Steven Moffat, incorrigible misogyne ? Part Three : Doctor Who

Souviens-toi cher lecteur, chère lectrice, dans mes deux précédents billets, je revenais sur cette polémique qui colle à la peau du scénariste Steven Moffat, fieffé Écossais, celle d’être un misogyne patenté. Cette critique s’était surtout cristallisée sur le personnage d’Irene Adler de sa série Sherlock. Cette critique répétée m’a interpellée et m’a incitée à me pencher sérieusement sur la question. En décortiquant les personnages féminins de Sherlock tout d’abord, puis de Coupling et Jekyll. Il est grand temps que je me penche sur le cas Doctor Who.

Doctor Who : un Time Lord à femmes ?


S’il y a bien sûr une série, en dehors de Sherlock, à laquelle est associée le nom de Steven Moffat, c’est la merveilleuse Doctor Who (notez toute l’objectivité de cette phrase). Tout d’abord par petites touches d’un ou deux épisodes de 2005 à 2009 sous la direction de Russell T Davies puis en tant que scénariste principal depuis 2010.

Le Doctor est le dernier des Time Lords. Il a commis un double génocide pour mettre un terme à la pire guerre de la galaxie. Il botte les fesses de tout alien ayant des velléités de conquête armée et totalitaire. Il est superbement intelligent. Il est toujours accompagné de jeunes femmes. Il est diablement attirant.

Voilà donc l’image même du mâle dominant et avec un Steven Moffat aux manettes, les personnages féminins ne peuvent qu’être que des archétypes antiféministes. Est-ce vraiment si simple ?

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Ces compositeurs de BO qui me transportent

Plonger de tout son être dans un univers rempli de personnages et d’histoires qui nous parlent, nous émeuvent et nous font rire, est l’une des plus belles choses qui soient. Cela tient bien sûr aux scénarios, aux acteurs et actrices, aux images. Mais pas seulement. Un élément fondamental pour emporter plus encore celui ou celle qui regarde un film ou une série est la musique. Dès l’invention du cinéma, la musique est présente. À l’époque du muet, elle est même jouée en direct par des musiciens placés derrière l’écran. Dès le départ, la musique n’est pas seulement là pour habiller des images, elle est un élément narratif indissociable du récit. Que serait une scène de terreur, de course-poursuite ou de pure comédie sans ce petit supplément d’âme musical ? Russell T Davies (le scénariste en chef des quatre premières saisons de la nouvelle ère de Doctor Who) exprime parfaitement cette importance capitale de la musique dans The Writer’s Tale The Final Chapter (passionnant livre que je dévore dès que j’en ai le temps et qui fera, à n’en pas douter, l’objet d’un billet). Voici sa citation p. 257 (soyons précis) : « Le plus horrible visionnage a été la première version de The Runaway Bride (l’épisode de Noël qui suit la deuxième saison et dans lequel apparaît pour la première fois Catherine Tate, NDLR) car le réalisateur, Euros Lyn, n’avait pas eu le temps d’ajouter la moindre musique. C’était de très loin l’heure la moins flatteuse de Doctor Who, particulièrement lorsque c’est censé être un grand épisode de Noël. La musique est tellement vitale pour cette version de la série. Mon dieu, que cela fut décevant ! J’étais dépité. C’était comme regarder un épisode où David (David Tennant, le Doctor des saisons 2 à 4 NDLR) a un sac sur la tête. »

Bien sûr, dès que l’on pense compositeurs de bandes originales, on pense immédiatement aux grands noms qui ont marqué et qui marquent encore le 7e art : Michel Legrand, Ennio Morricone , John Williams, Howard Shore et bien d’autres que j’oublie ou que j’ose ne pas connaître. Et s’il semble naturel de connaître ses grands noms associés à des films mythiques, la série télévisée, de prime abord, ne semble pas être le lieu de bandes originales exaltantes. Non pas que les séries délaissent totalement cette narration, mais souvent, les budgets alloués aux musiques ne sont pas mirobolants et la musique n’a pas tout à fait la même importance que sur grand écran. Mais heureusement, cette règle n’est en aucun cas universelle.

N’aie crainte, cher lecteur, chère lectrice, je ne vais pas t’écrire sur tous les compositeurs qui ont marqué l’histoire des séries car 1) je n’ai pas le temps de me pencher aussi intensément sur la question si je veux publier ce billet avant fin 2012 et 2) je pense que tu n’as pas vraiment envie que je trouve le temps de me pencher aussi intensément sur la question si je veux publier ce billet avant fin 2012. Je vais me contenter de t’écrire au sujet de ces bandes originales qui me marquent en tant que sériephile (et en tant que monomaniaque obsessionnelle accessoirement, car comme tu vas vite le comprendre, ce billet est une très bonne excuse pour traiter de mes monomanies).

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Celle qui est définitivement dingue du Doctor (Part Two)

Précédemment sur Series addict, so what ? : il y a une semaine, chère lecteur, chère lectrice, tu découvrais la première partie de mon voyage dans le temps pour vivre (dans le bon ordre cette fois-ci)  les folles aventures de Doctor Who. Si les deux premières saisons ne m’avaient pas emballée plus que ça, il en était autrement de la saison 3 et la saison 4 s’annonçait riche en belles promesses. Mes attentes ont-elles été comblées ?

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Celle qui a (enfin) vu toutes les dernières saisons de Doctor Who (Part One)

Souviens-toi, cher lecteur, chère lectrice, il y a quelques mois, je confessais cette terrible hérésie : poussée par ma Moffatmania, j’ai commencé Doctor Who par la saison 5. Le coup de foudre fut immédiat, mais une question restait en suspens : étais-je fan de Doctor Who ou simplement fan de Steven Moffat ? Je m’étais donc fixé comme objectif de regarder les quatre premières saisons de la nouvelle ère débutée en 2005 et signée Russell T Davies, pour me faire une idée plus précise de mon amour pour la série. Le temps a certes passé, mais me voici au terme de ce rattrapage. Et voici ce que cela a donné.

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Oui, j’ai commencé Doctor Who par la saison 5 et oui, j’en suis devenue dingue !

L’heure est grave, cher lecteur, chère lectrice, car je m’apprête à écrire un billet sur une série, que dis-je, un monument de la culture britannique, j’ai nommé Doctor Who. L’heure est grave car cette série, lorsqu’elle est aimée, l’est de manière totale, inconditionnelle. Les fans connaissent les moindres détails, des millions d’encyclopédies galopantes à travers le monde. Alors oui, cher lecteur, chère lectrice, je prends un risque. Risque encore plus inconsidéré que ma découverte débute par une hérésie.

Durant des années, Doctor Who est resté une série que je trouvais kitsch à souhait lorsque je tombais par accident dessus sur France4. Durant des années, Doctor Who est resté une série dont on me vantait les mérites encore et encore avec force et attachement, en me disant que cela devrait me plaire. Durant des années, j’ai laissé Doctor Who de côté.

Mais voilà, janvier 2012, la saison 2 de Sherlock débarque et fidèle lecteur, fidèle lectrice, tu sais déjà combien cette saison a transformé ma vie de sériephile. Fin janvier, me voilà donc dans un état de manque et en pleine crise de Moffatmania : il me faut ma dose de Steven Moffat et en grande quantité ! J’ai donc retracé le fil de ses frasques télévisées : Coupling (bon, j’avais besoin de ma dose, mais cela reste une sitcom, donc je ne suis pas allée au-delà de la première saison), Jekyll (une réussite) et bien sûr Doctor Who. Mais avec Doctor Who, me voilà face à un dilemme : la série compte déjà six saisons et la septième arrivera à la rentrée. Je suis certes une sériephile monomaniaque obsessionnelle, mais je ne suis pas une sérievore acharnée :  regarder des saisons entières me prend un minimum de temps. Et ce fieffé Moffat n’a écrit que quelques scénarios des quatre premières saisons. Et ce fieffé Moffat est scénariste en chef depuis la saison 5. Saison 5 qui voit l’arrivée d’un nouveau Doctor (Matt Smith) et d’un nouvel arc narratif. La décision n’a donc pas été très difficile à prendre : je découvrirai Doctor Who par la saison 5.

Cette décision hérétique ne s’est pas faite sans heurts et récriminations : mais enfin, comment peut-on faire l’impasse sur quatre saisons en toute conscience ? Comment peut-on seulement comprendre tous les enjeux sans avoir la mythologie en tête ? Mais, c’est avec la conviction que mon état de manque est plus fort que toute rationalité chevillée au corps que j’ai donc commencé mon visionnage. Résultat : une nouvelle addiction est née.

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