun ? Suivre des personnages incapables de faire face à leurs émotions, qui font ce qu’ils croient qu’on attend d’eux et qui sont profondément désœuvrés (pas super gai, je vous l’accorde, mais on ne peut pas nier que le désespoir est plus marquant que le bonheur).
Ces histoires résonnent en moi et me permettent de m’interroger sur moi-même. Voilà pourquoi je n’ai pas pu m’arrêter de pleurer devant les trois derniers épisodes de Six Feet Under. Et ressentir de telles émotions, cela nourrit.

Sinon, pour d’autres, être series addict, ça inspire !

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