Ces compositeurs de BO qui me transportent

Plonger de tout son être dans un univers rempli de personnages et d’histoires qui nous parlent, nous émeuvent et nous font rire, est l’une des plus belles choses qui soient. Cela tient bien sûr aux scénarios, aux acteurs et actrices, aux images. Mais pas seulement. Un élément fondamental pour emporter plus encore celui ou celle qui regarde un film ou une série est la musique. Dès l’invention du cinéma, la musique est présente. À l’époque du muet, elle est même jouée en direct par des musiciens placés derrière l’écran. Dès le départ, la musique n’est pas seulement là pour habiller des images, elle est un élément narratif indissociable du récit. Que serait une scène de terreur, de course-poursuite ou de pure comédie sans ce petit supplément d’âme musical ? Russell T Davies (le scénariste en chef des quatre premières saisons de la nouvelle ère de Doctor Who) exprime parfaitement cette importance capitale de la musique dans The Writer’s Tale The Final Chapter (passionnant livre que je dévore dès que j’en ai le temps et qui fera, à n’en pas douter, l’objet d’un billet). Voici sa citation p. 257 (soyons précis) : « Le plus horrible visionnage a été la première version de The Runaway Bride (l’épisode de Noël qui suit la deuxième saison et dans lequel apparaît pour la première fois Catherine Tate, NDLR) car le réalisateur, Euros Lyn, n’avait pas eu le temps d’ajouter la moindre musique. C’était de très loin l’heure la moins flatteuse de Doctor Who, particulièrement lorsque c’est censé être un grand épisode de Noël. La musique est tellement vitale pour cette version de la série. Mon dieu, que cela fut décevant ! J’étais dépité. C’était comme regarder un épisode où David (David Tennant, le Doctor des saisons 2 à 4 NDLR) a un sac sur la tête. »

Bien sûr, dès que l’on pense compositeurs de bandes originales, on pense immédiatement aux grands noms qui ont marqué et qui marquent encore le 7e art : Michel Legrand, Ennio Morricone , John Williams, Howard Shore et bien d’autres que j’oublie ou que j’ose ne pas connaître. Et s’il semble naturel de connaître ses grands noms associés à des films mythiques, la série télévisée, de prime abord, ne semble pas être le lieu de bandes originales exaltantes. Non pas que les séries délaissent totalement cette narration, mais souvent, les budgets alloués aux musiques ne sont pas mirobolants et la musique n’a pas tout à fait la même importance que sur grand écran. Mais heureusement, cette règle n’est en aucun cas universelle.

N’aie crainte, cher lecteur, chère lectrice, je ne vais pas t’écrire sur tous les compositeurs qui ont marqué l’histoire des séries car 1) je n’ai pas le temps de me pencher aussi intensément sur la question si je veux publier ce billet avant fin 2012 et 2) je pense que tu n’as pas vraiment envie que je trouve le temps de me pencher aussi intensément sur la question si je veux publier ce billet avant fin 2012. Je vais me contenter de t’écrire au sujet de ces bandes originales qui me marquent en tant que sériephile (et en tant que monomaniaque obsessionnelle accessoirement, car comme tu vas vite le comprendre, ce billet est une très bonne excuse pour traiter de mes monomanies).

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Six Feet Under Nos vies sans destin, un livre à dévorer

 » Six Feet Under m’a appris à pleurer.  » Telle est la très jolie phrase qui débute le livre Six Feet Under Nos vies sans destin signé Tristan Garcia et édité aux PUF. Cette phrase, qui semble avoir été écrite pour moi, est à l’image de ce livre : il met en mots ce que j’ai ressenti en regardant cette série. Il met en mots les causes de cet attachement si particulier et si profond pour ces personnages qui le sont tout autant, particuliers et profonds.

Mais commençons par le commencement. Un jeudi d’octobre, j’allume ma radio branchée sur France Inter et j’entends des mots magiques qui sonnent si doux à mes oreilles : Alan Ball, les Fisher, Six Feet Under. J’arrête immédiatement toute activité, m’installe confortablement sur mon canapé et boit les paroles de l’invité venu parler de cette série que j’aime tant. L’invité en question est Tristan Garcia, jeune philosophe et écrivain. L’émission en question est Ouvert la nuit présentée par Alexandre Héraud (à partir de 9 : 30) . Je suis tout de suite enchantée par les idées développées par l’auteur et son amour pour la série qui transparaît dans chacune de ses phrases. Il n’est nullement question d’un philosophe se penchant sur une série parce que cela fait bien d’être un philosophe se penchant sur une série. Il s’agit avant tout d’un homme qui a été emporté par Six Feet Under, ces personnages, ces histoires, ces destins. Et en tant que philosophe, il questionne les raisons de cet attachement.

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La force de ces acteurs pleinement conscients de leur corps

Je sais, je sais, cher lecteur, chère lectrice, tu te demandes sans doute d’où me vient ce titre de billet et où est-ce que je veux en venir. Je te rassure tout de suite, tout va bien du côté de mon équilibre mental (enfin, disons que son déséquilibre est on ne peut plus normal).

Jouer la comédie, ce n’est pas seulement interpréter un texte, c’est aussi et surtout, donner corps à un personnage. Mais ce n’est pas si simple d’être corporellement un autre. Et lorsque cela fonctionne, le spectateur ne peut qu’être happé par ce qu’il voit. En ce qui me concerne, je suis presque envoûtée.

Si j’en viens à écrire un tel billet aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, c’est qu’hier soir, je suis allée voir la pièce de théâtre Frankenstein au cinéma. Petit rappel des faits : l’année dernière, Benedict Cumberbatch a joué au National Theatre of Great Britain avec Johnny Lee Miller la pièce Frankenstein, mise en scène par Danny Boyle. Particularité de cette pièce : les deux acteurs alternent les rôles du créateur et de la créature un soir sur deux. The National Theatre of Great Britain propose des captations vidéo de ses pièces qui sont diffusées au cinéma. Hier soir, j’ai donc vu la séance dans laquelle Benedict Cumberbatch joue la créature. Alors oui, bien sûr, je fais ma fangirl de base dès qu’il s’agit de cet acteur si cher à mon cœur de monomaniaque obsessionnelle, mais ce billet va bien au-delà. J’ai été totalement bluffée par sa présence physique et surtout par sa “mise en corps” parfaitement maîtrisée.

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Les années passent, les goûts changent

Et oui, cher lecteur, chère lectrice, encore un billet qui parle de moi et uniquement de moi. Rassure-toi, plusieurs billets concernant ces séries que l’on aime tant sont en gestation plus ou moins avancée. Mais après tout, j’écris un blog, lieu narcissique par excellence, alors il est presque totalement naturel et attendu que j’y écrive sur ma petite personne. Il serait vraiment dommage que je manque à mon devoir (ok, ok, j’en fais peut-être un petit peu trop).

Toujours est-il cher lecteur, chère lectrice, que mes années de sériephilie, réellement née avec X-Files en 1993 ce qui ne nous rajeunit absolument pas, passent bien plus rapidement que je ne le souhaiterais. Les années passent, les dizaines se suivent, mais ne se ressemblent pas tant que ça. Très récemment, je me suis rendu compte à quel point mes goûts ainsi que mes attentes de sériephile avaient changé.

Petit retour en arrière. Durant de très nombreuses années, j’ai été une sériephile lambda collant mon rythme à celui des diffusions des cinq chaînes françaises (et oui, je n’ai jamais été abonnée à Canal+). J’ai donc surtout consommé des séries “mainstream” qui étaient avant tout un très agréable moyen d’occuper mon temps libre. Et puis, en 2005-2006, j’ai découvert le côté obscur des diffusions originales. Au départ, j’ai continué sur le rythme des séries que je suivais déjà : Stargate (fin de SG-1 et Atlantis), Bones, NCIS, 24, Smallville (oui jusqu’à la saison 10 et j’assume totalement), House, Lost, Fringe… La découverte de ce côté obscur m’a poussée à ouvrir mon horizon : j’ai jeté plus qu’un œil attentif au site du feu Le Village, j’ai fait connaissance avec la communauté des sériephiles pur souche. Ma curiosité a grandi et j’ai varié mes plaisirs. Depuis deux ans, je lorgne de plus en plus sur les productions anglaises et nordiques, délaissant quelque peu les séries d’outre-Atlantique.

Il serait simpliste de dire que les séries américaines sont moins bonnes qu’avant. Surtout qu’il y a une grande différence entre les séries de networks et les séries du câble. Ce n’est pas tant que la qualité a baissé, c’est surtout que mes envies de sériephile ne sont plus les mêmes. J’ai vieilli, je suis rentrée dans la vie active, mon temps libre n’est ni aussi libre que durant mon adolescence et ma vie d’étudiante. Et le temps libre que je consacre encore aux séries, j’ai besoin qu’il soit intense, qu’il suscite un fort attachement pour les personnages ou que le sujet traité pose question.

La révélation, si on peut l’appeler ainsi, a été la découverte de Six Feet Under il n’y a pas si longtemps lors de sa rediffusion sur France4. J’aurais aimé voir cette série plus tôt, mais souvenez-vous, je n’ai jamais été abonnée à Canal+ et la diffusion nocturne sur France2 n’a jamais été compatible avec mon rythme de marmotte. Bref, voilà que France4 rediffuse une série qui m’a toujours intriguée et dans laquelle joue Michael C Hall, le Dexter sur lequel je viens de craquer. Et là, j’ai vécu une expérience à laquelle je n’avais pas encore été totalement confrontée : j’ai tout de suite adoré les personnages, j’ai pu m’y identifier en fonction des situations et ce qu’ils vivaient a parfois résonné en moi. Je n’étais plus seulement une téléspectatrice passive passant simplement un agréable moment devant ma télé. J’étais investie dans le récit. Et pour la première fois, j’ai été ébranlée par un final de série. Cela aurait pu me mettre mal à l’aise, mais en fait, j’ai adoré ça.

J’ai alors lâché progressivement les séries que je ne regardais que par habitude. J’ai ouvert ce blog et je suis devenue de plus en plus sélective. Je n’ai ni besoin, ni envie, ni le temps de tout regarder, de découvrir toutes les nouveautés. Et si ce que je découvre ne me fait rien ressentir de particulier, je préfère ne pas continuer. Je n’ai pas forcément besoin de ne regarder que des séries tristes, glauques aux héros torturés et ténébreux, même si je reconnais qu’elles ont de plus en plus ma préférence. Je me suis attachée à Merlin, j’adore le Stiles de Teen Wolf, je suis dingue de Doctor Who. Ces séries ont su m’attraper car je me suis vraiment attachée aux personnages que j’ai vraiment envie de retrouver. Et si j’ai repris Fringe pour ne plus la quitter et être comme une dingue en ce début de saison 5, c’est bien pour les personnages.

Voilà comment ce week-end, j’ai été totalement emballée d’être dévastée par le premier épisode de la minisérie anglaise Single Father, qui fera l’objet d’un billet à n’en pas douter, alors que je me suis presque ennuyée devant le pilot de Last Resort, l’une des nouveautés à ne pas manquer de la rentrée US.

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Mes monomanies si chères à mon coeur de monomaniaque obsessionnelle

Aujourd’hui, cher lecteur, chère lectrice, tu as droit à un petit billet comme ça en passant, né d’une envie subite. Envie subite de te parler de l’une de mes caractéristiques : mes monomanies obsessionnelles.

Je sais, je sais, écrit ainsi, cela semble quelque peu effrayant et tu t’inquiètes déjà de l’équilibre de mon état mental. Je te rassurerai donc en t’informant que cela fait bien longtemps que l’équilibre de mon état mental n’est plus (à bien y réfléchir, je ne suis pas vraiment certaine que cela te rassure vraiment, mais en es-tu étonné(e) ? Avis à toi, nouveau lecteur, nouvelle lectrice qui me lit : tout va bien se passer). Il n’y a absolument rien d’effrayant à vivre d’intenses phases de monomanies obsessionnelles. Cela m’arrive tout le temps et je suis encore là sans séquelles (ou presque).

Si tu me lis depuis un petit moment, tu as déjà répertorié mes principales monomanies : les frères Astier (ok, ok, surtout Alexandre), Kaamelott, Steven Moffat, Sherlock, Benedict Cumberbatch, Doctor Who. Ma dernière monomanie en date, née de ma monomanie pour Steven Moffat qui m’a menée à ma monomanie pour Doctor Who, concerne David Tennant, the 10th Doctor.

Mais comment naissent-elles ces monomanies obsessionnelles ? Lorsque je tombe en amour avec une série, un personnage, un créateur, je passe du temps en leur merveilleuse compagnie. Et lorsqu’une saison, voire pire une série, prend fin, je me retrouve bien désœuvrée. Ces rendez-vous que j’avais tant aimé retrouver jour après jour ou semaine après semaine disparaissent, mais mon attachement n’en fait pas de même. Alors que faire pour ne pas dépérir dans la seconde ? Pour moi, une seule solution : traquer la moindre interview, scruter les filmographies pour repérer à côté de quoi j’étais passée et me permettre d’admirer ceux que j’admire tant encore et encore.

Effectivement, cher lecteur, chère lectrice, je ne te cache pas que ces phases sont particulièrement intenses, mais elles ne durent jamais trop longtemps. Enfin, disons qu’une monomanie chasse l’autre et que toutes mes monomanies dormantes ne demandent qu’à se rappeler à mon bon souvenir à la moindre occasion, ce qui leur arrive assez souvent il faut bien le reconnaître.

Je te rassurerai totalement, cher lecteur, chère lectrice, en t’écrivant que je suis aussi monomaniaque en musique : je peux écouter un album en boucle durant des semaines sans me lasser avant de passer à un autre album que j’écoute en boucle durant des semaines sans me lasser. Qui vient d’appeler l’hôpital psychiatrique le plus proche ?

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